


L'équipe Fabula vous souhaite une belle et heureuse année 2008. Avec A. Allais: "Je ne prendrai pas de calendrier cette année, car j'ai été très mécontent de celui de l'année dernière!"; S. Guitry: "Le premier janvier est le seul jour de l'année où les femmes oublient notre passé grâce à notre présent"; F. Dard: "L'an dernier j'étais encore un peu prétentieux, cette année je suis parfait"; D. Rolin: "Qu'est-ce-qu'une année sinon le volume infini d'une pincée de secondes?"; ou encore Lichtenberg: "Janvier est le mois où l'on offre ses meilleurs voeux à ses amis. Les autres mois sont ceux où ils ne se réaliseront pas." 2008 pourrait bien être l'année d'un "rire de résistance", à l'invitation de J.-M. Ribes.

Alors que Comment parler des livres que l'on n'a pas lus? est désormais traduit ou en cours de traduction dans une vingtaine de langues et figure même, seul titre d'essai français, dans la liste des "100 books of the year 2007" établie par le New York Times, P. Bayard fait paraître L'affaire du chien des Baskerville (aux éd. de Minuit qui offrent "en bonnes feuilles" un extrait de l'ouvrage) : une contre-enquête au terme de laquelle il apparaît que Sherlock Holmes en personne s'est rendu coupable d'une erreur judiciaire en accusant un innocent animal. On se souviendra que C. Gelly avait naguère proposé sa propre contre-enquête dans Le Chien des Baskerville. Poétique du roman policier chez Conan Doyle (PUL, 2005). Les lecteurs disposent donc désormais de trois solutions pour la même (?) énigme policière. De quoi alimenter une passionante réflexion sur la liberté consentie au lecteur dans le déchiffrement des fictions. La dernière livraison de la revue La Lecture littéraire offre pour sa part une série de mises au point sur "Psychanalyse et lecture".

Comment notre cerveau de primate apprend-il à lire ? Qu'est-ce que la dyslexie ? Certaines méthodes d'enseignement de la lecture sont-elles meilleures que d'autres ? Utilise-t-on les mêmes aires cérébrales pour lire le français, le chinois ou l'hébreu ? Autant de questions auxquelles Stanislas Dehaene, spécialiste de la psychologie et de l'imagerie cérébrale, apporte l'éclairage des avancées les plus récentes des neurosciences dans Les Neurones de la lecture (O. Jacob). On peut lire sur le site Bibliobs.com des extraits de cet ouvrage: "Puorqiuo copmrenons nuos bien un txete mêem si les leettrs snot en dséordre?", ainsi qu'un entretien avec l'auteur: "Le lecteur, ce primate".
Fiche signalétique des personnages de mes romans :
Christian Bourgois, éditeur français de Susan Sontag, Vian, Rushdie, Ginsberg, Burroughs, Pessoa, Toni Morrison ou Antonio Lobo Antunes, entre autres noms de la littérature mondiale, vient de disparaître à 74 ans. Le centre Pompidou avait organisé, l'année dernière, une exposition pour célébrer le quarantième anniversaire de la fondation de la maison d'édition qu'il dirigeait avec sa femme Dominique, après avoir travaillé chez Julliard. Il avait également dirigé la collection "10/18", qui a joué un rôle essentiel au cours des années 70 et 80. (Voir Le Monde, Libération, une sélection d'entretiens, ainsi que la rediffusion d'émissions sur France Culture, du 7 au 11.01).

"Deguy poète, Deguy résolument moderne, Deguy philosophe, Deguy intellectuel, Deguy engagé, Deguy producteur, comme Deleuze l'avait dit de Châtelet, Deguy critique, Deguy traducteur, Deguy extrême contemporain, mais aussi Deguy lyrique, Deguy prosateur et périphrastique, Deguy poéticien"... Deux ouvrages importants interrogent l'unité d'un projet et d'un destin poétique : le Grand Cahier Michel Deguy, publié par l'éditeur bordelais Le Bleu du ciel, et L'Allégresse pensive, dirigé aux éditions Belin par Martin Rueff. On peut aussi lire un dossier consacré à Michel Deguy sur remue.net ou encore visiter le récent SMD (Site Michel Deguy).

