L’affable destruction. Journée d’étude du groupe 19-21 du CIELAM (Aix-Marseille Univ.)
Appel à communications
Journée d’étude du groupe 19-21 du CIELAM
« L’Affable destruction »
25 juin 2026 – Aix-Marseille Université – Maison de la recherche – Aix-en-Provence
Propositions de communication à envoyer avant le 5 juin 2026
La journée d’étude « L’Affable destruction » s’inscrit dans le prolongement direct des réflexions développées au sein du séminaire du groupe 19-21 du CIELAM « Affables destructions : explorations des fractures narratives et esthétiques de la modernité à l’extrême contemporain ».
Certes, la notion de destruction peut suggérer – comme le problématisait Derrida – une annihilation ou une réduction négative, là où la déconstruction désigne une opération interne de déplacement des structures conceptuelles, sans effacement pur ni sortie hors du champ qu’elle travaille. Toutefois, les formes contemporaines de fragmentation, de déplacement et de reconfiguration des cadres esthétiques et narratifs – telles qu’elles ont été explorées au fil des séances du séminaire, allant de la scène décoloniale aux poétiques de la ruine jusqu’aux écritures hybrides et fragmentées à l’ère des intelligences artificielles – semblent excéder cet écart conceptuel. Dans ces pratiques, l’acte de détruire ne relève plus, en effet, d’une simple annihilation des structures, mais d’un principe actif de création.
C’est précisément dans cette suite de réflexions que l’affable destruction s’est imposée comme une modalité critique de transformation des formes où la destruction des cadres – de la pensée, de la narration et de l’esthétique - ne se réduit ni à une négation ni à une simple démolition, mais s’articule à un déplacement interne des logiques de pensée. L’acte de défaire produit alors une fracture tout en ouvrant des possibilités de réagencement et d’invention, entendues simultanément comme pratiques narratives, gestes politiques et opérations esthétiques de reconfiguration du réel.
Ainsi, à partir de ce déplacement théorique, la journée d’étude propose d’interroger la notion même d’affable destruction, en tant qu’outil opératoire permettant de penser les pratiques littéraires, artistiques et performatives de l’époque moderne à l’extrême contemporain.
Pour ce faire, la réflexion sera structurée autour de trois axes principaux :
AXE 1 : RUINER (Théâtre et performance)
Saidiya Hartman dans son article Venus in Two Acts demande face à l’archive : « Est-il possible de construire une histoire depuis « le lieu de la parole impossible » ou de ressusciter des vies depuis les ruines ? » À sa suite, nous nous interrogeons : comment le théâtre ou la performance, s’emparent-ils de figures de la ruine, littérales ou métaphoriques, pour faire advenir une parole ? Comment face aux destructions matérielles du présent, le théâtre ou la performance répondent-ils, en ruinant à leur tour les formes anciennes, les évidences, pour faire de la ruine un pivot de l’imaginaire ?
AXE 2 : FABULER (Poésie, oralité et cultures narratives)
Fabuler explore la manière dont les créations littéraires et orales réagencent leur narration afin de proposer différentes modalités de re-création singulières. Ce deuxième volet de l’« affable destruction » s’intéresse aux apports de la culture populaire, qu’elle soit de masse ou issue du folklore, envisagée comme une matrice discursive féconde. Il s’agit d’analyser les formes de circulation, de transformation et de réécriture des récits dans des espaces où la fiction se reconfigure sans cesse.
Axe 3 : RÉINVENTER (Pratiques et théories de la création)
Réinventer s’articule autour des processus par lesquels les formes narratives se reconfigurent à partir de leurs propres fragments et limites. Il s’agit moins de « produire du nouveau » que de décentrer, recomposer et réactiver des matériaux déjà existants. Cette modalité de l’« affable destruction » explore notamment les pratiques intermédiales, hybrides et expérimentales, où la création devient le lieu d’une réinvention à partir de ce qui a été altéré, effacé ou rendu incertain.
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Bibliographie indicative
Bhabha, Homi K., The Location of Culture, London, Routledge, 1994.
Deleuze, Gilles et Guattari, Félix, Mille plateaux, Paris, Minuit, 1980.
Derrida, Jacques, De la grammatologie, Paris, Minuit, 1967.
Derrida, Jacques, L’Écriture et la différence, Paris, Seuil, 1967.
Didier, Béatrice, L’Écriture-femme, Paris, Presses universitaires de France, 1981.
Ernaux, Annie, L’Écriture comme un couteau, Paris, Gallimard, 2011.
Sarraute, Nathalie, L’Ère du soupçon, Paris, Gallimard, 1956.
Spivak, Gayatri Chakravorty, Can the Subaltern Speak? , 1988.
Stengers, Isabelle, In Catastrophic Times, Open Humanities Press, 2015.
Zumthor, Paul, Introduction à la poésie orale, Paris, Seuil, 1983.
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Modalités de contribution
Les propositions devront être envoyées au plus tard le 5 juin aux adresses suivantes : ibtihel.ghourabi@etu.univ-amu.fr , marie.yan@univ-amu.fr , corinne.flicker@univ-amu.fr et theo.blauwart@univ-amu.fr
Elles comprendront :
– le nom et l’affiliation de l’intervenant·e,
– un résumé de 300 mots maximum,
– une courte bibliographie.
Les communications se tiendront prioritairement en présentiel ; le distanciel ne sera autorisé qu’à titre exceptionnel.
Adresse : 29, avenue Robert-Schuman, 13100 Aix-en-Provence.
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Comité scientifique et d’organisation
Théo Blauwart
Corinne Flicker
Ibtihel Ghourabi
Marie Yan.