Fabula, la recherche en littérature (accueil)

Editoriaux 2010

Enfants (et petits-enfants) de 1966

41799.jpg« Je suis un enfant de 1966 », déclarait Ph. Hamon dans un entretien avec F. Dosse. Du 4 janvier au 29 mars 2011, le cours et le séminaire d'Antoine Compagnon au Collège de France sont consacrés à cette année séminale, qui vit paraître, entre autres, Critique et vérité de R. Barthes, Problèmes de linguistique générale d'E. Benveniste, Sémantique structurale d'A.J. Greimas, l'anthologie des formalistes russes par T. Todorov, ainsi qu'un volume qui ne s'intitulait pas encore Figures I (et sur lequel Gérard Genette reviendra lui-même le 1er février) ; mais aussi les Écrits de J. Lacan et Les Mots et les choses de M. Foucault (acte de naissance de la « Bibliothèque des Sciences humaines » dirigée par P. Nora). Quarante-cinq après et malgré le reflux du structuralisme, ne serions-nous pas les petits-enfants de 1966 ?

Deux mille onze

41788.jpegToute l'équipe Fabula vous présente ses meilleurs voeux et vous souhaite une "excellente" année 2011, riche en rencontres intellectuelles, abondante en lectures, fertile en débats, et qui puisse apporter le plus joyeux démenti à la définition proposée par Ambrose Bierce: "Année: Période de trois cent soixante-cinq déceptions".   

Autour des travaux de Pierre Bayard

41681.jpg Le premier ouvrage collectif consacré aux travaux de P. Bayard vient de paraître. On en trouvera la préface dans l'Atelier : Pour une critique décalée, par L. Zimmermann. On trouvera également sur le site de F. Bon la contribution de celui-ci à ce même collectif. Rappelons à cette occasion quelques-uns des jalons les plus importants de la réflexion autour de l'oeuvre de P. Bayard sur Fabula. On se souviendra notamment du dossier sur le plagiat par anticipation, qui comporte un extrait d'un article de P. Bayard paru dans un numéro de La Lecture littéraire ("Ecrivains, lecteurs", dont M. Macé rendait compte en 2002 sous le titre "C'est ça, c'est exactement ça"), une contribution de M. Escola, Le temps de l'histoire littéraire est-il réversible ?, et plusieurs compte rendus de l'ouvrage Le Plagiat par anticipation. On se souviendra par ailleurs des nombreux articles proposés à chaque parution d'un ouvrage de P. Bayard, depuis un commentaire d'A. Gefen, jusqu'aux rebondissements multiples appelés par la critique policière inventée par P. Bayard. On pourra se souvenir de F. Schuerewegen et de sa contribution à l'ensemble Hégémonie de l'ironie? (1980-2008), Le critique ironiste (Charles vs Bayard). Signalons enfin la parution dans l'Atelier du  Petit traité de "misologie" de D. Garncarzyk.

Robbe-Grillet

41591.jpgLa mort d'Alain Robbe-Grillet, en 2008, est à l'origine du colloque d'Ottawa dont le collectif Alain Robbe-Grillet. Balises pour le XXIe siècle constitue les Actes. Cette réunion avait pour objectifs de faire le point sur Robbe-Grillet et son oeuvre, tant littéraire que cinématographique, de marquer un bilan d'étape de la recherche et de lancer des pistes de réflexion pour l'avenir. L'ensemble comprend de nombreux témoignages d'écrivains actuels et comporte plusieurs documents inédits. D'autres publications récentes sur Robbe-Grillet sont signalées sur la page Agrégation 2010-2011. Une journée d'études intitulée Plasticités du texte et de l'image chez Alain Robbe-Grillet se tiendra le vendredi 25 février 2011 à l'Université de Toulouse-Le Mirail.

L'autorité en littérature 

41408.jpg"La crise de l'autorité, susceptible de définir jusqu'à nos jours toute la période moderne, n'empêche pas la notion d'autorité de conserver sa pertinence et sa fonction régulatrice dans l'ordre de la littérature, où elle aide à penser l'idée d'auteur". C'est l'hypothèse dont procède L'Autorité en littérature, quatrième cahier du groupe Phi dont on peut télécharger l'avant-propos. Après des travaux consacrés aux notions de contrat (Littératures sous contrat, 2002), d'engagement (L'engagement littéraire, 2004) et d'exemplarité (Littérature et exemplarité, 2007), le programme du groupe Phi sur les axiologies de la littérature a abordé la question de l'autorité au cours d'un colloque et de plusieurs journées études dont l'équipe Fabula était partenaire.

Dossier critique Acta fabula — "Confins, fiction et infinitude de la traduction"

41351.jpgLa traduction fait un tabac, comme en témoigne la foison d'ouvrages, de colloques et de manifestations consacrées à ce sujet. Quatre variations libres sur des espaces peu connus (portant sur des oeuvres et des essais non traduits en français) ou un peu moins arpentés de ce champ sont au programme de la dernière livraison d'Acta fabula, et invitent à faire l'école buissonnière. On pourra ainsi suivre les allers-retours du drame social entre deux littératures, russe et chinoise, et ses enjeux en lisant l'étude de R. Shapiro ou bien se laisser guider par la réflexion de L. Robert Foley sur l'illegible et l'intraduisible en poésie, à partir d'un essai de C. Dworkin. A. Bourse nous propose, pour sa part, une lecture croisée des notes de Claro et d'une fiction de B. Matthieussent, engageant une réflexion sur les figures et les fictions de traducteurs. J. Peslier interroge, quant à elle, à partir du recueil La Retraduction dirigé par R. Kahn et de C. Seth, le geste même du traducteur. On pourra également relire la recension de M. Dosse, à propos de L'Acte de Traduction d'A. Berman, ainsi que la contribution de T. Samoyault au dossier critique d'Acta sur Homi Bhabha. Vous pourrez, enfin, déambuler au sein de l'entrée que l'Atelier de fabula consacre à cette question.

Une nouvelle collection de théorie littéraire

41315.pngLa collection « Théorie de la littérature » est un lieu ouvert à une multiplicité d'approches critiques, dans une perspective globale qui dépasse les frontières des littératures nationales, et qui affirme la liberté actuelle de croiser les points de vue, théoriques et discipinaires, sur le texte et l'histoire littéraires. Andrea Del Lungo dirige cette nouvelle collection ouverte à toute proposition et dont le premier titre, Le Début et la fin du récit. Une relation critique, constitue l'aboutissement d'un projet réalisé en collaboration avec Fabula. La prochaine parution sera l'ouvrage monumental de Francesco Orlando, maître des études littéraires en Italie décédé en juin dernier, sur les objets désuets dans la littérature.

Trois hypothèses et un exemple

41295.gifDans un article lumineux de la dernière livraison de Poétique, Michel Charles montre qu'il reste l'instigateur de propositions théoriques et critiques novatrices, dans la lignée de ses précédents travaux sur les textes possibles. Trois hypothèses sont d'abord examinées  qui redéfinissent le  cadre méthodologique de l'analyse textuelle. La première touche à l'idée de réseau textuel. La seconde pose une distinction, mais pas une solution de continuité, entre le discours rompu de la parole ordinaire et le discours  composé de la parole artificielle. La troisième hypothèse est formaliste et pose que le sens travaille à la forme, qui est "ce par quoi le texte est rendu sensible". L'analyse d'un passage célèbre de la Recherche, enfin, pose concrètement la question décisive de la composition dans ses rapports avec l'idée de réseau et avec l'hypothèse formaliste.

La Revue des vingtiémistes

41255.pngLa Société d'Etudes de la Littérature Française du vingtième siècle lance sa revue :  ELFe XX-XXI. Le premier numéro sera consacré à "L'Aventure" (n° 1, 2010). Le deuxième numéro : "Quand finit le XXe siècle ?" (n° 2, 2011) est prévu, lui, pour la fin de l'année 2011. La SELF XX compte sur le soutien de ses membres pour que puisse perdurer ce projet collectif. Si vous souhaitez adhérer à la Société, le bulletin d'adhésion pour l'année 2010-2011 est téléchargeable sur le site selfxx.org.

Poésie circonstancielle

41246.jpgMalgré le discrédit qui pèse depuis l'époque romantique sur la "poésie de circonstance", de nombreux critiques s'intéressent plus particulièrement depuis quelques années à ces textes composés expressément pour des occasions spécifiques, sans que ne soit jamais réellement interrogé et défini le concept même de "poésie de circonstance". Les 9 et 10 décembre 2010, le colloque Formes de la poésie de circonstance de l'Antiquité à la Renaissance proposera justement de faire le point sur ce supra-genre littéraire afin de poser les jalons d'une compréhension plus fine des enjeux poétiques, rhétoriques, anthropologiques et historiques qu'il offre à notre réflexion sur la littérature antique, médiévale et renaissante. Le Musée d'Archéologie de Saint-Germain-en-Laye accueille par ailleurs jusqu'au 3 janvier une exposition sur Henri IV "patron des arts".

De Clèves à Montpensier

40986.gifBertrand Tavernier a travaillé avec le dialoguiste Jean Cosmos et le scénariste François-Olivier Rousseau pour réaliser La Princesse de Montpensier. La sortie de ce nouveau film "en costume" du réalisateur de Que la fête commence est l'occasion de lire ou de relire cette autre nouvelle de l'auteur de la Princesse de Clèves. Le texte peut être téléchargé au format pdf (La Princesse de Monpensier, orthographe modernisée) ou consulté dans le volume paru récemment chez Flammarion: La Princesse de Montpensier, scénario de B. Tavernier, suivi de la nouvelle de Mme de La Fayette, d'après l'édition établie par Marc Escola pour l'anthologie des Nouvelles galantes du XVIIe siècle en 2004.

