Fabula, la recherche en littérature (colloques)

Ressemblance et faire-semblant[1]

Le message suivant a été posté par le visiteur Cecile De Bary le 22 Mars 2001 :
Cher Bernard Magné,

Tu m'excuseras si je ne m'attarde pas sur l'essentiel de ton article - cette exploration des protestations de fictivité qui permet de percevoir la variété et la fréquente ambiguité des "pactes" fictionnels (et réalistes) énoncés par le péritexte.

Tu m'excuseras de m'adresser encore au spécialiste de G Perec : ton étude de l'indication liminaire de La Vie mode d'emploi démontrant une fois encore la pertinence de tes analyses. Et le brouillage perecquien des frontières de la fiction, et de ses origines.

De fait, j'ai toujours naivement lu la fin d'Un cabinet d'amateur autrement que tu ne sembles le faire dans ta note 37 : pour moi, dans ce passage, le plaisir du "faire-semblant" - concernant un récit désigné comme "fictif" - a toujours été le plaisir de la fiction. (Le "faire-semblant" caractérisant en général autant le trompe-l'oeil que la fiction écrite, selon des modalités différentes.)

Je suis d'accord sur le fait que l'usage de la fiction joue chez Perec sur des mécanismes qu'on peut assimiler à certains fonctionnements du trompe-l'oeil. Je l'ai même écrit. Mais j'aimerais bien que tu précises ta lecture de ce passage. (Cette question étant conçue dans le but de lire une de tes analyses - source d'un plaisir de lecteur qui n'a rien à voir avec la fiction !)

A propos de trompe-l'oeil, je me permettrai de critiquer un point de détail de ta communication. Tu sembles assimiler ce que tu appelles le "leurre" réaliste au "leurre" figuratif auquel se laisse prendre l'animal (note 14). Pourtant les signes d'un texte réaliste ne ressemblent en rien à leur référent, sauf à mimer du langage, comme l'a remarqué P. Hamon. C'est l'univers désigné par le texte -effet de son discours - qui est susceptible d'être rapporté à l'univers réel - ou les signes d'une fiction à des signes référentiels.


Fil d'information RSS