Fabula, la recherche en littérature (accueil)

Editoriaux 2009

Ecrits à la première personne : une enquête

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En italien, "autobiographie" (au sens d'"écrits personnels", disons) se dit "diario", en allemand "Tagebuch". En espagnol, un spécialiste français du "journal" a du mal à comprendre la distinction que l'on fait là-bas entre "diario" et "dietario". Et si les Français comprennent difficilement ce que les Anglo-Saxons appellent aujourd'hui "Memoir", qu'est-ce que les non-francophones peuvent bien entendre à ce que les compatriotes de Doubrovsky nomment "autofiction" ? Bref, aucun spécialiste des récits de soi n'est tout à fait sûr de cerner les objets auxquels ses collègues étrangers s'intéressent, mais chacun s'en accommode, tant la rigueur comparatiste nous est peu familière - nous sommes déjà si peu certains de parler exactement des mêmes choses lorsque nous travaillons sur les récits de soi en français... 

Quelles distinctions faites-vous, dans votre langue maternelle, ou dans la langue dont vous êtes spécialiste, entre les différents genres littéraires par lesquels chacun raconte son existence ? Nous lançons ici une enquête à laquelle nous nous invitons à répondre : vous trouverez sur ce lien un questionnaire, traduit en différentes langues, sur les termes que nous utilisons pour parler des écrits non-fictionnels à la première personne. Merci de diffuser ce questionnaire aussi largement que possible et d'y répondre vous-même. 


Dossier critique d'Acta fabula : "le Centenaire de la NRf"

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Acta fabula propose de revenir dans sa livraison du mois de décembre sur les publications relatives au centenaire de la NRf. Chr. Pradeau, J.-Cl. Larrat et A.-L. Milne reviennent sur l'histoire officielle que les Éditions Gallimard proposent de leur propre revue, à travers le panorama qu'esquisse A. Cerisier à partir des archives de la célèbre maison, le numéro anniversaire de la Nouvelle Revue française et l'anthologie publiée par L. Chevaillier en folio. C'est aussi l'occasion de revenir sur plusieurs études qui s'intéressent au début de la revue : F. Jaffray recense le numéro de la Romanic Review qui questionne les rapports de son aînée avec le modernisme, et Fr. Simonet-Tenant présente les travaux de Y. Dagan sur la NRf en temps de guerre. Tout cela ne fait pas oublier que cette aventure est avant tout celle de quelques personnes : la correspondance inédite de Paulhan-Lhote (décortiquée par Cl. Barthelemy) et la livraison de l'AIRE (recensée par S. Anton) témoignent de la richesse et de l'effervescence de leurs échanges épistoliers.

Introduisant ce dossier, M. Murat invite à interroger plus avant l'histoire de ces revues qui ont façonné le paysage et l'histoire littéraires du XXe siècle.

 Un récent numéro en ligne de la revue Études littéraires est également consacré à la NRf, "banque centrale de la République des Lettres".


Éclats de la critique rimbaldienne

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On se souvient que T. Todorov proposa jadis un fameux article où il inventoriait les formes diverses ("évhémériste", "étiologique", "ésotérique"...)  de la critique des Illuminations. Le rimbaldien actuel, de métier ou de circonstance, pourra se livrer au même exercice à la faveur de l'intense activité éditoriale autour des Poésies et d'Une saison en enfer. Il retrouvera la critique textualiste grâce à une réédition de J.-L. Baudry, aussi bien que la critique contextualiste avec Y. Reboul qui replace Rimbaud dans son temps ; la critique biographique, d'I. Rimbaud à J.-B. Baronian, modulée en "essai de biographie intérieure" par P. Brunel, tout autant que la critique formelle, sous la plume de B. de Cornulier qui s'efforce de fonder l'interprétation sur la métrique ; la critique philologique qui se tient au plus près du détail de l'oeuvre chez A. Fongaro, pas moins que la critique idéologique du côté de S. Murphy, qui étudie les stratégies subversives de Rimbaud confronté à un ordre social répressif. Il vérifiera que les conflits d'interprétation sont toujours ouverts, en confrontant par exemple la tentative d'Y. Frémy pour trouver l'unité de l'oeuvre dans la notion de force, à celle de L. Zimmermann qui en marque la dispersion en s'attachant à sa délicatesse. De quoi ajouter quelques clefs à un trousseau herméneutique déjà bien garni, en somme.


Tout ce qui arrive aux lecteurs...

34777.jpgQu'arrive-t-il quand on lit ? On ne « reçoit » pas seulement un univers fictionnel, on y adhère, on y participe activement, on y simule des gestes, des perceptions et des mouvements, on fait l'expérience en pensée d'affections ou de faits physiques. Sous forme d'atelier collectif, une journée d'études organisée par le CRAL (CNRS-EHESS) à l'Ecole normale supérieure ce vendredi 18 décembre explorera cette dynamique mentale de la lecture de fictions autour de la notion de « simulation », et l'élargira à l'expérience du joueur, du spectateur de cinéma et de théâtre. De Corneille à Chaplin, des poésies d'Apollinaire aux émotions animales, et autour d'un large spectre d'exemples, c'est la façon dont nous vivons nos lectures et nos expériences esthétiques qui sera au coeur des débats.

Lieu de passage

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Les éditions Amsterdam déploient un immense effort de traduction pour combler le légendaire retard français, notamment pour ce qui regarde les "studies" américaines (études postcoloniales, culturelles, féministes, queer, gender, gay & lesbiennes…); après avoir contribué à rendre accessibles les travaux de J. Butler (Ces corps qui comptent. De la matérialité et des limites discursives du "sexe" parmi quatre titres), de Stuart Hall (notamment Identités et cultures. Politiques des cultural studies), J. C. Scott (La domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne), M. Witig (La Pensée straight) ou encore E. Kosofsky Sedgwick (Épistémologie du placard), ces mêmes presses nous offrent cet automne une salve de nouvelles traductions, dont deux titres très attendus de G. C. Spivak, Les Subalternes peuvent-elles parler? et En d'autres mondes, en d'autres mots ; mais encore: D. Chakrabarty (Provincialiser l'Europe. La pensée postcoloniale et la différence historique), et P. Chatterjee (Politique des gouvernés. Réflexions sur la politique populaire dans la majeure partie du monde). Signalons aussi: M. Lazzarato, Expérimentations politiques. Les éditions Amsterdam hébergent également les revues Vacarmes, Multitude, ainsi que la Revue Internationale des Livres et des Idées.



Le devenir de la pensée critique

34583.jpgL'une des tâches urgentes des universités est sans doute de réinterroger l'horizon de la critique aujourd'hui, d'éclairer à nouveau la part de ses arrangements avec l'ordre social et politique, de s'assurer surtout des forces de résistance et d'émancipation qu'aujourd'hui comme hier elle doit continuer à autoriser. Pour clore les festivités du quarantième anniversaire de la création du Centre expérimental de Vincennes devenu l'Université Paris 8, un colloque se tiendra à Saint-Denis, du 16 au 18 décembre prochain, sur le devenir de la pensée critique. On y interrogera la généalogie de la pensée critique, ses usages et réceptions,ses devenirs et expérimentations. Avec notamment des interventions d'E. Balibar, M. Riot-Sarcey, A. Badiou, G. Dessons, J. Revel, etc.

Narratologie, post-narratologie, anti-narratologie

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La narratologie post-classique, qu'elle soit post-coloniale, féministe ou encore cognitiviste, nous a habitués, notamment dans les travaux nord-américains qui s'en réclament, à se poser en s'opposant à la narratologie classique, identifiée au structuralisme français et plus spécifiquement au "Discours du récit" de G. Genette. De ce côté-ci de l'Atlantique, en Allemagne ou en France entre autres, plusieurs entreprises théoriques se construisent de même à partir du modèle genettien : on peut tenter de le compléter en s'intéressant à la dimension sociale des récits, comme y invite le séminaire "Narratologies contemporaines" de l'EHESS, ou bien en sondant les implications philosophico-anthropologiques de la narratologie, à la manière de R. Baroni dans son dernier essai dont Acta publie le compte rendu. On peut aussi l'ouvrir à la question des récits possibles, comme le propose M. Escola en revenant sur le principe de la "causalité régressive". Si l'on est linguiste, on peut chercher à dépasser ce modèle en réfléchissant, comme dernièrement encore A. Rabatel, à la question du point de vue ; ou bien, plus frontalement, à le réfuter, comme s'y emploie S. Patron dans son récent ouvrage Le Narrateur (dont on trouvera l'introduction dans l'atelier et une discussion dans Acta). Manière de mesurer, si besoin était, la fécondité du projet narratologique, près de quarante après Figures III.


L'agrégatif dans la bibliothèque

34462.jpgAlors que des menaces de plus en plus précises viennent peser sur l'agrégation, faisons valoir fermement qu'elle ne constitue pas seulement un concours de recrutement mais qu'elle est aussi, à la faveur d'un programme renouvelé chaque année, un véritable vecteur de la recherche. On voit ainsi fleurir à l'automne de nombreuses monographies qui prennent le parti, ou bien d'offrir un bilan accessible des travaux actuels sur un auteur, ou bien de proposer de nouvelles pistes. Si l'agrégatif qui passe une année à lire Ronsard, Fénelon, Marivaux, Rimbaud, Beckett, n'a sans doute pas le temps de jouer, fabuler, ou se disperser, on lui suggérera de garder malgré tout des forces pour militer, croiser le fer, vaincre les préjugés, traquer l'inouï et rêver à des mondes possibles...


Revue internationale des livres & des idées, 14

34383.jpgLa quatorzième livraison de la Revue internationale des livres & des idées est en kiosque. Au sommaire: des textes de M. Cuillerai et T. Samoyault sur le théoricien américain des études postcoloniales Homi K. Bhabha à l'occasion de sa réception au grade de docteur honoris causa de l'Université de Paris 8 en juin dernier; un essai d'Y. Citton sur B Latour, L. S. Mercier et les vertus du "faitichisme"; un article de M. Löwy sur Adorno, etc. Certains de ces articles sont accessibles en ligne sur le site de la Rili, qui compte aussi un fil d'actualités. Dans le cadre du partenariat qui lie nos deux revues, Acta fabula publie ce mois-ci deux articles issus de la précédente livraison de la RiLi: "Browning, poète nécromant", par L. Folliot et "le 'moment' Bachelard-Bergson" par D. Macey.

