Roger Vailland ne retient plus guère l'attention des chercheurs, et moins encore des éditeurs depuis 25 ans : sauf erreur, les rares rééditions de ses œuvres datent de la fin du siècle dernier. Saluons donc comme il convient l'initiative de Marie-Noël Rio qui a réuni sous le titre Les ruines de Berchtesgaden pour la collection "Les Cahiers rouges" (Grasset) les articles rédigé par celui qui fut en 1944 et 1945 correspondant de guerre pour les journaux Action et Libération. Il raconte la fin du conflit et l’avancée, d’un côté du Rhin puis de l’autre, de l’armée alliée jusqu’à la capitulation de l’Allemagne. Il la célèbre dans les ruines de Berchtesgaden, la petite ville d’altitude où Hitler avait une maison de vacances. Vailland ne documente pas la guerre mais la vit, jusque dans ses moments confus, absurdes, déroutants. Ces articles, qui constituent une précieuse archive de la période la plus tragique du XXe siècle, rassemble les observations, anecdotes et pensées d’un esprit libre et combatif. Dans quel autre volume peut-on lire la discussion d’écrivains résistants voulant assassiner Louis-Ferdinand Céline et conclure que ce n’est pas la peine, puisqu’il s’est assassiné lui-même, en tant qu’homme et en tant qu’artiste, en collaborant ?
Rappelons qu'on peut lire dans Acta fabula le compte rendu donné par Marc Le Monnier de l'essai déjà lointain d'Alain Georges Leduc, Roger Vailland (1907-1965). Un homme encombrant. (L’Harmattan, 2008) : "Roger Vailland, un homme encombrant ?".