Fabula, la recherche en littérature (accueil)

Editoriaux 2008

Écrire et penser l’Histoire

Chateaubriand historien? De l’essai politique aux Mémoires, son oeuvre est habitée par une pensée de l’Histoire. Au même moment, la méthode historique est renouvelée par les débuts de L'Historiographie romantique, dont la monumentale Histoire de France de MIchelet (qui n'avait pas été rééditée dans son intégralité depuis les Oeuvres complètes  de 1893-1898) sera l'un des chefs d'oeuvre. Pour faire le point sur les fondements, les modalités et les enjeux de l’écriture de l’Histoire: la page historiographie de l'atelier, où sont aussi repertoriées les récentes recensions dans Acta fabula d'ouvrages comme L'Historia. Commencements grecs de C. Darbo-Peschanski, Évidence de l'histoire de Fr. Hartog ou encore Erzählte Geschichte d'A. Rüth. Autres parutions: Europe n°945-946, Historiens de l'Antiquité, Les Vies de Voltaire, P. Veyne, Foucault, sa pensée, sa personne.

De main en main

Selon le mot de Rimbaud, "la main à plume vaut la main à charrue". Plusieurs livres récents (cinq comme les doigts de la main) viennent en apporter la preuve: Ambroise Paré. La main savante, de J.-M. Delacomptée; La Main négative, un récit où T. Samoyault dialogue avec l'œuvre de Louise Bourgeois dans une commune fascination pour le travail des mains tapissières; une anthologie du surréalisme sous l'Occupation intitulée La Main à plume; Un monde entre ses mains, ouvrage collectif consacré au marionnettiste Jacques Chesnais; et, tout au bout du bras perdu de B. Cendrars, la main coupée du poète, avec La Ferme de Navarin de G. Bienne dont C. Camelin a rendu compte pour Acta fabula.

La révolution dans le texte

La révolution a été l'image obscure de la littérature moderne, et lui a fourni ses énergies et ses ruses. Dans Je suis la révolution, Laurent Jenny explore ce lieu commun bien peu commun: la « révolution poétique » ne cesse de faire allusion à des valeurs incompatibles, dans un dialogue tendu où Maurras répond à Hugo, Paulhan à Blanchot et Barthes à Sartre, où Tel Quel réécrit la révolution surréaliste en style maoïste. Un collectif récent observe les schémas révolutionnaires selon lesquels la transformation de la littérature a été pensée au jour le jour, et son histoire bâtie après coup.  Poursuivant la légende de la liberté poétique, avec Ecrire, mai 68, écrivains et poètes revisitent quarante ans plus tard l'événement.

Actualité du témoignage

Dans le cadre du séminaire de l'équipe "Littérature et histoires" se tiendra le 15 avril prochain à l'université Paris 8 une journée d'étude intitulée Ce que le témoignage fait à la littérature ....et la littérature au témoignage. Cinq auteurs participeront à une table ronde: C. Coquio et A. Kalisky (L’Enfant et le génocide). A. Dayan-Rosenman ( Les Alphabets de la Shoah), P. Mesnard, (Témoignage en résistance), C. Mouchard (Qui si je criais... ?). Des recensions de la plupart de ces ouvrages sont répertoriées sur la page Témoignage de l'atelier de Fabula, qui propose aussi d'autres liens et ressources.

L'écrivain préféré. LHT, n° 4

Il existe, dans nos expériences littéraires, des situations où la littérature est ramenée à une seule figure, qui sert à la fois d’objet privilégié et de modèle intérieur. « L’écrivain préféré » est ce nom propre qui, pour un temps, un individu ou un groupe, vaut la littérature, permet de la penser entièrement mais aussi de la vivre, d’entretenir avec elle un lien sensible, continu, électif. La revue Fabula-LHT consacre à cette figure et à ses enjeux son quatrième numéro, proposé par Marielle Macé et Christophe Pradeau. Le Flaubert de Sartre, les préférences proustiennes, les prédilections de Gide, une génération rassemblée autour de Barrès, les influences violentes et les maturations lentes, les adorations de uns et les détestations des autres y sont tour à tour observés et portés au second degré. Des figures de grand format y propagent leurs ondes turbulentes... Et vous, où vont vos préférences ?