Dans un livre d'entretiens intitulé Achever Clausewitz, R. Girard s'attache aux théories du stratège prussien, dont il fait le témoin fasciné d'une accélération de l'histoire: loin de contenir la violence, la politique court derrière la guerre : les moyens guerriers sont devenus des fins. Les éditions Grasset rééditent de leur côté en un seul volume quatre des maîtres livres du philosophe, sous le titre De la violence à la divinité: "au cœur de ces quatre livres rassemblés ici, l'essentiel est une question encore plus brûlante aujourd'hui qu'à l'époque où je me la suis posée.Il s'agit de la question de la violence dans son rapport avec le religieux."

A l'ère d'une littérature redevenue "utile", et alors que le récent Storytelling : une machine à fabriquer des histoires et formater les esprits de Christian Salmon s'inquiète d'un abus politique du pouvoir de la fiction, le dernier numéro de Raisons politiques s'interroge "La démocratie peut-elle se passer de fictions ?" On en lira avec profit la synthèse sur nonfiction.fr.
Autre question qui hante la critique contemporaine des médias: Pourquoi veut-on croire aux images ?, s'interroge de son côté H. Belting dans son dernier ouvrage, La vraie image, au carrefour de l’histoire de l’art, de l’histoire religieuse et de l’histoire des mentalités. On peut en découvrir un premier compte rendu sur laviedesidees.fr.

La littérature fait-elle exemple ? La solidarité de la fiction avec le singulier doit-elle nous faire conclure à son impuissance à l’exemplarité ? Quelle articulation reconnaître entre exemplarité esthétique et exemplarité morale ? Après avoir consacré ses premiers Cahiers à la notion de « contrat » (Littératures sous contrat, 2002) puis à celle d’« engagement » (L’engagement littéraire, 2004), le Groupe Phi a sollicité la réflexion d’une trentaine de chercheurs autour de la notion d’ « exemplarité ». Pour l'année 2008, la question du séminaire du groupe Phi est celle de l'autorité. Fabula accueille par ailleurs les actes du colloque Construire l’exemplarité, rencontre entre littéraires et historiens travaillant sur la période dite classique.

Plusieurs ouvrages récents en rapport avec le programme d'agrégation ont été adressés pour compte rendu à notre revue des parutions Acta fabula. Trois recensions sont déjà en ligne dans le dernier sommaire d'Acta et répertoriées sur la page agrégation de Fabula: Dramaturgie de Rotrou, La représentation théâtrale de la misanthropie, et L'Œil de Diderot, sur un ouvrage récent de S. Lojkine. La rédaction de la revue invite les spécialistes des auteurs et questions au programme tout comme les enseignants chargés des cours d'agrégation à proposer des comptes rendus des ouvrages encore en attente : Styles, genres, auteurs, Les premiers recueils de Verlaine dirigé par A. Guyaux, Lectures de J. Gracq dirigé par F. Wagner, Julien Gracq, Paysages et mémoire de A.-M. Boyer, J. Gracq. La littérature habitable de B. Vouilloux, Diderot, l'expérience de l'art, coordonné par G. Cammagre et C. Talon-Hugon et La Comédie de Ménandre d'A. Blanchard.
Agenda: Les premiers recueils de Verlaine (Colloque), le 15 décembre 2007 à Paris (ATTENTION: CHANGEMENT DE LIEU) et Diderot, Salons (colloque), à l' Université de Toulouse-Le Mirail du 24 au 26 janvier 2008.
Paraissent chez Gallimard, sous la direction de J.-Y. Tadié et directement au format de poche (Folio-Essais), deux volumes d'une nouvelle Histoire de la littérature française, qui entendent répondre à la question : que fut, à chaque grand âge de l'histoire culturelle de la France, la « littérature » pour les contemporains ? Ses auteurs se sont "attaché à marquer une continuité de l'objet à travers les différents visages et configurations qu'il revêtit. Ils ne proposent pas une histoire de la littérature telle qu'en elle-même le temps ne l'aurait jamais changée, mais le récit des acceptions différentes, infléchies que le mot « littérature » reçut tout au long de l'histoire de France."

Cette semaine, dans les nouvelles pages de l'Atelier de Fabula, la Bibliothèque est en feu: Julia Peslier et Anne Bourse s'interrogent sur le désordre que la pensée comparatiste parvient à mettre dans nos rayonnages ordinaires, et construisent au long d'un important dossier théorique plusieurs scénographies de la bibliothèque littéraire; Paul-André Claudel s'intéresse à ce qui tombe des étagères, scrute ce qui semble ne plus compter et disparaît dans la poussière du temps...