Correspondances

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Le genre de la correspondance a les faveurs des éditeurs: celle de Céline entre dans La Pléiade, et, comme s'il s'agissait de promouvoir un "troisième Céline", après celui du Voyage au bout de la nuit et de Mort à Crédit d'un côté, celui de la trilogie historique de l'autre, Gallimard fait encore paraître une anthologie de lettres inédites recueillies sous le titre Devenir Céline, qui font suite aux Lettres à Albert Paraz. Également inédites, et toujours chez Gallimard : les Lettres à Aube d'André Breton. Signalons encore la Correspondance avec les artistes d'Apollinaire, ou  celle de T. W. Adorno avec Thomas Mann; et encore: les Lettres à Maricou d'Alexandre Vialatte, celles de M. Blanchot à Vadim Kozovoï, l'intégralité de la correspondance de V. Van Gogh dans une édition critique illustrée. Ou, beaucoup plus haut dans le temps: les méconnues Lettres de Mme de Maintenon, et les inattendues Lettres du Marquis de Sade à sa femme.


Contre l'auteur, tout contre ?

34358.gifLire contre l'auteur, ne serait-ce pas lire aussi lire tout contre, s'appuyer en s'opposant, et par cet appui polémique se donner les moyens d'écrire la suite? La lecture contrauctoriale ne serait-elle pas une manière de renvoyer le discours proauctorial à son statut de discours non pas descriptif, mais persuasif, dire que l'autorité n'est pas une question de validation, mais de persuasion? Telles sont deux hypothèses, parmi d'autres, auxquelles a conduit le séminaire en résidence "Lire contre l'auteur", organisé par l'équipe Fabula en septembre 2009, en partenariat avec le projet HERMÈS (Histoires et théories de l'interprétation). On pourra découvrir l'ensemble des propositions et des conclusions nées durant cette semaine de réflexion collective, en lisant dans l'atelier l'introduction générale qui a servi de base de travail, les résumés des différentes communications proposées dans ce cadre, un compte rendu des ateliers, et une première synthèse des travaux, dont un volume collectif viendra rendre compte dans quelques mois.

Fabula, aujourd'hui

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Fabula, c'est aujourd'hui : un groupe de recherche, un site de 30 000 pages, un atelier et deux revues, une vingtaine de colloques en ligne en libre accès et des centaines de comptes rendus, 700 000 visites  par mois, un fil twitter (@fabula), des flux rss, un widget dashboard (mac), une liste de diffusion, une version optimisée pour Iphone, un groupe Facebook, une équipe de douze bénévoles aidés par une quinzaine de correspondants sur deux continents, un partenariat avec une grande école et plusieurs équipes de recherche - et toujours sans aucune aide des pouvoirs publics en plus de dix ans d'existence...


Du côté de chez Hermann

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De plus en plus rares sont les maisons d'édition à prendre le risque de publier des essais sur la poésie. L'éditeur Hermann est de ceux-là, qui a fait paraître une dizaine de titres au cours des derniers mois, parmi lesquels le récent livre de M. Deguy, La fin dans le monde, livre de philosophie signé par un poète auquel M. Rueff a consacré un essai sous le titre Différence et identité. Michel Deguy, situation d'un poète lyrique à l'apogée du capitalisme culturel. Ou encore: L'Absolu comparé. Littérature et traduction. Une séquence moderne: Coleridge, De Quincey, Baudelaire, Rimbaud d'Eric Dayre, les Pensées sur la scène primitive. Yves Bonnefoy, lecteur de Jarry et de Lély, par P. Née, Paul Valéry. Le poème et la danse par V. Fabbri. Signalons aussi L'Offrande lyrique, un volume collectif sous la direction de J.-N. Illouz, qui traite de la place de l'autre dans le poème, de l'Antiquité à l'extrême-contemporain, et, de L. Zimmermann, La littérature et l'ivresse. Rabelais, Baudelaire, Apollinaire, un ouvrage dont A.-L. Rigeade rend compte dans la dernière livraison d'Acta Fabula.


Penser le Temps

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Au programme des actualités du Temps, ses figures... au croisement foisonnant de la littérature, des arts et des sciences. Du 26 au 28 nov., se tiendra à Bordeaux 3 un colloque sur les  « Représentations et figures du temps dans la littérature et le cinéma fantastique et de science-fiction ». Du 2 au 5 décembre, à Besançon (Musée du Temps et Observatoire pour l'histoire et la mesure), une manifestation sur Temps, rythmes, mesures… Figures du temps dans les sciences et les arts, qui rassemblera des chercheurs de nombreuses disciplines : temps  de la philosophie, psychologique, musical ou humain, temporalités modernes ou présent seront évoqués dans le cadran de ses journées... On prendra encore le temps de se rendre, du 27 au 28 novembre, à la Maison Henrich Heine pour une journée Sur les traces de la trace avec Benjamin (dont l'actualité est manifeste), Celan, Klee, Barthes ou Derrida. Ou, les 11 et 12 janvier prochains, à l'Université de Haïfa, pour la Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines autour d'oeuvres poétiques contemporaines (françaises et autres) des dernières décennies du XXe siècle jusqu'à nos jours. De quoi mettre la littérature à l'épreuve du temps et des arts! (Ajout 03/12/09: H. Weinrich, Le Temps compté)



Pinget contemporain

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Au lendemain d'un colloque international Robert Pinget contemporain, saluons, en même temps que la création d'un site web consacré à l'oeuvre de Pinget, la parution de plusieurs titres inédits : une pièce en un acte Malicotte-la-Frontière et un roman La Fissure (éd. Métis Presse) ainsi que Mahu reparle (éd. des Cendres), un texte de 1968 retrouvé par M. Mégevand & N. Piégay-Gros dans le fonds de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. La revue Fusées offre aussi ce mois-ci un dossier sur l'auteur de L'Inquisitoire. Parmi les ressources propres de Fabula, on pourra trouver un article de D. Ruffel dans l'un de nos colloques en ligne sur L'effet de fiction : "L'écriture-fiction de R. Pinget", et, dans les pages d'Acta fabula, la recension d'une livraison de la revue Europe consacrée en 2004 à Pinget : "Le texte et le néant", par S. Labeille.


L'archéologie de Giorgio Agamben

34081.gifViennent de paraître coup sur coup deux titres de G. Agamben jusqu'alors inédits en français: Le Sacrement du langage. Archéologie du serment, traduit par J. Gayraud (Vrin), et Nudités (Rivages) dans une traduction de M. Rueff qui s'entretiendra avec le philosophe le 12 nov. prochain au théâtre de l'Odéon dans le cadre des "Traversées philosophiques". S. Daireaux vient de rendre compte de ce même recueil d'essais sur le site nonfiction.fr: "Que nous dévoile la nudité?". On trouvera encore un bref essai de G. Agamben dans le volume récemment paru Démocratie, dans quel état? (La Fabrique). Rappelons à cette occasion l'un des rares ouvrages collectifs consacrés à la pensée de G. Agamben: La littérature en puissance (VLB éd., Montréal).

Poétique de l'Histoire

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Souvent cités et critiqués mais finalement peu lus, faute notamment d'avoir été traduits, les travaux de Hayden White sur l'écriture de l'Histoire (voir l'entrée "Historiographie" de l'Atelier de théorie littéraire) sont surtout connus en France par l'intermédiaire de P. Ricoeur et par les réactions, parfois nuancées (R. Chartier), parfois plus tranchées (C. Ginzburg), qu'ils ont suscitées chez les historiens. Dans un dossier intitulé "Patates chaudes" : poétique, savoirs, politique, la 33e livraison de la revue Labyrinthe propose la première traduction française de l'introduction de Metahistory (1973), le plus célèbre des ouvrages de White. Rappelons aussi la parution des troisième & quatrième livraisons de la revue Écrire l'histoire, consacrées à la question du "détail".



Figures tutélaires

34008.jpgAu lendemain de la disparition de Claude Lévi-Strauss, chacun salue à sa façon l'un des plus grands penseurs du siècle. Les chercheurs en littérature savent, pour leur part, tout ce que l'anthropologie structurale a pu apporter au renouvellement des études littéraires. La réflexion sur le sens, la portée, et peut-être même l'actualité du structuralisme ne fait sans doute que commencer. Du côté de la linguistique, l'attention se porte sur l'autre grande figure tutélaire, celle de Saussure. Un ouvrage récent offre une synthèse du renouvellement total de la compréhension de sa pensée occasionné par la découverte de ses manuscrits : le Saussure d'aujourd'hui n'a rien à voir avec celui des années 1960. Il y a bien longtemps toutefois que les manuscrits du professeur genevois conduisent à en réviser l'image : la réédition des Anagrammes, dont on sait l'importance dans la théorie des années 1970, vient à point nommé pour nous le rappeler.

Mondes médiévaux

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À l'occasion de l'exposition "La légende du Roi Arthur", la BnF accueille du 2 au 17 décembre 2009 une série de conférences sur la littérature médiévale et arthurienne (La réception de la légende arthurienne, Perceforest : roman arthurien, Tristan et Iseut, ou encore Le roi Arthur: perspective comparative). Perceforest fera par ailleurs l'objet du quatrième colloque arthurien de Rennes en 2010 (lire l'appel à contributions) tandis qu'un colloque international Lire les textes médiévaux aujourd'hui se tiendra les 25 et 26 janvier 2010 à Université à Montpellier, après un colloque sur le médiévalisme à Metz du 19-21 novembre: "Médiévalisme, modernité du Moyen Age".


Feuilles d'automne

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Le vent d'automne a déposé sur les tables des librairies quantité d'inédits: les Cahiers d'écolier où Kafka, en amont de son célèbre Journal, consignait indifféremment entre 1916 et 1918 ses récits et ses rêves, les Carnets de captivité du philosophe Emmanuel Lévinas, une parution longtemps différée, ou encore le Voyage en Angleterre de Malesherbes. Dans un autre genre: on découvrira Maua, un conte érotique de Marcel Schwob, en attendant une Préface inédite aux Vies imaginaires, à paraître sous le titre Essais sur l'art de la biographie par les soins de la société des amis de l'auteur. Mais aussi Le Gant rouge, la toute première pièce, réputée perdue d'Edmond Rostand, les Mystères de Paris J. K. Huysmans, et encore: les méconnues Lettres à Aube d'André Breton, ou Le trousseau de Moulin Premier offert par René Char à Greta Knutson en juin 1937…


On n'est pas fatigués !