Le présent des écrivains

Pour répondre aux Cassandre annonçant l'épuisement de la littérature française contemporaine, dans le sillage de La Littérature française au présent de D. Viart et B. Vercier (2005, nouv. éd. 2008), Bordas lance la collection « Ecrivains au présent », qui  réunit des monographies sur des écrivains français contemporains. Celles-ci portent témoignage de la diversité et du foisonnement de cette littérature depuis les années 1980. Les quatre premiers titres (François Bon, Pascal Quignard, Jean Echenoz et Annie Ernaux) viennent de paraître. Du 3 au 5 avril 2008 un colloque sur les enjeux contemporains de la littérature se tiendra au Petit Palais à Paris.

Barthes pensif

"Jamais un philosophe ne fut mon guide", écrivait Roland Barthes. S'il ne fut jamais guidé par un philosophe c'est d'abord parce que Barthes a opposé à la philosophie une pratique particulière de la pensée, un rapport singulier aux concepts, à leur sérieux et à leur durée, à leur incarnation et à leur « couleur ». Mais c'est aussi qu'il a voulu emprunter à trop de doctrines « un peu de leur projet et un peu de leur langage » pour n'en élire qu'une seule. Un colloque organisé les 28 et 29 mars à l'ENS explorera ce pluriel: Barthes sceptique, anti-humaniste, phénoménologue, moraliste ; ou encore : Barthes et Marx, Derrida après Barthes, Barthes et Lacan, les quatre ou cinq Sartre de Barthes… Suivant l'exemple de J.-C. Milner, qui a observé « le pas » que Barthes avait fait vers la philosophie et à l'intérieur de celle-ci, il s'agit de rendre une pensée à la pluralité de ses vies possibles, et éclairer un moment complexe de la culture philosophique française. À lire également dans notre Atelier de théorie littéraire, un article de M. Macé consacré à l'expérience esthétique selon Barthes.
 

Une librairie Fabula? Premier rayon

Soucieux de pérenniser ses activités au service de toute la communauté des chercheurs en littérature, et pour continuer à en garantir la gratuité à une époque où les financements publics se raréfient, le site Fabula envisage d'offrir prochainement les services d'une librairie en ligne dédiée aux études littéraires et aux sciences humaines.   Un deuxième site devrait voir le jour, où il sera possible à tous nos visiteurs d'acquérir les ouvrages signalés dans nos pages "parutions" comme dans notre revue Acta fabula, dans les conditions qui sont celles des autres librairies en ligne.   Une offre commerciale à laquelle nos visiteurs seront invités à répondre par un geste que rien n'empêche d'être militant: "achetez ce livre et soutenez Fabula"!   Dès aujourd'hui, et pour une première phase d'essai qui devrait durer quelques semaines, une sélection d'une vingtaine de livres vous est proposée avec le concours d'une librairie partenaire (dessinoriginal.com) qui nous aidera ensuite à développer notre propre service. Sur les pages concernées, un cartouche vous donnera un accès à l'espace de vente. Vous trouverez également tous ces livres regroupés au sein d'une "librairie Fabula" qui préfigure le futur site.

Le roman fait signe(s)

Notre revue des parutions Acta fabula rend compte de trois ouvrages récents consacrés aux rapports entre herméneutique et fiction au XIXe siècle: les actes d'un colloque sur Le Roman du signe, Balzac et la comédie des signes de B. Lyon-Caen, et Une poétique de l'énigme. Le récit herméneutique balzacien de C. Massol. Ces trois articles se trouvent réunis dans l'entrée "Signe" de l'Atelier de théorie littéraire, où l'on trouvera également repertoriés les actes d'une journée d'études consacrée à la question du signe dans la poésie du XIXe siècle ainsi que ceux du séminaire "Signe, déchiffrement, et interprétation".

 Le début et la fin : un colloque à lire sur Fabula

Après les nombreuses études sur le commencement et sur la fin du roman, un double colloque organisé récemment à Toulouse a proposé un geste critique nouveau : mettre en relation ces lieux stratégiques du texte, pour analyser la structure d’ensemble de l’œuvre et pour observer comment celle-ci construit son sens par la confrontation des espaces d’ouverture et de clôture. Cette réflexion a abouti à un imposant collectif de 46 articles, publié sous la direction d’Andrea Del Lungo, qui est donné à lire dans l’espace colloques en ligne de notre site. Destiné à constituer une référence en la matière, cet ensemble étudie l’articulation des frontières de l’œuvre suivant un principe de lecture ouvert et une perspective interdisciplinaire qui croise des genres et des médias différents : roman, théâtre, bande dessinée, cinéma...

