Poïétiques et politiques du Plurivers, volet II : révolutions, recherches-créa[c]tions et mondes possibles
Un cycle de colloques en recherche-action et recherche-création proposé par des doctorant·es et jeunes artistes-chercheur·es de Toulouse et Tübingen
Initié par un groupe des jeunes artistes-chercheur·es de l’Université Eberhard Karl de Tübingen et de l’Université Toulouse – Jean Jaurès (UT2J), le projet Poïétiques et politiques du Plurivers, volet II : révolutions, recherches-créa[c]tions et mondes possibles se propose d’offrir un espace pour élargir et briser les frontières de la pensée et de la création. Après le succès du premier colloque Poétiques et politiques du Plurivers, volet I : vers des recherches-créa[c]tions cosmologiques (Université Toulouse – Jean Jaurès et Cave Poésie, Toulouse, 19–20 juin 2025 ; voir le bilan du premier colloque), et en écho à d’autres colloques récents en études pluriverselles, notamment en Polynésie (REPLU) et en Roumanie (Living from Difference), le volet II de ce cycle se tiendra à Tübingen, à l’automne 2026. Placé sous le signe des révolutions (politiques, mais aussi artistiques, scientifiques, métaphysiques…), de la « recherche-créa[c]tion » (que nous définissons comme l’articulation entre création artistique, recherche théorique et action sociale ; à la croisée de la recherche-création en arts et de la recherche-action appliquée aux transformations sociales) et des mondes possibles, ce deuxième colloque prolongera la réflexion sur les poïétiques, politiques et cosmologies du Plurivers. Il rassemblera des chercheur·es et des « artivistes » (artistes qui inscrivent leurs créations au cœur des luttes sociales) autour d’ateliers, performances, communications scientifiques et discussions ouvertes au public.
À l’heure où les arts comme la recherche universitaire s’ouvrent au « Plurivers[1] », défini par les Zapatistes et les anthropologues comme « un mundo donde quepan muchos mundos », c’est-à-dire « un monde dans lequel s'insèrent de nombreux mondes[2] » ; et où émergent les « études pluriverselles[3] » comme champ de création, de recherche et d’action sociale, ce projet vise à explorer la pluralité des cosmologies[4] (Boone, 2024) et des horizons existentiels grâce à la consolidation d'un réseau jeunes chercheur·es et artistes-chercheur·es interdisciplinaire, international et plurilingue (francophone, germanophone, hispanophone, anglophone…). Ce réseau s’inscrit dans le champ des études pluriverselles, autochtones (Krenak, 2024), décoloniales et de genre, tout en mobilisant les arts, les lettres et les langues, les études du Sud global, ainsi que la philosophie et les sciences humaines et sociales. Il vise également à développer un travail de recherche en lien avec des populations menacées par l’exploitation des terres et par les dynamiques d’écocide linguistique et culturel affectant les cultures opprimées par les colonisations et les néocolonisations capitalistes et patriarcales. La configuration de ce réseau est un pari écosophique, politique et sensible dans le sens où nous opérons à partir de divers points de tension pour établir une compréhension et une relationalité à partir des différences ; la possibilité d'existence de mondes pluriels capables d'agir ensemble pour la coexistence, le soin, le respect, l'empathie entre les peuples humains et autres qu’humains.
Les appels à décoloniser les espaces de création, d’enseignement et de recherche se font aujourd’hui plus urgents que jamais : pendant bien trop longtemps, la connaissance fut confinée à des modes monologiques de perception, de sensation et de vision d’un monde unique et de son devenir (Kilomba, 2021). Comment prendre du recul et reconfigurer les façons dont nous avons appris à penser et à sentir dans des mondes différents – pour passer de l'universel au pluriversel ? Les idées universalistes des Lumières ont relégué à la périphérie les systèmes de connaissance qui reconnaissaient la multiplicité des mondes vécus, perçus comme irrationnels et primitifs (Hurtado Lopez, 2017). Ces systèmes de connaissance reconnaissent pourtant la subjectivité et l'autonomie de toutes les créatures vivantes sur Terre, s'opposant ainsi à la domination de l’homme blanc sur la « nature » en raison de sa « culture ». Dès lors, quelles formes de dialogue peuvent émerger entre ces différentes manières de connaître et d’habiter les mondes ? Et comment les pratiques artistiques, scientifiques et politiques peuvent-elles contribuer à rendre visibles ces cosmologies plurielles ?
