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Les femmes en mobilité (sociale, géographique, culturelle) dans la littérature de langue française, XXe-XXIe s. (Lausanne)

Les femmes en mobilité (sociale, géographique, culturelle) dans la littérature de langue française, XXe-XXIe s. (Lausanne)

Publié le par Marc Escola

Organisée par Tamara Karakus et Camille Ulrich, cette journée doctorale se propose d'interroger, avec plusieurs invitées, diverses représentations féminines de la mobilité en littérature.

La journée doctorale s'intéresse aux représentations féminines dans la fiction de langue française (transcontinentale), en envisageant de nombreuses formes de mobilité : géographique, sociale, culturelle, mentale,…. Il s'agit, avec les recherches doctorales en cours, de mettre en réseau diverses formes de mobilités (mouvance, fluidité, transferts, départs, refus des assignations,…) pour en interroger les enjeux et les effets, dans les textes. Ce motif peut être convoqué en critique ou en histoire littéraire, en lien avec les Gender Studies : nous souhaitons que différentes orientations de recherche puissent dialoguer.

Au programme :

10h45 : Conférence de Laélia Véron : "Les récits de transfuge de classe au féminin"

Cette intervention s’attache à étudier la représentation de la mobilité sociale féminine dans un nouveau type de récit : le récit de transfuge de classe. Ce récit canonisé par le prix Nobel d’Annie Ernaux est à la fois un récit à la mode (toujours très mobilisé dans les sphères sociologique, littéraire, médiatique) et un récit contesté (pour diverses raisons : manque d’intersectionnalité, positionnement politique, etc). Il s’agira notamment d’étudier ces critiques dans certains récits qui se présentent comme des contre-récits de transfuge de classe (par exemple chez Kaoutar Harchi et Nadia Daam). Mais s’agit-il vraiment de contre-récits ou de variations ? Ces critiques permettent-elles de dépasser les paradoxes des récits de transfuge de classe ?

Autrices évoquées (entre autres) : Annie Ernaux, Rose-Marie Lagrave, Kaoutar Harchi, Nadia Daam, Anne Pauly.

Autres personnalités évoquées (entre autres) : Sophie Marceau, Maïwenn, Théodora.

Références : Laélia Véron et Karine Abiven, Trahir et venger : Paradoxes des récits de transfuges de classe (La Découverte, 2024) ; COnTEXTES, n° 36 | 2025 : "Perspectives interdisciplinaires sur les récits de transfuge de classe" (dir. Karine Abiven, Laélia Véron).

13h45 : Conférence de Rafaela Wenk

"Cette communication s’appuie sur un corpus d’œuvres d’Aminata Sow Fall, de Ken Bugul et de Fatou Diome afin d’analyser les parcours de migration féminine. À la lumière de ces œuvres, il apparaît que la migration dépasse le simple déplacement géographique pour engager une transformation profonde du rapport à l’espace et à l’altérité. Le pays d’accueil, souvent idéalisé, se révèle en réalité traversé par de multiples frontières qui produisent des mécanismes d’exclusion et de hiérarchisation. Dans ce contexte, les femmes migrantes occupent une position particulièrement vulnérable, marquée par l’imbrication des rapports de genre, de classe et de race.

Si la migration est fréquemment envisagée comme un vecteur d’ascension sociale, les trajectoires féminines en révèlent les limites. Les attentes de réussite se heurtent à des réalités de précarité et de marginalisation dans le pays d’accueil. Lors du retour au pays d’origine, les formes de reconnaissance sociale restent inégalement distribuées, les parcours féminins étant souvent moins valorisés que ceux des hommes, les femmes étant soumises à des attentes normatives plus strictes et à des jugements qui tendent à déprécier leur expérience migratoire.

En interrogeant les conditions d’habitabilité des espaces traversés, cette réflexion met en évidence les tensions propres aux mobilités féminines, tout en soulignant leur potentiel de transformation des rapports entre individus, espaces et imaginaires."

15h15 : Projection du documentaire "Je suis Noires" des réalisatrices Rachel M'Bon et Juliana Fanjul.

17h : Présentation des ouvrages de Laélia Véron Trahir et venger : Paradoxes des récits de transfuges de classe (2024) et « T’es sérieuse ? » : problèmes politiques de l’ironie (2026) à la librairie Basta! à Dorigny (bâtiment Anthropole).

La discussion sera suivie d’un apéritif.