10 ans après

40931.jpgOn sait l'importance pour Ricoeur de la conversation de la philosophie avec les lettres et les sciences humaines, et notamment avec l'histoire à laquelle il a consacré ses deux ouvrages les plus importants: Temps et récit (1983-85) et La Mémoire, l'histoire, l'oubli (2000). C'est dire le caractère emblématique du colloque 10 ans après que le Fonds Ricoeur organise avec l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales du 2 au 4 décembre 2010 pour marquer l'ouverture du fonds au public. Seront entre autres abordées les questions de la traduction de Ricoeur dans diverses langues, de la représentation de La Shoah, ou encore des rapports entre Histoire et mémoire ou témoignage et narration.

Esthétique et poétique

40858.jpgDirecteur de publication de la revue Poétique, Michel Charles a longtemps animé un séminaire de théorie littéraire à l'ENS de la rue d'Ulm. Le jeudi 18 novembre 2010, une journée d'étude intitulée "Michel Charles et la théorie littéraire" y rappellera les propositions et les pratiques novatrices dont il a été l'instigateur, notamment autour de la notion de textes possibles. Le semaine suivante, un colloque organisé à Rennes 2 portera sur la pensée esthétique de Gérard Genette, fondateur de la revue Poétique et de la collection homonyme. L'appel à contributions pour une prochaine livraison de notre revue Fabula-LHT invite également à revenir sur "l'aventure Poétique".

"The living handbook of narratology"

40842.jpgDepuis le 1er juillet dernier, le précieux Handbook of narratology est disponible en ligne sur le site de l'Université de Hambourg. On peut y consulter 32 articles synthétiques des meilleurs spécialistes actuels de l'étude du récit, mais aussi y contribuer par des commentaires, des suggestions ou des additions. 

Dossier critique Acta fabula : "Pensées du style"

40667.jpgDans le sillage d'un numéro de la revue Critique, dont rend compte Y. Mosset et où M. Macé en appelait à une « extension du domaine du style », Acta fabula revient sur la difficile appréhension de cette notion: entre une stylistique du sens (comme le rappelle D. Reguig dans sa présentation des cinq études de Voltaire que nous offre A.-M. Garagnon), et une pensée anthropologique qui lie une manière d'être à une pratique collective ou à une configuration personnelle. Cette dynamique se révèle cruciale quand il s'agit du dandysme, que J. Zanetta présente à partir des ouvrages de K. Becker et D. Schiffer, et plus largement des valeurs du style que pointe É. Bordas et sur lesquelles revient M. Macé. Mais la question enveloppe aussi des enjeux plus traditionnellement littéraires, comme le font valoir S. Chaudier à partir du numéro de Romantisme sur le « Style d'auteur », ou M.-A. Wattine au sujet de La Langue littéraire dirigée par J. Piat et G. Philippe, lequel voit dans la monographie de P. Bernon sur Péguy la pratique d'une stylistique au plus près du moment historique. À travers tous ces questionnements se renouvelle en fait la croyance en une performativité du style, qu'elle soit éthique ou esthétique. 

Virgile commenté

40567.jpgLes études virgiliennes font l'actualité, comme en témoignent un colloque sur la réception du "couple" Virgile-Ovide (à Villeneuve d'Ascq les 5 et 6 novembre 2010), le séminaire Virgile commenté par Servius (à l'ENS de la rue d'Ulm) ou encore la journée d'étude sur les commentaires de l'Énéide à la Renaissance et à l'Âge classique organisée en avril 2011 à l'université Paris 7-Denis Diderot par C. Noille-Clauzade (appel à contributions ouvert jusqu'au 15 novembre). Signalons aussi l'article de J.-C. Jolivet, "Quand les poètes latins se faisaient philologues", paru dans le cinquième numéro de notre revue Fabula-LHT.

Les Vies de Jean Genet

40555.jpgÀ l'occasion du centenaire de sa naissance, plusieurs essais parcourent les vies mouvementées de Jean Genet: L.-P. Astraud, comme P. Fouché et A. Dichy reviennent sur les vingt ans du "matricule 192-102" tandis qu'Hadrien Laroche s'interroge sur le "dernier Genet"; Tahar Ben Jelloun évoque ses rencontres avec le "menteur sublime" à partir de 1974. On pourra aussi relire le Saint Genet comédien et martyr de Sartre ou encore le Funambule que Genet dédia à son ami Abdallah. Signalons encore la parution du livre de M. Balczázar Moreno, Travailler pour les morts. Politiques de la mémoire dans l'oeuvre de Jean Genet et de l'ouvrage collectif Jean Genet et son lecteur. Autour de la réception critique de Journal du voleur et Un captif amoureux. Côté calendrier enfin, un colloque Jean Genet et les arts se tiendra les 3 et 4 novembre prochain à l'Ecole normale supérieure (Ulm) et à l'Institut du monde arabe. Le 2 décembre, Agnès Vannouvong, auteur de Jean Genet, les revers du genre proposera un portrait de l'auteur, précédé de la projection d'Un chant d'amour (moyen métrage sorti en 1975), suivi de représentations de Haute surveillance et des Bonnes au théâtre Rutebeuf en janvier et mars 2011. Les 16 et 17 décembre aura lieu un colloque du centenaire à Paris IV et à l'ENS (Paris).

Barthes décisif

40364.jpg"La brutalité de Barthes est une intolérance à l'égard d'une société dont les signes sont malades, dont la lente apocalypse passe par une mise à mort du langage", disait récemment E. Marty, dans un entretien accordé au journal Le Monde ; l'éditeur des écrits de Barthes saluait ainsi la puissante actualité d'une pensée critique, à l'occasion de l'événement que constitue la reparution au Seuil des Mythologies, dans une toute nouvelle version illustrée. Cette édition, préparée par J. Guittard, fait revivre la culture visuelle que Barthes prenait à la fois pour source et pour cible. Le 10 novembre, à l'ehess, Serge Zenkine donnera une conférence intitulée Roland Barthes et le projet sémiologique.

Balzac, auteur de La Chartreuse de Parme

40301.jpgLes changements d'auteurs ne sont pas inconnus des historiens de la littérature qui se rendent parfois compte de telle erreur d'attribution. Les créateurs, eux-mêmes, prennent parfois un pseudonyme ou falsifient des éléments de leur biographie. Les changements d'auteurs sont en revanche peu pratiqués par les critiques littéraires. Attribuée à un nouvel auteur, l'oeuvre prend pourtant des résonances inattendues qui enrichissent sa lecture. Et si les oeuvres changeaient d'auteur ? demande un amateur de paradoxes fidèle aux leçons de Borges. Fabula donne à lire les premières pages de l'ouvrage. L'Atelier de théorie littéraire de Fabula consacre plusieurs pages aux travaux de Pierre Bayard ainsi qu'aux notions d'auteur et d'attribution. Signalons par la même occasion le premier ouvrage collectif consacré à l'oeuvre théorique de P. Bayard, paru aux éditions C. Defaut, sous la direction de L. Zimmermann.

Autour de l'agrégation 2010-2011

40252.jpgEschyle, Ovide, Charles d'Orléans, Montaigne et quelques autres sont au programme des agrégations de lettres. Comme chaque année, Fabula signale sur une page spécifique les parutions, les journées d'étude et les ressources en ligne susceptibles d'intéresser les agrégatifs de lettres classiques et modernes. Les actes d'une journée consacrée à Montaigne et des cours sur les Lettres de la Marquise de Crébillon sont déjà en ligne. D'autres journées sont par ailleurs organisées: le 4 décembre à Paris sur Montaigne et le 10 décembre à Grenoble sur "Racine et la rhétorique". Sauvons l'université publie enfin le rapport du jury d'agrégation de Lettres Modernes qui comporte quelques précisions sur l'épreuve "Agir de manière éthique et responsable".

Entre science et littérature

40126.jpgUn an après la mort de Claude Lévi-Strauss le 30 octobre 2009 et à l'occasion de la parution de L'Adieu au voyage. L'ethnologie française entre science et littérature de Vincent Debaene - qui a également  préfacé et coordonné l'édition des Oeuvres de Lévi-Strauss dans la "bibliothèque de la Pléiade" -, l'Atelier de théorie littéraire de Fabula ouvre un nouveau chantier dans le champ des littératures factuelles et des poétiques du savoir en consacrant une page aux rapports entre littérature, ethnologie et anthropologie. De nombreuses ressources sont déjà en ligne, parmi lesquelles un extrait de l'introduction de l'étude de Vincent Debaene, qui dévoile notamment la fascination réciproque des ethnologues et des écrivains.

Destinées de la poétique

40097.jpgQuarante années se sont écoulées depuis la création de la revue Poétique et de la collection homonyme par Tzvetan Todorov et Gérard Genette. Du 14 au 16 octobre, un hommage sera rendu au principal introducteur de la théorie de Bakhtine en France: La Signature humaine. Autour du travail de Tzvetan Todorov. Un autre compagnon de route de la théorie littéraire, Philippe Lejeune, y reviendra sur son "parcours en Poétique". Quant à Gérard Genette (en photo ci-contre), il est invité le 25 octobre à l'EHESS, où il a longtemps enseigné, pour un dialogue intitulé "Destinées de la poétique". L'équipe d'esthétique et de littérature que Todorov, Genette mais aussi Louis Marin ont contribué à créer, et qui est organisatrice de ces événements (Le Centre de recherches sur les arts et le langage, EHESS-CNRS), présentera ses travaux le vendredi 29 octobre. La revue Fabula - LHT consacrera enfin un numéro à L'aventure "Poétique".

