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"Un homme qui détestait les femmes. Sade : écrire le féminin en terrain misogyne". Soutenance de Leila Chevalley (dir. Marc Hersant, Sorbonne nouvelle)

Publié le par Marc Escola (Source : Leila Chevalley)

Un homme qui détestait les femmes. Sade : écrire le féminin en terrain misogyne

Université Sorbonne Nouvelle, ED 120 "Littérature française et comparée"

FIRL - "Formes et Idées de la Renaissance aux Lumières" - EA 174

Leila Chevalley soutiendra sa thèse de doctorat en littérature française du XVIIIᵉ siècle, intitulée

"Un homme qui détestait les femmes. Sade : écrire le féminin en terrain misogyne",

 le vendredi 5 juin 2026 à 14h,

en salle Athéna, à la Maison de la recherche de la Sorbonne Nouvelle, 4 rue des Irlandais, 75005 Paris.

Direction : Marc Hersant (PR - Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3)

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Le jury sera composé de :

Bertrand Binoche, professeur émérite, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ;
Stéphanie Genand, professeure, Université Paris-Est Créteil ;
Marc Hersant, professeur émérite, Université Sorbonne Nouvelle ;
Stéphane Lojkine, professeur, Aix-Marseille Université ;
Élise Pavy-Guilbert, maîtresse de conférences HDR, Université Bordeaux Montaigne ;
Martin Rueff, professeur, Université de Genève ;
Caroline Warman, professeure, Université d’Oxford.

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Un moment convivial sera proposé à l’issue de la soutenance.

Afin de faciliter l’organisation de cet événement, nous serions reconnaissants aux personnes souhaitant y assister de bien vouloir signaler leur présence au moyen du formulaire suivant : https://forms.gle/esL8oJVBaag1fU1f7

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Présentation de la thèse : Bien qu’elle polarise depuis longtemps les lectures, la question de la femme, chez Sade, n’a jamais été véritablement affrontée pour elle-même. Figures centrales de la narration, corps livrés à l’usage, cibles privilégiées des longues dissertations théoriques qui scandent le dispositif libertin : les femmes ne traversent pas l’œuvre, elles la font. La diversité des figures féminines est toutefois rabattue sur une alternative tenace, opposant un Sade bourreau des femmes à un Sade paradoxalement libérateur – alternative dont l’horizon demeure les grands textes obscènes et le partage devenu canonique entre victime et libertine, Justine et Juliette. Cette recherche, qui s’appuie sur l’examen de l’ensemble du corpus (romans, contes, nouvelles, théâtre, poèmes, écrits politiques et correspondance), se propose de déplacer le cadre habituel de la discussion. Que l’œuvre soit traversée par une violence sexiste massive ne fait guère de doute. Mais ce constat, loin de clore l’analyse, en constitue le point de départ : il invite à interroger le geste déconcertant d’une écriture qui ne cesse de nier ce qu’elle fait pourtant proliférer. Rapportée à l’épaisseur des discours et des imaginaires dont hérite le XVIIIᵉ siècle et qu’il reconfigure – mise en dialogue, aussi, avec les études contemporaines du genre –, la fiction sadienne apparaît comme élaborant une étonnante anthropologie du féminin – produite, contre toute attente, par la langue même de la misogynie. En prétendant réduire la femme à un défaut ou à une monstruosité, celle-ci fait du féminin le principe d’intelligibilité du vivant – mesure de l’écart et matrice d’organisation des corps, des récits et des rapports de pouvoir –, dans un monde où la virilité cesse d’être un repère stable pour devenir une performance fragile, toujours travaillée par ce qu’elle prétend dominer.