Est-il bien sérieux de s’étendre sur le sujet de la douceur alors que nous vivons à l’ère des prédateurs, de la multiplication des guerres et des massacres, à l’heure des populismes brutalisant les discours et l’action politiques, à l’heure du harcèlement dopé par les réseaux sociaux, de la dureté du monde socio-économique, de la violence quotidienne des "faits divers" ? Pourquoi revenir à la douceur quand, douceâtrement, ce monde glisse vers la docilité, la résignation, l’absence de résistance aux entreprises de domination, aspiré par un devenir-mouton sous la vigilance des loups ? La douceur est au sommaire de la nouvelle livraison de la revue Littérature, à l'initiative de Patrick Brasart et Patrick Wald Lasowski et d'ores et déjà accessible en ligne sur Cairn, qui nous offre l'occasion de méditer le mot de Paul-Jean Toulet : "Prends garde à la douceur des choses".
(Le déjeuner, François Boucher, 1739, détail, Musée du Louvre)