33791.jpgAprès la parution d'une étude de C. Ruby (L'interruption. J. Rancière et la politique) et des actes d'un colloque consacré à la Politique de l'esthétique dans son oeuvre, J. Rancière donne coup sur coup deux nouveaux volumes : un recueil d'entretiens (1976-2009), Et tant pis pour les gens fatigués ! (Éd. Amsterdam), et une série de textes de circonstances (1977-2009), Moments politiques (Éd. La Fabrique/Lux). Deux livres qui nous laissent suivre une réflexion toujours ouverte à l'événement, et qui, contre la fabrique contemporaine de l'impuissance, s'efforcent de penser la possibilité de l'émancipation et la radicalité de la démocratie, en faisant la part belle aux enjeux politiques des arts et de la littérature, depuis La Parole muette jusqu'à Politique de la littérature et Le spectateur émancipé (voir aussi le n°17 de la revue Labyrinthe: Rancière l'indiscipliné). On y verra aussi l'exemple d'une double pratique de l'intervention publique, qu'il s'agisse de faire dialoguer la recherche philosophique avec le présent ou de manifester les possibles que recèle tout authentique événement. N'en déplaise aux « gens fatigués » qui font métier de transmettre leur résignation…

Retour aux sources

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Une salve de parutions témoignent d'un regain d'intérêt pour les origines de notre discipline: deux grands figures de la philologie viennent de faire l'objet d'une monographie:  Poétique de la corruption chez Anne Dacier, par M.-P. Krück (PU Laval) et H. Parenty, Isaac Casaubon helléniste : des studia humanitatis à la philologie (Droz), dont rend compte P. Hummel dans la dernière livraison d'Acta fabula, où l'on trouvera également une recension par A. Rees d'un récent ouvrage collectif sur Philologie et politique, sous la direction de C. Del Vento & J.-L. Fournel. On lira en ligne la dernière livraison de Philologie im Netz (PhiN) 50/2009. Notre revue Fabula-LHT avait consacré son cinquième numéro à la Poétique de la philologie, un dossier dirigé par S. Rabau.D'autres références sont à découvrir à l'entrée "Histoire & théorie de la philologique" de l'Atelier de théorie littéraire.


Fragiles voix de l'archive

33711.gifAprès deux livres consacrés pour l'un à la lecture de tableaux sous le signe du Silence et du souffle, pour l'autre au récit des corps du peuple sous le signe de l'Effusion et du tourment, Arlette Farge fait paraître ces jours-ci chez Bayard un Essai pour une histoire des voix au dix-huitième siècle. Rappelons la publication plus ancienne d'un recueil d'entretiens intitulé Quel bruit ferons-nous? (2005, Les Prairies Ordinaires): elle y expliquait comment son travail se fonde sur le sentiment d'avoir à faire du bruit avec les voix de ceux - (marginaux, fous, pauvres, émeutières, hommes et femmes du peuple...) qui n'ont pas jusqu'ici été entendus.

La Fabrique du vers 

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Enfin un ouvrage sur la poétique des vers dans la prestigieuse collection des Éditions du Seuil: constituant aussi bien un vade mecum pour l'étude de la versification qu'une histoire du vers français, La Fabrique du vers de Guillaume Peureux décrit les fonctions poétiques de la mise en vers, les techniques de composition et leurs évolutions. L'ouvrage s'attache à la fabrique des vers et aux discours qui l'encadrent: des Grands Rhétoriqueurs à H. Meschonnic et B. de Cornulier, la perspective historique est celle des formes, dont l'évolution est expliquée par le biais de l'intérêt porté aux espaces intellectuels et sociaux qui la conditionnent. L'introduction de cet ouvrage est publiée dans l'Atelier de Fabula. Vient aussi de paraître le collectif Towards a Typology of Poetic Forms. From language to metrics and beyond.


Critique et émancipation

33634.jpgLes sciences humaines et sociales, et tout particulièrement la sociologie, doivent-elle être mises au service d'une critique de la société, ce qui suppose de rendre compatibles description et critique ? La critique détourne-t-elle la sociologie de son projet scientifique ou en est-elle la finalité, sans laquelle la sociologie ne serait qu'une activité vaine, détachée des préoccupations que nourrissent les personnes en société ? Luc Boltanski, dans De la critique, saisit ces questions pour réélaborer des notions centrales comme celles de pratique, d'institution, de critique et, finalement, de « réalité sociale ». Il a pour ambition de contribuer au renouvellement actuel des pratiques de l'émancipation.

Quelle Europe de la connaissance?

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À la jointure de l'épistémologique et de l'institutionnel, se demander quelle société est produite par quelle connaissance : tel est l'objectif de la journée Quelle Europe de la connaissance? organisée le 15 octobre prochain à Paris 8 (Saint-Denis) par Le Texte étranger, groupe de la recherche en littérature anglaise, et Transitions, centre de recherche en sciences humaines, en collaboration avec Polart. Dans le contexte de la récente mobilisation du monde universitaire et des débats sur les réformes de l'université, reposer la question des rapports entre entre savoir et pouvoir sera aussi une réponse à l'"économie de la connaissance" prônée par la politique européenne dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. Les figures d'A. Smith, W. von Humboldt, H. Arendt et E. Benveniste permettront notamment de réfléchir aux relations entre savoirs, libéralisme et constitution culturelle de l'Europe. Cette journée conclura le programme 2007-2009 du séminaire Diversité des langues et poétique de l'histoire et sera dès le lendemain suivie par la première séance du programme 2009-2011 du même séminaire.


Penser le contemporain

33336.jpgDes événements, des publications et des appels à contributions s'attèlent à penser le contemporain et à penser depuis le contemporain. Les 15 et 17 octobre la Quinzaine littéraire organise deux soirées pour fêter le "Premier mille de la Quinzaine littéraire", où interviendront notamment Maurice Nadeau, Tiphaine Samoyault, Pierre Pachet et Hugo Pradelle. L'Université de Bari organise du 22 au 24 octobre des journées sur l'extrême contemporain. Publiant des essais littéraires et attentives depuis leur création au contemporain, les Éditions Cécile Defaut proposent un volume collectif consacré à l'oeuvre de Patrick Modiano, Lectures de Modiano, ainsi qu'un ouvrage de Pierre Bergounioux, Deux querelles, comportant une réflexion sur la complémentarité de la littérature et de la philosophie. Le même auteur a également donné aux Éditions de l'Olivier un volume d'entretiens. Un colloque R. Pinget le contemporain aura lieu les 16 & 17 oct. prochain à Paris. On trouve par ailleurs chez Corti un ouvrage sur Gérard Macé, tandis que les cahiers J.M.G. Le Clézio lancent un appel à contribution pour leur prochain numéro. Sur Fabula enfin, on lira dans l'Atelier de théorie littéraire un ensemble de contributions sur le contemporain et, dans Acta fabula, la recension par Marie Baudry de Pourquoi des théories?, qui interroge les procédés et les modèles théoriques en les appliquant au monde d'aujourd'hui.

Exercices d'admiration: "Mon classique préféré"

33271.jpgUne nouvelle série vient de voir le jour dans la collection GF chez Flammarion. Parce que la littérature d'aujourd'hui se nourrit de celle d'hier, les éditions traditionnelles des grands textes sont désormais accompagnées d'interviews d'écrivains contemporains, portant sur leurs classiques préférés. Marie Darrieussecq relit La Princesse de Clèves, Annie Ernaux se penche sur Une vie, Philippe Claudel rouvre Au Bonheur des Dames, Pierre Michon revient vers le Grand Meaulnes, F. Bégaudeau feuillette les Trois Contes, Éliette Abecassis se tourne vers Phèdre, et P. Bergougnoux nous embarque pour L'Odyssée... Des extraits de ces différents entretiens inédits, et bien d'autres titres de cette nouvelle série, sont disponibles en ligne. Rappelons à cette occasion une récente livraison de notre revue Fabula-LHT: "L'Écrivain préféré".

Dossier critique d'Acta : "Mémoires & littérature"

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Acta fabula propose dans sa dernière livraison un dossier critique sur le genre des Mémoires. Plusieurs publications récentes reviennent en effet sur leurs spécificités génériques et les liens qu'ils entretiennent avec la fiction, et plus généralement la littérature. M. Hersant tire les Mémoires de Saint-Simon vers l'Histoire et les désolidarise de la littérature (lire la recension de J.-F. Perrin), quand J.-L. Jeannelle situe les Mémoires du XXe siècle « aux limites de la littérature » (lire la recension de M. Hersant): voilà reposée l'épineuse question des frontières entre diction et fiction. Cette réflexion sous-tend, par ailleurs, l'étude de Chr. Jouhaud, D. Ribard et N. Schapira sur la définition de la matière historique et mémorielle dans Littérature. Histoire. Témoignage, que recense Th. Lanfranchi.  Se trouve ainsi soulignée la nécessaire théorisation de ce genre, dont la définition demeure historiquement extensible. L'ouvrage collectif dirigé par M. Roig Miranda et Pierre Demarolle, recensé par D. Amstutz, propose plus généralement de voir comme dénominateur commun aux différents genres mémoriaux le fait de soustraire certains faits à l'oubli. Un autre ouvrage récent, Moi privé. Moi public, dirigé par R. Wintermeyer, dont L. Depretto propose le compte rendu, s'intéresse plus directement au statut du "je", et analyse le glissement qui s'opère de la sphère publique à la sphère privée.  
À signaler également, dans ce même numéro d'Acta fabula, la recension par E. Souny d'un ouvrage collectif sur les Dénis de l'histoire dirigé par P. Bayard et A. Brossat, qui interroge le processus de construction de la mémoire et des déformations qu'il induit. Autant de lectures qui nous inviteront donc à questionner nos pratiques mémorielles et à voir que la littérature ne parle jamais mieux de nous que lorsqu'elle conjugue histoire et subjectivité.


Le partage des disciplines

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La littérature est-elle en manque de discipline? Que prétendons-nous étudier lorsque nous disons « faire de la recherche en littérature » ? Comment nous accommodons-nous des frontières institutionnellement établies entre notre discipline et toutes celles qui forment le champ aux contours eux-mêmes assez flous des « sciences humaines » ? Sous le titre Le partage des disciplines, un prochain numéro de la revue Fabula-LHT invite à réfléchir à ce partage disciplinaire dans son histoire (des Belles Lettres à l'esthétique et aux sciences humaines), aussi bien que dans son actualité (en France comme à l'étranger, sur le plan institutionnel comme sur celui des nouvelles "politiques de recherche").

