Fabula, la recherche en littérature (atelier)

Atelier de théorie littéraire, archives 2008

"Et tout le reste est littérature"

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Dans un article publié sur le site de la SFLGC, Michèle Finck prône une "Poétique du son" et souligne que le sens que le poète donne au monde naît au sein de "l'élaboration musicale que la poésie opère sur les mots". Sur le même site: Marjorie Berthomier "Texte et musique - où comparer, c'est articuler". L'atelier de Fabula connaît la musique et répertorie différentes ressources en ligne (séminaires, colloques, recensions dans Acta fabula etc.) soulevant la question de l'hétérogénéité féconde du verbal et du musical. Aux travaux de Timothée Picard sur l'opéra (Strauss, Gluck ou Wagner) s'ajoutent notamment ceux d'Haydée Charbagi sur les rapports entre poésie et musique (Henri Michaux et la musique, Musique contemporaine et poésie).


Antique Anthropologie

27607.jpgDans le compte-rendu qu'il consacre à l'ouvrage récent de D. Yatromanolakis, Sappho in the Making: The Early Reception, G. Liberman note qu'on pourrait presque écrire un « Essai sur la méthode en anthropologie culturelle d'après l'exemple de la première phase de la réception ancienne de Sappho. » Comme en écho, E. Hall intitule son ouvrage sur la réception de l'Odyssée, The Return of Ulysses. A Cultural History of Homer's Odyssey. Ces deux études de réception, question d'herméneutique littéraire, se réclament dans le cas de deux auteurs antiques, d'une approche marquée par l'anthropologie et les cultural studies. Ce déplacement n'est pas tant le symptôme de la prégnance du paradigme anthropologique dans les études littéraires que de la difficulté manifeste pour les spécialistes de l'Antiquité à séparer poétique ou herméneutique d'une approche contextuelle plus large. C'est bien ce que réaffirme également un entretien avec C. Calame réalisé par A. Louis (Anthropologie historique des poetiques grecques) et c'est aussi le sens de tous les travaux de C. Calame, notamment de sa dernière publication, Sentiers transversaux. Entre poétiques grecques et politiques contemporaines. Le texte antique présente-t-il la spécificité de ne pouvoir être extrait de son contexte ou, au moins, d'un contexte anthropologique ? Est-il, plus que d'autres textes, illisible si l'on ne prend pas en compte cette dimension culturelle ?



Médiévalisme, modernités médiévales

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Dans les études anglophones, le medievalism désigne la présence du Moyen-Age aux siècles suivants, sa réception aux XVIe-XXIe siècles, dans le domaine de la création artistique et dans le domaine universitaire. En France, les travaux des "médiévalistes" sont déjà nombreux, mais le terme de médiévalisme n'est pas encore adopté et peu de réflexions théoriques existent, qui éclaireraient ces pratiques, leurs différences avec les travaux anglo-américains ; certaines difficultés méthodologiques ne sont donc pas toujours prises en compte comme le souligne Vincent Ferré dans Médiévalisme : le risque d'une lecture fantasmagorique. On trouvera encore plusieurs Articles en ligne sur le site de Modernités médiévales et d'autres ressources sur Studies in Medievalism, site de référence pour les études anglophones.


Possibilités du texte

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Tout commentateur se voue à justifier le texte «tel qu'il est», c'est-à-dire à interpréter tout phénomène textuel comme résultat des choix d'un auteur: «expliquer» un texte, c'est montrer que ces choix sont les meilleurs possibles, et que le texte ne pouvait pas être autrement. La théorie des textes possibles, développée au sein de l'Atelier de théorie littéraire par M. Escola & S. Rabau dans la lignée des propositions de M. Charles, mais aussi de P. Bayard, J. Dubois et quelques autres, prend le contre-pied des préjugés qui commandent l'exercice du commentaire, en confrontant tel ou tel texte «réel» à ce qu'il aurait pu être : la méthode consiste à mettre à profit la lettre du texte, dans tous ces moments, plus nombreux qu'on le croit, où se manifestent par exemple les indécisions des personnages, leurs anticipations sur la suite des événements que le texte peut bien infirmer, leurs souhaits ou leurs regrets quant au cours de l'histoire qu'ils vivent. Elle s'attache aussi sur un plan syntagmatique aux marques qui signalent le passage d'une micro-structure locale à une autre, et à tout ce que le texte ne dit pas et dont il appelle la restitution. Il s'agit donc de promouvoir un nouveau style de commentaire, qui conjugue au plus près gestes métatextuels et interventions hypertextuelles — de concevoir le commentaire comme la production d'une variante du texte considéré. L'Atelier vient d'accueillir un essai d'application de cette méthode à un épisode de L'Odyssée: "Comme des cochons. La bibliothèque de Circé".


