De 1904 à 1941, Virginia Woolf et sa sœur Vanessa Bell s’écrivent presque quotidiennement. Leurs lettres racontent les débuts du Bloomsbury Group, les années de guerre et les joies de l’accomplissement artistique et littéraire. Mais ce sont avant tout les lettres de deux femmes émancipées, qui partagent dans l’intimité leurs questionnements sur l’amour, la maternité et les convenances, commentent la vie intellectuelle et politique de leur époque, sans pour autant exclure les tracas du quotidien et les potins dont elles raffolent. Chacune y apparaît comme le phare de l’autre, mêlant la tendresse de la sororité à des réflexions plus vastes sur la création. Sous le titre Le Baiser du singe, les éditions La Table Ronde publient une sélection de deux cent quinze lettres qui forment une correspondance croisée inédite.
Signalons avec un peu d'avance la prochaine parution aux éditions Hermann de l'essai de Chantal Delourme Phraser les vagues, qui s'attache à cette cheville ouvrière qu’est la phrase dans ce que l'autrice nommait un “playpoem”. Incarnant au travers de prénoms des formes de vie stylisées par des leitmotive différenciés, les voix sont des instances de la passagèreté de la vie, dont la phrase woolfienne fait s’entrechoquer les échelles. Exilées dans un présent pur, elles sont ensuite recueillies dans la mémoire de celui qui tient lieu de narrateur. Agencées telles une partition fuguée, elles sont à la fois multiples et une, laissent trace de l’effraction de la mort et de l’effroi, disent les vertiges de la finitude… Fabula vous invite à en découvrir la Table des matières… et à en lire l'Avant-Propos…
(Illustr. : Peinture de Vanessa Bell, Virginia Woolf, c. 1912. National Trust Photographic Library. ©ADAGP & Peinture de Vanessa Bell, Autoportrait, c. 1915. ©ADAGP)