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Regards autochtones sur les Amériques (Montréal & Kahnawà:ke)

Regards autochtones sur les Amériques (Montréal & Kahnawà:ke)

Publié le par Marc Escola (Source : Isabelle St-Amand (Queen's University))

Colloque international 

Regards autochtones sur les Amériques 

Revisioning the Americas through Indigenous Cinema 

Visiones indígenas sobre las Américas 

 Les 9, 10 et 11 août 2026

Montréal et Kahnawà:ke

Nous vous invitons à soumettre des propositions de communication en vue du 9e colloque international Regards autochtones sur les Amériques qui se tiendra à Montréal et à Kahnawàke les 9, 10 et 11 août 2026, dans le cadre du Festival international Présence autochtone. 

Le colloque rassemblera de vingt à trente chercheur·euse·s, étudiant·e·s, réalisateur·rice·s, producteur·rice·s et autres professionnel·le·s du cinéma et des médias autochtones, de même que des membres des communautés locales. Il vise à susciter une réflexion située, multiple et réseautée autour du cinéma autochtone à l’échelle locale et globale. Cette année, les conférenciers et conférencières confirmé·e·s et pressenti·e·s incluent : Joanna Hearne (U. of Oklahoma), Bruno Cornellier (U. of Winnipeg), Deborah Walker-Morrison (U of Auckland, ZN), Véronique Hébert (UQAM), Amalia Córdova (Smithsonian), Naomi Johnson (imagineNATIVE), Leo Koziol (Wairoa Māori Film Festival), Adam Piron (Sundance Institute), André Dudemaine (Présence autochtone) et Martin Loft (anciennement au Centre linguistique et culturel Kanien’kehá:ka Onkwawén:na Raotitióhkwa), ainsi que les réalisatrices Roxann Whitebean, Kaniehtiio Horn, Devery Jacob, Courtney Monture et Marion Delaronde de Kahnawà:ke.

Le colloque est organisé à partir de l’Université Queen’s, en partenariat avec Terres en vues et en collaboration avec le Centre linguistique et culturel Kanien’kehá:ka Onkwawén:na Raotitióhkwa. 

Depuis sa création en 2009, le colloque souhaite offrir une contribution au domaine émergent du cinéma autochtone en favorisant, par une approche collaborative soutenue, une mobilisation et un échange de connaissances sur divers aspects du cinéma autochtone, à l’échelle locale et mondiale. Il se donne pour objectif global de générer une conversation sur le rôle des expériences et des visions cinématographiques autochtones dans ce que sont et ce que peuvent devenir les Amériques, et plus largement le monde où nous vivons, dans une perspective de résurgence et d’avenirs décolonisés. Tenu à Montréal et à Kahnawà:ke dans le cadre du Festival international Présence autochtone, le colloque cherche à créer des liens entre la communauté universitaire et le monde du cinéma et des médias autochtones. Il s’efforce de développer des réflexions théoriques pertinentes et pointues sur ces pratiques et productions multidimensionnelles en cinéma, médias, télévision et sur le web, telles qu’elles sont mises en œuvre et envisagées au sein des communautés dont elles sont issues. Dès le départ, des partenariats et des collaborations ponctuellement renouvelés avec Terres en vues et le Centre linguistique et culturel Kanien’kehá:ka Onkwawén:na Raotitióhkwa ont insufflé à cet évènement universitaire et culturel une pertinence et une force marquées. Ils ont permis de mobiliser des réseaux transnationaux qui convergent au festival tout en faisant place à une dimension locale, urbaine et communautaire, avec un accent particulier sur le cinéma et le contexte culturel et politique mohawk. Depuis 2017, l’Université Queen’s est l’institution universitaire à partir de laquelle s’organise l’événement. Ce colloque constitue en soi une méthodologie de recherche collaborative qui s’est avérée particulièrement propice à l’étude du cinéma autochtone[1].  

Thème de 2026: méthodologies, lieux et connexions   

Trois initiatives clés contribueront à façonner notre rencontre de 2026.  Tout d’abord, Terres en vues soulignera le 325e anniversaire de la Grande Paix de Montréal de 1701, invitant à une réflexion sur les relations issues des traités et sur les manières dont celles-ci pourraient influencer les approches du cinéma autochtone. Deuxièmement, l’inauguration à Kahnawà:ke du bâtiment polyvalent et ultramoderne Kanatahkwèn:ke, qui abrite désormais le Centre culturel, le Musée, le Théâtre et l’Office du tourisme, favorisera des discussions approfondies sur le rôle du lieu dans le maintien et la promotion des langues, des arts et des cultures, y compris par le biais du cinéma. Fera enfin partie des discussions le projet de recherche Dévelopement Savoir du CRSH intitulé « A Disconnect in Understanding: Theorizing our Collaborative Research Practices in the Field of Indigenous Cinema » (« Un écart conceptuel à combler : théoriser nos pratiques de recherche collaborative dans le domaine du cinéma autochtone »), qui vise à dégager une réflexion théorique fondée sur nos expériences soutenues de recherche collaborative et communautaire, particulièrement celles cumulées par ce colloque depuis sa création en 2009. 