Ulysse revient

La prochaine séance du séminaire "Modernités antiques - La littérature occidentale (1910-1950) et les mythes gréco-romains" aura lieu le 14 mars à Villetaneuse. Les trois communications porteront sur les retours d'Ulysse chez Joyce ou, aux antipodes, chez Derek Walcott ou Alvaro Cunqueiro.  Les textes des premières séances du séminaire sont en ligne sur la page Modernités antiques - rubrique Modernité(s) - de  l'atelier de Fabula, où l'on apprend aussi qu' Homère est une figure de la révolution, comprise à la fois comme retour périodique à l'origine ou à la tradition perçue comme modèle et au sens de bouleversement de la tradition. Et dans Acta fabula cette semaine: Le retour d’Homère, compte rendu par Florian Louis de Philip Ford, De Troie à Ithaque. Réception des épopées homériques à la Renaissance.

La peinture dans le texte

À l'occasion de la récente publication des deux volumes de L’Art du XVIIIe siècle des frères Goncourt, dans une édition présentée et annotée par J.-L. Cabanès, et de la réédition de La Critique d'art à Paris (1890-1969) de C. Schvalberg, Fabula rappelle qu'une entrée de de son atelier est consacrée à la question des rapports entre  littérature et peinture : on y trouvera notamment de nombreux liens, une série d'article de R. Démoris autour des Salons de Diderot (au programme de l'agrégation) et un choix de recensions parues dans  la revue Acta fabula. Dernières parutions:  le n° 153 de Poétique propose un dossier sur "le texte et l'image" et le récent ouvrage de N. Kremer, Introduction à la théorie esthétique du XVIIIe siècle (Kimé) porte sur la transition de la doctrine classique à l'avènement de l'esthétique (de Chapelain à Batteux et Du Bos et Diderot). Et encore: Le Roman du peintre.    

"Pour une critique superficielle":  La voie aux chapitres

Du Roman d'Énéas à La Vie mode d'emploi, du vaste « cycle » médiéval ou dix-neuviémiste au bref chapitre moderne, du recueil au « livre » ou au « chant », du dispositif paratextuel aux procédés et aux thèmes qui en accompagnent la scansion, La voie aux chapitres, dernier titre de la collection "Poétique",  propose un cadastre du roman, un inventaire de ses espaces et de ses limites internes et externes.  Ugo Dionne y  défend une "critique superficielle" et, tout en réaffirmant les rapports de la poétique et de l'histoire, propose une "poétique élargie, qui intègre les considérations historiques, sociales et matérielles". (Compte rendu à paraître dans Acta fabula). Sur la "capitulation"  chez Hugo: G. Mathieu, Changer de chapitre dans Les Misérables.

 Fables de loups

Le journal belge Le Soir vient de révéler, dans les termes dramatiques du scoop, l'imposture commise par l'auteur Misha Defonseca (de son vrai nom Monique Dewael) dans son best seller (tout juste adapté au cinéma) Survivre avec les loups . Cette  « histoire de son épopée à travers les forêts d'Europe qu'elle aurait parcourues en 1941 avec une meute de loups n'est qu'une œuvre de fiction, pas un récit autobiographique comme elle le prétendait depuis dix ans. » Le journal livre même  le document quasi policier attestant de ses « aveux ». Les réactions officielles, dont celle de son éditeur Bernard Fixot, font montre d’une intéressante compassion. On rapprochera cela des Fragments du "cas Wilkomirski" qui défraya la chronique littéraire en 1995, autre récent et troublant avatar de l'Imposture littéraire. Et l'on relira avec profit la contribution de Luc Vigier à l’Atelier de Fabula sur "Figure et portée du témoin au XXe siècle".

"Contrarier un peu le lecteur" :  le premier Verlaine.

"Combinaison souvent décapante de lyrisme et d’ironie", le premier recueil de Verlaine (au programme de l'agrégation cette année) est l'objet d'une nouvelle et considérable édition critique établie par Steve Murphy. Près de 700 pages pour lire autrement Les Poëmes saturniens,  découvrir les fac-similés des manuscrits de la fondation Bodmer, se mettre au point sur la versification et la poétique de l'oeuvre, sur les rapports de  Verlaine au Parnasse ou sur la réception du recueil.  En attente de rédacteur pour compte rendu dans Acta fabula: Les premiers recueils de Verlaine. Rappelons aussi la publication sur Fabula des actes de la journée d'études "Verlaine, reprises, parodies, stratégies". Et sur le site du CSF de Nanterre: actes de la journée du 18 janvier 2008.  