L'évolution créatrice de Bergson a paru il y a maintenant 100 ans. Deux événements pour réouvrir le dossier décidément infini du bergsonisme: un colloque à l'ENS et au Collège de France explore les enjeux épistémologiques et métaphysiques de l'ouvrage de 1907, et un numéro spécial de la revue SubStance en célèbre la fertilité et les suites philosophiques, de William James au pragmatisme américain, du néant sartrien à la différenciation deleuzienne, d'Einstein à Ricoeur. Un volume collectif vient également revisiter la postérité du philosophe sous le titre Bergson, la vie, l'action. Rappelons la parution en mai dernier de l'essai de F. Azouvi, Bergson. Un magistère philosophique, et les articles présentés dans l'Atelier de Fabula: "Ce que Bergson nous apprend de l'humour", par J. Moreau, et "Bergson et la réforme de 1923", par M. Jarrety.
Signalons que les PUF rééditent (enfin) à cette occasion les titres majeurs du philosophe dans la très abordable coll. "Quadrige".

En kiosque, la deuxième livraison de la toute nouvelleRevue Internationale des Livres et des Idées attachée à la mise en évidence de la dimension politique des savoirs et des idées". Au sommaire: un article inédit de J. Butler sur H. Arendt, et de longues recensions des ouvrages récents ou récemment traduits de S. Fish, W. Brown, B. Aspe, G. Noiriel… On peut lire sur le site BibliObs.com un compte rendu de la première livraison de la revue: "Enfin une French Review of Books"..

En lui mettant sous la truffe une puce électronique préalablement collée au livre, et pour peu que votre lapin soit connecté à Internet, il est désormais possible de vous faire faire la lecture par votre animal de compagnie. L'innovation concoctée par la société Nabaztag en partenariat avec Gallimard Jeunesse, est pour l'heure un gadget un peu commercial, mais rigolo. Pour les chats, même bottés, il faudra patienter encore un peu…

L'accroissement exponentiel des versions numériques des produits culturels induit une pression énorme sur les commerçants — la sphère musicale n'est plus la même depuis les réseaux clandestins et le iTunes Music Store ; les domaines cinématographique et télévisuel s'inscrivent tranquillement dans la même foulée. Amazon, par son grand patron Jeff Bezos, a décidé d'investir bruyamment le domaine des livres. Même si Bezos prétend que « the book just turns out to be an incredible device », il croit en un avenir numérique du livre... Amazon a ainsi introduit son lecteur ebook, nommé Kindle, qui est relié sans fil à un réseau mis en place par la multinationale. Encre électronique, capacité énergétique étonnante, simplicité d'interface : c'est un nouveau pas (a milestone diront les anglo-saxons) dans le développement de ces technologies — il ne manquera qu'un compétiteur pour le libérer du joug amazonien et un bon designer pour rendre l'objet agréable à l'oeil.

La laideur a-t-elle ses canons à l'instar de la beauté? Deux livres sur ce sujet inexploré paraissent en même temps, Le (Dé)goût de la laideur, une anthologie composée par Gwenaëlle Aubry, qui nous conduit de Socrate à Dubuffet en passant par Wilde ou Baudelaire, Goya ou Bataille. Et une imposante Histoire de la laideur proposée par Umberto Eco, qui brasse les siècles avec la même vitalité que dans son Histoire de la beauté (2004). Le site BibliObs a réuni les deux auteurs, pour un entretien mis en ligne sous ce titre discutable: "Le laid concentré"; on y découvre notamment qu'U. Eco rêve à un troisième volume, dans l'ombre duquel les deux premiers ont été écrits, et qui serait consacré à une troisième catégorie, la plus insaisissable: le charme. Rappelons à cette occasion la parution en 2005 des actes du colloque Métamorphoses de la laideur.

