Lorsque Vladimir Jankélévitch prononce à la Sorbonne un cours sur "L’Immédiat", en 1959-1960, le contexte est déjà celui d’une époque où les médiations, les étapes et les obstacles, qui nourrissent le mystère, tendent à être supplantés au profit de ce qui se donne sans délai. À rebours de cette tendance, le philosophe pense la fécondité de la lenteur et des détours, pour explorer les différentes facettes de l’immédiat : l’accès immédiat à autrui ou à la vérité est-il possible ? Est-il seulement souhaitable ? Relisant Platon ou Pascal, il donne une leçon magistrale sur le temps et sur l’essence même de la philosophie, définie comme une approche du monde tantôt patiente, tantôt fulgurante. Les éditions Flammarion donnent à lire ce cours sur L'immédiat, préfacé par Françoise Schwab, éditrice des œuvres posthumes du philosophe, dont elle a aussi écrit la biographie : Vladimir Jankélévitch. Le charme irrésistible du je-ne-sais-quoi (2023). Paraît dans le même temps dans la collection "Champs" des mêmes éditions une réédition de L'irréversible et la nostalgie. Rappelons encore le récent Cahier de l'Herne : Vladimir Jankélévitch, mais aussi dans Acta fabula, le compte rendu donné par Françoise Schwab sur l'essai consacré par Vladimir Jankélévitch à La Conscience juive (L’Herne) : "La conscience juive dans la pensée de Vladimir Jankélévitch : une vérité déchirée".