La poésie dans le temps

« Que les oiseaux et les sources sont loin ! »... Comment les poèmes traversent-ils le temps? Et comment faire l'histoire du lyrisme? Y a-t-il une continuité entre ses formes anciennes, ritualisées, et l'expressivité moderne? A l'occasion de la venue de Jonathan Culler (professeur à l’université Cornell, figure majeure du courant structuraliste de la critique littéraire aux Etats-Unis) à l'ENS, ces questions seront dépliées à la fois par J. Culler, qui interviendra dans un cours consacré à la construction de l'histoire littéraire, et par une série de spécialistes lors d'une journée sur Le Lyrisme. Dans les pages de l'Atelier de Fabula, on pourra également lire "Le dernier livre de la bibliothèque", de Michel Murat, consacré à l'histoire du poème en prose.

Pour Sartre, après Flaubert, avec le son

Michel Contat vient de réunir les articles qu'il a consacrés à Sartre pendant 40 ans. Son Pour Sartre pose une série de questions décisives: comment s'articulent le rêve de gloire et la conviction d'être "n'importe qui" ? Pourquoi tant d'ouvrages abandonnés, d'un film sur le révolutionnaire Le Bon à une pièce sur la chasse aux sorcières et à un ouvrage sur l'Italie tant aimée ? Quelle mue se jouait dans les extraordinaires carnets que Sartre écrivit durant la "drôle de guerre" ? Au même moment, un numéro de Recherches et travaux (Grenoble) est consacré à L'Idiot de la famille, et un livre-disque, Sartre, la liberté dans tous ses états, propose une lecture de L'Être et le Néant, avec François George et Frédéric Worms, et de La Nausée avec Juliette Simont. Autant d'occasions de continuer à penser avec et pour celui qui mesurait la justesse d'une idée au déplaisir qu'elle lui causait.

Lire moins, voir plus?

Dans Graphes, cartes et arbres. Modèles abstraits pour une autre histoire de la littérature, qui a reçu un vaste accueil critique en Angleterre et aux États-Unis et qui est enfin traduit, Franco Moretti explique que les chercheurs en littérature devraient arrêter de lire... ; l'analyse qu'il conduit est assez éloignée de celle de P. Bayard, puisqu'il propose, s'il ne faut plus lire les livres, de commencer à les compter, les cartographier, les intégrer à des graphiques. Les études littéraires ont été jusqu’ici livrées au hasard d'une lecture non-systématique; il s'agit donc de constituer des statistiques et de défendre l’idée d’une « lecture à distance » nourrie d’une expérience globale ou le canon disparaît dans un système bien plus vaste. On lira aussi, sur le site de la New Left Review, ses "Conjectures on world literature". Rappelons qu'un autre ouvrage de F. Moretti est également disponible en traduction française: Atlas du roman européen (1800-1900). Du côté des historiens, un récent manuel vient signaler le retour en grâce des analyses quantitatives: Méthodes quantitatives pour l'historien.

Les couleurs font la vision

Un regard permanent porté sur les chefs-d’œuvre de la peinture avait éveillé chez Goethe le besoin de comprendre les lois qui commandent aux phénomènes visuels. Quel est le lien entre le clair-obscur et la couleur ? Quels sont les rapports des couleurs entre elles ? Le jaune est-il gai, et le bleu triste ? Pourquoi notre œil produit-il du rouge si on lui montre du vert? Il en fit un Traité des couleurs. John Gage, dans Couleur et Culture, a réouvert le dossier et étudié l’histoire de la perception et de l’utilisation de la couleur dans l’art et la culture en Occident. Ce livre-somme est enfin traduit en français.

Comment écoutez-vous?

Comment entendre la musique ou la négliger? Quels sont ses liens avec les pratiques sociales et les discours qui la situent? Musicologue et historien de l'esthétique, auteur de " La rumeur des batailles ", (dans lequel, avec la critique musicale, les voix des écrivains contribuent à l'établissement des allers-retours permanents entre les oeuvres et la réception, entre histoire des arts et histoire sociale) Martin Kaltenecker propose au Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL, CNRS-EHESS) un séminaire consacré à l'histoire de l'écoute musicale. Dans les pages d'Acta, Julia Peslier consacre un compte rendu "audio-critique" au livre de Peter Szendy, Sur écoute. Esthétique de l’espionnage.

Alain Robbe-Grillet

L'auteur des Gommes et de La jalousie est mort d'une crise cardiaque dans la nuit du dimanche 17 février au lundi 18 février. Il avait 85 ans. "Elu à l'Académie française en 2004, au fauteuil de Maurice Rheims, Alain Robbe-Grillet aura, pour finir, faussé compagnie aux immortels sans sacrifier à aucun de leurs rites, habit vert, discours, éloge, dictionnaire, mais il leur laisse un nom illustre" (Michel Contat, Le Monde).