(Dernière MISE A JOUR: 26/11/07) Déplorer le manque d’intérêt de la critique littéraire pour les littératures factuelles n’est plus d’actualité. A l'EHESS, le CRAL propose deux séminaires parallèles: Récit fictionnel, récit factuel et Récit, fiction histoire. Un autre séminaire, dont la première séance aura lieu le 06 décembre, est consacré à l’écriture des savoirs au XVIIIe siècle. Un colloque sur Chateaubriand se tiendra en Italie les 6 et 7 décembre. L’historienne Arlette Farge donnera par ailleurs une conférence le 04 décembre sur « Le tracé de l’archive ». Côté parutions, le n° 726 de Critique propose plusieurs articles et recensions sur l’histoire et la mémoire. On pourra aussi consulter le récent volume Figures du récit fictionnel et du récit factuel ou encore tel article du n°151 de Poétique. Et encore (dernières parutions): Rêves d'histoires de P. Artières, Victoires sur le temps de R. Bonnaud, Le Juge et l'historien (rééd.) de C. Ginzburg, Vidal-Naquet historien en personne de F. Hartog et un entretien avec J.F. Hamel sur Revenances de l'histoire.
Appel à contribution (répondre avant le 30/01/08):La réception des Mémoires d'Ancien Régime : discours historique, critique et littéraire.
L’atelier de Fabula propose enfin plusieurs dossiers sur les littératures factuelles, dont quelques nouveautés annoncées dans l’éditorial ci-dessous.

Parmi les nouvelles entrées de notre Atelier de théorie littéraire, outre une série de pages sur les rapports entre fiction et diction dans le genre épistolaire ou dans les pratiques historiographiques, on peut lire un article inédit de F. Lavocat sur les systèmes de causalités dans les fictions du XVIIe s. et un dossier préparé par Ph. Lejeune sur "Génétique et autobiographie" pour la récente session de l'association Clelia à La Baume.

La nouvelle collection "Penser/Croiser" des éditions Les Prairies ordinaires offre, sous le titre Quand lire c'est faire?, une traduction du célèbre essai où Stanley Fish théorise la notion de "communauté interprétative" (Is there a text in this class?), avec une préface d'Yves Citton qui donne de son côté aux éditions Amsterdam un livre stimulant intitulé Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires?. "Pourquoi étudier aujourd’hui des textes littéraires rédigés il y plusieurs siècles ? Ou, comme le demandait le candidat Sarkozy : pourquoi le contribuable devrait-il financer des études de Lettres ? Pourquoi faut-il dire qu’il n’y a pas d’interprétation fausse ? que ce sont les lecteurs qui font les textes ? qu’une oeuvre n’est pas un objet, mais un événement ? que la fiction fraie réellement les voies d’un autre monde possible ?" En attendant les comptes rendus à paraître dans notre revue des parutions Acta fabula, l'Atelier de théorie littéraire offre le texte intégral de la tonique introduction d'Yves Citton.

En ces temps propices à la sorcellerie, une curieuse affaire vient de sortir du placard. J. K. Rowling, l’heureuse maman d’Harry Potter, a récemment répondu à un lecteur qui l’interrogeait sur la vie amoureuse de l’un de ses personnages, le professeur Dumbeldore, que le vénérable sorcier était gay. (My truthful answer to you... I always thought of Dumbledore as gay). Depuis lors, le site Dumbledoreisnotgay demande aux internautes d'aider à démontrer que le directeur de l'école de Poudlard n'est pas homosexuel. Mais J. K. Rowling, elle, semble plutôt appeler ses lecteurs à s’emparer de l’affaire et à en tirer quelques forgeries, continuations ou interpolations : « You needed something to keep you going for the next 10 years! Oh, my god, the fan fiction now, eh? ». Sans doute n’a-t-elle pas pensé qu’elle lançait aussi un sérieux défi aux théories de la fiction et aux gay and lesbian studies dont les spécialistes respectifs vont devoir à présent faire avec un peu de magie. Harry Potter est décidément une œuvre très ouverte…

Deux journées d’agrégation auront lieu à Paris au mois de novembre 2007 : le samedi 10, une journée « Langue et style » est organisée à Paris IV- Sorbonne. Le 23 novembre une journée d'étude sera consacrée à Du Bellay: La Deffence et L’Olive : lectures croisées (Paris VII – Grands Moulins). Et le 06 décembre à Strasbourg: " Verlaine, Reprises, Parodies, Stratégies", journée dont les actes seront prochainement publiés sur Fabula. Ressources en ligne, nouvelles parutions et événements autour du programme sont répertoriés sur la page agrégation de Fabula.

