En mai 2025 se tenait à Sciences Po Paris une journée d’étude intitulée "Anachronismes et violences. Perspectives transdisciplinaires". Les Colloques en ligne de Fabula en accueillent aujourd'hui les actes réunis par Aline Lebel, Frédérique Leichter-Flack et Cécile Rousselet. Les contributions prolongent et approfondissent une interrogation que la journée avait voulu mettre en chantier : pourquoi les œuvres littéraires et artistiques, mais aussi les sciences sociales, recourent-elles si fréquemment à l’anachronisme lorsqu’il s’agit de représenter, de nommer ou de penser la violence historique ? Qu’il prenne la forme d’un détour analeptique ou proleptique, d’une analogie contestée, d’une prosopopée ou d’un emprunt iconographique, le décalage temporel engage des enjeux épistémologiques, éthiques, rhétoriques et politiques que les huit articles ici rassemblés — articulant histoire, théorie littéraire, traductologie, études visuelles et études de genre — s’attachent à démêler, entre défense d’un usage heuristique de la discordance temporelle et vigilance contre ses mésusages.
(Illustr. : Y no hai remedio (Et il n’y a pas de remède), de Francisco de Goya, Los Desastres de la Guerra, 1810-1815 — Source : The Metropolitan Museum of Art (Whittelsey Collection), Wikimedia Commons. Domaine public)