Parmi les autres appels à contribution lancés par l'équipe Fabula: un numéro de la revue CRIN (Nimègue) consacré à la Théorie des textes possibles. Pour une critique créatrice, qui invite également à penser l'avenir de notre discipline. Si l'activité critique est régulièrement raillée, par les auteurs eux-mêmes, comme une pratique « parasite », est-il tout à fait déraisonnable d'espérer réconcilier critique et création, en projetant des formes de commentaires qui s'autorisent à intervenir sur la lettre du texte pour l'imaginer autrement?


La rentrée d'Acta fabula

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Acta fabula propose à partir de sa livraison du mois de septembre une formule remaniée, avec des sommaires bâtis autour de trois rubriques (Essais critiques, Notes de lecture, Editions/Rééditions/Traductions). Notre revue des parutions présentera régulièrement un dossier critique autour d'une actualité éditoriale. Après le débat autour du Plagiat par anticipation de Pierre Bayard dans le numéro du mois de février 2009, on pourra ainsi découvrir à partir du 15 septembre un dossier critique sur "Mémoires et littérature", et en octobre un dossier autour d'Auerbach, à l'occasion de la parution d'un ouvrage collectif Auerbach. La littérature en perspective, dont l'Atelier de théorie littéraire propose de son côté la préface par P. Tortenese. Au sommaire du numéro en cours, on peut lire dès maintenant un essai d'Eric Bordas sur le récent livre de M. Lucey, Raté pour ratés, article publié en partenariat avec la Revue Internationale des Livres et des idées. Rappelons une nouvelle fois qu'Acta fabula a besoin de toutes les bonnes volontés : n'hésitez pas à nous soumettre une proposition de recension parmi les livres reçus et encore en attente de rédacteurs.


Pierre Michon, écrivain

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Praticien de genres caractéristiques de la littérature d'aujourd'hui comme les récits de filiations ou les fictions biographiques, Pierre Michon renoue avec des pratiques anciennes tout en se situant résolument dans le débat sur l'écriture littéraire contemporaine. Un colloque lui sera consacré à Cerisy du 22 au 29 août 2009. On pourra écouter en ligne une interview de l'auteur par W. Irigoyen - qui a consacré durant l'été 2009 plusieurs chroniques à l'oeuvre de Michon (blog Le poing et la plume) - ou encore visionner un entretien de Michon avec F. Ferney (web-tv Le Bateau livre). Un entretien d'abord diffusé sur France Culture est aussi disponible en CD joint à un récent livre d' A. Castiglione. On pourra encore écouter l'écrivain lire un passage de son dernier ouvrage, Les Onze, paru cette année chez Verdier. Sur Fabula enfin, on lira un article récent de G. Larroux: Michon fit un pont.


Sea, Text & Sun

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À l'instar de Marilyn lisant Ulysses au soleil, une partie de l'équipe Fabula se rendra du côté d'Aix-en-Provence du 24 au 28 août 2009 pour explorer la bibliothèque de Circé et découvrir les textes possibles du chant X de l'Odyssée, en postulant que les innombrables récritures aussi bien que les commentaires tout aussi nombreux de ce même épisode peuvent s'envisager comme des "variations" sur un texte lui-même pluriel. L'autre place to be de la fin de l'été 2009 sera ensuite le séminaire "en résidence" Lire contre l'auteur, organisé par l'équipe Fabula, en partenariat avec le projet Hermès, du 7 au 11 septembre 2009 à Carqueiranne (83): on trouvera également dans l'atelier de théorie littéraire quelques pistes de réflexion sur la lecture contrauctoriale.


Cahiers de vacances

32396.jpgChrétien de Troyes, Ronsard, Fénelon, Marivaux, Rimbaud, Beckett : cette année, les agrégatifs de lettres sont appelés à se confronter à six monuments. Pour les aider dans cette tâche ardue, et comme désormais chaque été, Fabula pense à tous ceux qui ne sont pas complètement en vacances et répertorie notamment les ressources en ligne, parutions et événements autour des programmes des agrégations de lettres modernes et classiques, mais aussi de langue. On appréciera en effet l'esprit d'à-propos des différents jurys, qui ont placé Endgame au programme de littérature de langue anglaise, et deux chants de la Télémachie en lettres classiques...

Alfred Jarry n'est pas mort

32145.jpgAlors que le centenaire de la mort de Jarry s'éloigne, l'actualité autour du père d'Ubu ne fléchit pas. À l'occasion de l'entrée au répertoire d'Ubu Roi, les Nouveaux Cahiers de la Comédie-Française explorent la figure complexe de ce Surmâle de Lettres, touche-à-tout qui s'identifia tant à son personnage que l'on a tendance à oublier ses autres masques : poète symboliste, romancier, dessinateur, chroniqueur de l'actualité… Loin des théâtres officiels, Ubu Roi fonctionna parfois comme une arme politique redoutable : la dimension internationale de cette oeuvre, qui fut dans bien des pays un moyen de porter sur la scène les contradictions et la violence des régimes totalitaires, transparaît dans les actes du colloque Jarry et la culture tchèque. Enfin, l'Almanach illustré du Père Ubu de 1899, parodie des almanachs populaires qui faisaient la joie de tous, fait l'objet d'une réédition en fac-similé ; mais pour que les lecteurs puissent savourer tout l'humour de Jarry, qui se gausse des travers de ses contemporains, le volume est accompagné de commentaires érudits qui tâchent d'en extraire tout le suc.

Imaginer Sartre heureux

31958.jpgChez Sartre, a-t-on l'habitude de lire, pas de détente – pas de repos, de dégagement ni même de gaîté... Aucun bonheur, alors, dans la philosophie et l'expérience sartriennes ? La pensée de Sartre a pourtant fait place à une véritable théorie de la « joie » ; sa littérature à la figuration de « moments parfaits » ou d'instants mélodiques ; et sa vie à des régions d'euphorie, de plaisir au piano, de coïncidence avec soi. Après une journée consacrée à "Sartre et les sciences sociales", la session littéraire du colloque annuel du Groupe d'études sartriennes, les 19 et 20 juin prochains, à l'ENS (au 29 rue d'Ulm) se penche sur ces bonheurs de Sartre, et accueille en particulier une table ronde autour du livre de François Noudelmann, Le Toucher des philosophes. Sartre, Nietzsche et Barthes au piano.

Émotions & puissance de la littérature

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Pourquoi pouvons-nous avoir peur en lisant un  roman ? Pourquoi nous arrive-t-il de rire ou de pleurer au théâtre ? Qu'est-ce qu'une émotion esthétique ? Notre intérêt pour les effets, la puissance (ou l'impuissance) des oeuvres littéraires, comme l'étude des émotions autorisées ou provoquées par la littérature, a été récemment relancée par la pragmatique, la philosophie contemporaine de l'action ou encore les sciences cognitives, les théories psychologiques ou sociologiques de la réception et de la lecture. Le groupe Phi, l'équipe Telem, le Lila et Fabula vous attendent nombreux vendredi 12 juin à l'ENS (45 rue d'Ulm) à partir de 9h45 pour discuter de ces questions avec Sophie Marchand, Frédérique Leichter-Flack, Michel Collot, Béatrice Bloch, Marilyn Heck, Frédérique Toudoire-Surlapierre, Timothée Picard et Régis Jauffret. 


Fabula-LHT n° 6 : "Tombeaux pour la littérature"

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« ÉPOQUE (LA NÔTRE). Tonner contre elle. Se plaindre de ce qu'elle n'est pas poétique. L'appeler époque de transition, de décadence », notait Flaubert en 1880 dans son Dictionnaire des idées reçues. Plus que jamais ce conseil semble avoir été suivi à notre époque où les tombeaux de la littérature sont en passe de devenir un véritable genre critique, où Richard Millet stigmatise le Désenchantement de la littérature, où Enrique Vila-Matas fait des figures de Bartleby ou de Lord Chandos des modèles, où William Marx rend compte d'un long Adieu à la littérature Le sixième numéro de Fabula-LHT, coordonné par Alexandre Gefen, évoque les multiples formes que prend cette posture théorique, réinscrite à son tour dans une perspective historique. Trois documents, de Jacques Rivière, de Raymond Dumay et de Jacques Etienne Ehrmann, esquissent une généalogie du discours déclinologique. Un article de Kôjin Karatani, traduit par Misako Nemoto, offre une échappée géographique et culturelle. Enfin, un entretien avec Dominique Viart montre que le cadavre de la littérature bouge encore... pour un moment du moins. La prochaine livraison de Fabula-LHT se demandera si "les femmes ont une histoire littéraire" propre.



L'événement poétique

31769.JPGCela nous arrive-t-il encore de réfléchir à partir des poèmes à ce que pourrait être pour nous, pour la langue et pour l'histoire la poésie ? Une journée consacrée à La Poésie comme événement, le 11 juin prochain à l'ENS, ouvrira cette réflexion sur la poésie comme forme d'action particulière que les poèmes contiennent quand ils affectent des sujets, lecteurs ou écrivains. La notion d'événement est au centre de la pensée du lyrisme et de la performance poétique de Johathan Culler, dont l'Atelier propose une présentation, et qui interviendra lors de cette journée ; dans sa version narrative, elle a récemment fait l'objet d'un ouvrage dirigé par P. Glaudes et H. Meter, Le Sens de l'événement, et d'un colloque de l'Université du Québec, Poétique et imaginaires de l'événement.

Figures du style

31748.jpgUn an après la parution du livre d'É. Bordas qui en inventoriait les divers emplois dans les domaines les plus variés, la réflexion sur l'extension du mot "style" se poursuit. La problématique proprement littéraire est reprise dans un essai de D. Gollut qui s'interroge sur le sens du style, tandis que la question générale des manières d'être individuelles est posée par G. Bolens à partir d'une stylistique du corps dans le récit. On retrouvera également, à propos de Barthes, la question du style de vie, lié à un souci éthique où le goût de la nuance et de la délicatesse travaille aussi bien l'existence que l'écriture. La récente réédition d'un ouvrage de 1990 de L. Jenny, qui plaidait résolument pour une conception du style comme singularité discursive, et anticipait les débats à venir avec les tentatives de rhétorisation de la notion, aidera à approfondir ce questionnement sur les multiples figures du style.