Une nouvelle revue papier et deux nouvelles revues Internet ont vu le jour ce mois-ci.
En kiosque, la Revue Internationale des Livres et des Idées souhaite offrir un lieu où une "critique littéraire, savante et politique pourrait s’épanouir", dans la tradition des Times Literary Supplement, New York Review of Books, et London Review of Books. Se réclamant de la même tradition, deux revues font passer les Sciences Humaines à l'ère du Net. Nonfiction.fr se propose de couvrir l'actualité intellectuelle des Sciences Sociales. Le site est animé par des chercheurs, des journalistes, des militants et des syndicalistes. De son côté, la République des Idées transforme sa revue en site Internet: laviedesidees.fr constitue un « magazine d'analyse et d'information sur le débat d'idées », qui présente des chroniques, des débats et des essais.
Les éd. du Seuil poursuivent la publication des notes et séminaires de R. Barthes, avec un volume consacré au Discours amoureux (séminaire EHESS de 1974-1976), suivis de quelques inédits Fragments d'un discours amoureux (en librairie le 18 oct.). 2007, c'est aussi le cinquantenaire de la parution des Mythologies du même (?) R. Barthes: le même éditeur nous offre un volume de Nouvelles mythologies : romanciers, ociologues, philosophes, historiens, psychanalystes, des lecteurs de Barthes ont chacun choisi une "nouvelle mythologie'"— comment passer "de la France de Coty à celle de Sarkozy, de l'ancien franc à l'euro, du steak-frites au sushi, de la DS au 4x4, et du visage 'plâtré' de Garbo au corps huilé d'Emmanuelle Béart?" Le "devenir-roman des Mythologies" a fait également l'objet d'une récente journée d'études à Grenoble. Rappelons encore deux très beaux livres parus l'an dernier: R. Barthes dernier paysage, de J.-P. Richard (Verdier) et R. Barthes le métier d'écrire par E. Marty.
Les théoriciens du récits doivent-ils se réjouir du succès de l'approche narrative du réel? Le dernier ouvrage de Christian Salmon, Storytelling, regarde les récits comme des outils politiques, et pose que sous l’immense accumulation de récits que produisent les sociétés modernes, se fait jour un « nouvel ordre narratif ». Un article publié sur le site Lekti-écriture fait de la campagne électorale pour l’élection présidentielle du printemps 2007 une illustration spectaculaire de cette nouvelle abondance narrative.
Malgré une fragilité financière que signalait un précédent éditorial - toujours d'actualité -, le site Fabula grandit et restructure certaines de ses pages. Une maquette améliorée permet un accès maintenant plus rapide aux informations essentielles intéressant étudiants, enseignants et chercheurs tandis qu'une nouvelle section "Points de vue et débats" (consultable également par un flux rss) souhaite se faire l'écho des débats sur la recherche universitaire et l'enseignement.