Le fil et les traces

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Mythes emblèmes traces avait été publié en Italie en 1986; vingt ans après, Le Fil et les traces. Vrai faux fictif retrouve certains motifs et problèmes du maître-livre de Carlo Ginzburg. Ce nouveau volume propose des textes décisifs pour la pensée de l'Histoire et ses rapports avec la littérature. L'historien italien s'entretiendra avec Martin Rueff le lundi 18 octobre au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme. D'autres rencontres avec Ginzburg sont prévues au cours de ce mois d'octobre. L'écriture de l'Histoire, ou historiographie, se trouve en outre au coeur de récentes parutions, notamment des dernières livraisons des revues Littérature et A contrario.


La revanche des bas-bleus

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Bas-bleus : au XIXe siècle, expression péjorative, voire méprisante, pour indiquer les femmes qui, se détournant de leurs devoirs domestiques, s'entêtaient à vouloir faire de la littérature. C'est dire à quel point leur entrée massive dans le domaine de l'écriture romanesque dérangea les moeurs bourgeoises de l'époque. L'ouvrage collectif La Littérature en bas-bleus (1815-1848), dirigé par Andrea Del Lungo et Brigitte Louichon leur est consacré: il analyse ce phénomène historique et s'intéresse à un corpus méconnu, s'interrogeant aussi sur l'état actuel de la critique, dans une table ronde sur « Genre/Gender » où Catherine Nesci, Christine Planté et Martine Reid reviennent sur les difficultés du dialogue franco-américain. Un nouveau colloque, prévu à Bordeaux en 2011, portera sur la période 1848-1870 (lire l'appel à contribution). Signalons aussi les journées d'étude «Les écritures qui révèlent "ces dames"» (à Strasbourg les 13 et 14 octobre) et, du côté des parutions, Des femmes en littérature de M. Reid, Romancières sentimentales (1789-1825) de B. Louichon et le collectif sur Marie Krysinska paru dans la nouvelle collection "Des deux sexes et autres".


Perceforest, le méconnu

39903.jpgLes 21 et 22 octobre 2010, Denis Hüe, Christine Ferlampin-Acher et le Centre d'études des littératures anciennes et modernes organisent le quatrième colloque international arthurien de Rennes, consacré à Perceforest, roman arthurien anonyme — même si diverses hypothèses ont été émises pour son attribution (Beaudoin Butor, David Aubert, Jean Wauquelin?) et sa date de composition (XIVe ou XVe siècle?). Véritable somme de légendes arthuriennes, ce roman reste méconnu, en raison notamment de son édition encore partielle. Il témoigne, toujours est-il, du succès durable de la matière bretonne à la fin du Moyen Âge dans toute l'Europe et de sa vivacité. Du côté des parutions, signalons la récente étude de Chr. Ferlampin-Acher, Perceforest et Zéphir : propositions autour d'un récit arthurien bourguignon.

Proust is in the air

39872.jpgNombreuses sont les raisons de (re)venir à Proust en cette rentrée. Il nous fait tout d'abord voyager: au Japon puis à Paris, pour deux colloques sur ses liens avec le XIXe siècle, à Reims pour étudier le Moyen-Âge de Proust, à Cologne pour saisir son rapport au mouvement, ou encore au Brésil pour interroger sa pratique du roman. Nous serons par ailleurs invités à le relire autrement, en suivant le séminaire de l'ITEM sur la Recherche comme roman de la guerre, en feuilletant les dernières parutions sur son originalitéson rapport à l'étrangersa pratique de la prosela diversité de ses personnages ou en compulsant la dernière livraison du BIP. On peut aussi le lire d'encore plus près, en en scrutant les brouillons. Enfin, pour qui rechignerait (encore) à le lire, il sera aussi loisible de l'écouter.

L'avenir des humanités

39732.gifEn parlant de "communication", de "société de l'information" ou d'"économie de la connaissance", on laisse souvent penser que le savoir se réduit à une masse de données segmentées, isolées, brevetables et commercialisables comme n'importe quelle marchandise. Devant cette vision appauvrie et sclérosée, Y. Citton, dans L'Avenir des Humanités, renverse la perspective et révise notre imaginaire du savoir. Il montre que les Humanités, souvent considérées comme poussiéreuses voire inutiles, cultivent une compétence incontournable, celle de l'interprétation. Y. Citton sera à Liège le 22 octobre pour deux rencontres. Il est aussi l'auteur de Mythocratie. Storytelling et imaginaire de gauche, Lire, interpréter, actualiser. Pour quoi les études littéraires? Des extraits de ces deux ouvrages sont reproduits dans l'Atelier de théorie littéraire de Fabula.

La bibliothèque de Circé

39641.jpg Le nouveau numéro de Lalies (n°30), la revue de l'Association CLELIA publiée aux éditions Rue d'Ulm, vient de paraître. Marc Escola et Sophie Rabau y proposent notamment une lecture de l'épisode homérique de Circé dans le cadre d'une théorie des textes possibles, en le confrontant à une série de commentaires et de récritures, dans le prolongement de leurs travaux sur Madame Dacier et James Joyce. Lire aussi dans l'Atelier de théorie littéraire l'article programmatique intitulé "Comme des cochons". Tous les ans à la fin du mois d'août, les sessions de linguistique et de littérature de l'Association CLELIA accueillent étudiants et enseignants du secondaire ou du supérieur, linguistes et littéraires, de lettres modernes et classiques.

Dossier critique Acta fabula: "Auerbach en perspective"

39414.jpgSont parus aux Presses de la Sorbonne Nouvelle les actes du premier colloque français consacré à l'oeuvre d'Eric Auerbach, réunis par P. Tortonese sous le titre Auerbach la littérature en perspective dont l'Atelier de théorie littéraire de Fabula donne à lire l'Avant-Propos, mais aussi l'importante bibliographie établie par D. Berthezène. Un débat autour de cette parution avait réuni, à l'initiative du Centre de Recherche sur les Poétiques du dix-neuvième siècle de l'Université Paris 3, les contributeurs de ce volume autour des interventions de ses premiers lecteurs. Acta fabula réunit aujourd'hui dans un dossier critique les analyses de C. Pradeau et M. Escola, auxquelles nous ajoutons une réflexion de F. Pennanech. Rappelons à cette occasion la traduction française d'un article décisif d'Auerbach, "Philologie de la littérature mondiale", dans un volume réuni par C. Pradeau & T. Samoyault: Où va la littérature mondiale?

Une rentrée 2010

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Privatisation de moins en moins rampante, mastérisation, suppressions de postes, réforme du lycée, scandale du Crédit Impôt Recherche, marché de l'évaluation, loi sur la mobilité des fonctionnaires, primes individualisées (dont les PES), contrat doctoral, atteintes aux libertés fondamentales d'opinion et d'expression, expulsions, Lolf, Lru et Rgpp, hausse des frais d'inscription à l'université, partenariats public-privé, fichage, lettres classiques et langues anciennes menacées, et tout le reste. Vous faites quoi en septembre et en octobre?


Écrire L'Histoire

39114.jpgÀ l'intersection de l'Histoire, de la philosophie et de la littérature, l'historiographie - l'écriture de l'Histoire et, par glissement métonymique, l'étude historienne, épistémologique ou littéraire de cette écriture - est désormais au coeur de nombreuses recherches. L'automne est en ce domaine particulièrement fructueux avec la parution de Renaissance de l'événement et d'un imposant collectif intitulé Historiographies. Concepts et débats puis, en octobre, d'un numéro de la revue Littérature consacré à cette question. Une édition augmentée de Mythes, emblèmes, traces de C. Ginzburg paraît par ailleurs attendue chez Verdier, ainsi qu'une traduction, chez le même éditeur, du recueil Il filo e le tracce. Vero falso finto. On pourra consulter les dernières livraisons d'Etudes Epistémè (Comment les femmes écrivent l'histoire), A contrario (Historiographie, littérature et philosophie) ou de la revue Écrire l'histoire, qui contient notamment un entretien avec J. Rancière.

Dossier critique Acta fabula : "S'émanciper. Avec J. Rancière"

38995.jpegActa fabula consacre le dossier critique de sa livraison de juillet à l'un des philosophes français les plus influents d'aujourd'hui. Qu'il s'agisse de confronter sa théorie de l'émancipation à celle de P. Bourdieu, avec C. Nordmann ou à celles d'É. Balibar et d'A. Badiou, avec N. Hewlett dans deux essais dont rend compte F. Botello, ou de poursuivre le dialogue entre politique et esthétique, avec un ouvrage collectif dirigé par J. Game et A. Wald Lasowski que recense É. Castadot, ou de se plonger dans le récent recueil des entretiens donnés par le philosophe sous le titre Et tant pis pour les gens fatigués!, comme nous y invite L. Giavarini, l'oeuvre de J. Rancière est de celle qui aide à forger des alternatives. Pour mieux les méditer et s'émanciper un peu, la revue des parutions se mettra ensuite en vacances pour quelques semaines: rendez-vous début septembre pour une nouvelle salve de compte rendus, et un prochain dossier critique consacré à Auerbach.