Penser la poésie

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L'atelier accueille les résumés des communications de la journée Penser la poésie, organisée en mars 2008 par M. Gally. Il s'agit de dresser un état des lieux des études actuelles portant sur les tentatives pour définir et désigner l'objet « poésie », essais qui ont une histoire, des sens divers selon les contextes de pensée dans lesquels ils s'élaborent, et qui contribuent à la fois à créer la « poésie » ou le « poème » autant qu'à le mettre en cause en tant que « genre ». En cela les « arts poétiques » accompagnent la création poétique et l'inquiètent. La récente anthologie proposée par H. Marchal - La Poésie, dont on peut lire le compte rendu dans Acta fabula -  a servi en partie de catalyseur à cette journée.


Ecrivains, événements.

Comment faire l'histoire des inventions? L'histoire littéraire fait-elle toute sa place à la puissance de disruption des événements et des singularités? Ce sont les questions posées par Adrian Tudurachi dans "De l'accident comme projet de l'histoire de la littérature". Généralement indépendante de la conception de l'histoire comme processus continu et objectif, rarement orientée par un souci de périodisation ou d'unification du passé, l'histoire littéraire semble toujours construire des ensembles incomplets et inédits: Déplacements, dégagements... L'atelier accueille, à ce titre, un ensemble de textes issus d'un projet collectif consacré, en France, en Allemagne, et aux Etats-Unis, à l'Histoire littéraire des écrivains; il s'est agi d'étudier la manière dont les écrivains pensent et configurent leur aventure collective, élaborent une idée de la littérature en en faisant le récit, dans une construction globale qui entre en relation de concurrence ou de complémentarité avec l'histoire littéraire savante.


Lyrisme et performance

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Où est la poésie? Comment la dire? Une réflexion collective menée en discussion avec les travaux de Jonathan Culler s'interroge sur la définition du lyrisme: comment les poèmes traversent-ils le temps? comment faire l'histoire du lyrisme? Y a-t-il une continuité entre ses formes anciennes, ritualisées, et l'expressivité moderne? A l'intérieur d'une réflexion plus générale sur la "fortune du performatif" dans les études littéraires, J. Culler propose de faire de l'apostrophe la figure-clé de l'adresse poétique. L. Jenny expose quant à lui les principes de l'énonciation lyrique, M. Murat observe les "clés de la poésie" des anthologies de Gide ou d'Arland, et dans un ouvrage récemment réédité, J.-C. Milner s'interroge sur ce qu'il faut d'attention à la langue pour Dire le vers.


Proust, partage de l'incertitude

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Les doutes, les surprises et les révélations se répètent, s'aggravent ou se renversent dans À la recherche du temps perdu. Plusieurs articles récents en témoignent. L'Atelier accueille les travaux d'un séminaire piloté par K. Haddad-Wotling et V. Ferré (Paris 10/ Paris 13), dont une journée a été dédiée à Proust et l'incertitude ; on peut y lire une réflexion d'A.-I. Squarzina consacrée à Proust et Cervantès, et aux conflits de la folie et de la lucidité. Dans la dernière livraison de LHT, C. Pradeau observe les conseils qui passent d'un lecteur à l'autre, et M. Macé la difficulté qu'éprouve Marcel à suivre un nouvel écrivain dans sa phrase. Au sein de l'Equipe Proust, dans les pages web de l'ITEM, N. Mauriac élabore une poétique de la surprise et de la reconnaissance sur lesquelles culminent les chocs, les inversions et les étonnements proustiens.