Deux journées « Autour des œuvres de Jean-pierre Vernant et de Pierre Vidal-Naquet » organisées par le Centre Louis Gernet et l’équipe Phéacie se tiendront les 19 et 20 octobre 2007 prochain à l’Inah (Paris). « L’historien et le temps », « mythes et image », « frontières et passage » ou encore « méthode et comparaison » seront les pistes de réflexion de ces deux jours d’hommage aux auteurs de Mythe et tragédie en Grèce ancienne (1972), figures emblématiques de l’anthropologie historique française récemment disparues. Les éditions du Seuil rassemblent par ailleurs les œuvres de Vernant dans la collection « Opus ». Aux éditions Klincksieck, enfin: Les images de l’historien, un entretien avec Vidal-Naquet réalisé par François Soulages.
L'aristotélisme moderne a commencé à s'installer avec Goldoni et le siècle des Lumières, au cri de " Dehors les Bouffons ! ". Le dernier livre de Florence Dupont milite pour leur retour; il travaille à dégager la pensée du théâtre de l'étreinte aristotélicienne et à réenchanter une scène que l'auteur juge élitiste, austère, sans corps, sans musique, sans dieux. Florence dupont organise par ailleurs avec Pierre Letessier un colloque " ? " à Paris les 26 et 27 octobre 2007.
Les messages reçus ont fini par nous en convaincre: dans la mesure où notre site est au service de l’ensemble de la communauté des enseignants, chercheurs et étudiants, nombreux sont les utilisateurs de Fabula qui le considèrent comme un service public.
Il n’en est rien. Fabula est une association à but non lucratif. Les 22 000 pages désormais accessibles sont le fruit du travail bénévole d’une dizaine d’enseignants-chercheurs qui prennent quotidiennement le temps de mettre en ligne nouvelles et articles, de répondre à vos questions, et d'assurer le maintien technique du site.
Voilà comment nous parvenons, depuis près de huit ans, à diffuser pour tous et le plus largement possible l’actualité de la recherche littéraire et, nous l'espérons, à constituer des archives vivantes de la recherche accessibles à tous.
Notre site ne bénéficie pas d’autres financements que du soutien ponctuel de quelques institutions, dont l’École normale supérieure de la rue d'Ulm qui héberge notre serveur. Or un site tel que Fabula n’est pas totalement gratuit : sa maintenance, l’organisation d’événements scientifiques, la publication de colloques en ligne, l’envoi de livres aux auteurs de comptes rendus (notre premier poste budgétaire) ont un coût que nous avons désormais du mal à assumer.
C'est pourquoi nous appelons les équipes et centres de recherche à contribuer au fonctionnement de Fabula, en devenant membres de notre association. Pour ce faire, contactez-nous.
Fabula s'enrichit d'un nouvel espace consacré aux rapports entre la littérature et les arts à l'âge classique: il accueille d'ores et déjà une quinzaine d'articles, pour certains devenus introuvables, de René Démoris, sur "Littérature et peinture au XVIIIe" s.: autour des Salons de Diderot" qui figurent cette année au programme des agrégations de lettres. Les 30 nov & 1er déc. prochain se tiendront à Bruxelles des journées d'études sur "Les limites de la représentation. L'Ut pictura poesis à l'épreuve de la matière" : "Le changement de paradigme qui s’opère au XVIIIe siècle dans les relations entre les arts, par la déconstruction de l’Ut pictura poesis, rend compte d’une séparation et d’une autonomisation des arts, le divorce étant prononcé entre la pictura et la poesis, entre le plastique et le verbal." L'équipe Fabula à l'ENS, associée aux ED de Paris 3 & Paris 8 reconduit pour l'année à venir son cycle de conférences sur "La poétique des textes fictionnels à l'âge classique", dont les précédentes manifestations sont partiellement en ligne, prélude à un colloque en septembre prochain sur "La partie et le tout. Les moments de la lecture romanesque aux XVIIe et XVIIIe s.". Rappelons encore que l'ensemble des comptes rendus parus dans Acta fabula relatifs à la période classique se trouvent regroupés dans des éléments de bibliographie.
Consacrée aux méthodes et enjeux des "microlectures", la troisième livraison de la revue Fabula-LHT est en ligne, sous le titre Complications de texte. Douze contributions sur ces critiques qui ont fait "vœu de myopie", selon une formule de J.P. Richard que pouvaient en leur temps revendiquer aussi bien R. Barthes, T. Todorov, L. Marin, ou plus récemment M Charles, sur lequel C. Noille-Clauzade propose parallèlement un article dans l'Atelier de théorie littéraire: "La construction logique du texte". Rappelons que l'appel à contributions pour le prochain numéro est également en ligne: L'écrivain préféré.