Le Plurivers désigne précisément le réseau des multiples « ontologies » ou « cosmologies » des personnes qui luttent contre ce qu’Arturo Escobar appelle le « monde-un », ou « l’unimonde », moderne, colonial, capitaliste, patriarcal et anthropocentrique (Escobar, 2020). Prenant à bras-le-corps le « tournant ontologique » (Marisol de la Cadena, Philippe Descola, Arturo Escobar, Bruno Latour, Marilyn Strathern, Eduardo Viveiros de Castro, Roy Wagner...) opéré par la philosophie et les sciences humaines et sociales durant les dernières décennies, sans pour autant négliger les critiques qui furent faites à ce courant (Watts, 2013 ; Todd, 2016 ; Meziane, 2023), nous considérons ainsi que le Plurivers est composé de tous les mondes façonnés par ces cosmologies (comme l'animisme, le totémisme, l'analogisme, etc.) ; mais aussi par ce que le philosophe Mohamed Amer Meziane appelle le « bord des mondes », à savoir les « intermondes » métaphysiques (Meziane, 2023).
Par poïétiques du Plurivers (Abderhalden Cortes, 2014 ; Zacarias, 2025), nous entendons non seulement l'étude du processus de création, de représentation et de réception des œuvres d'art, mais aussi la poïesis en jeu dans tous les aspects de la vie, impliquant des dimensions anthropologiques, métaphysiques, sociales, politiques... sans les séparer des questions esthétiques, comme ce fut souvent le cas dans la sphère dite « autonome » de l'art moderne occidental. Parmi les artistes qui déploient de telles poïétiques cosmologiques, nous songeons par exemple à Tiziano Cruz, artiviste autochtone d’Argentine qui convoque la cosmologie de son peuple Aymara dans ses performances Soliloquio et Wayqeycuna ; aux littératures des peuples Maya (Worley et Palacios, 2019 ; Keme, 2021) et Guarani Mbyá (Müller, 2024) ; ou encore à la « cosmopoétique » afro-diasporique du poète et philosophe Dénètem Touam Bona (Bona, 2021), et à celle du chercheur en littérature comparée Khalil Khalsi (Khalsi, 2023). Par opposition aux approches dualistes, nous considérons les poïétiques du Plurivers comme des « poétiques de la relation » (Glissant, 1990) et des « poïétiques cosmographiques » (Riboulet, 2019), qui renvoient aux « ontologies relationnelles » et à la « politique ontologique » (Escobar, 2020), et peuvent faire naître des « esthétiques transmodernes » (Bisiaux, 2021). Ainsi, les contributions pratiques et théoriques dans le domaine de la poïétique sont les bienvenues tant de la part des arts du spectacle et de leurs études (cirque, danse, musique, performance, théâtre...), des arts visuels, des études littéraires, etc., que de la philosophie et des sciences sociales telles que l'ethnographie sonore ou l'anthropologie théâtrale (Barba, 2004).
De même, les politiques du Plurivers, aussi appelées « politiques ontologiques » (Escobar, 2024) ou « cosmopolitiques », font référence au politique dans son entrelacement avec la vie quotidienne ainsi qu'avec le cosmos (par opposition au domaine séparé et éloigné que la politique est devenue dans l’unimonde de la modernité), sur le modèle des luttes sociales menées collectivement par des peuples ou des communautés qui défendent leurs mondes multiples dans la polis - des zones rurales aux mégapoles. Ainsi, les propositions consacrées aux politiques du Plurivers sont les bienvenues dans toutes les disciplines, des études autochtones, de la recherche-action (Reason et Bradbury, 2008) et des études juridiques aux approches « esthétiques et politiques » provenant de la recherche-création, des littératures orales et écrites, ou des études culturelles.
