


La narratologie post-classique (post-coloniale, féministe, cognitiviste...) se pose en s'opposant à la narratologie classique, identifiée au "Discours du récit" de G. Genette. En Amérique, en Allemagne ou en France, plusieurs entreprises théoriques se construisent ainsi en regard du modèle genettien : on peut chercher à le compléter en s'intéressant à la dimension sociale des récits, ou bien en sondant leurs implications philosophico-anthropologiques. On peut aussi l'ouvrir à la question des récits possibles, comme le propose M. Escola en revenant sur le principe de causalité régressive. A. Rabatel propose, pour sa part, une "analyse énonciative et interactionnelle des points de vue dans la narration" qui entend dépasser l'approche genettienne de la perspective narrative. Dans Le Narrateur (dont on trouvera une discussion dans Acta), S. Patron entend enfin réfuter les théories "communicationnelles", pour lesquelles la communication entre un narrateur et un narrataire est constitutive de la définition du récit.
Lire contre l'auteur, ne serait-ce pas lire aussi lire tout contre, s'appuyer en s'opposant, et par cet appui polémique se donner les moyens d'écrire la suite? La lecture contrauctoriale ne serait-elle pas une manière de renvoyer le discours proauctorial à son statut de discours non pas descriptif, mais persuasif, dire que l'autorité n'est pas une question de validation, mais de persuasion? Telles sont deux hypothèses, parmi d'autres, auxquelles a conduit le séminaire en résidence "Lire contre l'auteur", organisé par l'équipe Fabula en septembre 2009. On pourra découvrir l'ensemble des propositions et des conclusions nées durant cette semaine de réflexion collective, en lisant dans l'introduction générale qui a servi de base de travail, les résumés des différentes communications, un compte rendu des ateliers, et une première synthèse des travaux.

La parution d'un ouvrage sur la poétique des vers dans une fameuse collection des Éditions du Seuil est l'occasion pour l'Atelier de théorie littéraire de mettre à jour une page récemment créée et dédiée à la versification. On y trouvera notamment l'introduction de La Fabrique du vers de Guillaume Peureux, une sélection de différentes ressources disponibles sur Fabula ou sur d'autres sites ainsi qu'une bibliographie. Contacter l'équipe de l'Atelier (atelier@fabula.org) pour contribuer à l'enrichissement de cette page en proposant preprints ou articles plus anciens, (re)définitions et problématisations, approches généralistes ou historiques, synthèses ou études de cas, compléments bibliographiques etc.

L'Atelier accueille les introductions de deux ouvrages qui reviennent sur les spécificités génériques des Mémoires : examinant les liens qu'ils entretiennent avec la fiction, et plus généralement la littérature, ils reposent l'épineuse question des frontières entre diction et fiction. M. Hersant étudie le discours de vérité dans les Mémoires de Saint-Simon, qu'il tire alors vers l'historiographie, tandis que J.L. Jeannelle situe les Mémoires du XXe siècle "aux limites de la littérature". Des recensions de ces deux enquêtes sont parues dans Acta fabula et sont répertoriées dans l'atelier aux côtés des comptes rendus d'études récentes sur la question des rapports entre Mémoires, Histoire et Littérature.

L'Atelier de Fabula ouvre une nouvelle section intitulée : "Edition". Y est notamment publiée la réponse d'André Guyaux à la recension des Oeuvres complètes d'Arthur Rimbaud en Pléiade que Jean-Jacques Lefrère avait publiée dans la Quinzaine littéraire - accompagnée du compte rendu que Romain Jalabert avait proposé du même volume dans Acta Fabula. Comment éditer, lire, interpréter Rimbaud? La présence des Poésies et d'Une saison en enfer au programme de l'agrégation rend l'enjeu essentiel (on pourra aussi se reporter à la page suivante où sont recensés les événements ou les publications autour de l'agrégation 2010).

La dernière livraison des Cahiers de narratologie engage un questionnement sur le statut narratif de l'image: comment les images, fixes ou animées, linéaires ou tabulaires, racontent-elles ? Que racontent-t-elles ? Peuvent-elles ne pas raconter ? Images et récits "ce n'est pas de l'image plus du récit, c'est de l'image qui raconte, de l'image qui devient récit". Signalons par ailleurs le dernier numéro d'une autre revue en ligne, Image & Narrative, consacré aux Images de l'invisible. L'Atelier de théorie littéraire de Fabula propose enfin de nombreuses ressources (articles, liens, recensions etc.) pour une réflexion sur le dialogue entre le texte et l'image, entre littérature et photographie, cinéma, bande dessinée ou peinture.
La première moitié du XXème siècle a vu un incontestable développement de réécritures de grands mythes gréco-romains et de reprises de figures de l'antiquité gréco-romaine, tant dans des oeuvres qualifiées de "néo-classiques" (que l'on songe à l'Orphée de Cocteau ou à l'Oedipe de Gide) que dans des productions des avant-gardes qui s'affirment à cette époque (qu'il s'agisse des Mamelles de Tiresias d'Apollinaire, de Ulysses de Joyce, de The Waste Land de T.S. Eliot pour ne citer que quelques exemples). Quelles idées de l'homme, de la cité et de l'art sont en cause et en jeu lorsque des "modernes" reviennent à la matière des mythes antiques ou utilisent des figures de l'antiquité gréco-romaine? Telles sont les questions posées dans le séminaire Modernités antiques, co-organisé à Paris X et à Paris 13 et dont plusieurs communications sont publiées dans les pages "Modernité et antiquité" de l'Atelier.