Le tison ne s'était pas éteint sous les cendres : après quelques brèves années d'existence en kiosque au début de ce siècle, la Revue des Livres et des Idées, qui avait connu une première renaissance de 2007 à 2014 sous le nom de La Revue des livres, connaît une troisième vie au format numérique, sans renoncer toutefois à paraître en librairie quatre fois par an, à l'initiative cette fois d'un quarteron d'éditeurs français (Ernest Moret de La Fabrique, Yann Gomez de La Tempête, Nicolas Vieillescazes de chez Amsterdam et Sebastian Budgen de Verso). Comme ses deux prédécesseuses, cette nouvelle Revue des livres et des idées se propose de donner essentiellement des recensions critiques d'ouvrages, sur le modèle de la London Review of Books, mais aussi quelques entretiens et des portraits d'intellectuel.les. La revue veut "accueillir de longs essais en prenant pour occasion de la réflexion un ou plusieurs ouvrages, les textes cherchant moins à examiner les livres méticuleusement, pour en évaluer les qualités et les défauts, comme le font les recensions classiques, qu’à traiter d’un problème, d’un concept, d’un courant de pensée ou d’un·e auteur·ice en discutant desdits livres". Sur ce projet qui vise à "introduire la lutte des classes dans l'espace intellectuel", on peut lire l'entretien accordé par la rédaction au site Contretemps.eu, lequel met aussi à disposition du public les archives complètes de La Revue des Livres. Saluons au sommaire de la toute première livraison l'article signé par un trio d'employé.s du service public suisse sur le récent "manifeste" d'Édouard Louis : "En finir avec la littérature bourgeoise – vraiment ?", par François Demont, Jérôme Meizoz et Mathilde Zbaeren.