En 2026, nous invitons donc les participant·e·s à aborder les méthodologies, les lieux et les connexions à partir d’une diversité d’approches et de perspectives, en lien avec le cinéma autochtone. Les présentations peuvent porter à la fois sur les méthodologies de recherche et de création, sur l’éthique relationnelle et les contextes dans lesquels différentes œuvres prennent forme, ou encore sur les diverses questions soulevées par le cinéma et les médias autochtones. Dans un esprit de réciprocité, nous souhaitons examiner ce qui inspire le cinéma autochtone et ce que ce cinéma suscite comme interrogations critiques. Dans cette perspective, nous recherchons des propositions de communication traitant, entre autres, des thèmes suivants :

• l’esthétique cinématographique autochtone, y compris l’influence du regretté réalisateur miq’maq Jeff Barnaby 

• l’intégration de concepts et d’épistémologies autochtones, comme l’éthique relationnelle et spirituelle, dans les réalisations cinématographiques et audiovisuelles 

• la commercialisation et la distribution du cinéma autochtone, y compris le rôle des maisons de production et des festivals de films autochtones dans le mouvement mondial du cinéma autochtone 

• la conciliation travail-famille : le croisement des rôles et des responsabilités en tant que mère et réalisatrice et l’influence de ce croisement sur la carrière, le processus de création, ainsi que la forme et les thèmes des films de ces réalisatrices. 

• les archives du cinéma autochtone (rushes, images d’archives, séquences): considérations pratiques et éthiques 

• le cinéma en langues autochtones (Atanarjuat, Wiñaypacha, SG̲aawaay Ḵ’uuna / Edge of the Knife, Soleils Atikamekw, etc.) : revitalisation linguistique, souveraineté narrative, affirmation culturelle et autres visées. 

• l’histoire du cinéma autochtone et son contexte élargi, y compris ses liens au cinéma classique hollywoodien, au cinéma d’auteur, au troisième cinéma, au cinéma moderne, etc.  

• les collaborations et les liens (entre Autochtones; entre allochtones et Autochtones; entre mentor et mentoré; etc.) à l’œuvre au cinéma (écriture de scénario, réalisation, production, jeu d’acteur, diffusion, mentorat, etc.) 

• l’interrelation entre autodétermination et autonomie audiovisuelle 

• l’intelligence artificielle : utilisations courantes et considérations éthiques 

• les considérations relatives au spectateur dans différents contextes 

• l’enseignement du cinéma et des médias autochtones, et ces derniers comme outils d’apprentissage  

• les méthodologies de recherche et de création propices au cinéma autochtone 

Les propositions pourront examiner des œuvres de « la nouvelle vague » du cinéma autochtone – pour reprendre les termes de Jessee Wente –, dont celles de Zacharias Kunuk, Sydney Freeland, and Taika Waititi; se pencher sur le travail de précurseures comme Alanis Obomsawin, Sandra Osawa et Merata Mita; ou encore étudier des réalisations collectives d’organismes comme le CLACPI (Coordinadora Latinoamericana de Cine y Comunicación de los Pueblos Indígenas), le CEFREC (Centro de Formación y Realización Cinematográfica), le Wapikoni mobile au Canada, l’Institut Catitu au Brésil ou l’Ambulante Más Allá au Mexique.  

Propositions de communication 

Veuillez envoyer une proposition de communication (350 mots) accompagnée d’une courte notice biographique (150 mots) à Isabelle St-Amand, professeure agrégée à l’Université Queen’s, au isabelle.stamand@queensu.ca au plus tard le 30 mai 2026. Les propositions seront sélectionnées suivant un processus de révision anonyme par les pairs. Les lettres d’acceptation seront envoyées au début du mois de juin. 

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Frais d’inscription au colloque  

La politique de libre entrée au colloque vise à susciter la participation d’un public élargi et diversifié. Cette année, des activités du colloque auront lieu dans des salles de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et aux environs du site extérieur du Festival Présence autochtone, au cœur du Quartier des Spectacles, ainsi qu’à Kahnawà:ke, dans le tout nouveau le nouveau bâtiment multi-usage nommé Kanatahkwèn:ke. Nous invitons toutes et tous à participer aux activités du Festival international Présence autochtone de Montréal, où se tient le colloque : www.presenceautochtone.ca  

Nous remercions de leur généreux appui au colloque de 2026: 

• Le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) – Développement savoir 

• Le Groupe d’études et de recherches axées sur la communication internationale et interculturelle (GERACII) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) 

• The Office of Indigenous Initiatives de l’Université Queen’s 

• The Principal’s Student Initiatives Fund de l’Université Queen’s

• Le Département d’études françaises de l’Université Queen’s

• Le Département des langues, des littératures et des cultures de l’Université Queen’s

[1]Voir André Dudemaine, Gabrielle Marcoux et Isabelle St-Amand (2020). “Introduction.  Cinémas et médias autochtones dans les Amériques : récits, communautés et souverainetés”, Revue canadienne d’études cinématographiques, dossier bilingue, vol. 29, no 1, printemps, p. 1-26. Url:  https://doi.org/10.3138/cjfs.29.1.01