La vie des livres

Comment l’édition est-elle passée du cycle de la commercialisation, dont la caractéristique est que, toujours, la pensée dictait son tempo au livre – à son écriture, son impression, sa parution –, à celui de la marchandisation? Dans Le Livre et l'éditeur, Éric Vigne (directeur de la collection "Les Essais" chez Gallimard), après avoir mesuré les conséquences de ce bouleversement du monde de l’écrit sur la fiction, les ouvrages de sciences humaines et l’essai, tente de comprendre cette tendance à partir des pratiques de l’éditeur. Thomas Mercier en donne un compte rendu dans Acta fabula. Signalons à cette occasion la parution d'une livraison de la revue Communication & langages consacrée à l'énonciation éditoriale et la réédition de Naissance de l'éditeur de P. Durand & A. Glinoer.

Parution de l'Annuaire des Vingtiémistes de la Self XX

La troisième édition de l'Annuaire des Vingtiémistes publié par la Société d'Etudes de la Littérature Française du Vingtième Siècle vient de paraître. Outre les coordonnées mises à jour de près de 500 chercheurs du monde entier, l'Annuaire, qui est diffusé aux membres de la Société, contient un index de leurs champs de recherche et des auteurs qu'ils étudient.  Aujourd'hui, la SelfXX invite ses membres et les centres de recherche affiliés à renouveler leurs cotisations. Lire la lettre d'appel à cotisations sur le site de la SelfXX et télécharger les formulaires d'adhésion.

Rayon Impur

Revue trimestrielle publiée par les éditions Antipodos, Impur ouvre ses pages aux « littératures désinstallées » : récits d’exilés, d’expatriés, d’immigrés, paroles d’arpenteurs du monde, carnets de voyage, problématiques ethnoculturelles et/ou géopolitiques… Le premier numéro est disponible en librairie depuis janvier 2008, avec un dossier consacré au Japon. Au sommaire : un texte incisif de Pierre JOURDE sur le Japon ; un entretien avec Agnès GIARD sur l’imaginaire érotique au Japon, la crise de la masculinité, le traumatisme des années d’occupation américaine, l’émergence des femmes japonaises et les particularités du sexe nippon ; un essai de l’écrivain HIRANO Keiichiro sur MISHIMA Yukio ; un portrait de Th. PYNCHON par Guillaume ORIGNAC, etc.

Fabula reçoit le soutien du TGE Adonis

L'équipe Fabula est heureuse d'annoncer à ses visiteurs qu'elle vient de recevoir une subvention du Très Grand Equipement Adonis (CNRS) qui entend promouvoir un accès unifié aux données et documents numériques des sciences humaines et sociales en associant l’ensemble des acteurs, depuis la production et la préservation des données jusqu’à leur diffusion. Ce soutien vise à la création d'un outil d'indexation des contenus scientifiques de Fabula, indexation basée sur un affichage de nuages de mots-clés (foksonomie), et permettant notamment la personnalisation de l'affichage des contenus, de la lettre d'actualités et d'une veille scientifique par flux RSS. Actuellement en cours de développement en partenariat avec d'autres acteurs de la diffusion des savoirs en SHS, cet outil sera offert aux visiteurs de notre site à compter de 2009.

Façons d'être, façons de faire

Une réflexion ancrée dans la littérature peut nous aider à envisager le style sous ses aspects généraux (physique, psychologique, éthique...) et sous l'angle démultiplié de nos modes d'être et de nos façons de faire. Philippe Jousset présente à ce titre une Anthropologie du style, le site Polart propose un "chantier" de travail, initié par Gérard Dessons, consacré au concept général de manière, et la revue Acta publie le compte rendu d'un ouvrage consacré au style des philosophes. Cette actualité critique est l'occasion de relire un article important de Laurent Jenny, "Du style comme pratique", publié dans les pages de l'Atelier de Fabula.

Dialogues de sourds : la rhétorique affaiblie

On se persuade peu mutuellement. Au cours d'une vie, rares sont les moments où l'on se laisse convaincre et où l'on parvient à emporter l'adhésion de notre interlocuteur, déjà convaincu ailleurs. Pourquoi ces échecs ? Qu'est-ce qui ne va pas dans le raisonnement mis en discours ? Christian Salmon, avec Storytelling, avait donné sa version de la fabrique de cet univers de méconpréhensions et de cet affaiblissement du recours au discours rationnel. Marc Angenot, dans Dialogues de sourds, ouvre un immense dossier, montre que la rhétorique (dont on a pourtant salué au cours des dernières décennies toutes les résurgences) ne remplit pas les objectifs qu'elle se donne, et pose à distance de Paulhan la question de l'universalité de la raison raisonnante. 