La recherche-création (Plana, Garde et Pandelakis, 2024 ; Manning et Massumi, 2018 ; Gosselin & Lecogiec, 2009; Martinez & Naugrette, 2020 ; Corrons & Castillo Ballén, 2025 ; Spatz, 2024), quant à elle, constitue le cœur de notre projet. Elle fait le lien entre les chemins de la recherche scientifique et la création artistique pour donner lieu à des résultats novateurs et inattendus par lesquels la connaissance se construit à partir de l’expérience et de l’expérimentation dans le vécu de manière somatique (Shusterman, 2015), et ouverte à toutes les sémiotisations (Deleuze & Guattari, 1980). Comblant le fossé entre la poïétique, l'esthétique, l’action sociale et la “politique ontologique”, elle peut pleinement s’appliquer à des problématiques de la vie réelle, devenant alors « recherche-création-action », ou « recherche-création appliquée » (Corrons & Castillo Ballén, 2025) ; ou, pour le dire en une expression condensée : « recherche-créa[c]tion ». Ce cycle de colloques en « recherche-créa[c]tion » sera ainsi un nouveau pas vers la réparation de la relation brisée entre les actions collectives et la « sentipensée » cosmologique (Escobar, 2024) dans notre contexte franco-allemand, et plus largement planétaire.
Les révolutions que notre approche vise à proposer, quant à elles, sont à la fois épistémologiques et politiques ou, mieux, d’épistémologie politique : d’un côté, la nécessité de révolutionner les pratiques de recherche académique traditionnelles dans plusieurs domaines implique une interdisciplinarité plurielle ; d’un autre côté, une telle interdisciplinarité radicale doit se confronter aux différentes manières possibles de révolutionner la recherche elle-même - qui à son tour se fait dans des champs différents et différenciés. Nous privilégions la forme plurielle révolutions pour maintenir ouverte la référence à la pluralité des possibilités épistémologiques révolutionnaires au lieu d’une seule révolution, monolithique et téléologique (Guattari, 2012).
Enfin, le développement de mondes possibles consiste à sortir à la fois du modèle monolithique et « unimondiste » de la modernité coloniale et du réalisme capitaliste (Fisher, 2006), c’est-à-dire de l’idée qu’il n’y a pas d’alternative à la réalité politique, culturelle et sociale actuelle. En même temps, l'insistance sur la possibilité d’autres mondes consiste à s'appuyer sur une virtualité productive (Deleuze, 1966 ; 1968), capable de construire quelque chose de concret, de rendre « possible [un] autre possible » (Escobar, 2024) au niveau des formes d’expressions et des modalités relationnelles des arts, de la recherche, et plus largement de toute la société.
Dans cette perspective, nous invitons les participant·es à prendre part à cette conversation, à créer un espace inclusif pour faire vivre de multiples cosmologies, cosmopoïétiques et cosmopolitiques. Le colloque se déroulera physiquement à Tübingen. Nous invitons les chercheur·es, les artivistes et toutes les autres personnes sensibles au Plurivers à apporter leurs contributions sous la forme de performances, d’expositions, de poèmes, d’ateliers participatifs, de communications scientifiques et d'autres moyens d’élaboration et de diffusion des connaissances.
Les contributions peuvent porter sur les thèmes suivants (sans toutefois s'y limiter) :
- Cosmogonies, cosmologies, ontologies, métaphysiques... Qu'est-ce que le Plurivers, au juste ? Comment le « définir » ?
- « Cosmopoétiques » (Dénètem Touam Bona et Khalil Khalsi) et « poétiques de la relation » (Glissant)
- Cosmopolitiques (Zapatistes, peuples autochtones d'Abya Yala, panafricanisme, mondes asiatiques, mondes océaniques, diasporas du Sud au Nord...)
