Les éditions de L'Arche accueillent une nouvelle collection audacieusement baptisée "Uppercut" et dont la devise a la netteté d'un crochet du gauche : "un essai & une pièce. Le politique, à l’entrechoc." Les deux premiers titres sont sur tous les rings en librairie : Johann Chapoutot nous raconte Une histoire bien connue, avec La Résistible Ascension d'Arturo Ui de B. Brecht nouvellement traduit par Alexandre Pateau, pour rappeler que le fascisme n’est pas une fatalité mais un choix politique. Et Sandra Lucbert, qui a gagné son permis de port d'armes, nous entraîne dans une Armurerie psychique, arsenal social, avec Mademoiselle Julie d'August Strinberg dans traduction de Boris Vian, relue comme un affrontement par rapports sociaux interposés, au croisement des rapports de genre et de classe, ou plutôt au croisement de leurs transformations respectives. Rappelons qu'August Strindberg a écrit et lui-même créé Mademoiselle Julie à Copenhague en 1889, avec son épouse, Siri von Essen, dans le rôle-titre : le volume reproduit la préface à l’édition originale.