La livraison de printemps de la revue Poétique, sous livrée verte, nous vaut une floraison de propositions théoriques. Le sommaire du n° 199 fait la part belle à la poétique des récits factuels, avec deux articles qui se donnent les Mémoires du cardinal de Retz comme terrain d'exercice : Michel Charles s'interroge sur les rapports entre "Récit factuel et effet de fiction", à l'enseigne de "Retz né de la nuit", quand Arnaud Welfringer s'attache aux Transitions factuelles dans ces Mémoires très tôt fameux. Bertrand Gendrel esquisse quant à lui une théorie de la tonalité, pensée comme la part de vie qui anime les mots et qui permet aux œuvres de perdurer à travers le temps. Guy Larroux nous invite à renouer avec "Un malaimé des lettres, le roman politique du XIXe s.", quand Boris Lyon-Caen prend au sérieux les relations de Balzac et la psychologie cognitive. ("Quel opéra qu’une cervelle d’homme !"). Jean-François Louette isole Sartre aux bords du poème en prose, pendant que Jean-Daniel Gollut et Joël Zufferey reviennent sur "La schématisation stylisante du discours indirect libre".