- « Anteaesthetics » and « Black Aesthesis » (Rizvana Bradley), « AistheSis et esthétiques décoloniales » (Rolando Vazquez et Walter Mignolo) et « esthétiques féministes transmodernes » (Lîlâ Bisiaux) contre esthétiques modernes-coloniales
- Révolutions : sociales, politiques, artistiques, scientifiques…
- Mondes possibles : fictions d’anticipation (Muriel Plana), “futur ancestral” (Ailton Krenak), “futurabilité” (Arturo Escobar), “futur antérieur” (Gayatri Chakravorty Spivak)...
- Épistémologies « transmodernes » (Enrique Dussel) et études pluriverselles.
Pour les propositions artistiques, toutes les langues du Plurivers sont les bienvenues, puisqu’un chant, une danse, un dessin ou une performance peuvent bien souvent se passer d’une traduction verbale. Les langages extra-verbaux : gestes, images, sons, objets, spatialités… sont également pleinement reconnus comme des modes de pensée et de recherche.
Pour les communications théoriques classiques et les ateliers artivistes (convoquant les arts et/ou les transformations sociales), les langues proposées sont l’allemand, l’anglais, l’espagnol et le français. Nous suggérons aussi aux communicant·es de proposer un diaporama ou un autre support avec des mots-clés dans une deuxième langue (en anglais si la communication est en français et réciproquement, par exemple) afin de favoriser la compréhension du plus grand nombre.
Durée des interventions :
Les communications classiques seront limitées à 20 minutes de présentation et 15 minutes de discussion par panel. Pour ces communications aussi, nous incitons fortement les participant·es à faire preuve de créativité afin d’éviter la simple lecture intégrale d’un texte entièrement rédigé à l’avance ; les formes expérimentales seront les bienvenues pour les communications également.
Les performances, ateliers et autres propositions artivistes peuvent durer entre 30 minutes et 1 heure maximum.
Dates et lieu du colloque :
- 29 et 30 octobre 2026 – Université Eberhard Karl de Tübingen
Évaluation des propositions :
- Début juillet 2026
Merci d’envoyer vos abstracts d’environ 300 mots, accompagnés d’une brève notice bio-bibliographique, à l’adresse pluriverse.network@proton.me pour le 20 mai 2026.
Comité d’organisation jeunes artistes-chercheur·es :
Yannick Essengue (ERRaPhiS, UT2J / CDFA « Nouvelles théories critiques et épistémologies décentrées »), Carmen González (Deutsches Seminar, Universität Tübingen), Sylvan Hecht-Aussenac (Deutsches Seminar et associé au PhD Programme “Collocations: Constructing Interknowledges, Negotiating Proximities”, ICGSS, Universität Tübingen / LLA-CRÉATIS, UT2J / CDFA « Nouvelles théories critiques »), Jacques Atiogbé Koudjodji (ERRaPhiS, UT2J), Alaeddine Maamer (LLA-CRÉATIS, UT2J), Valeria López Álvaro (PhD Collocations, ICGSS, Universität Tübingen), Juliana Marín Taborda (TEPHAC, Université d’Antioquia / ERRaPhiS et associée à LLA-CRÉATIS, UTJ2), Ibrahima Ndiaye (Romanisches Seminar, Universität Tübingen), Kristell Pech Oxte (PhD Collocations, ICGSS, Universität Tübingen), Vanessa Schmitz (Charles University Prague / Universität Tübingen), Yamile Villamil Rojas (UQÀM) et Simone Zanello (Universität Tübingen et ERRaPhiS, UTJ2 / CDFA « Nouvelles théories critiques »).