J.-F. Chevrier tisse sa toile

38989.gif"Mal informé celui qui se crierait son propre contemporain". Cette phrase de Mallarmé pourrait servir d'épigraphe à la collection de sept essais programmés par l'historien des formes et théoricien de la création Jean-François Chevrier aux éditions L'Arachnéen; trois titres ont déjà parus ce printemps Entre les beaux-arts et les médias, La trame et le hasard, Entre les beaux-arts et les médias, Walker Evans dans le temps et dans l'histoire ; quatre sont à paraître à cet automne: Des territoires, Les relations du corps, L'hallucination artistique, Oeuvre et activité. Traitant de toutes les formes de création, J.-F. Chevrier enseigne à "plonger dans une oeuvre visuelle comme on plonge dans un texte".

Le critique, l'art et l'historien d'art

38963.gifSous la direction de Françoise Lucbert, la collection « Critique d'art » des PUR continue son travail d'édition et d'analyse de la critique d'art des XIXe et XXe siècles, avec la parution de l'ouvrage de Richard Leeman Le Critique, l'art et l'histoire, où l'historien d'art recourt à l'analyse du discours pour étudier l'archéologie de l'histoire de l'art dans l'écriture critique. L'ouvrage témoigne de l'intérêt accru de la discipline pour l'écrit critique, marqué notamment par les deux importants colloques consacrés à Pierre Restany (INHA, 2006, actes parus en 2009 aux éditions des Cendres) et à Michel Ragon en juin dernier. Cette attention pour l'écrit se manifeste également par celle portée aux écrits d'artistes, que montrent la parution récente du collectif Les Bibliothèques d'artistes et la table ronde « De l'utilité des bibliothèques pour les arts » organisée le 5 juillet par le Centre André Chastel (Paris-Sorbonne/CNRS).

Francesco Orlando in memoriam

38909.jpgFranscesco Orlando, professeur de littérature française à l'Université de Pise, et premier titulaire d'une chaire de Théorie de la littérature en Italie, est mort à Pise en juin dernier. Son nom reste lié à celui de Tomasi di Lampedusa, l'auteur du Guépard dont il avait accompagné la rédaction et la publication. Il laisse derrière lui une oeuvre théorique de première importance, qui articule l'héritage de Freud à celui d'Erich Auerbach, et qui est en cours de traduction en français

Racailles et autres mauvais garçons

38884.jpgPlongée dans les bas-fonds parisiens avec les Mémoires de Marie-François Goron: le chef de la Sûreté de Paris à la Belle Époque y revient sur les grandes affaires criminelles qui fascinèrent les lecteurs d'une presse alors en pleine expansion. Même temps, mêmes moeurs, et autre commissaire de police: découvert dans une brocante et paru sous le titre Dictionnaire de la racaille, le manuscrit d'Adolphe Gronfier était resté inédit pendant plus d'un siècle; on y croise les rastaquouères pour femme, les faux épileptiques, les robignoleurs; on y joue au calot, à la ratière, à la bourguignotte ou à la boule orientale… S'il faut réviser son argot, C. Belzunce nous invite à rouvrir nos classiques avec Racaille !", comme disait Racine. Les gros mots des grands classiques.

100 000 voix

38852.pngL'appel 100 000 voix pour la formation lancé par la Coordination Nationale Formation Des Enseignants (CNFDE) et soutenu par la plupart des syndicats, les coordinations, de nombreuses associations et sociétés savantes, les mouvements pédagogiques et une multitude de personnalités, vient de dépasser les 100 000 signatures. Parents, étudiants, enseignants, chercheurs, citoyens demandent l'abandon de la réforme de la formation des enseignants ("mastérisation") et enjoignent démocratiquement le gouvernement à revoir sa copie au plus vite. La CNFDE remercie vivement les 100 000 signataires de cet appel et appelle tous ceux qui le pourront, là où ils seront, à s'opposer dès la rentrée, avec la plus grande vigueur, à la démolition de la formation.

Peut-on appliquer la littérature à l'éthique ?

38755.jpgMartha Nussbaum, l'une des plus importantes figures de la vie intellectuelle américaine, n'avait guère été traduite en français, malgré les efforts de Jacques Bouveresse pour introduire sa pensée. Les Éditions du Cerf commencent à réparer ce retard en publiant La Connaissance de l'amour, paru en 1990 aux États-Unis, et traduit par Solange Chavel. Martha Nussbaum y regrette que la théorie littéraire se soit désintéressée « des questions éthiques et sociales qui donnent à la littérature son importance considérable dans nos vies », et propose, à partir d'analyses minutieuses de James, Proust et Beckett, que « la théorie littéraire se joigne à la théorie éthique dans la poursuite de la question : comment devrait-on vivre ? Se joigne, non comme moraliste didactique, mais à la fois comme alliée qui emprunte des chemins détournés et comme critique subversive ».

Pour une histoire de la presse (III)

38728.gifAvec Presses, nations et mondialisation au XIXe siècle, M.-È. Thérenty et A. Vaillant poursuivent leur exploration de la presse au XIXe siècle. Après 1836, L'an I de l'ère médiatique et Presses et plumes, ce nouvel opus adopte une posture comparatiste, qui entend confronter la poussée d'identités médiatiques nationales et l'imposition de modèles hybrides trans-nationaux. Si l'on y découvre des formes et des logiques médiatiques similaires, les traditions anglo-saxonnes et françaises se singularisent et révèlent toutes leurs influences. Ainsi se clôt une trilogie qui a su mettre en évidence l'émergence décisive d'une ère médiatique, tant sur le plan historique que poétique. Notre Atelier de théorie littéraire consacre une entrée au discours de la presse.

Acta fabula — dossier critique : "Littératures de voyage"

38662.jpgL'été se fait attendre? Acta fabula vous propose un dossier critique qui invite au voyage : vers un ailleurs poétique que révèle J.-M. Roulin rendant compte du dernier ouvrage de P. Née sur l'Ailleurs, mais aussi voyage dans le temps, qu'il s'agisse de la littérature viatique du Grand Siècle que présente O. Ayme à partir des travaux de M. Harrigan ou des relations du XVIIIe siècle étudiée par I. Apostolou et dont rend compte L. Lagardère. Si V. Magri-Mourgues complète ce tableau panoramique en étudiant la littérature de voyage au XIXe siècle, M. Moreau revient plus directement sur sa méthode textométrique et interroge l'écriture même du voyage. Entre poétique et histoire, entre prose et poésie, notre dossier questionne les frontières labiles de ce genre. Ou peut-être se laissera-t-on tenter par les voyages imaginaires et temporels de B. Dunn-Lardeau, que présente A. Demeulenaere. Sur Fabula, les voyages commencent toujours dans la bibliothèque.

Constructions philosophiques

38646.jpgLes éditions Actes Sud inaugurent une nouvelle collection de philosophie et d'esthétique avec ces deux titres : La perspective du diable de P. Maniglier, sous-titré Figurations de l'espace et philosophie de la Renaissance à Rosemary's Baby, qui invite à traiter les oeuvres d'art (en l'occurrence, une installation réalisée par un duo d'artistes-architectes, qui reconstituait l'appartement du film de R. Polanski, Rosemary s Baby) non pas seulement comme des objets à contempler, mais comme des outils pour penser". Et Faux raccords. La coexistence des images d'Elie During, qui se veut une "introduction concrète à la cosmologie des images disloquées" — ces flux animés et déphasés qui désormais nous enveloppent un peu partout.

Bloy dans l'air du temps

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Étonnante actualité éditoriale pour l'oeuvre de Léon Bloy en ce printemps 2010: P. Glaudes, déjà éditeur du Journal (coll. Bouquins, R. Laffont) et d'un collectif sur Léon Bloy critique, fait entrer Le Désespéré dans la collection GF des éditions Flammarion, autant dire: parmi les classiques. Il lui avait d'ailleurs consacré deux numéros de la série Bloy chez Minard (n°7 et 8), dont rend compte G. Prigent dans Acta fabula. Les éditions La Part commune offrent, de leur côté, plusieurs titres nouveaux, dont Les Méditations d'un Solitaire en 1916 et Le Sang du pauvre. L'oeuvre épistolaire n'est pas en reste, avec un volume pour la Correspondance (1889-1890) avec Johanne Molbech, dans une édition établie par N. Galpérine (Classiques Garnier) ou encore les Lettres à Paul Jury (éd. du Lérot).


Les Balkans intérieurs

38530.jpgVue de loin, la Roumanie déploie les énergies de sa liberté récente; considérée de plus près, elle semble saisie entre un passé encombrant et un futur qui tarde à se concrétiser : la nouvelle Roumanie reste difficile à cerner. Voici deux occasions de mesurer combien le cas de la Roumanie est en soi exemplaire de la réalité et des aspirations du continent qui nous est commun: les Eurotextes de M. Vasilescu (traduits par Ioana Bot), qui enseigne l'histoire littéraire à Bucarest, expliquent la situation actuelle de la Roumanie et de sa culture à un public étranger ; la dernière livraison de la revue littéraire Echinox explore les formes et les enjeux de l'espace balkanique, et du fait culturel et identitaire balkanique.