La librairie Fabula ferme ses pages

31606.jpgDepuis plus d'un an, l'équipe Fabula vous proposait régulièrement, avec une sélection d'essais, les services d'une librairie en ligne dédiée aux études littéraires. La fréquentation de cette Librairie Fabula n'a jamais été à la hauteur de nos espérances, et le semestre de grève qui vient de s'écouler n'est pas resté sans incidences sur les chiffres de vente… Nous mettons fin à regret à une activité qui visait aussi à pallier la quasi-absence de subsides publics pour un site associatif (rappelons à cette occasion que pour soutenir Fabula vous pouvez inviter votre équipe de recherches à adhérer à l'association). Nous réfléchirons dans les mois qui viennent à la possibilité d'affilier nos pages parutions à une librairie en ligne généraliste, pour que l'ensemble des titres déjà répertoriés et non plus une simple sélection puissent être proposés à la vente.

François Cheng, une vie ouverte…

31605.jpgEssayiste, traducteur, calligraphe, romancier et poète, François Cheng est devenu l'une des grandes figures de la littérature française de ce début de siècle. Récompensé par de nombreux prix, il a été élu en 2002 à l'Académie Française. M. Bertaud vient de lui rendre un bel hommage dans François Cheng. Un cheminement vers la vie ouverte. L'Association Européenne François Mauriac donnera cet été la parole à plusieurs chercheurs autour du « Dialogue dans l'oeuvre de François Cheng » (Strasbourg, 2-5 juill.). Rappelons que l'académicien a fait paraître en 2008 L'un vers l'autre : en voyage avec Victor Segalen, et un Pèlerinage au Louvre. Et signalons enfin qu'en 2006 l'oeuvre de F. Cheng a fait l'objet d'une journée d'étude , dont les actes forment une livraison de la Revue de Littérature Comparée (2007).

2005-2009, Louise Labé : une créature de papier ?

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En 2005, les oeuvres de Louise Labé étaient inscrites pour la première fois au programme de l'Agrégation de lettres. Dans la floraison de travaux généralement consécutifs à un tel événement, paraissait en 2006 un livre inattendu de Mireille Huchon qui contestait l'attribution à Louise Labé des  Oeuvres parues en 1555 et rééditées en 1556: Louise Labé, une créature de papier. Cette remise en cause s'inscrit-elle dans la grande tradition cléricale consistant à dénier aux femmes la paternité de leurs oeuvres? La SIEFAR a ouvert son site aux spécialistes (de Louise, de la littérature féminine, des supercheries littéraires...) pour faire la lumière sur cette affaire. En 2007, Françoise Duroux et Mary McKinley revenaient sur l'affaire Louise Labé dans la revue Critique (n°737). On pouvait croire le dossier clos. Il n'en est rien : Claude Vercey et Luce Guilbaud viennent de le rouvrir…


L'horizon romantique

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Nous le savons au moins depuis L'Absolu littéraire  de J.-L. Nancy et P. Lacoue-Labarthe : nous sommes tous des romantiques allemands. La relecture de l'étude de W. Benjamin dernièrement rééditée achèvera de nous en convaincre : Iéna aura été la matrice culturelle de la modernité européenne, façonnant en particulier les évidences herméneutiques et poétologiques dont la rémanence se donne à lire dans notre rapport contemporain à la littérature. Les actes d'un important colloque reviennent une nouvelle fois sur les enjeux esthétiques d'un tel transfert culturel, tandis qu'un récent ouvrage collectif reprend la question du point de vue politique. Mais si le romantisme, loin d'être simplement une origine et un héritage, dessinait aussi un horizon et un futur possible ? La prochaine livraison de la revue Critique soulève cette hypothèse, et propose une réévaluation de ce passé qui ne manque pas d'avenir.


Comment on écrit l'histoire

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L'intérêt particulier observé ces dernières années pour la poétique des genres factuels peut se lire dans les nombreux travaux récemment consacrés au discours historique, où les problématiques littéraires semblent devoir se transposer aux objets de l'historien. La revue Écrire l'histoire consacre ses volumes 3 & 4 à la question du détail et invite à une réflexion sur la microlecture historienne, tandis qu'A. Rowley et F. d'Almeida proposent, dans un geste d'obédience oulipienne, une série de variations sur les possibles de l'histoire. Comme nous le rappelle une récente livraison de la revue Cartes blanches, la question est donc, plus que jamais, de savoir comment on l'écrit : les rééditions des réflexions de L. Febvre ou E. Quinet sur les présupposés et les modalités d'un tel discours viennent à point nommé pour éclairer un genre dont bien des praticiens, des historiens romains à  Michelet, sont avant tout des écrivains.


"Exercices d'autodiction préposthumes"

31065.jpgCritiques et théoriciens sont toujours plus nombreux à nous offrir des fragments de leur autobiographie intellectuelle ou à se livrer à ce que G. Genette a un jour nommé, sans rire mais sait-on jamais ?, l'exercice de l'autodiction préposthume. Cela nous vaut de la part de l'auteur de Discours du récit, un réjouissant Codicille, qui fait suite à son non moins enlevé Bardadrac (une rencontre avec G. Genette aura lieu à Paris le 26 mai); M. Ozouf n'est pas en reste qui s'adonne à l'art de la Composition française ; comme d'autres de Paris à Jérusalem, M. Fumaroli donne son itinéraire de Paris à New York (et retour) ; F. Maspero conte ses Saisons au bord de la mer ; on rendra encore grâce aux éd. Allia de nous offrir ce mois-ci les très inattendus Fragments autobiographiques où la spécialiste anglaise de la Renaissance, Frances Yates, évoque ses années de formation et sa carrière d'autodidacte au sein du Warburg Institute (un volume d'essais inédits sur Science et tradition hermétique accompagne cette parution).  

Jours de colère

31060.jpgC'est sans doute l'état d'esprit de nombre d'universitaires français au quatrième mois du conflit qui les oppose à leurs Ministères, mais c'est aussi le thème d'une salve d'ouvrages collectifs récemment parus: de la colère comme moteur de la vie intellectuelle… Colères d'écrivains sonde « l'extraordinaire pouvoir verbal de la colère » (Genet); on découvrira aussi avec Le mot qui tue une "histoire des violences intellectuelles de l'Antiquité à nos jours". La haine étant l'un des masques de la colère, on s'intéressera encore à la petite Histoire des haines d'écrivains. De Chateaubriand à Proust, de Anne Boquel & Etienne Kern (Flammarion). Mais la rébellion constitue peut-être le principe majeur du changement dans l'espace français: J. Nicolas fait une place à tous les irréductibles, à tous les refus jetés à la face des hiérarchies et des pouvoirs dans La rébellion française. Mouvements populaires et conscience sociale 1661-1789. Et l'on n'hésitera pas davantage à faire de la colère, avec P. Sloterdijk dans Colère et Temps. Essai politico-psychologique, le moteur principal de la civilisation occidentale, d'Homère à Lénine, de la Bible au Petit Livre rouge, de Caïn à Freud…

L'autre Réforme

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L'année 2009 correspond au cinq centième anniversaire de la naissance de Jean Calvin. À cette occasion de nombreuses manifestations auront lieu un peu partout en Europe. On redécouvrira ainsi ses Oeuvres en Pléiade, et à travers les travaux d'O. Millet qui vient de rééditer l'Institution de la religion chrestienne, quelques temps après les Trois libelles Anonymes. De nombreuses manifestations scientifiques et festives célébreront l'auteur protestant. À l'université de Mulhouse, O. Millet donnera une conférence sur Jean Calvin et ce qu'il représentait au XVIe siècle pour cette Europe en construction, O. Christin dressera son portrait à travers son iconographie, J.-L. Mouton nous fera partager sa vie dans une courte biographie, et Y. Krumenackel reviendra sur celle-ci en nous proposant une vision Au-delà des légendes. N. Hamel le mettra même en scène dans une de ses créations : Le Miroir de mon âme.


Kateb Yacine, Nedjma

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Nedjma a été mise au programme des classes préparatoires cette année. À l'écrit, les candidats à l'ENS-LSH ont finalement eu à disserter sur le Salon de 1767 de Diderot, mais le fait que ce roman soit inscrit à ce programme est lourd de résonances culturelles et politiques: l'oeuvre de Kateb Yacine se trouve ainsi reconnue et étudiée comme une partie du patrimoine français et algérien. Fabula accueille dans sa section colloques en ligne les actes de la Journée d'études Kateb Yacine, Nedjma organisée à l'Université Paris Diderot, le 31 janvier 2009. Oeuvre incandescente, presque mythique, parfois énigmatique, Nedjma croise une multiplicité des sources culturelles et de points de vue et transgresse ou subvertit amoureusement la langue française.


Inventaires

30685.gifL'Institut Mémoires de l'Édition Contemporaine a illustré, grâce à deux récentes publications de sa collection "Inventaires", les deux directions, solidaires plutôt qu'antagonistes, que peut prendre le travail de mise en valeur de fonds d'archives. D'un côté l'on trouvera l'établissement et le classement minutieux des oeuvres d'un écrivain ainsi que des études qu'il ou elle a suscitées, tâche sisyphéenne  dernièrement accomplie à partir des écrits de Marguerite Duras ; de l'autre la réflexion théorique sur la façon dont la constitution et l'interprétation des dossiers de genèse amènent inévitablement à revoir notre rapport même aux textes, réflexion dont un ouvrage collectif dirigé par Olga Anokhina et Sabine Pétillon s'efforce aujourd'hui d'élaborer une synthèse. Une occasion pour relire (et éventuellement compléter) les pages consacrées dans l'atelier de Fabula à cette science des possibles - que ce soient ceux de Flaubert, de Zola ou de Proust - qu'est la critique génétique.

2009, Année Koltès

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Considéré aujourd'hui comme un "classique contemporain", B.-M. Koltès est mort il y a 20 ans. Sa ville de naissance, Metz, et l'association "Quai Est" organisent pour commémorer cette disparition un ensemble de manifestations intitulé "2009 L'Année Koltès" dont une journée d'études programmée le samedi 25 avril. Son éditeur, Minuit, annonce par ailleurs deux nouvelles parutions : Lettres et Nickel stuff. Scénario pour le cinéma (on peut lire les premières pages de l'une comme de l'autre). Le site web de France Culture consacre également un très riche dossier au dramaturge. Vient aussi de paraître: S. Palm, Bernard-Marie Koltès. Vers une éthique de l'imagination.


