Fabula, la recherche en littérature (debats)

Editoriaux Points de vue et débats 2012

Carton rouge

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Déclenché à la mi-février, consolidé par la grande manifestation du 22 mars et symbolisé par le désormais fameux carré rouge, le mouvement des étudiants québécois contre la hausse des frais de scolarité ne s'est pas essouflé, au point de contraindre une ministre à démissioner le 14 mai. Mais le gouvernement "libéral" de Jean Charest refuse de négocier et cherche maintenant à restreindre le droit de manifester pour casser le mouvement étudiant : une loi adoptée le 18 mai limite le droit de manifester et menace de très lourdes amendes les organisateurs de piquets de grève. Les enseignants sont entrés à leur tour de plain pied dans le conflit, la Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université s'étant prononcée contre cette loi. Lire également: La formidable grève des étudiants québécois", par C. Laval. Une manifestation de soutien au mouvement étudiant québécois était prévue à Paris le 22 mai 2012.


À quoi sert l’échec scolaire?

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Publié en accompagnement de la recension de L’Ecole des ouvriers de Paul Willis par Najate Zouggari dans le cinquième numéro de la Revue des Livres, "À quoi sert l’échec scolaire?" est la transcription abrégée d’une conférence donnée par Bertrand Ogilvie en janvier 2012 dans le cadre d'un cycle de discussions initulé « L’école, une institution ambigüe ». Bertrand Ogilvie y fait le point sur sa critique de l’école française, institution conçue pour former des citoyens capables de refonder par eux-mêmes l’ordre politique, mais qui a également, et contradictoirement, pour rôle de naturaliser un ordre social hiérarchisé.


Reconstruire l'université, la recherche et l'école publiques

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Souvenons-nous: privatisation, mastérisation, suppressions de postes, réforme du lycée, Crédit Impôt Recherche, marché de l'évaluation, mobilité des fonctionnaires, primes individualisées, dont les PES, contrat doctoral, atteintes aux libertés fondamentales d'opinion et d'expression, expulsions, circulaire Guéant, Lolf, Lru, Rgpp, Pacte pour la recherche, hausse des frais d'inscription à l'université, partenariats public-privé, fichage, lettres classiques et langues anciennes menacées, politique dite de "l’excellence", décret n° 2009-460, main mise néo-managériale sur l'université et la recherche (Anr et Aeres), etc, etc.

Ce qui a été détruit peut être reconstruit. Sous le titre Ne pas trahir 2009, un appel est lancé aux organisations syndicales, aux sociétés savantes, aux associations professionnelles, aux collectifs militants de la communauté universitaire et aux organisations étudiantes pour l'organisation d'une coordination nationale des établissements universitaires le 21 mai 2012. Le Sncs appelle de son côté à une "reconstruction de la science en France". Une première Coordination Nationale des Etablissements Scientifiques et Universitaires était organisée à Paris le 21 mai 2012: lire le communiqué.

 


Le chemin de Vincennes

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Édité au printemps 2009 pour le quarantième anniversaire de la fondation du Centre expérimental de Vincennes, le volume Vincennes. Une aventure de la pensée critique (Flammarion), supervisé par J.-M. Djian, offrait un bouquet de documents et témoignages inédits sur une université qui a voulu réinventer l'université. C'est un ouvrage d'une tout autre ambition que font paraître ce mois-ci les PUV sous la direction de Ch. Soulié et sous le titre explicite Un mythe à détruire ? Origine et destin du centre expérimental de Vincennes: une "histoire des premiers pas de cette institution hautement paradoxale, car foncièrement anti institutionnelle", invitation à une "exploration de l’inconscient académique" susceptible de dévoiler quelques-uns des "enjeux académiques, intellectuels et pédagogiques sous-jacents à cette formidable expérience collective". La Bibliothèque numérique de Paris 8 a entrepris de son côté de numériser les riches archives de son "fonds Vincennes", formidables témoignages d'une époque où les intellectuels ne rougissaient pas de faire (de) la politique.


Ici et là

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La protestation des étudiants québécois prend de l'ampleur. Déclenché à la mi-février 2012, le mouvement regroupe maintenant des dizaines, voire des centaines de milliers d'étudiants protestant contre la hausse de leurs frais de scolarité. Ils étaient très nombreux à manifester à Montréal le 22 mars dernier. Une semaine plus tard, c'est en Espagne que, pour d'autres raisons, la grève touche les écoles et les universités. Lire également: Pendant ce temps-là, au delà de nos frontières… Revue de presse par la PCS de SLU le 21 avril 2012.


ENS: le dernier acte

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Vingt jours: c'est le délai, assez peu républicain, qui a séparé l'annonce de la démission de M. Canto-Sperber, qui quitte la direction de l'ENS pour la présidence de Paris Sciences Lettres (l'un de ces Machins qui appellent en effet une stricte "gouvernance"), de la date limite des dépots de candidature pour sa succession. Parmi les sept candidats sur les rangs, revient avec insistance le nom d'Edouard Husson, lui-même revenu de la Chancellerie et d'abord du cabinet de V. Pécresse. Les protestations n'y feront rien: la commission de nomination est nommée depuis le 9 mars. Elle se réunira le 3 avril, et le nom de l'heureux élu devrait être promulgué par décret du Président de la République le 15 avril, soit sept jours avant… le premier tour du scrutin présidentiel.


Mise à l'Idex

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Pour les derniers distraits (il en reste) qui s'obstineraient à méconnaître l'ampleur des changements programmés (en toute opacité) par les Idex (désormais actés), on ne saurait trop recommander l'analyse de M. Bernard: l'exemple de la Sorbonne Nouvelle (Paris 3) appelée à disparaître dans l'Excellente "l'Université Sorbonne Paris Cité". Les lecteurs circonspects iront faire un pieux pélerinage sur le site officiel de "l'UPSC" (qui compte encore bien peu de fans sur Facebook), ou un tour d'horizon plus complet sur celui de Sauvons l'Université.


Appel de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

49664.jpg«L’actuel gouvernement présente la réforme de l’Université comme l’une des grandes réussites du quinquennat. Il prétend avoir donné aux universités leur autonomie, avoir fait, en faveur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, "des efforts financiers sans précédent", avoir engagé une politique de l’excellence qui commencerait à porter ses fruits au niveau international et avoir réformé la formation des maîtres pour parvenir à une "meilleure formation des enseignants". Tout cela est faux !» Sauvons l’Université vous invite à signer l'appel de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.


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