Acta fabula — dossier critique: "la littérature de jeunesse en questions"

38418.jpgDans sa livraison du mois de mai, Acta fabula consacre un dossier critique à la recherche sur littérature de jeunesse, pour en interroger l'histoire, ses fondements et ses enjeux. F. Gaiotti en questionne les principes à partir de L'Introduction à la littérature de jeunesse procurée par I. Nières-Chevrel, quand C. Pérès revient sur La Littérature de jeunesse en question(s) dirigé par N. Prince (auteur également d'une synthèse parue tout récemment).  L'ouvrage d'A. Cerisier et J. Desse, célébrant l'histoire de la littérature de jeunesse chez Gallimard et que recense St. Danaux, souligne l'importance littéraire et commerciale que ce nouveau genre a acquise au cours du XXe siècle. Il s'agit aussi d'en examiner les particularités génériques (qui seront l'objet d'un colloque en octobre 2010), que ce soit à travers l'usage de la parole comme le propose l'ouvrage de F. Gaiotti (dont rend compte M. Tsimbidy), son extension au domaine théâtral comme l'envisage É. Hamaide à partir de l'ouvrage de N. Faure (ou comme le fera un colloque à la fin du mois de juin), la constitution de mythes littéraires comme l'illustre le cas de Peter Pan, rapporté par C. d'Humières, ou bien encore les questions relatives à sa traduction (comme le démontre V. Médard à partir de l'étude de M. Constantinescu). L'Atelier de Fabula prolonge également la réflexion dans une entrée spécifique. Un dossier profus donc, à l'image de ce champ de recherches.

Tout le monde en parle

38404.jpg"L'évangile du jour" : telle est la formule qu'inventa Madame de Sévigné pour introduire les "scoops", le récit des menus faits vrais, des nouvelles dont tout le monde parle. Le colloque Actualité et inédit sous l'Ancien Régime, les 11 et 12 juin 2010 à l'Université Paris VIII puis à l'Université Paris IV, se propose d'interroger les formes de mise en récit d'événements, à caractère public ou privé, du seizième au dix-huitième siècle. Le 24e colloque de la Sator se tiendra par ailleurs à Coimbra du 28 au 30 juin sur le thème Topique(s) du public et du privé dans l'espace de l'écriture romanesque.

Molière, textes et intertextes

38368.pngEn complément de la nouvelle édition critique des Oeuvres de Molière dans la "Bibliothèque de la Pléiade", le site Molière 21 propose une base de données intertextuelle donnant accès à un ensemble de plusieurs milliers de textes ou d'extraits de textes éclairant des passages des comédies de Molière ainsi qu'un outil de visualisation des variantes textuelles permettant, pour une sélection de pièces, d'en comparer différentes versions. Avec Le règne d'Astrée et Artamène,  Molière 21 constitue l'un des projets du Corpus Electronique de la Première Modernité.

La réforme des enseignants devant le Conseil d'État

38030.jpgTout a été dit sur les risques et les incohérences de la réforme des enseignants, inlassablement dénoncée depuis deux ans par l'ensemble de la communauté éducative. Ceux qui ont eu à prendre connaissance de la récente avalanche des décrets n'auront pas manqué de relever d'étonnantes contradictions, qui laissent au moins un doute sur leur légalité. À une semaine de l'ouverture des inscriptions aux concours de recrutement, la bataille juridique est désormais lancée: SLU, la FCPE, Sud-Éducation, rejoints par la FSU et soutenus par SLR, engagent un recours suspensif devant le Conseil d'État. La procédure a un coût: SLU lance son "grand emprunt", avec un appel à toutes les bonnes volontés. Dans le même temps, certains articles de la loi LRU sont renvoyés au Conseil constitutionnel, au terme d'un premier examen par le rapporteur public. La mobilisation continue en juin.

Mondes possibles, textes possibles, vies possibles

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Supervisé par F. Lavocat, La Théorie littéraire des mondes possibles vient de paraître aux Editions du CNRS. On peut en lire l'avant-propos dans l'Atelier de Fabula. Cet ouvrage fait suite à un séminaire organisé à Paris VII en 2005-2006, dont on peut également lire les résumés des interventions dans l'Atelier. En attendant la parution à l'automne d'une livraison de la revue CRIN consacrée à la Théorie des textes possibles, on pourra continuer de naviguer dans ses propres lignes de vie en lisant également l'ouvrage d'Anne Cauquelin : À l'angle des mondes possibles, et le dossier d'un récent numéro de la revue Itinéraires consacré aux "Vies possibles".


À l'écoute

37914.gifD'abord consacré aux théories de la fiction, le site Fabula, en élargissant progressivement sa ligne éditoriale à l'ensemble de la recherche en littérature, s'est aussi ouvert à l'étude des littératures factuelles, notamment à l'écriture de l'Histoire (ou historiographie). De leur côté, certains historiens sont particulièrement à l'écoute des questions posées à leur discipline par les littéraires. Le Petit x, de Sabina Loriga, interroge ainsi les rapports entre biographie, historiographie et fiction (un extrait du premier chapitre est reproduit dans l'Atelier de théorie littéraire). Dans une autre perspective, un ouvrage récent rend compte des diverses manières de faire de l'histoire avec la littérature et le dernier numéro des Annales est consacré aux savoirs de la littérature.

La question du roman

37840.gifBeaucoup d'essais, en ce printemps, s'intéressent de près au roman. C'est Philippe Forest tout d'abord, qui propose le cinquième tome de sa suite d'essais Allaphbed : Le Roman infanticide : Dostoïevski, Faulkner, Camus. Essais sur la littérature et le deuil, volume dont on pourra lire l'introduction dans l'atelier de Fabula. Ce sont également Jean Bessière, avec Le Roman contemporain ou la problématicité du monde, Philippe Dufour, avec Le roman est un songe et Dominique Rabaté, avec Le Roman et le sens de la vie qui invitent à penser le même objet. Invitation que complètent des collectifs: Devant la fiction, dans le monde, "Vies possibles, vies romanesques", et Approches Interdisciplinaires de la Lecture, n° 4 :Voir et entendre par le roman, un colloque à venir, Les Valeurs dans le roman. Conditions d'une « poéthique » romanesque, ainsi que la 4ième année des Assises Internationales du Roman.

Noam Chomsky à Paris: 3 conférences

37839.jpg"Comment parvenir à des croyances justifiées ?" C'est cette question que Jacques Bouveresse a placée au coeur d'une journée au cours de laquelle il recevra Noam Chomsky, le linguiste et le critique du pouvoir, le 28 mai au Collège de France: Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky (ce colloque sera intégralement retransmis en direct sur le site web du Collège de France. Des vidéos intégrales en français et en anglais seront téléchargeables une semaine plus tard sur la page de la chaire de Philosophie du langage et de la connaissance). Le Monde diplomatique organise également une conférence-débat avec Noam Chomsky le samedi 29 mai au Théâtre de la Mutualité. Chomsky reviendra enfin au Collège de France le 31 mai pour une conférence intitulée "Understanding and Interpretating : Language and Beyond", qui sera également téléchargeable depuis sur le site du Collège.

Le pouvoir de l'empathie

37763.jpgLa notion d'empathie a une longue histoire derrière elle : très productive dans la réflexion esthétique menée en Allemagne entre la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle (théories de l'Einfühlung), elle est prise en charge depuis quelques années par différents courants de la recherche, qui en redécouvrent l'importance dans l'histoire des idées et des formes, en valorisent l'efficience théorique et l'effectivité éthique, individuelle ou collective, et en questionnent la spécificité. Existe-t-il quelque chose comme une empathie esthétique ? Une empathie critique ? Qu'elle soit tenue pour constitutive de l'expérience esthétique ou qu'elle soit considérée comme une puissance d'altération qui remettrait en cause les fondements de cette dernière, l'empathie est ainsi susceptible d'être abordée sous des angles multiples : psychologiques et cognitifs, historiques, philosophiques. En invitant à nuancer, à réviser, voire à reconstruire les oppositions traditionnelles de l'empathie à l'émotion, à la connaissance, à l'action, c'est ainsi tout un réseau de problèmes que le colloque "Empathie et esthétique" organisé du 10 au 12 mai à l'université Bordeaux 3 cherchera à placer en pleine lumière.

"Acta par Fabula" : dix ans de théorie et critique littéraires

37668.jpgDix ans déjà : quelques mois après le site qui l'héberge et qui la fait vivre, la revue des parutions Acta Fabula, fête, en ce printemps 2010, sa dixième année d'existence. L'équipe Fabula, qui compose le comité de rédaction de la revue, s'est prêtée à son tour au jeu pour réaliser une sorte de « numéro anniversaire », « Acta par Fabula » : chaque membre du comité a choisi librement un titre récent ou, à la faveur de telle réédition, un ouvrage plus ancien pour en proposer une recension de forme également libre. Autant de lectures, d'approches et de pensées différentes, qui témoignent de la diversité de la revue et de son dynamisme. Chacun des comptes rendus ici réunis ressemble à son rédacteur, dans une sorte de « portrait du peintre » peut-être... (lire la suite)

Lu à la TV

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Saluons la parution aux presses du CNRS de la première revue francophone consacrée à la télévision: Télévision, la première livraison étant consacrée à "Télévision et réalité". V. Colonna, dans un essai intitulé L'art des séries télé ou comment surpasser les Américains dévoile les secrets des grandes séries américaines: des secrets qui se cachent de façon inattendue dans la vieille réflexion sur le récit et ses émotions qui s'est développée en Europe à partir d'Aristote… Dans Philosophies en séries, T. de Saint-Maurice invite de son côté à un dialogue permanent entre les personnages des fictions TV américaines et les concepts philosophiques.