L'oeuvre d'art littéraire

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Quelle sorte d'objet l'oeuvre littéraire est-elle? Quelle sorte d'objet faut-il qu'elle soit pour qu'elle affecte son lecteur et produise un effet ? C'est la question posée par le philosophe R. Ingarden en 1931, et dont Jean-Baptiste Mathieu propose ici une lecture; une réflexion collective lui a récemment été consacrée, et la notion d'acte esthétique a été également remise à l'honneur par un ouvrage de B. Saint Girons. C'est à cette même énigme qu'ont tenté de répondre les penseurs de la fiction, en proposant de voir dans les univers fictifs de véritables mondes; Françoise Lavocat s'interroge dans leur sillage: l'oeuvre littéraire est-elle un monde? Le plaidoyer d'Yves Citton pour les lectures actualisantes offre un éclairage important sur ces débats en en déployant les enjeux pratiques.


Contributions à l'étude du complexe de Victor Bérard.

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Le complexe de Victor Bérard désigne ces moments où "le voyageur, traversant des espaces réels, croit reconnaître des lieux de passage des héros de la fiction" (Christine Montalbetti, Le Voyage, le monde, la bibliothèque). Traducteur et commentateur de L'Odyssée, Victor Bérard (1864-1931) pensait qu'Homère avait décrit, à partir d'instructions nautiques phéniciennes, des lieux et des itinéraires maritimes réels. En compagnie du photographe Frédéric Boissonnas, il partit donc en bateau dans le sillage d'Ulysse. Le complexe de Victor Bérard peut-être rattaché au domaine de la métalepse, si l'on désigne ainsi avec Gérard Genette toute "transgression, figurale ou fictionnelle, du seuil de la représentation".


La bibliothèque en feu?

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La Bibliothèque est en feu dans les pages récentes de l'Atelier de Fabula: Christophe Pradeau médite sur le "jeu de l'île déserte", qui postule une réduction de la littérature aux dimensions d'une blibliothèque de voyage ou d'exil, Julia Peslier et Anne Bourse s'interrogent sur le désordre que la pensée comparatiste parvient à mettre dans nos rayonnages ordinaires, et construisent au long d'un important dossier théorique plusieurs scénographies de la bibliothèque littéraire. Paul-André Claudel s'intéresse à ce qui tombe des étagères, scrute ce qui semble ne plus compter et disparaît dans la poussière du temps, et Michel Murat invite, avec le poème en prose, à méditer sur "le dernier livre de la bibliothèque". 


Travaux en cours... de publication dans l'atelier.

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L'atelier accueille cette année les travaux de deux séminaires de littérature comparée. Quelles idées de l'homme, de la cité et de l'art sont en jeu lorsque des modernes reviennent à la matière des mythes de l'antiquité gréco-romaine? demandent Véronique Gély et Anne Tomiche dont le séminaire sur  la littérature occidentale (1910-1950) et les mythes gréco-romains inaugure la page modernité et antiquité de l'atelier. Observant un ralentissement des études françaises sur Proust et la littérature étrangère, Karen Haddad-Wotling et Vincent Ferré ont pour leur part souhaité relancer la réflexion sur les rapports de Proust avec les écrivains de la modernité ou avec les classiques étrangers. Les textes ou les résumés des trois journées d'étude Proust dans la recherche comparatiste, bilan et nouvelles perspectives sont aussi dans l'atelier.



Littératures factuelles: nouveaux chantiers de l'atelier.

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Du nouveau dans différents chantiers de la rubrique littératures factuelles de l'atelier: avec Génétique et autobiographie, dossier extrait de L’Écriture autobiographique : itinéraire d’une recherche, à paraître dans le numéro 28 de la revue Lalies, Philippe Lejeune dresse le bilan de ses travaux de critique génétique des écritures de soi; dans le chantier sur le genre épistolaire initié par Marc Escola, Irène Langlet entame une réflexion sur les correspondances électroniques et inaugure ainsi une nouvelle page sur l' e-pistolaire; mise à jour régulièrement, la page consacrée aux pratiques historiographiques propose enfin différents dossiers et liens.



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