Affabulations

On a récemment appris de P. Bayard comment améliorer les œuvres du passé, mais aussi comment on pouvait parler des livres que l'on n'a pas lus: G. Steiner nous invite aujourd'hui à parcourir les livres qu'il n'a pas écrits et auxquels donc nous n'échapperons pas. S. Audeguy était venu l'an passé combler quelques ellipses dans le texte des Confessions de Rousseau en inventant un frère à ce faux Fils Unique: avec quelques comparses, il nous donne aujourd'hui des Nouvelles de La Fontaine, tant il est vrai que les Fables et les Contes ont bien le même auteur, et que certaines fables eussent mérité d'être des contes (et réciproquement?). J.-P. Dubois, C. Millet et d'autres fins observateurs ajoutent quelques chapitres aux Mythologies de R. Barthes. R. Benhayoun nous apprend que l'œuvre cinématographique d'Alain Resnais est "un film à déduire", la genèse de chacun "renvoyant le récit qui lui sert de support à l’ordre du possible". Et H. Marienské réédite l'exploit de Proust en donnant différentes versions d'une même fable successivement attribuée à Montaigne, La Fontaine, Céline, Houellebecq et quelques autres, série de pastiches réunis sous le titre paradoxal de Le degré suprême de la tendresse. Comme disait à peu près Genette: un texte peut toujours en lire ou en cacher un autre, et il n'est peut-être pas de meilleure lecture que celle des textes manquants au catalogue des bibliothèques.

La littérature sous la presse

Plusieurs livres récents consacrés à la presse font l'objet de recensions dans Acta fabula: La littérature au quotidien de M.-E. Thérenty, dont A. Wrona propose une lecture ("Au laboratoire de la littérature…"), Les Discours du journal. Rhétorique et médias au XIXe siècle de C. Saminadayar-Perrin, dont rend compte A. Déruelle ("À rhéteur, rhéteur et demi…") et Les discours de la presse quotidienne de S. Moirand, qu'analyse C. Brancaglion ("Discours de la presse quotidienne"). Toutes ces recensions et quelques autres se trouvent désormais répertoriées à l'entrée Presse de l'atelier de Fabula.

Revue internationale des livres et des idées, acte III.

Sous le titre "Penser à gauche", la troisième livraison de la Revue internationale des livres et des idées est en kiosque, avec notamment des articles de S. Zizek sur P. Slotedijk, A. Negri sur G. Agamben, I. Garo sur C. Lefort, J. Revel sur Foucault… Signalons que certains des articles des premiers numéros sont en libre accès sur le site de la revue, et que les articles plus spécifiquement consacrés aux questions de théorie littéraire se trouvent désormais versés au sommaire de notre propre revue des parutions, Acta fabula. Ainsi des analyses d'Yves Citton sur Potocki et de Marc Escola sur Stanley Fish.

Faut-il brûler un inédit de Nabokov?

Fallait-il brûler les nombreux textes non publiés de Kafka, selon son voeu ? La question n'a pu se poser qu'une fois déjà tranchée, dans l'après-coup de cette publication même, qui révélait à la fois l'existence même de l'oeuvre (et de son auteur) et ce voeu de destruction. S'agissant en revanche d'un écrivain aussi fameux que Vladimir Nabokov, le débat est ouvert au sujet de son ultime roman, inachevé, The Original of Laura, dont son auteur avait également demandé à ce qu'il soit détruit après sa mort, et qui néanmoins repose toujours dans le coffre d'une banque suisse. Dans un article paru dans la revue américaine Slate et traduit sur le site Rue 89, Ron Rosenbaum expose le cas de conscience qui se pose au fils (et dernier héritier) de Nabokov, Dimitri ; on peut lire également le billet que consacre Pierre Assouline à cette délicate question (LIRE LA SUITE). Le 7 mars 2008 à l'université François Rabelais (Tours): journée d'étude consacrée à Nabokov.