L'enfant du siècle

37522.gifLa collection GF-Flammarion offre ce mois-ci de nouvelles éditions de La Confession d'un enfant du siècle, mais aussi, plus inattendue, des Deux Maîtresses, et bientôt de l'intégralité des Contes et Nouvelles. S. Ledda qui a supervisé ce travail d'édition fait paraître par ailleurs un Alfred de Musset. Les fantaisies d'un enfant du siècle (Découvertes/Gallimard), pendant que la dernière livraison de Romantisme s'attache à la Génération Musset. A. Charton vient également de donner une biographie de l'enfant du siècle chez Gallimard. Rappelons à cette occasion la parution en 2007 de Musset ou la nostalgie libertine, de V. Ponzetto (Droz), dont C. Chamouton avait rendu compte pour Acta fabula: "Musset ou les ascendances libertines".

Crimes & châtiments

37367.gifL'encre coulerait-elle avec le sang? Sans doute portée par le vent qui souffle depuis le Musée d'Orsay où se tient l'exposition "Crime et châtiment", une salve d'ouvrages justiciers s'est abattue dans les librairies : B. Oudin dresse les annales du Crime. Entre horreur et fascination, de Jack l'Eventreur à Al Capone, du Dr. Petiot à Landru ou Marie Besnard, du brigand Cartouche au gangster Dillinger. On peut préférer un autre portrait de groupe avec Figures de femmes criminelles,  contemporaines (Jeanne Weber, l'ogresse de la Goutte d'or, Violette Nozière, l'empoisonneuse, les soeurs Papin) ou figures archétypales "intemporelles" (Eve, Pandora…). F. Richter nous entraîne pour sa part dans la galerie de ces Fabuleux voyous que sont François Villon, Donatien Alphonse François marquis de Sade, Paul Verlaine et Jean Genet. E. Pierrat brosse le portrait d'un homme de (dé)goût: Ernest Pinard, procureur des procès Flaubert, Baudelaire, E. Suë. M. Porret nous emmène Sur la scène du crime. Pratique pénale, enquête et expertises judiciaires à Genève (XVIIIe-XIXe siècle), dont Acta fabula vient de rendre compte ("Naissance de la figure de l'expert", par L. Castex). On tentera de se rassurer en lisant Les mémoires du chef de la Sûreté de Paris à la Belle Epoque, Marie-François Goron.

Qu'est-ce que le contemporain?

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Un ouvrage collectif supervisé par L. Ruffel aux éditions C. Defaut vient reposer la question: Qu'est-ce que le contemporain? Sous ce même titre, la revue Chaoïd faisait entendre il y a peu une série d'interventions et de débats tenus dans les bibliothèques de Saint-Denis en 2007. "Contemporain est celui qui reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps", disait G. Agamben dans un essai récemment traduit sous ce même titre. Une occasion de signaler aussi les (très riches) ressources de l'entrée "Contemporain" dans notre Atelier de Théorie Littéraire.


Tout (re)commence en mai

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Six écoles, cinq collèges, trois lycées, quatorze ufr ou universités, neuf centres de formation (Iufm) et une vingtaine d'associations et syndicats ont participé samedi 10 avril à une assemblée générale unitaire contre la destruction de l'enseignement public, en particulier contre "l'opération de casse de l'Éducation nationale" baptisée "mastérisation". La motion intitulée "Nous n'acceptons pas..." dénonce l'empire de l'idéologie managériale dans l'ensemble des services publics et appelle tous les citoyens, étudiants, stagiaires, parents, enseignants et Biatoss à se mobiliser, de la maternelle à l'université, contre les prétendues "réformes" de l'Éducation. L'assemblée appelle tous les personnels à imaginer des actions locales visibles et attend un mot d'ordre unitaire de toutes les organisations syndicales en vue d'une grève reconductible en mai 2010. L'assemblée recommande enfin de s'opposer partout à la remontée des maquettes de masters "enseignement". Sur Fabula, lire les pages Front du refus et Non c'est non!


Nous le passage

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Poète, linguiste et traducteur, Henri Meschonnic est décédé il y a un an, le 8 avril 2009. Il a mené pendant plus de quarante ans une aventure unique dans la poésie et la poétique contemporaines. Son oeuvre, considérable, déborde l'érudition comme le cloisonnement entre les disciplines. L'expérience du poème était pour lui inséparable de la traduction de la Bible et d'une importante réflexion théorique sur le langage en général et le rythme en particulier, dans une anthropologie historique du dire qui propose une fondation pour les sciences humaines et sociales. Hommage lui sera rendu à Strasbourg le 22 avril 2010, dans le cadre d'une journée intitulée "Nous le passage" à laquelle participeront plusieurs membres du groupe Polart (poétique et politique de l'art). Dans Acta Fabula, La traduction et le signe rend compte d'Éthique et politique du traduire (2007), qui prend la suite de Poétique du traduire (1999).


Parole, parole, parole

37198.jpgCinq belles conférences, promesses de paroles singulières, sont annoncées pour les jours qui viennent : une intervention d'Yves Citton sur les rapports entre lecture et actualisation (ce vendredi 9 avril), une communication d'Elie Düring sur les intensités deleuziennes (le 9 également), une conférence de Laurent Jenny sur les figures de l'événement en littérature (le 12), une intervention d'Eric Bordas autour des pratiques et pensées du style (le 13 avril), et une conférence de Jean-François Louette (le 10) qui annonce la vengeance de la bêtise dans L'Idiot de la famille - le monumental Flaubert de Sartre.

« Sur l'écran noir de mes nuits blanches »

37110.jpegAu sortir de l'hiver et de ses blancheurs nivéennes, retour sur nos écrans noirs, antichambres de nos passions cinématographiques. Le Forum des images propose un cycle Noir Lumière, du noir chic au noir autoritaire ou rebelle. L'occasion d'écouter une passionnante conférence de M. Pastoureau ce mardi, (Le Noir. Histoire d'une couleur), de regarder l'étonnante version de Blanche Neige adaptée de Walser par Monteiro, de rouvrir le beau livre Le Noir de G.-G. Lemaire (Hazan, 2006) de relire Raymond Chandler au côté de C. Gelly, de Faire le noir avec A. Fleischer. En contrepoint, A.-M. Christin dans sa Poétique du blanc déploie une réflexion originale sur la blancheur dans l'imaginaire occidental de l'écriture, essai dont on peut lire le compte-rendu par M. Simon-Oikawa (dans Acta fabula), tandis qu'A. Mollard-Desfour fait l'inventaire des mots pour le dire dans son récent Dictionnaire du blanc. Après les noirs de Soulages exposés au Centre Pompidou dont J. Laurans offre trois variations, après les spectres et lumières des Lanternes magiques de la Cinémathèque et, avec Nougaro (Le Cinéma), "qu'on l'écrive blanc sur noir ou bien noir sur blanc", "qu'on soit noir ou blanc de peau" (Armstrong), qu'on aime le jazz ou la java, le cinéma ou la photo, voici de quoi nous donner à penser en noir et blanc.

Les filles de Melpomène - Session CLELIA 2010

37108.jpgTous les ans à la fin du mois d'août, les Sessions de linguistique et de littérature de l'Association CLELIA accueillent étudiants et enseignants du secondaire ou du supérieur, linguistes et littéraires, lettres modernes et classiques. Cette année à Evian, Glenn Most évoquera la descendance des héroïnes tragiques d'Euripide, de Sénèque à Christa Wolf, en passant par Shakespeare, Goethe et T. S. Eliot. Plusieurs intervenants s'interrogeront sur la manière dont "être" et "avoir" sont exprimés dans les langues du monde. Enfin Bertrand Lafont proposera une présentation du sumérien, langue dans laquelle fut composée la fameuse Épopée de Gilgamesh.

Rythme, regard, voix

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L'histoire littéraire telle que Lanson l'a forgée reposait sur un principe simple mais efficace : considérant que l'Histoire ne devait plus être de la littérature, le discours sur la littérature, devenu historiographique, cessait lui-même d'être littéraire, et se fondait ainsi en scientificité. C'est l'héritage d'un tel dispositif que l'on retrouve dans la négation régulière de la littérarité du discours de l'historien. Par un juste retour de balancier, l'écriture de l'Histoire est aujourd'hui au coeur de bien des recherches, et la figure de l'historien-écrivain retrouve une actualité que manifestent les récents travaux inspirés par Michelet. Au plus proche de la lettre du texte, un collectif s'intéresse au rythme de la prose comme signe d'un certain rapport au temps, une imposante étude s'attache à l'importance du regard rétrospectif dans la rhétorique historienne, en prenant le contre-pied de l'identification de Clio à Prométhée par Michelet, tandis que la récente livraison de La Licorne consacrée aux Voix dans l'histoire se conclut sur une analyse de sa parole. Un article de la dernière livraison de la revue Atala revient enfin sur la question des variations d'échelle dans l'écriture de l'Histoire.


