Langue française n°229 (1/2026), "La lexicologie française : des Lumières à l’intelligence artificielle" (dir. Agnès Steuckardt)
Dès sa fondation, Langue française consacrait son second numéro au lexique, sous la direction de Louis Guilbert, Le lexique (1969). Au fil des années, divers aspects de la lexicologie seront pris comme objets d’étude. Mentionnons notamment les numéros 30 (Lexique et grammaire), 96 (La productivité lexicale), 103 (Le lexique : construire l’interprétation), 133 (Le lexique, entre identité et variation), 150 (Collocations, corpus, dictionnaires), 153 (Le classement syntactico- sémantique des verbes français), 174 (La dénomination), 198 (Les noms généraux). — Extrait de l'éditorial (p. 5-7).
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La présente publication entend illustrer quelques-unes des voies actuelles de la lexicologie, dans ses deux dimensions : lexicologique (les trois premiers articles), lexicographique (les quatre articles suivants).
Bruno Courbon (« Une lexicologie migratrice : transferts théoriques et pratiques d’Alain Rey à Jean-Claude Boulanger »), après avoir présenté les grandes lignes de l’évolution de la discipline, analyse la filiation intellectuelle entre la lexicologie française et la lexicologie québécoise, à travers la relation Alain Rey – Jean-Claude Boulanger.
Sandrine Reboul-Touré (« Pour une lexicologie ouverte vers le discours ») plaide pour une lexicologie qui fasse plus de place que ce qu’elle a fait jusqu’à présent à la dimension discursive des faits de langue.
Agnès Steuckardt (« Histoires de mot : entre lexicologie et discours ordinaire ») s’intéresse à la façon dont, depuis l’antiquité, les hommes, par un besoin de motivation sémantique, forgent des histoires de mot, dont la lexicologie a fait un objet d’étude, sous la dénomination d’étymologie populaire.
Olivier Bertrand (« Lexiques français du Moyen-Âge : les outils de la recherche en lexicologie médiévale ») montre comment la lexicologie médiévale, en appui notamment sur l’édition et la numérisation à grande échelle des textes d’ancien et de moyen français, s’est développée et permet une meilleure connaissance de la langue française sur la période du ixe au xve siècle.
Anaïs Chambat et Christophe Rey (« De la rétroconversion à la mise en réseau : dictionnaires et révolution numérique »), à partir de la grande diversité des projets d’édition numérique de documents lexicographiques, soulignent comment l’informatique a imposé une mutation profonde dans les processus mêmes d’élaboration des dictionnaires comme dans leur consultation.
Chantal Wionet (« Le tableau de la France du xviiie siècle par le Dictionnaire Universel François & Latin, dit de Trévoux »), propose une relecture dudit Dictionnaire qui fait apparaître combien l’ouvrage est riche d’informations linguistiques, historiques, sociales permettant de mieux connaître le quotidien du xviiie siècle.
François Gaudin (« Pour une histoire culturelle des dictionnaires ») développe des éléments d’histoire culturelle qui montrent comment la description du vocabulaire que proposent les dictionnaires est traversée et sous-tendue par les débats et conflits de leur époque.