Potocki retrouvé

En 2006, D. Triaire & F. Rosset faisaient paraître chez Peeters les Œuvres de Potocki, en donnant pour la première fois à lire les deux versions (1804 & 1810) du célèbre Manuscrit trouvé à Saragosse. Ces deux romans distincts  paraissent aujourd'hui en poche, dans la coll. GF-Flammarion. Pour comprendre les enjeux de cet exceptionnel cas de figure, on lira l'analyse d'Yves Citton dans un article initialement paru dans la première livraison de la Revue internationale des livres et des idées et repris dans Acta Fabula: "Éditer un roman qui n'existe pas…". SIgnalons à cette occasion un prochain colloque "Potocki de nouveau", et l'ouverture d'un site internet consacré à l'auteur du Manuscrit trouvé…  Rappelons enfin la parution l'an passé d'une biographie du romancier, ainsi que d'un volume collectif, Potocki et la création romanesque (dir. L. Fraisse) dont Acta fabula avait également rendu compte: "Le livre trouvé de Potocki", par S. Baudoin.

Poétiques de la philologie

  Dans le travail philologique, la seule instauration possible semble bien être une restauration. Restauration du texte interpolé ou lacunaire, du contexte oublié, de l’intention de l’auteur, que la dégradation du manuscrit a déformée ou trahie, du fragment, auquel il faut redonner le texte perdu qui l’accompagnait. Le philologue ne crée rien et ne peut avoir d’autres poétique que celle de l’auteur qu’il entend respecter, conserver et restaurer, en réparant les dégradations que le temps ou les accidents de la transmission textuelle ont pu faire subir à l’œuvre. Il ne serait poète qu’en tant qu’il refait le texte et non pas en tant  qu’il fait œuvre. Pourtant, d’Apollonios de Rhodes ou Lycophron à Lachmann en passant par J. Dorat, les noms ne manquent pas de philologues qui furent aussi poètes, comme ne manquent pas les voix qui ont identifié la création poétique et la philologie. Quelle poétique alors pour une pratique qui se présente pourtant comme une réfection et non comme un faire ? Telle est la question posée et développée par l’appel à contribution pour le numéro  5 de la revue LHT-Fabula. Le numéro sera précédé d’une journée d’études co-organisée par Fabula et le Clam-Paris 7, le 21 juin. Les propositions d’articles peuvent parvenir aux responsables du numéro jusqu’au 15 mars.

Machiner avec G. Deleuze

Le Groupe de Recherches Théoriques accueille lors de la prochaine séance (22/1) de son séminaire "Méthodes de dramatisation" P. Marrati pour une analyse du texte de Deleuze recueilli sous ce titre dans L'ïle déserte. Le département de philosophie de Paris 8 propose en mars prochain une série de rencontres autour de Différence et répétition. Dans Abstracts machines (Rodopi, 2007), G. Dowd s'essayait à une lecture deleuzienne de l'œuvre de Beckett: K. Kanelli en donne le compte rendu dans Acta fabula ("Une machine abstraite nommée Beckett"). La Biographie croisée Deleuze/Guattari de F. Dosse fait l'objet de plusieurs analyses sur le Web: sur le site nonfiction.fr,  "La morale d’état civil conduit-elle le savoir au musée de la pensée?", par F. Bourlez, et sur le site laviedesidees.fr: "Deleuze-Guattari: machine à écrire", par P. Sévérac. Enfin, sur le site de la revue Chimères fondée part Deleuze et Guattari : sommaire et extraits de la livraison de novembre 2007.

Hommages à Julien Gracq

Un mois à peine depuis sa disparition, on ne compte plus les hommages rendus à l'auteur du Rivage des Syrtes. L'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm accueillera le 5 février 2008 un Hommage à Julien Gracq. L'excellent site Julien Gracq des éditions Corti recueille les hommages parus dans la presse depuis le 22 décembre dernier. On pourra aussi se reporter au dossier proposé par  bibliobs, à moins que l'on ne préfère les textes moins circonstanciels publiés ici et sur remue.net, qui propose liens et dossiers.  Signalons  que Ruth Amossy a, entre autres, mis en ligne les deux ouvrages qu'elle avait consacrés à Gracq au début des années 80: Les jeux de l'allusion littéraire dans Un Beau Ténébreux et Parcours symboliques chez Julien Gracq. Enfin, Un Balcon en forêt et La Presqu’île étant cette année inscrits au programme de l'agrégation, plusieurs ouvrages récents sont consacrés à Gracq et en particulier à ces deux romans, dont quelques uns en attente de rédacteurs pour recensions dans Acta fabulaJulien Gracq, Paysages et mémoire par Alain-Michel Boyer, Lectures de J. Gracq, sous la direction de Frank Wagner, Julien Gracq. Les dernières fiction : Un Balcon en forêt, La Presqu'île, textes réunis par Patrick Marot et Un Balcon en forêt et les guetteurs de l'apocalypse par André Peyronie.