L'obscur

37005.jpgLa récente publication de Lycophron & Zétès par P. Quignard vient confirmer l'intérêt, ressuscité depuis quelques années, pour un poème grec de l'époque alexandrine – Alexandra, de Lycophron, qui fréquenta sans doute Apollonios de Rhodes et Callimaque à la Bibliothèque du Musée d'Alexandrie. Par la voix de Cassandre, cette longue et énigmatique prophétie ex eventu reparcourt, selon diverses sortes de cryptages, la mythologie et l'histoire grecques et asiatiques. Majoritairement méprisé par la tradition, mais admiré de Ronsard ou de Mallarmé, ce poème est longtemps resté aussi inentendu que la parole de la fille de Priam qui en fait la matière. La traduction et les réflexions publiées par P. Quignard dans L'Éphémère, puis au Mercure de France en 1971, se trouvent aujourd'hui accompagnées de quelques autres textes, associés à un poète fictif, Zétès. Hasards du temps : depuis seulement cinq ans, P. Hummel, G. Lambin, C. Chauvin et C. Cusset, A. Hurst et A. Kolde ont successivement publié quatre traductions commentées d'Alexandra ; un colloque et une journée d'études, ainsi que des articles dans les revues Lalies et Eruditio antiqua, lui ont été consacrés, témoignant encore de la vivacité du "poème obscur" dont parlait la Souda. (Illustration: papyrus d'Alexandra)

Savoirs en récits

36879.jpgLa collection "Manuscrits modernes" des PUV inaugure une nouvelle série avec un diptyque consacré aux croisements de savoirs et de disciplines dont les oeuvres sont le lieu; les "manuscrits" y sont envisagés comme espace de transformation de ces pluralités. Supervisé par A. Herschberg Pierrot, un premier volume consacré à Flaubert. La politique, l'art, l'histoire interroge les relations entre l'oeuvre de Flaubert et les disciplines qui se forment ou se transforment au XIXe siècle. Le deuxième titre, coordonné par J. Neefs, s'attache aux Éclats de savoirs dans les romans de Balzac, Nerval, Flaubert, Verne, les Goncourt: comment les récits érudits du XIXe s. peuvent-ils nouer savoirs positifs et puissance des mythes, conjuguer ambition encyclopédique et fragmentation des représentations?

Petits bonheurs théoriques

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On les feuillettera sur les tables des librairies, et pour quelques euros, on les glissera dans la poche et on ira (bientôt) les lire en terrasse, ce sont autant de bonheurs printaniers : Hans Ulrich Gumbrecht fait l'Eloge de la présence (Maren Sell) pour inviter les sciences humaines à tourner le dos à l'herméneutique, et J.-P. Martin l'Éloge de l'apostat (Seuil) ; E. Villa-Matas nous invite à Perdre des théories (Ch. Bourgois), et P. Audi à en Créer toujours davantage (Verdier). Moins solaires et néanmoins lumineux : S. Zizek nous souhaite la Bienvenue dans le désert du réel (Flammarion) et J. Semprun creuse Une tombe au creux des nuages (Climats-Flammarion). On pourra aussi réviser son petit Walter Benjamin illustré (Rivages) ou relire Le Philosophe et ses pauvres de J. Rancière (Champs-Flammarion).


Les facultés de juger

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Sous le titre Les facultés de juger. Critique et vérité, un colloque réunira à Paris du 7 au 10 avril prochain journalistes, critiques professionnels, critiques universitaires, éditeurs de revues et écrivains, pour proposer une formulation contemporaine de la question du jugement esthétique. Qu'en est-il aujourd'hui du geste critique ? Comment juge-t-on, à l'aune de quelles règles et pour quel partage esthétique ? Quelles relations entretiennent désormais, au plan théorique, critique et création, et comment s'articulent dans la poétique des oeuvres la réflexion critique et le geste créateur ? Le temps est peut-être venu de s'attaquer au soupçon anti-intellectualiste qui anime une part de l'opinion publique et des médias. Soyons résolument critiques !


"Intus, et in cute"

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Pour une histoire de l'intime et de ses variations : tel est le mot d'ordre que lancent A. Coudreuse et F. Simonet-Tenant dans le dernier numéro de la revue Itinéraire, destiné à offrir une perspective diachronique sur une question qui n'a de sens de replacée dans un cadre historique précis. C'est précisément à cette tâche qu'ont été consacrées différentes publications récentes : Les Ecrits du for privé en Europe du Moyen Age à l'époque contemporaine aux PU de Bordeaux, Journal personnel et correspondance (1785-1939) ou les affinités électives de F. Simonet-Tenant chez Academia Bruylant, Le Moi et ses modèles : genèse et transtextualités chez le même éditeur, ou encore Les Journaux de la vie littéraire aux PUR. On y voit que "la question de l'intime et de ses variations au cours des derniers siècles fonctionne comme une chambre d'échos de notre société et de ses contradictions", ainsi que l'écrivent A. Coudreuse et F. Simonet-Tenant. "Comme l'amour dans la fameuse formule de Rimbaud, l'intime est sans doute à réinventer".


12 mars 2010

36413.jpgÉtats-Unis, Angleterre, Autriche... le mouvement international contre la marchandisation du savoir n'est plus un mot d'ordre, mais bien une réalité. Les étudiants et les universitaires français vont-ils y rester indifférents, alors que le second degré est maintenant mobilisé? Les acteurs du système éducatif et les citoyens doivent se mobiliser massivement contre la mastérisation, mais aussi les suppressions de postes et la réforme du lycée sans oublier le Crédit Impôt Recherche, le marché de l'évaluation, la loi sur la mobilité des fonctionnaires, les primes individualisées (dont les PES), le contrat doctoral, les atteintes aux libertés fondamentales d'opinion et d'expression, les expulsions, la Lolf, la Lru, la Rgpp... Rendez-vous le 12 mars (voir l'agenda militant).

Dossier critique d'Acta fabula  : "Actualité d'Hermann Broch"

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Quelques mois après la traduction en français aux Éditions de l'Éclat de La Théorie de la folie des masses, Acta fabula revient sur Hermann Broch, auteur encore trop peu reconnu en France. Vincent Ferré, qui a coordonné ce numéro, propose quelques repères sur la réception française de son oeuvre et les travaux universitaires qui lui sont consacrés. L'oeuvre de Broch est protéiforme, en ce qu'il est à la fois penseur, écrivain, philosophe, sociologue, et politologue : rendant compte de cette foisonnante diversité, Dj. Gani présente trois de ses livres traduits récemment en français (Théorie de la folie des masses, Logique d'un monde en ruine, Autobiographie psychique) et éclaire sa pensée pratique et politiqueses écrits philosophico-poétiques sans oublier la figure de l'écrivain. On se reportera également, dans le prolongement de ce dossier, à la recension par V. Message (publiée dans un précédent numéro d'Acta fabula) de l'ouvrage de Gunther Martens, qui interroge la question de l'autorité chez Broch et Musil, ainsi qu'à la présentation par V. Ferré de la Dégradation des valeurs - ces notes de lecture entendent faciliter l'accès à un texte que l'on prend parfois pour un condensé de la pensée de Broch, en particulier sur la question des valeurs et de leur désintégration.


Pour la poésie contemporaine

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La poésie contemporaine est aussi fragile dans sa diffusion qu'essentielle par le rôle qu'elle joue au coeur de la pensée de la littérature. Soutenue depuis plus de trente ans par la revue Po&sie, qui offre un espace à la création mais aussi à la philosophie et à la théorie littéraire (on trouvera dans son dernier numéro  des textes de création, deux hommages à H. Meschonnic, une étude sur G. Ungaretti). Elle fait également l'objet d'un séminaire en cours, « La poésie contemporaine, hypothèses théoriques et critiques » (Paris 4 / ENS), où interviendront notamment M. Rueff, J. Daive, V. Magrelli et J.-M. Gleize. A lire aussi, le travail de synthèse de V. Vivès en foliothèque à propos d'une oeuvre incontournable, les Poèmes d'Yves Bonnefoy. A lire ou relire, l'étude, parue il y a quelques mois, de S. Baquey à propos d'un autre poète contemporain important, Denis Roche.


L'Oeuvre parle

35814.jpgDécédée en décembre 2004, Susan Sontag laisse une oeuvre complexe et protéiforme, mais soutenue de part en part par une même exigence intellectuelle, rétive à toute forme de concession. Les éditions Christian Bourgois proposent aujourd'hui de la réunir au fil de volumes dont cinq ont déjà paru : on retrouvera donc en premier lieu la célèbre étude Sur la photographie, l'essai L'Écriture même, consacré à Barthes dont elle était proche, et La maladie comme métaphore, analyse littéraire doublée d'une seconde analyse s'attachant au cas des représentations du sida. Le quatrième volume propose le premier roman de Sontag, Le Bienfaiteur, quand le cinquième regroupe sous le titre L'Oeuvre parle une série de textes de jeunesse, dont le fameux "Le style Camp". Pour compléter ces lectures, on pourra encore se plonger dans les carnets et journaux de l'écrivain : le titre Renaître inaugure une série de trois ouvrages qui en présentent une sélection.

Le sociologue, l'écrivain et l'historien

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Après La Condition littéraire (2006), le sociologue B. Lahire se confronte avec Franz Kafka à un monument de la littérature mondiale. Au-delà de la "biographie sociologique", Lahire pose les bases d'une théorie de la création littéraire qui entend dépasser à la fois l'enfermement dans le texte et l'enfermement dans le champ: les oeuvres ne sont envisagées ni comme des solutions esthétiques à des problèmes formels ni comme des manières de jouer des coups dans un "champ littéraire". Le prologue de cet ouvrage ambitieux (mais qui, selon P. Assouline, pourrait inquiéter les littéraires) peut être consulté sur le site des éditions La Découverte. Aux éditions Agone, Le Sociologue et l'Historien reprend cinq entretiens entre R. Chartier et P. Bourdieu, qui revient sur quelques concepts fondamentaux, notamment ceux d'"habitus" ou de "champ".