Comité artistique et scientifique :
Eberhard Karls Universität Tübingen:
- Prof. Dr. Susanne Goumegou (Romanisches Seminar, Interdisciplinary Centre for Global South Studies (ICGSS))
- Prof. Dr. Dorothee Kimmich (Deutsches Seminar, ICGSS)
- PD Dr. Niels Weidtmann (College of Fellows – Center for Interdisciplinary and Intercultural Studies)
- Dr. Sara Bangert (Deutsches Seminar et College of Fellows)
- Dr. Louis Nana (Romanisches Seminar, ICGSS)
Université Toulouse – Jean Jaurès :
- Jean-Christophe Goddard, professeur des universités en philosophie (ERRaPhiS)
- Matthieu Renault, professeur des universités en philosophie (ERRaPhiS)
- Élise Van Haesebroeck, dramaturge et professeure des universités en études théâtrales (LLA-CRÉATIS)
Université de Toulouse (ex-Université Toulouse – Paul Sabatier) :
- Frédéric Boone, astronome adjoint (UMR 5277 - IRAP, équipe : GAHEC)
Université de Bourgogne :
- Hilda Inderwildi, professeure des universités en études germaniques (TIL).
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NOTES :
[1] Voir Alberto Acosta, Federico Demaria, Arturo Escobar, Ashish Kothari et Ariel Salleh (éds.), Plurivers. Un dictionnaire du post-développement, Marseille, Wildproject, 2022, ouvrage qui constitue un premier bilan des « études pluriverselles ».
[2] Armée zapatiste de libération nationale, Quatrième déclaration de la forêt Lacandone, 1996. Par « monde », nous entendons, à la suite des philosophes Sophie Gosselin et David gé Bartoli, « un ensemble de relations instituées entre des êtres humains et des autres qu’humains de manière à les inscrire dans une totalité signifiante et durable ». Sophie Gosselin et David gé Bartoli, « Terre-mondes et personnes-chimères : donner voix au pluriversel. Récit à deux voix et plus », p. 64, Chimères, 2023/2 N° 103, p. 63-76. DOI : 10.3917/chime.103.0063. URL : https://shs.cairn.info/revue-chimeres-2023-2-page-63 ; consulté le 19 janvier 2025.
[3] Pour Arturo Escobar, les études pluriverselles « ne prétendent nullement se substituer aux études critiques sur le capitalisme et la modernité émanant de champs disciplinaires établis comme l’économie politique, les études culturelles ou l’écologie politique. Elles y ajoutent une autre approche, celle de l’ontologie politique », dont la volonté est de « rendre visibles les autres manières de connaître et de faire monde qui existent sur la planète. Elles visent à faire entrevoir d’autres mondes, d’autres possibilités de réexistence ». Arturo Escobar, Sentir-penser avec la Terre. L'écologie au-delà de l'Occident, Paris, Le Seuil, 2018, p. 35.
[4] « Dans son sens le plus courant, une cosmologie est une représentation unifiée et narrative de tout ce qui existe, un récit du monde. Les différents peuples et cultures humaines ont élaboré différentes cosmologies, souvent mythologiques ou théologiques, qui décrivent la formation du monde, son fonctionnement, et la place qu’y tient l’espèce humaine ou le groupe humain concerné. En anthropologie, le mot ‘cosmologie’ recouvre un sens plus large, plus proche de ‘culture’, englobant tout ce qui détermine les façons de penser et d’agir des membres d’un collectif. Dans notre culture occidentale, ce mot désigne aussi une discipline des sciences physiques qui consiste à étudier l’univers comme un objet physique : mesurer ses propriétés (densité, composition, géométrie, taux d’expansion) et produire un « grand récit », c’est-à-dire une histoire de l’univers, en s’appuyant sur les observations astronomiques et sur la modélisation théorique. Il existe donc au moins deux définitions du mot cosmologie dans le contexte académique, l’une nous vient des sciences humaines et sociales (anthropologie, philosophie) et caractérise une culture, et l’autre nous vient des sciences naturelles et désigne une branche de la physique, la cosmologie physique. » Frédéric Boone, « Reconnaître le scientisme de notre cosmologie pour atterrir », Cahiers de sémiotique des cultures, n° 1, 2024 – 1, Sciences, épistémologie, arts – Perspectives de l’énaction, p. 151-152.
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