La première moitié du XX

2007, année Baudelaire ? Après Baudelaire, poète comique (PUR) d’A. Vaillant et Baudelaire antique et moderne (PUPS) de P. Brunel, après la parution en format poche des Logiques du dernier Baudelaire. Lectures du Spleen de Paris (Champion) par S. Murphy, Gallimard met à jour l’édition Pichois des Paradis artificiels pour la collection « folio classique » tandis que la revue Histoires Littéraires célèbre le cent-cinquantenaire des Fleurs du Mal. Par ailleurs, La querelle de la statue de Baudelaire (PUPS) et Un demi-siècle de lectures des Fleurs du mal (1855-1905) (PUPS), deux ouvrages dirigés par A. Guyaux, sont disponibles pour compte-rendu dans notre revue Acta-fabula. Un colloque Baudelaire et Nerval: poétiques comparées se tiendra enfin à l’université de Zürich du 25 au 27 octobre prochains.
D'où vient la pérennité de cette thèse de l'exception humaine qui serait depuis longtemps démentie par le progrès de nos connaissances ? Loin d'être l'expression d'un regret nostalgique face aux évolutions actuelles des techniques ou des moeurs, La fin de l'exception humaine est l'énoncé d'un véritable programme de travail. Jean-Marie schaeffer sera au centre d'un débat organisé le 27 septembre prochain à l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage aux éditions Gallimard.
Les éditions Amsterdam lancent ce mois-ci, en kiosque (dès le 18/09) et sur Internet, une nouvelle revue, sur le modèle du Times Literary Supplement ou de la New York Review of Books: une revue de débat, attachée à la mise en évidence de la dimension politique des savoirs et des idées, une revue critique et d’actualité, intervenant dans le débat public, une revue transnationale, rendant compte de livres non disponibles en langue française. Fabula vous permet de découvrir le sommaire du premier numéro.
Réunis en un seul volume, Discours du récit et Nouveau discours du récit paraissent dans la collection de poche des éditions du Seuil. Ces deux essais complémentaires sont aujourd'hui largement considérés comme fondateurs d'une des disciplines majeures de la poétique : la narratologie, ou analyse structurale des formes et des procédés du récit, particulièrement dans le champ de la fiction littéraire. Chez le même éditeur, le dernier numéro de la revue Poétique propose notamment un article intitulé "Histoires vécues, fictions, récits factuels".
La question de l’inspiration et de la création littéraire se trouve sous les feux de l’actualité éditoriale, du côté de l’Antiquité comme de la littérature contemporaine. Tandis que dans son dernier livre, Le Plagiat, les coulisses de l'écriture Hélène Maurel-Indart s’intéresse à la forme de création littéraire qui semble la moins inspirée et entend observer, « dans les coulisses de la création littéraire et des maisons d'édition, la gestation de l'œuvre et sa divulgation. », Jacqueline Assaël tente « de reconstituer, de manière imaginaire, ces phénomènes psychiques qui suscitent la création des aèdes, puis des lyriques et des tragiques grecs. » dans son étude Pour une poétique de l'inspiration, d'Homère à Euripide, On lira aussi dans Acta Fabula, la recension d’Hélène Maurel-Indart Le plagiat, essai de dépistage.