Lire: le sens du corps, le sens du temps

35690.jpgDeux séminaires successifs, ce vendredi 12 février à l'université Paris VII, invitent à rouvrir la question de la lecture et de l'interprétation. Le matin, Raphaël Baroni est invité à débattre de la pensée de Ricoeur et de la place de l'expérience temporelle dans la lecture; l'après-midi, un bilan des réflexions récentes sur la métaphore de la contagion au théâtre permettra d'ouvrir une vaste réflexion sur le rôle du corps dans la compréhension et l'interprétation des textes. Après une journée consacrée à la question de la simulation, "Ce qui arrive au lecteur", ces deux séminaires s'inscrivent dans un projet collectif, Hermès, qui porte sur l'histoire, les pensées et les pratiques de l'interprétation.

Marivaux journaliste

35581.gifL'inscription d'un auteur au programme des Agrégations de lettres nous vaut une salve d'ouvrages critiques, dont Fabula tient le registre. Elle est parfois l'occasion d'heureuses initiatives éditoriales: ainsi en va-t-il de Marivaux. Outre la parution d'une livraison de la Revue des Sciences Humaines qui brosse le portrait d'un "Marivaux moderne et libertin", on pourra redécouvrir que le dramaturge fut aussi l'un des tout premiers promoteurs du roman à la première personne, avec une nouvelle édition du Paysan parvenu, mais aussi un singulier "journaliste": le promoteur d'une dizaine de "périodiques" dont il fut l'unique rédacteur, vingt-cinq années durant. La collection GF-Flammarion livre en deux forts volumes une nouvelle édition de l'ensemble de ces Journaux, au carrefour du reportage urbain, de l'essai philosophique et de la fiction narrative ou épistolaire: du Spectateur français à l'Indigent philosophe, Marivaux s'émancipe toujours mieux de la tradition des "moralistes" du siècle précédent, pour inventer, avec un nouveau genre littéraire, une pratique impertinente de la philosophie.

Révolutions homériques

35579.jpegComment le nom d'Homère a-t-il pu être convoqué au cours de l'Histoire au nom d'un retour à l'origine, pour en être en même temps le garant de la rupture littéraire et esthétique ? De Lucien de Samosate à Aragon et James Joyce, en passant par la Renaissance, la Querelle des Anciens et des Modernes, les Lumières et le Romantisme, on ne compte plus les "révolutions homériques": issu d'une journée d'études organisée à l'ENS par l'équipe Fabula et le Centre de l'Université Chicago à Paris, un récent ouvrage collectif en établit la chronologie. Le texte d'introduction à cette journée peut être consulté dans l'Atelier de théorie littéraire.

Du style!

35577.jpgSous le titre "Du style !", la dernière livraison de la revue Critique offre un panorama des ouvrages récents où se dessine un "tournant anthropologique" dans l'appréhension des pratiques du style, qu'elles soient littéraires, musicales, gestuelles, psychiques ou économiques, religieuses, ou encore politiques… Un séminaire s'attache aux pratiques et aux pensées du style, sous l'intitulé "Faire des manières" (à l'EHESS, à partir du 2 février), tandis qu'une réflexion solidaire de ces questions se tient à l'ENS-LSH. On lira encore dans notre revue des parutions Acta fabula le compte rendu consacré au récent ouvrage de de J.-D. Gollut, Le Sens du style. L'entrée "Style" de notre Atelier de théorie littéraire propose elle aussi un ensemble de références sur les enjeux et l'actualité de la question.

Retour sur Homi K. Bhabha et les postcolonial studies

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Le 28 mai dernier, Homi K. Bhabha recevait à Saint-Denis le doctorat honoris causa de l'université Paris 8. T. Samoyault et M. Cuillerai publient dans un dossier critique d'Acta fabula les textes de leur intervention, prononcée à cette occasion. La parution, en traduction, des Lieux de la culture en 2008 chez Payot mettait à l'honneur l'un des théoriciens les plus influents des études postcoloniales, jusqu'à alors méconnu en France.

L'Atelier de fabula propose, par ailleurs, une série de réflexions sur les études postcoloniales et recense les différents articles parus dans Acta fabula à ce sujet.


Histoire culturelle

35327.jpgSimple signe des temps ou infléchissement sensible des recherches en sciences humaines, les PUF font paraître ces jours-ci, directement au format semi-poche, le premier dictionnaire consacré à l'histoire culturelle de la France, du XIXe siècle à nos jours, sous la direction de C. Delporte, J.-Y. Mollier et J.-F. Sirinelli: quelques 300 articles qui traitent de tous les "objets de culture, acteurs culturels, usages et pratiques, mais aussi sensibilités et valeurs, croyances et imaginaires communs, normes et univers symboliques", qui éclairent les comportements collectifs de la société française. On signalera aussi la parution concomitante d'ouvrage collectif consacré à L'Espace culturel transnational, sous la direction d'A. Boschetti. L'Atelier littéraire de Fabula offre de son côté un panorama des "études culturelles". Signalons la venue à Paris ce mois-ci de la théoricienne G. C. Spivak à l'occasion de la parution en France de deux de ses essais les plus célèbres. Ainsi que la journée d'études "Le postcolonial comparé: anglophonie, francophonie" oragnisée par C. Joubert (Paris 8), le 19 février prochain. Ainsi que la traduction française des essais de R. Williams sous le titre: Culture et matérialisme.

Moraliste ou mémorialiste?

35323.jpegIl fallait un successeur à Pascal dans la rubrique, désormais fixe, "littérature & débats d'idées", des programmes de Français pour les Terminales littéraires: ce sera Charles de Gaulle, et le tome III des Mémoires de guerre, dont on connaît le titre: "Le Salut". Pascal Quignard succèdera à Laclos pour le chapitre "langage verbal & images", et ses limpides Matins du monde aux Liaisons dangereuses. Pour le reste, on garde l'indépassable Homère au rang des "grands modèles littéraires", et il revient toujours à Beckett de sonner la Fin de partie.

"Je préfère faire confiance au réel..."

35200.gifSamedi 16 janvier, une rencontre est organisée avec Carlo Ginzburg, auteur du Juge et l'historien. Considérations en marge du procès Sofri, dont toute l'oeuvre explore la manière dont on peut dire le droit et écrire l'histoire. Seront présents, à l'occasion de deux nouvelles parutions (annoncées pour la fin de l'année 2010 aux éditions Verdier) et d'un débat autour des rapports entre historiographie et fiction : Carlo Ginzburg, Simona Cerutti, Krzysztof Pomian, Jacques Rancière, et Martin Rueff.

Retour vers le Japon

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Le rapport entre la France et le Japon, fait à la fois d'attirance, de questionnement, d'incompréhension, créateur de renouvellement grâce au détour par l'altérité, a joué un rôle important depuis le 19e siècle au moins. Un prochain colloque à l'ENS revient sur cette question pour le 20e siècle, de Malraux (évoqué par H. Godard) à Barthes (dont parlera Cl. Coste), ou à J. Roubaud (présent par le biais d'un film inédit). Rappelons à cette occasion la republication récente d'un recueil d'articles de M. Pinguet, dédicataire de L'Empire des signes encore peu connu en France, ainsi que les ouvrages sur la question de Ph. Forest et de M. Ferrier ou encore Ch. Doumet. Autant d'outils pour explorer ce rapport de « contresens » productif, selon le mot de Proust repris par Ph. Forest pour son livre naguère recensé dans Acta, qui relie la France au Japon.


Le démon de l'analogie

35131.jpgIl y a tout juste un an, P. Bayard prouvait de façon incontestable, dans Le Plagiat par anticipation, que Maupassant avait plagié Proust ; aujourd'hui, c'est au tour de M. Darrieussecq, dans son essai Rapport de police, de démontrer qu'Une Partie de campagne plagie Les Raisins de la colère (et réciproquement, ce qui est peut-être une circonstance atténuante). À croire que l'oeuvre de Maupassant, peuplée de personnages experts en imposture, hantée par la figure du double, et féconde en mystifications littéraires, n'est qu'une mosaïque de copiés-collés en tous sens. En attendant les compléments d'enquête qui ne manqueront pas de faire toute la lumière sur ces ténébreuses affaires, on suivra les réflexions de M. Darrieussecq, qui s'interroge, à partir d'une position manifestement borgésienne, sur le sens de la "plagiomnie", l'accusation calomnieuse de plagiat, laquelle fait fond sur toute une mythologie romantique quant à l'originalité, la singularité, l'unicité de chaque auteur – et méconnaît le grand principe de toute herméneutique littéraire, selon lequel il n'est aucun texte qui ne finisse, moyennant un peu d'ingéniosité ou de paranoïa, par ressembler à un autre.

Prochainement en librairie (et sur cet écran)

35069.jpegL'équipe Fabula vous invite à prendre connaissance des principales publications annoncées par les éditeurs pour l'année 2010, d'un seul coup d'oeil mais un rayon après l'autre: histoire littéraire, critique, poétique, génétique, esthétique et sciences humaines, tout y est déjà. Tous les titres que nos pages Parutions signaleront fidèlement jour après jour, et dont notre revue en ligne Acta fabula rendra compte mois après mois, en proposant également des dossiers critiques. Après celui consacré au Centenaire de la Nrf en décembre, on découvrira prochainement un ensemble d'articles consacrés au théoricien américain des post-colonial studies H. K. Bhabha.

Meilleurs voeux

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"Je ne prendrai pas de calendrier cette année, car j'ai été très mécontent de celui de l'année dernière !" (Alphonse Allais).


L'équipe Fabula souhaite à tous ses visiteurs une année 2010 riche en lectures, projets, idées, échanges, débats et rencontres. Une année obstinément solidaire dans le nouveau monde des universités "autonomes" et concurrentielles.



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