Récemment disparu, Jean-Loup Trassard (1933-2026) avait fait de la campagne le "fond heureux" de la plupart de ses écrits, comme il le confiait dans son dernier livre Un jour qui était la nuit (Gallimard). Il s’appliquait à désigner la vie agricole sous tous ses aspects – naturels, techniques, humains –, trouvant dans la chronique des jours, les gestes et conversations des ruraux et le passage des saisons, la trame d’une langue aussi créative qu’attentive aux choses et aux êtres. Mais l’écriture fut pour l’auteur de Dormance autant un acte d’appartenance et d’admiration que de liberté et de jouissance. Dominique Vaugeois avait été à l'initiative d'un colloque sur son œuvre en 2011 déjà, pour préluder à un ouvrage collectif publié en 2014 (Les Temps qu'il fait). Elle lui consacre aujourd'hui un Dictionnaire buissonnier sous le titre Jean-Loup Trassard. La Condition terrienne (P.U. Rennes). L'essai nous introduit en Trassardie en ouvrant des chemins de traverse dans une oeuvre qui dépayse l’écriture de la terre et fait de la condition paysanne telle qu’a pu la connaître l’écrivain l’occasion de mettre en jeu les facultés d’étonnement, de donner lieu aux puissantes fées de l’inventivité verbale et de la fantaisie. Fabula vous invite à en lire l'Introduction… mais aussi à feuilleter le Cahier des illustrations… qui offre quelques échantillons de l'importante œuvre photographique de Trassard. Rappelons aux passionnés l'essai de Florian Hélesbeux, Jean-Loup Trassard ou le paysage empêché (Classiques Garnier), et dans Acta fabula le compte rendu donné par Laura Degrande sur le livre de Sara Buekens, Émergence d’une littérature environnementale : Gary, Gascar, Gracq, Le Clézio, Trassard à la lumière de l’écopoétique (Droz), sous le titre : "Le printemps de la littérature environnementale".
(photo : Le piège à mouches de la famille Trassard, ©Joseph Fahey).