Traduire

La parution des Aveux  (nouvelle traduction des Confessions commentée dans "Saint-Augustin remastérisé" et "Saint-Augustin passe aux aveux.") est l'occasion de souligner l'actualité de la recherche sur la traduction. Le vendredi 18 janvier 2008 se tiendra  une journée sur la traduction du théâtre antique aux XIXe et XXe siècles organisée, entre autres, par Claire Lechevalier qui signe L'Invention d'une origine. Traduire Eschyle en France.  Autre journée d'étude, le  15 février: Eveil à la démesure du monde.  Plusieurs appels à contribution témoignent encore de la vitalité de la question: Traduction et interculturalité, Traduction, proverbes et traductologie, Editer, traduire et adapter les textes médiévaux, Traduire, trahir, travestir. Réceptions de la littérature antique du Moyen Âge au XXIe siècle, ou encore Traduire en langue française en 1830 (qui  s'inscrit dans le projet d'une  Histoire des Traductions en Langue Française à paraître). Le compte rendu du n°20 de la revue Palimpsestes, De la traduction comme commentaire au commentaire de traduction, paraîtra prochainement dans Acta fabula, où l'on peut déjà lire plusieurs recensions d'ouvrages sur la traduction. Signalons notamment La traduction et le signe, compte rendu par Mathieu Dosse d' Ethique et politique du traduire , qui prend la suite de Poétique du traduire de Henri Meschonnic. Le récent ouvrage d' Umberto Eco, Dire presque la même chose. Expériences de traduction, a par ailleurs servi de "programme de traduction"  à Alain Lipietz : Traduire Prufrock selon Eco. Autres publications récentes : n°1  de la revue SEPTET et Enseigner les oeuvres littéraires en traduction, contributions réunies par Yves Chevrel.          

Questions de style/styles en question

Une semaine après l'ouverture, à Rennes, du premier colloque de l’Association Internationale de Stylistique,  Bernard Vouilloux donnera le 31 janvier 2008 à Toulouse une conférence intitulée "Sur le style". Le 12 février commencera le second semestre du séminaire Tendances stylistiques de la prose française organisé à Paris 4 et on pourra répondre avant le 31 mai à l'appel à contribution sur le style simonien. Du côté des publications, rappelons la parution de Sur la stylistique  (qui rassemble de nombreux  articles de Charles Bally), du collectif Le Style des Philosophes (dont on pourra lire un compte rendu dans Acta fabula) ou encore de Stylistics and Social Cognition et d'un nouveau manuel d' Introduction à la stylistique. Toujours en attente de rédacteur pour compte rendu , Styles genres auteurs traite des oeuvres au programme de l' agrégation. On pourra enfin consulter (et pourquoi pas proposer de compléter) l'entrée style de l'atelier ou confronter cette notion au concept de manière.

Pourquoi des textes?

À l'automne dernier, les éditions Les Prairies ordinaires faisaient paraître sous le titre Quand lire c'est faire la traduction française longtemps attendue d'un des principaux essais du théoricien américain Stanley Fish, originalement intitulé Is There a Text in this Class? Une série de petites fables théoriques qui n'ont rien perdu de leur force de provocation, et continue de susciter le débat. En témoignent deux articles récents; le premier paru initialement dans la Revue internationale des livres et des idées est reproduit dans Acta fabula avec l'autorisation de cette revue: "L'autorité de l'interprète. On lira le second sur le site nonfiction.fr: "Donner son sens à un texte", par J.-C. Valtat. Le livre de S. Fish fera aussi l'objet d'une discussion lors de la prochaine séance du séminaire du groupe Phi (Rennes 2) sur l'autorité, le 15 février prochain.

Colloque Verlaine en ligne sur Fabula (agrégation 2008)

 Le jeudi 6 décembre 2007 à Strasbourg, eut lieu un colloque consacré aux trois premiers recueils de Paul Verlaine, cette année au programme de l'Agrégation de Lettres : Poèmes saturniens, Fêtes galantes et Romances sans paroles. C'est autour des questions de reprises et de parodies, mais aussi de la lecture - des oeuvres des autres et des siennes   - que s'ordonnent les articles présentés en ligne sur Fabula. Les agrégatifs trouveront dans les actes de cette journée des études d'ensemble et des analyses de poèmes précis, ainsi qu'un précieux bilan métrique. Avec les contributions d'Arnaud Bernadet, Olivier Bivort, Bertrand Degott, Yann Frémy, Jean-Michel Gouvard, Pascal Maillard et Steve Murphy. Les informations relatives au programme du concours sont répertoriées dans notre page consacrée à l'agrégation. 

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