Manuscrits, mètres, performances: les Jeux d'Arras (agrégation 2009)

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Sous l'égide du Centre d'Études Métriques, la faculté de Nantes organise chaque année une journée d'études abordant les questions formelles posées par les oeuvres au programme de l'agrégation. La journée organisée le 16 janvier 2009 à par Véronique Dominguez, Benoît de Cornulier et Julien Goeury était entièrement consacrée au Jeux arrageois inscrits au programme de littérature médiévale: le Jeu de Saint Nicolas de Jean Bodel ainsi que le Jeu de la Feuillée et le Jeu de Robin et Marion d'Adam de la Halle, qui posent maintes questions de forme, aux plans métrique et générique. Fabula accueille dans son espace dédié aux colloques en lignes les actes de cette journée.  Voir aussi notre page agrégation 2009.


Décès d'Henri Meschonnic

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Henri Meschonnic est décédé le 08 avril 2009. Théoricien du langage et de la littérature, traducteur, poète, il était entré au Centre universitaire expérimental de Vincennes en 1969 et avait participé à sa fondation. Il poursuivit une brillante carrière à l'Université Paris 8 dont il avait été vice-président du Conseil scientifique de 1989 à 1993 et directeur de l'Ecole doctorale « Disciplines du sens » (actuellement « Pratiques et théories du sens »), qu'il avait fondée en 1990. Parmi ses dernières publications: Dans le bois de la langue (2008, compte rendu dans Acta Fabula: Défense et illustration de la pensée des langues) et  Pour sortir du postmoderne (2009). Comme Arnaud Bernadet dans notre Carnet, P. Assouline lui rend hommage sur son blog .


Parade rimbaldienne

30454.jpgÀ l'occasion de la parution en Pléiade d'une nouvelle édition des Oeuvres complètes de Rimbaud, dont on peut lire une présentation dans la dernière livraison d'Acta fabula, une conférence a réuni le 12 février 2009 au musée d'Orsay André Guyaux, qui a dirigé cette édition, et l'écrivain Pierre Michon. On pourra télécharger au format pdf le texte de la conférence d'André Guyaux ou encore un extrait de la Lettre de la Pléiade n°35:  « Le cas Rimbaud : géométrie variable ». Au cours de la conférence, Pierre Michon a lu un extrait de son Rimbaud le fils. L'enregistrement de cette lecture peut être écouté ici. La biographie de Rimbaud par Steinmetz est par ailleurs rééditée chez Tallandier et Jean Ristat imagine à partir de "Voyelles" un long poème en forme de pièce de théâtre: Le Théâtre du ciel. Une lecture de Rimbaud. Signalons enfin la dernière livraison - hors série - de la revue Parade sauvage, conçue en hommage au rimbaldien Steve Murphy (Illustration © P.J. Morisseau)

Signé Beckett

30405.jpegTous les regards étant tournés vers le Mexique lors du dernier Salon du Livre, la bonne nouvelle venue de Cambridge est passée un peu inaperçue: la parution du premier volume des Lettres de Samuel Beckett pour la période allant de 1929 à 1940; quatre volumes sont annoncés qui offriront un large choix parmi les 17 000 écrites par l'auteur de Molloy, pour certaines en français. Souhaitons que les éditions de Minuit puissent acheter les droits de cette monumentale correspondance. Rappelons à cette occasion la récente traduction des essais d'Adorno sur Beckett. Les études sur Beckett font preuve par ailleurs d'une belle vitalité:  Y Mével a proposé une analyse de L'imaginaire mélancolique de Samuel Beckett; I. Ost a "cartographié les parcours d'écriture" de Deleuze et Beckett, dans un ouvrage dont Acta fabula a rendu compte, D. Dowd s'est interrogé sur "les machines abstraites" de Murphy et du Dépeupleur, et la revue Coulisses a levé le rideau sur Samuel Beckett et le théâtre de l'étranger.

Paris IV, nouveau Vincennes ?

Est-ce l'énergie des débats actuels ravivant l'esprit d'autres printemps ? Sortent de l'oubli des sujets endormis, parmi lesquels l'interrogation sur les rapports entre littérature et psychanalyse. A Paris IV, deux séminaires témoignent de ce renouveau. Lundi 7 avril Paul-Laurent Assoun et Camille Dumoulié interviendront pour la 2e séance du séminaire « L'inconscient créateur », et le 16 mai se réunira la séance préparatoire d'un nouveau séminaire organisé par Laurence Aubry, « Stylistique et psychanalyse ». L'occasion pour Fabula d'inaugurer une nouvelle page de son atelier, "Littérature et psychanalyse", ouverte à tous ceux qui voudront participer à la réflexion sur le sujet.


Le plus moderne des classiques

30062.jpgEn cette année du centenaire de la NRF et au moment où paraît le dernier volet des oeuvres complètes de Gide dans la bibliothèque de la Pléiade, "Les cahiers de la NRF" proposent une édition revue et augmentée de sa riche correspondance avec Paul Valéry (1890-1942), dans laquelle on pourra retrouver leurs appréciations souvent divergentes. Les Presses universitaires de Lyon ont, quant à elle, édité sa correspondance avec Léon Blum. A noter enfin une étude génétique, menée par Martine Sagaert & Peter Schnyder, qui nous font entrer dans le laboratoire de l'écrivain et nous invite tout autant à découvrir des scènes inédites d'Hamlet qu'à nous interroger sur l'écriture diariste ou la pratique de la traduction ; Bénédicte Vauthier en propose, dans la dernière livraison d'Acta fabula, une recension critique. Tous ces livres sont bien entendu disponibles dans la librairie fabula.

Racine dans tous les sens

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“The es­sence of a university is that it is unique­ly accountable to the past and to the future—not simply, or even primarily, to the present”, déclarait la présidente de Harvard dans un discours souvent cite dans nos Universités en lutte. Le regard porté sur Jean Racine en ce mois de mai par l'Université française en est un exemple, parmi d'autres : alors que dans les Conversations Raciniennes de Strasbourg , on a récemment examiné, sous le titre « Racine jusqu'à aujourd'hui », la manière dont le futur s'est emparé de l'oeuvre de Racine, rendant compte au passé de son futur, c'est un Racine rendant lui-même des comptes au passé que l'on examinera les 20 et 21 mars dans le séminaire coorganisé par le groupe Hermes et l'Université de Chicago à Paris : « Quand Racine commente les Grecs ».


Tous les parfums de l'Arabie

29810.jpgLe catalogue des collections "GF" & "Champs" des éditions Flammarion s'enrichit de nouveaux titres inédits en français qui font la part belle à la culture et à la littérature arabes, en invitant au dialogue des civilisations. On pourra ainsi se plonger dans une anthologie de récits qui retrace huit siècles de l'histoire tumultueuse d'Al-Andalus, l'Espagne musulmane: chroniques et de poèmes traduits de l'arabe, de traités de géographie, de lettres et même de recettes de cuisine. Sous le titre Les Suspendues, on découvrira dans une édition bilingue l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature arabe : composés il y a plus d'un millénaire, ces poèmes nous transportent dans le monde insolite des bédouins de la péninsule Arabique. S'il faut un mode d'emploi, on ouvrira A la découverte de la littérature arabe du VIe siècle à nos jours, de Heidi Toelle & Katia Zakharia, qui se pratique comme un manuel. Pour réviser ses classiques, on lira encore Les Mille et une nuits. Entre Orient et Occident de Jean-Paul Sermain (éd. Desjonquères). Et pour plus ample information théorique, on verra Les Arabes et l'art du récit, Une étrange familiarité, d'Abdelfattah Kilito (éd. Sindbad). Tous titres déjà ou bientôt disponibles dans la librairie Fabula.

Mémoire du siècle

29711.jpgAujourd'hui parait en librairie Le Lièvre de Patagonie, de Claude Lanzmann. Grand livre d'un "très grand vivant", ces mémoires méditent sur tout le siècle. "Les lièvres, j'y ai pensé chaque jour tout au long de la rédaction de ce livre, ceux du camp d'extermination de Birkenau, qui se glissaient sous les barbelés infranchissables pour l'homme, ceux qui proliféraient dans les grandes forêts de Serbie tandis que je conduisais dans la nuit, prenant garde à ne pas les tuer. Enfin, l'animal mythique qui surgit dans le faisceau de mes phares après le village patagon d'El Calafate, me poignardant littéralement le coeur de l'évidence que j'étais en Patagonie, qu'à cet instant la Patagonie et moi étions vrais ensemble. C'est cela l'incarnation. J'avais près de 70 ans, mais tout mon être bondissait d'une joie sauvage, comme à 20 ans."

Acta fabula ouvre le débat

29407.jpgPour sa livraison du mois de février, Acta fabula crée une nouvelle rubrique - appelée à revenir régulièrement -  "Dossiers critiques" pour confronter et mettre en perspective des questions littéraires qui font l'actualité. Ce mois-ci, quatre recensions ("Le précurseur dépossédé", "Précurseur ou plagiaire par anticipation?", "Aux grands hommes la patrie reconnaissante. La valeur littéraire selon Pierre Bayard" et "L'histoire n'existe pas") du dernier ouvrage de Pierre Bayard, Le Plagiat par anticipation ouvrent le débat. Vous pouvez également vous reporter à la page consacrée à cette notion dans l'atelier de Fabula. Le web littéraire n'est pas en reste : "L'@mateur d'idées" publie "Tous plagiaires!", F. Ferney "Le chevalier Bayard a encore frappé", nonfiction "L'histoire qui vient", lorsque le Nouvel Obs propose une rencontre avec P. Bayard "Et si Kafka avait plagié Beckett?". Et vous, referez-vous l'histoire ?

