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L'antiesclavagisme: un idéal cosmopolite ? (BnF, site Richelieu & Collège de France)

L'antiesclavagisme: un idéal cosmopolite ? (BnF, site Richelieu & Collège de France)

Publié le par Marc Escola (Source : Gabriel Darriulat)

Liée à la mondialisation des échanges commerciaux et à l’expansion des empires coloniaux, la diffusion de l’esclavage colonial a contribué à remettre en question la pertinence du cadre national dans les débats politiques. Qu’il s’agisse de la révolu­tion haïtienne ou de l’appel au boycott des produits coloniaux, la plupart des événe­ments et des décisions politiques étaient pensés en fonction de leurs répercussions à l’échelle mondiale. 

Longtemps centrée sur le cas britannique, l’historiographie s’est progressive­ment ouverte à la dimension transnationale de la lutte contre l’esclavage colonial. Aujourd’hui, l’antiesclavagisme apparaît comme un mouvement d’ampleur mon­diale, qui s’est diffusé non seulement en Europe et aux États-Unis, mais aussi dans les Caraïbes, en Amérique latine et en Afrique. La conscience et la dimension mondiale du combat contre l’esclavage sont-elles liées à la défense d’un idéal cosmopolite ? 

La question se pose d’autant plus que l’esclavage colonial et la traite, qui atteignent un point culminant à la fin du xviiie siècle, incarnent plus que tout autre phénomène les contradictions de l’expansion de l’horizon du monde. En effet, la domination et l’exploitation d’une partie de l’humanité par une autre semblent rendre impossible l’émergence d’une communauté mondiale, morale et politique, enracinée dans l’idée d’une commune humanité, qui est au coeur de l’idéal cosmopolite. 

Le colloque international, qui se tiendra les jeudi 18 et vendredi 19 juin 2026 (res­pectivement à la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, et au Collège de France), poursuit trois objectifs principaux. Il s’agira, premièrement, d’évaluer la place et les enjeux de la mobilisation de l’idéal cosmopolite dans les débats sur l’es­clavage colonial. Deuxièmement, il conviendra d’analyser les contradictions internes de l’antiesclavagisme, entre la revendication de l’égale dignité de tous les êtres humains et une approche différenciée des processus d’émancipation, fondée sur une vision hiérarchisée du monde. Enfin, nous montrerons comment l’étude de la diver­sité des mouvements antiesclavagistes à travers le monde permet de défendre une approche plurielle du cosmopolitisme, qui rompt avec son identification exclusive à la tradition philosophique occidentale.

Programme

Jeudi 18 juin Richelieu BnF, salle des Conférences (9h30-17h30)

Accueil du public : 9h-9h30

9h30-9h45 : Introduction, Gabriel Darriulat (Collège de France / Bibliothèque nationale de France)

Session 1 Pour un autre antiesclavagisme cosmopolite ?

Présidence : Olivier Bosc (Directeur de la Bibliothèque de l’Arsenal)

9h45-10h15 : Mathilde Ackermann (Bielefeld University/ EHESS/ IHA Paris), L’universel disputé : humanisme noir et reconnaissance d’Haïti dans l’ordre post-napoléonien (1814–1825).

10h15-10h45 : Magali Bessone (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Penser l’antiesclavagisme depuis Haïti pour « soulever le monde moral » : l’universalisme situé du baron de Vastey.

Pause : 10h45-11h

11h-11h30 : Benedetta Rossi (University College of London), Was the antislavery engagement of Liberated Africans cosmopolitan?

11h30-12h : Jennifer Pitts (University of Chicago), Cugoano’s Thoughts and Sentiments as a Cosmopolitan Text: Christian Prophecy and Political Economy.

12h-13h: Questions du public

Session 2 Facettes de l’abolitionnisme cosmopolite de l’abbé Grégoire

Présidence : Antoine Lilti (Collège de France)

14h45-15h15 : Nils Renard (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Institut catholique de Paris), Progrès agronomique et antiesclavagisme : un idéal cosmopolite dans la pensée des abolitionnistes du XVIIIe siècle ?

15h15-15h45 : Matthieu Ferradou (Université Paris-X Nanterre), Relancer le cosmopolitisme révolutionnaire ? L’universalisme chrétien de l’abbé Grégoire face au tournant racial.

15h45-16h15 : Gabriel Darriulat (Collège de France / Bibliothèque nationale de France), Doit-on « convertir le globe » ? L’abolitionnisme chrétien de l’abbé Grégoire.

Pause : 16h15-16h30

16h30-17h15 : Questions du public

Vendredi 19 juin Collège de France, Amphithéâtre Mireille Delmas-Marty (10h-15h30) 

9h30-10h: Accueil du public

Session 3 Les circulations transnationales du mouvement abolitionniste

Présidence : Gabriel Darriulat (Collège de France / Bibliothèque nationale de France)

10h-10h30 : Miranda Spieler (The American University of Paris), Au croisement de la mobilité cosmopolite et de l’histoire familiale – un réseau anti-esclavagiste sous la Restauration.

10h30-11h : Cécile Vidal (EHESS), L’idéal cosmopolite des abolitionnistes au prisme de l’argument du suicide.

Pause: 11h-11h15

11h15-11h45 : Andy Cabot (Université Polytechnique Hauts de France, Valenciennes), Colonisation Nouvelle et Antiesclavagisme : la « Révolution de Couleur » de Saint-Domingue et l’idéal de l’émancipation selon Charles Edmond-Genet en 1793-1794.

11h45-12h30 : Questions du public

Session 4 Droits naturels et antiesclavagisme

Présidence: Céline Spector (Sorbonne Université)

14h-14h30 : Thierry Hoquet (Université Paris-X Nanterre), Esclavage, servage et servitude.

14h30-15h : Alessandro Tuccillo (Université de Turin), Le déshonneur de la philosophie. La réflexion antiesclavagiste de l’abbé Pietro Tamburini.

15h-15h30 : Questions du public.