Fabula, la recherche en littérature (debats)

Editoriaux Points de vue et débats 2010

  23 mars 2010

L'intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche (Fsu, Cgt, Unsa, Cfdt, Solidaires, Cftc, Unef, ainsi que Slr et Slu) appelle les personnels et les étudiants à se joindre à la mobilisation par la grève et les manifestations le 23 mars. Lire la liste des manifestations, actions et rassemblements du 23 mars 2010 (voir aussi l'agenda militant de Fabula). À PARIS, un RENDEZ-VOUS est donné aux enseignants et aux chercheurs à partir de 13h à l'angle de la rue Charlot et du boulevard du Temple.

Mars 2010: maintenant ou jamais

États-Unis, Angleterre, Autriche... le mouvement international contre la marchandisation du savoir n'est plus un mot d'ordre, mais bien une réalité. Les étudiants et les universitaires français vont-ils y rester indifférents, alors que le second degré est maintenant mobilisé? Les acteurs du système éducatif et les citoyens doivent s'unir massivement contre la mastérisation, mais aussi les suppressions de postes et la réforme du lycée sans oublier le Crédit Impôt Recherche, le marché de l'évaluation, la loi sur la mobilité des fonctionnaires, les primes individualisées (dont les PES), le contrat doctoral, les atteintes aux libertés fondamentales d'opinion et d'expression, les expulsions, la Lolf, la Lru, la Rgpp... (voir aussi l'agenda militant de Fabula). 

La réforme du lycée contre les lettres et les sciences sociales

Faisant une nouvelle fois preuve de lucidité et d'indépendance, un quotidien national présente la réforme du lycée comme un ensemble de "propositions concrètes et pragmatiques", "juste une réforme de fond". On s'interroge, pourtant, ici et là: faut-il aimer le nouveau lycée ?, faut-il appliquer la réforme ? La prise de conscience est d'abord venue des lycéens eux-mêmes (toute comparaison avec l'engagement contre la LRU par les étudiants les premiers...), puis les historiens, les économistes et les sociologues sont "montés au créneau". Au tour des "littéraires" de prendre conscience de l'objectif réel des nouveaux programmes: avaliser la destruction progressive de l'Éducation publique, gratuite et laïque. La prétendue réforme prétend "renflouer" la filière L ? Mais "avec 3 heures 30 de français par semaine en moins sur trois ans pour un élève suivant le cursus littéraire (126 h supprimées au total), les mots du ministère résonnent comme un habile camouflage d'une diminution radicale de la place du français dans l'enseignement" (pétition). Le forum des sociétés savantes s'inquiète également pour les séries technologiques et dénonce la disparition d'enseignements disciplinaires précis et un déséquilibre accru entre filières.

L'université brûle-t-elle?

Le passage en force du gouvernement français sur la mastérisation a entraîné une multiplication de motions prises par les conseils centraux des Universités (lire tous les communiqués). Après la mobilisation inédite de 2009, un nouveau front du refus se dessine ainsi en France, tandis que les autres pays européens sont successivement gagnés par des mobilisations universitaires contre le processus de Bologne. Au-delà de l'Europe, de nombreuses universités protestent contre la privatisation et la marchandisation du savoir (voir aussi le blog Universities in Crisis).
À noter, dans l'agenda militant, le débat européen L'Université brûle-t-elle ? qui se tiendra en Sorbonne le 11 février, mais aussi un appel pour une participation au contre sommet du 11 mars 2010 à Vienne et encore: un nouvel appel pour une mobilisation européenne contre la stratégie de Lisbonne. La résistance aux logiques de dérégulation, de mise en concurrence et de rentabilité financière viendra-t-elle au printemps 2010 du monde étudiant et universitaire?

Raisons d'agir

"Nous ne sommes peut-être plus dans la rue, mais les sujets chauds n'ont pas disparu" déclarait récemment un enseignant-chercheur d'une célèbre université parisienne. De la Maternelle à l'Université, il est toutefois temps de se rassembler pour lutter, au-delà des intérêts corporatistes, contre la déforme ("désastreuse et inapplicable") de la formation des enseignants, mise en place par un gouvernement dont l'ambition de plus en plus claire est de faire main basse sur l'enseignement public.
Mastérisation (voir ici, ou encore et ), mais aussi suppressions de postes, réforme du lycée, scandale du Crédit Impôt Recherche, loi sur la mobilité des fonctionnaires, primes individualisées (dont PES), contrat doctoral... sans oublier la Lolf, la Lru et la Rgpp: l'horizon s'assombrit et les raisons de relancer la mobilisation ne manquent pas, comme le soulignent encore les motions de la CNU du 25 janvier 2010.

Les nouveaux concours

On les attendait depuis si longtemps… Les Rois Mages ont déposé au JO (6/1/10) les programmes des épreuves des nouveaux concours de recrutement des enseignants du Secondaire, Capes et Agrégation. Pour les Capes de Lettres modernes & Lettres classiques, voyez plutôt ici. Deux épreuves écrites d'admissibilité et deux épreuves orales d'admission seulement, sans oublier l'entretien qui vérifiera que les futurs enseignants sont à même "d'agir en fonctionnaire de l'État", mais plus de langue vivante (à quoi bon?). Tous nos voeux de succès. Lire aussi le communiqué de presse du SNCS et le tableau comparatif des "nouveaux" Capes élaboré par SLU.


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