Genettologie

29157.jpgÀ tous les étourdis qui ne veulent voir dans les travaux de Gérard Genette que quelques néologismes peu engageants et autres tableaux à double entrée à la mine austère, on suggérera, à l'heure où l'on annonce un Codicille au savoureux Bardadrac, d'aller sans plus tarder faire un tour dans la librairie de Fabula. Ils y retrouveront naturellement la Bible des narratologues, Discours du récit, comprenant dans un format poche l'Ancien et le Nouveau Testament, mais pourront aussi bien découvrir une mosaïque de considérations sur la littérature et la peinture dans Figures IV ou l'inoubliable chapitre "Morts de rire", qui unit la théorie et la pratique, dans Figures V. Leur moindre surprise ne sera peut-être pas d'apprendre que celui qu'ils tiennent tout uniment pour un théoricien du récit a offert une longue généalogie de l'idée moderne de poésie avec Mimologiques. Peut-être leur suggérera-t-on alors d'opter pour Fiction et diction, où de telles distinctions sont allègrement oubliées au profit d'une étude sur la notion de littérature en général, à moins qu'on ne les invite à franchir d'autres frontières, en l'espèce celles qui séparent le monde factuel et le monde fictionnel, grâce à Métalepse, qui les entraînera de l'Enéide à Jacques le fataliste  en passant par Dallas. Et si cela n'est pas assez, on leur recommandera encore de lire la préface aux Figures du discours de Fontanier. (Image © O. Roller)

Cent ans de littérature dans la NRF

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Après un faux-départ en 1908, le "vrai" premier numéro de La Nouvelle Revue française paraît en février 1909 sous la direction d'André Gide. Initiée au début du mois de février 2009 par un colloque organisé à la BnF, la célébration du centenaire de cette aventure collective vouée à la littérature de création et à son dévoilement critique se poursuit aux Éditions Gallimard qui recueillent cent recensions d'ouvrages (L'oeil de la NRF. Cent livres pour un siècle) parues dans leur revue fondatrice, qui se célèbre elle-même dans sa livraison de février (n° 588 : Le siècle de la NRF ) et dont les deux premiers numéros sont réédités en fac-similés. La fondation Martin Bodmer (Cologny) héberge par ailleurs jusqu'au mois d'avril une exposition dont le catalogue est déjà disponible (En toutes lettres... Cent ans de littérature à la Nouvelle Revue Française). Sur son blog Le poing et la plume W. Irigoyen publie enfin un  entretien avec M. Braudeau, actuel rédacteur en chef de la revue. Et aussi: A. Cerisier, Une Histoire de La NRF.


Les "Classiques Garnier" font peau neuve

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Fondés en 1896, les "Classiques Garnier" se font une jeunesse. Outre la réimpression de l'ensemble du fonds, depuis son premier titre, la maison d'édition étend son champ de parution à tout ce qui concerne la littérature et les sciences humaines et publie des études et des essais érudits sur la littérature, la linguistique, l'histoire, l'art, la musique, ou les sciences économiques. Acta fabula propose à ses rédacteurs les six premiers titres de la collection "Etudes de littérature des XXe et XXIe siècle", dirigée par Didier Alexandre. De la lyrique médiévale dans l'oeuvre de Jacques Roubaud (Jean-François Puff) au wagnérisme de Suarès (Frédéric Gagneux), en passant par les fictions de la Grande Guerre (Pierre Schoentjes), les récits lazaréens de Jean Cayrol (Marie-Laure Basuyaux) ou encore la naissance de Louis Poirier à l'écriture sous le nom de Julien Gracq (Dominique Perrin) ou celle de Jean Follain (Élodie Bouygues), l'occasion nous est donnée de revisiter le XXe siècle. 


Célébration de l'épigramme

28899.gifL'épigramme antique est mise à l'honneur par plusieurs publications récentes. E. Wolff consacre un ouvrage au grand représentant du genre à Rome (Martial ou l'apogée de l'épigramme, recension dans Acta Fabula), dont l'oeuvre est étudiée du point de vue de l'onomastique par D. Vallat (Onomastique, culture et société dans les Epigrammes de Martial), tandis que D. Fabbrini focalise son attention sur cinq ekphrasis de ce même auteur (Il migliore dei mondi possibili: Gli epigrammi ecfrastici di Marziale per amici e protettori). C'est aux épigrammes décrivant des oeuvres d'art que s'intéresse également E. Prioux (Petits musées en vers. Epigramme et discours sur les collections antiques, en attente de recension pour Acta Fabula). F. Maltomini présente dans son livre des épigrammes grecques d'époque byzantine (Tradizione antologica dell'epigramma greco: le sillogi minori di età bizantina e umanistica). P. Laurens, enfin, nous invite à découvrir la postérité de l'épigramme latine (La dernière muse latine - Douze lectures poétiques, de Claudien à la génération baroque).

Victor Hugo, Hernani, Ruy Blas

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Fabula accueille les Actes de la Journée d'agrégation consacrée à Hernani et Ruy Blas, organisée, le 9 janvier 2009, par les universités Lyon 2, Lyon 3 et Montpellier 3, avec le soutien de l'UMR LIRE (CNRS-Lyon 2), de l'équipe RIRRA 21 et de l'IUF, et placée sous la direction d'O. Bara et M.-E. Thérenty. Cette journée propose d'abord de ressaisir les deux pièces dans leur contexte institutionnel (J.-C. Yon), avant de les situer dans leur filiation avec le théâtre espagnol du Siècle d'Or (S. Mombert). Deux communications envisagent les relations nouées par les deux drames avec leur paratexte théorique (F. Naugrette, J. Wulf). La dramaturgie hugolienne est ensuite étudiée à partir de la catégorie du « romanesque » (A. Novak-Lechevalier). Enfin, le romantisme hugolien est redéfini dans ses composantes mélancolique et nostalgique (S. Ledda) avant que ne soit interrogée la « morale de l'histoire » (C. Millet). Signalons par ailleurs les Actes d'une autre journée d'études sur Hernani et Ruy Blas publiés par le groupe Hugo de Paris 7, qui dédie une page au programme de l'agrégation 2009.


Circé & Cie - Session 2009 de l'association CLELIA

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Les Sessions de linguistique et de littérature de l'Association CLELIA accueillent tous les ans à la fin du mois d'août, cette année au centre de La Baume, près d'Aix-en-Provence, étudiants et enseignants du secondaire ou du supérieur, linguistes et littéraires, de lettres modernes et classiques. M. Escola et S. Rabau proposeront une lecture de l'épisode homérique de Circé dans le cadre d'une théorie des textes possibles, en le confrontant à une série de commentaires et de récritures, de Plutarque à Joyce, en passant par La Fontaine, Racine, Madame Dacier (lire dans l'Atelier l'article programmatique "Comme des cochons"). Parallèlement, les membres de l'Atelier Homère de l'ENS-Ulm proposeront des interventions sur le thème « Lire et comprendre Homère : scholies anciennes et commentaires modernes de l'épisode de Circé ». S. Brocquet fera une présentation du sanskrit, la troisième langue classique indo-européenne avec le latin et le grec. Les conférences de P. Haag permettront enfin d'aborder l'oeuvre du grammairien indien Panini, qui constitue la plus ancienne réflexion conservée sur le langage. Les actes des conférences seront publiés, comme tous les ans, dans la revue Lalies.


Autour du Dictionnaire philosophique de Voltaire

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Fabula accueille dans sa section "colloques" les actes d'une journée d'études organisée le 14 novembre 2008 à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense par l'équipe « Littératures et savoirs, XVIIIe siècle ». Cette équipe se proposant notamment d'étudier les formes et les genres où l'interaction de la littérature et des savoirs constitue un enjeu majeur, l'inscription au programme du concours des agrégations de lettres 2009 du Dictionnaire philosophique de Voltaire offrait l'occasion d'une enquête approfondie autour d'un cas à la fois exemplaire et singulier. Signalons par ailleurs la recension d'une récente réédition de l'étude de Chr. Mervaud sur le Dictionnaire dans le numéro de février 2009 de notre revue Acta fabula. Pierre Campion propose enfin sur son site une étude intitulée "De la guerre dans les Lettres. Le Dictionnaire philosophique de Voltaire".


Des femmes dans l'histoire littéraire

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Les études sur les femmes se font de plus en plus entendre dans une société qui prône pourtant encore, à bien des égards et dans bien des domaines, l'hégémonie masculine. Nombreux sont celles et ceux qui, actuellement, s'intéressent aux textes écrits par des femmes, par des autrices et par des écrivaines (voyez la liste des mots féminins ). Certaines maisons d'édition n'hésitent plus à promouvoir ces recherches en créant même des collections spéciales « écritures de femmes ». Ainsi les PU de Saint-Étienne, précurseur  dans ce domaine, et à l'initiative de la professeure Éliane Viennot, qui a accordé un entretien à Fabula, accueillent la collection « La cité des dames » (en référence à Christine de Pisan). Mais il en existe bien d'autres qui oeuvrent à la promotion des "autrices". Les éditions Indigo & Côté-femmes ont créé, sous l'impulsion de leur éditrice Milagro Palma, la collection « Des femmes dans l'histoire ». On consultera aussi le nouvel appel à contribution de Fabula-LHT : "Les femmes ont-elles une histoire littéraire?". Et enfin: L'écriture au féminin : histoire, apports, enjeux (XIXe et XXe siècles).


La scène des philosophes

28586.gifDans un récent essai intitulé Le théâtre de l'expérience. Contributions à la théorie de la scène, Esa Kirkkopelto interroge le principe d'une "compréhension scènique" en prenant le contre-pied des grandes thèses philosophiques sur la présentation théâtrale: comment la scène engage-t-elle notre expérience ? Le Centre de Recherches sur l'Histoire du Théâtre (Paris 4) consacre une journée d'étude, le 3 fév. prochain, aux Philosophies de la scène, et une soirée de débats au livre d'E. Kikkolpelto. P. Brook nous livre pour sa part les minutes d'un dialogue de trente ans avec les thèmes et les choix du metteur en scène polonais J. Grotowski. J. Rancière revient de son côté sur l'idée d'une politique de l'art plutôt que d'un art politique, pour faire de chacun de nous un Spectateur émancipé: où en sommes-nous avec la tradition de l'art critique comme avec le désir de mettre l'art dans la vie ?


