Le cas de conscience doit-il s'envisager comme un échec pratique ou un moment de lucidité morale ? Traditionnellement conçu comme une impasse, le dilemme est une situation limite dans laquelle l’agent est contraint de choisir, au prix d’un renoncement à certaines de ses valeurs. En revenant aux figures fondatrices de la littérature et de la philosophie antiques – des héros homériques, Ulysse et Achille, aux figures tragiques d’Antigone et Médée, jusqu’à Socrate – Christelle Veillard analyse dans Cas de conscience et conflits de devoir. Les origines de la casuistique d’Homère à Épictète (Les Belles Lettres) les dispositifs qui ont permis de penser les paradoxes du choix, les cas de conscience, les conflits de devoirs. Elle montre comment Platon puis Aristote interrogent le fonctionnement du raisonnement pratique, avant que les Stoïciens ne reconnaissent au paradoxe moral sa fécondité et sa pleine puissance normative. Le dilemme devient alors l’expression d’un conflit de devoirs, qui manifeste la cohérence, les hiérarchies de valeurs et les tensions internes du sujet moral. Loin d’être un simple moment de paralysie ou d’échec, le dilemme apparaît ainsi comme un révélateur de l’essence même du geste éthique. Fabula vous invite à lire un extrait de l'ouvrage…
Rappelons la récente réédition "revue et augmentée" de l'essai de Frédérique Leichter-Flack, Le Laboratoire des cas de conscience, dans la collection "Champs" (Flammarion), que Fabula vous propose de feuilleter…
Signalons enfin le 45e Congrès de la SFLGC qui se tiendra du 3 au 5 juin prochain à Besançon sur les "Éthiques de la littérature".