fiction et paratexte
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Le message suivant a été posté par
le visiteur Richard Saint-Gelais le 04 Octobre 2001 :
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Grand merci pour vos commentaires et vos observations, auxquelles je répondrais à peu près ceci: le paratexte n'est concevable comme tel que si on lui attribue un statut à part, qui le place en surplomb du texte et lui permet, entre autres choses, de situer celui-ci dans l'espace hétérogène des discours. Par là, le paratexte est la pièce décisive d'un dispositif pragmatique, institutionnellement réglé (mais historiquement variable, même si je n'ai pas assez insisté sur la question dans l'article, mais c'est une autre... histoire), dont la « cible» est le lecteur, ou plus exactement le réglage général de la lecture du texte. Je ne nie rien de tout cela mais voudrais insister sur ce que ce statut tend à occulter: le paratexte est un espace constitué de signes; il est par le fait même exposé à des manoeuvres qui pourront d'ailleurs relever de diverses stratégies: rendre problématique l'idée même de surplomb paratextuel (la revue Conséquences, il y a quelques années, a multiplié les opérations sur ce front), annexer (ou tenter d'annexer) le paratexte au discours fictionnel - ce qui produit des effets déstabilisants puisque le paratexte est justement censé commander une lecture fictivisante (au sens d'Odin), ce qu'il ne peut faire que s'il est lui-même soustrait à la fictionnalité. (En plus clair: la déclaration « ceci est un roman» ne peut bien fonctionner que si elle est tenue pour un énoncé sérieux, au sens pragmatique du terme).C'est dire que je suis tout à fait d'accord avec vous: une pratique fictionnelle du paratexte est possible, ce qui n'empêche pas le paratexte de rester le paratexte - mais le statut pragmatique du texte s'en voit du coup problématisé. Vous résumez lumineusement, je crois, le problème, ou plutôt le caractère dialectique des manoeuvres sur lesquelles je me suis penché. J'ajouterai seulement que ceci nous ramène à la question de l'instabilité des cadres, dès lors qu'on reconnaît leur caractère sémiotique (et non seulement logique, comme Bertrand Russell, au début du XXe siècle, avait voulu le faire à travers sa théorie des types).