Du côté de chez Proust

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Proust continue d'occuper le devant de la scène éditoriale. Du côté de l'oeuvre, l'importante parution du fac-similé et de la transcription diplomatique du Cahier 54 marque le début d'une entreprise génétique de longue haleine, dont rend compte M. Vernet dans Acta, tandis que les Carnets de l'Herne proposent au grand public un Proust plus léger, hantant Le Salon de Mme de... Du côté de la critique, la réédition de l'essai de Ramon Fernandez dans la collection "Les cahiers rouges" s'accompagne de la publication de deux ouvrages qui interrogent les modalités complexes des phénomènes cognitifs aussi bien que la puissance de création fictionnelle du roman mondain. Et pour tous ceux qui aiment à joindre l'écoute à la lecture, ce sont pas moins de trois colloques qui, en mars, seront consacrés à l'auteur de la Recherche, à son originalité (Tours, les 5 et 6), aux divers aspects, notamment intertextuels, de son oeuvre, (Madrid, du 23 au 25), et aux dialogues critiques qu'il a engendrés (Paris X et Paris XIII, du 25 au 27).


Le coût de la panne

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Pendant 4 jours, le site Fabula a été indisponible, victime de son succès : avec 350 000 "visiteurs uniques" (différents) chaque mois, les disques durs sont soumis à rude épreuve, et ont une nouvelle fois lâché. Une journée de travail a permis à A. Gefen de relancer le serveur, mais nous ne pouvons rester à la merci de nouvelles pannes de ce genre : devant l'urgence, et par crainte d'une panne définitive, l'équipe fabula a décidé de modifier son hébergement, de moderniser les installations informatiques, même si cela représente un risque important pour les finances de l'association. Nous nous permettons de rappeler à nos lecteurs l'appel lancé en octobre 2007 aux centres de recherche, et de remercier les centres partenaires qui permettent, par leur soutien financier, à fabula.org d'exister. A titre individuel, il est possible de soutenir Fabula, en passant par la Libraire Fabula.


La décennie fabuleuse

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Créé en 1999 à l'initiative d'Alexandre Gefen et de René Audet, le site Fabula souffle aujourd'hui sa dixième bougie, et s'autorise, entre deux voyages dans la littérature du futur, un coup d'oeil en arrière. La première annonce (complétée et mise à jour depuis) date en effet du 22 janvier 1999. Dès janvier 1999, Fabula annonçait également la mise en place d'une liste de diffusion, et dès le mois de mai permettait à ses visiteurs de proposer eux-mêmes des annonces de nouvelles. De décembre 1999 à février 2000, Fabula lançait son premier colloque en ligne, "Frontières de la fiction". En mars 2000, le site continuait à jouer les pionniers en ouvrant ses pages au cours de théorie littéraire de la Sorbonne. Peu après, c'est un débat en ligne consacré à l'actualité de Roland Barthes qui prenait place. Au printemps, enfin, le premier numéro de notre revue des parutions Acta voyait le jour. L'atelier de théorie littéraire était pour sa part lancé en avril 2002. En 2003, Fabula organisait son premier colloque non virtuel sur le thème de la case blanche en théorie littéraire. En 2004 (où l'on faisait déjà le bilan) Fabula se voyait accueillie par l'ENS. En 2005 paraissait le premier numéro de notre revue LHT. En 2006, Fabula se développait encore en proposant une nouvelle maquette, mais sa précarité financière l'amenait en 2007 à lancer un appel aux centres de recherche, et à proposer en 2008 les services d'une librairie en ligne. En 2009, enfin, Fabula organisera un séminaire en résidence consacré à la lecture contrauctoriale, dont l'appel à contribution court toujours. Bien résolue à ce que les difficultés financières, toujours croissantes, n'aient jamais raison de la passion, toujours intacte et sans cesse renouvelée, des bénévoles qui animent ce site pour l'ensemble de la communauté universitaire, l'équipe Fabula vous donne rendez-vous dans dix ans.


Rendez-vous esthétiques

28250.jpgLes disciplines (littérature, histoire, esthétique) se rencontrent en ce début d'année pour réfléchir sur les pratiques de la critique d'art. La relation de l'écrivain et du spécialiste et la place de la critique d'art d'écrivain au XXe siècle fera l'objet d'un colloque à la Maison de la Recherche de l'Université Paris IV, tandis qu'une journée d'études de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes envisagera, pour le XIXe siècle, le dialogue de l'histoire des arts et des études littéraires. Et c'est à la question voisine de l'autorité esthétique que le groupe Phi de l'Université Rennes II consacrera sa prochaine séance.

Albineana: 20 ans des Cahiers d'Aubigné

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L'Association des Amis d'Agrippa d'Aubigné fête les des. Vingt ans que chercheurs et spécialistes consacrent à l'auteur des Tragiques une attention toute particulière, consignée dans les pages de la Revue. Plusieurs de ses oeuvres ont été rééditées ces dernières années (J.-R. Fanlo, M.-M. Fragonard et G. Schrenck, Ecrits politiques, Champion, 2007 ; J. Goeury,  , PUSE, 2007) et de nouvelles études solidement documentées ont paru en 2008: B. Ertlé-Perrier, , chez Champion, et S. Junod, , chez Droz. 



Un narratologue américain à Paris

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David Herman, à qui l'on a l'habitude de prêter, entre autres contributions décisives, la paternité de la formule "narratologie post-classique", sera à l'EHESS en février pour une intervention dans le cadre du séminaire "Narratologies contemporaines II", puis une conférence sur le thème de la narratologie cognitive. Rappelons que cette figure majeure de la recherche actuelle en théorie du récit vient de publier Basic Elements of Narrative, et fut il y a quelques temps le maître d'oeuvre du Cambridge Companion to Narrative (2007). Pour être au fait des avancées les plus récentes de cette recherche, on peut encore retrouver en ligne d'une part un entretien datant d'octobre 2008 qui fait le point sur de nombreux projets en cours, d'autre part un article de la dernière livraison de Poetics Today.


P. Bayard refait l'Histoire

28153.jpgDe la philologie redéfinie comme science de la littérature du futur à l'histoire repensée comme étude des sources d'inspiration à venir, il n'y a qu'un pas que nous franchirons grâce au dernier essai de Pierre Bayard. "La prise en compte de l'influence de l'avenir pourrait ainsi conduire à une transformation sensible de notre enseignement de la littérature" : telle est l'une des conclusions que l'on peut découvrir dans Le Plagiat par anticipation, en librairie le 15 janvier. L'ouvrage donne sa pleine mesure à une notion naguère envisagée par Pierre Bayard dans un article qui avait déjà retenu l'attention et fourni la matière d'une réflexion que l'on peut retrouver dans l'atelier de Fabula. Retrouvez dans notre librairie tous les nouveaux essais de la rentrée 2009: faites votre choix, et soutenez Fabula!

LHT 5 : Poétiques de la philologie

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Et si la philologie, loin d'être seulement cette science des textes et de la langue qui restitue le passé lointain des textes, était aussi le lieu où s'invente et se produit la littérature, où s'invente même son futur ; si elle n'était pas seulement cette discipline qui sert les oeuvres, mais bien un art du langage dont se servent les écrivains ?. Telle est la question discutée, d'Homère à Pessoa, ou de Pindare à Joyce, en passant par Virgile, Dacier, Lamartine, Tolkien et quelques autres, par les auteurs des articles réunis par Sophie Rabau, avec le soutien du groupe Hermès dirigé par Françoise Lavocat, pour le 5ème numéro de la Revue LHT « poétiques de la philologie » qui se présente, pour l'occasion, sous les atours d'une nouvelle maquette.

Le théâtre et son public

28038.jpegLe festival d'Avignon se joue dans les librairies: des historiens, Emmanuelle Loyer et Antoine de Baecque, ont proposé l'an dernier, une Histoire du festival d'Avignon, avant que des sociologues (J.-L. Fabiani, E. Ethis et D. Malinas) ne fassent état de leurs recherches menées sur le terrain, d'abord à travers des portraits de festivaliers parus dans Libération, puis dans un livre collectif, Avignon ou le public participant. Une sociologie du spectateur réinventé (L'Entretemps). J.-F Fabiani fait paraître ces jours-ci une analyse des débats des Centres d'entrainement aux méthodes d'éducation active (Ceméa), sous sous le titre L'Education populaire et le théâtre. Le public d'Avignon en action (PUG). Signalons encore, la récente livraison de Théâtre/Public orchestrée par H. Meschonnic: Théâtre Oracle, et la parution de la somme de C. Charle, Théâtres en capitales. Naissance de la société du spectable à Paris, Berlin, Londres et Vienne (Albin Michel), à laquelle un article du site laviedesidees.fr rend hommage. Rappelons aussi le volume Du specteur au lecteur. Imprimer la scène aux XVIIe & XVIIIe s.


Relire les classiques de la linguistique

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En ce début d'année, les linguistes, et tous ceux qui s'intéressent aux problèmes du langage, pourront relire leurs classiques. Les éditions Agone proposent une nouvelle traduction de l'ouvrage à maints égards fondateur de Karl Bülher, Théorie du langage, préfacée par Jacques Bouveresse. Paru en 1934, cet ouvrage est au fondement de la pragmatique, de la sémiotique et de la théorie de la communication. Discutant l'héritage de la linguistique allemande, de la phénoménologie husserlienne, de la linguistique générale saussurienne, dialoguant avec les travaux du cercle de Vienne ou la pensée de Wittgenstein, l'ouvrage influencera Jakobson et quelques autres. Après Les Noms indistincts, Dire le vers, et Le Périple structural, Les éditions Verdier rééditent L'Amour de la langue, ouvrage de 1978, où Jean-Claude Milner, à la faveur d'une analyse lacanienne, détecte l'amoureux fervent sous le savant austère. Les éditions Payot, de leur côté, publieront sous peu une nouvelle édition augmentée de Le Langage et la Pensée de Noam Chomsky, incluant désormais, outre les trois célèbres conférences de 1967, une conférence de 2004 sur le thème de la biolinguistique.


Penser la théorie

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Les conférences 2006-2007 du Groupe de Recherches Théoriques de l'université Paris-Sorbonne, auquel Fabula s'est associé, après avoir été hébergées dans nos pages "Colloques" (au format audio), sont aujourd'hui publiées dans un volume d'actes. On y retrouvera, sous la plume de D. Guénoun, J. Butler, M. Deguy, S. Kay, B. Stiegler, T. Dommange et M. Vitali Rosati, le résultat d'une première année de réflexion sur la notion de théorie, telle qu'on l'utilise en particulier dans les sciences humaines. Les sept essais déclinent ainsi la question de l'utilité ou de la légitimité des constructions théoriques dans la marche de la pensée vivante. On pourra également retrouver sur Fabula l'annonce des deux séminaires 2007-2008, "Méthodes de dramatisation" et "La technique à l'oeuvre".




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