Alors que les éditions du Seuil publient un nouveau titre d'Antoine Volodine, Songes de Melvedo (coll. "Fictions et cie"), le romancier fait l'objet de plusieurs études critiques: un ouvrage collectif était venu au printemps interroger ses Fictions du politique (Minard) dont D. Soulès rend compte dans Acta Fabula, un cahier lui est consacré dans la dernière livraison de la revue Europe, en attendant la parution à l'automne (Montréal, VLB éd.) des actes du colloque de Moscou. Lionel Ruffel fait paraître ces jours-ci la première monographie consacrée à l'auteur: Volodine post-exotique (éd. C. Defaut): Acta fabula en offre d'ores et déjà la recension, "Post-exotisme, mode d'emploi".
Si la Poétique d'Aristote fait régulièrement l'objet de nouvelles traductions et de constantes réinterprétations, on ne disposait pour la Rhétorique que de traductions anciennes et à bien des égards inutilisables: la collection GF des éditions Flammarion offre désormais une nouvelle édition de ce texte fondateur, annoté et traduit par P. Chiron. "Reconnaître l'importance de la persuasion dans les rapports sociaux et politiques, comme alternative à la violence et pour satisfaire ce que l'homme a d'humain ; reconnaître dans la persuasion la présence incontournable de l'opinion (doxa), analyser ses mécanismes, y introduire de la rationalité sans ignorer ni ses pouvoirs ni ses prestiges, telle est l'entreprise de savoir, de lucidité et de progrès à laquelle nous convie Aristote. Qui nierait sa brûlante actualité ?"
Une journée organisée par Alain Rabatel à Paris (rue d'Ulm) le 19 octobre prochain abordera les figures d'un poit de vue pragmatique et accordera ainsi une place centrale à l'étude des mécanismes énonciatifs dans la production des figures - et non des seules tropes, souvent privilégiées au détriment d'autres figures moins prises en compte par la linguistique. Oxymore, chiasme, antimétabole, métalepse et tautologie ou encore hyperbole, euphémisme et litote seront ainsi examinés dans une perspective pragma-énonciative. Résumés et bibliographies des communications de cette journée sont dès maintenant consultables dans l'Atelier de Fabula.
Le renouveau des études sur le lyrisme constitue sans nul doute l'un des faits marquants des dernières années. Outre les travaux de J.-M. Maulpoix, G. Guerrero, A. Rodriguez et D. Rabaté dont notre revue des parutions Acta fabula a régulièrement rendu compte, rappelons la parution en 2006 d'un volume collectif Lyrisme et énonciation lyrique (Québec/Bordeaux, Nota bene/P.U. de Bordeaux). Un prochain colloque organisé par l'équipe "Littérature & histoires" (EA 1579) de l'Université Paris 8 propose de réfléchir sur L'offrande lyrique: "Qu'elle soit amoureuse ou religieuse, qu'elle célèbre ou qu'elle déplore, la parole lyrique est une parole fondamentalement invoquante, fondamentalement tutoyante". Aux côtés du « je » lyrique, il convient sans doute de faire une palce au « tu ».
Dernière livraison de la coll. "Paradoxe" des éditions de Minuit, l'essai de B. Westphal intitulé La Géocritique. Réel, fiction, espace offre une réflexion sur la représentation de l'espace dans les univers fictionnels: "dans un environnement postmoderne où la perception du réel est affaiblie et le simulacre triomphant, les arts mimétiques, auxquels la littérature ressortit, sont désormais à même de proposer une nouvelle lecture du monde, géocritique, où interviennent la théorie littéraire, la géographie culturelle et l'architecture". Le site Vox Poetica offre un extrait d'un précédent article où l'auteur définit la "géocritique".
Au lendemain de la parution longtemps attendue des Réflexions sur la littérature, réunies par A. Compagnon & C. Pradeau (Gallimard, coll. Quarto), c'est au tour de la revue Littérature (Univ. Paris 8/A. Colin) de mettre Thibaudet à l'honneur, dans une livraison supervisée par C. Pradeau. Signalons encore la réédition par J. Y Tadié en 2006 de l'ouvrage que Thibaudet avait consacré à La Poésie de Mallarmé, et la parution d'un essai de M. Leymarie, A. Thibaudet, l'outsider du dedans.
"Retours au sonnet": tel est l'intitulé d'un colloque qui se tient ces jours-ci à Poitiers, à l'initiative des revues La Licorne, Formules, Formes poétique contemporaines et de l'EA Forell (Université de Poitiers & MSHS). Une série d'interventions sur la poésie moderne mais aussi l'Oulipo, scandées par de "riches heures" de lectures avec des poètes contemporains (J. Réda, J. Darras, J. Jouet, etc.), qui viennent clore une université d'été, première du genre en France, tenue dans la même ville.

Les études de genre, autrement et plus couramment appelées Gender Studies, et les proches, mais non tout à fait semblables études gaies et lesbiennes, ou Gay and Lesbian Studies se portent bien cet été. Deux publications récentes interrogent les discours, littéraires ou non, qui construisent l'identité sexuelle et reviennent sur les représentations culturelles de l'homosexualité. Du côté de l'identité sexuelle dans son rapport à l'écriture, on signalera la parution du recueil Un certain genre malgré tout. Pour une réflexion sur la différence sexuelle à l'oeuvre dans l'écriture., et, du côté de l’imagologie homosexuelle, d’un autre collectif :Lesbian Inscriptions in Francophone Society and Culture. Des lectures qui donneront envie de faire des projets pour l’été 2008 en répondant à l’appel à communication Homosexualité dans les cultures visuelles francophones contemporaines », ou de relire, dès maintenant, « Stratégies fictionnelles et littérature engagée : lesbian studies », un compte-rendu de Samuel Minne pour Acta fabula. Signalons encore la dernière livraison de la revue FLS: Queer Sexualities in French and Francophone Literature and Film.

Si la division en chants de l’Iliade et l’Odyssée provient sans doute d’une intervention savante et tardive sur le texte d’Homère, la capitulation est bien souvent un effet de l’art qui donne sens et rythme au texte narratif. Dans son étude Changer de chapitre dans Les Misérables, Georges Mathieu considère que l’effet de chapitre n’est pas un épiphénomène et présente en préambule une mise au point sur « la notion de " chapitre ", la confronte avec d'autres divisions de la fiction, recense quelques formes d'enchaînement dans des oeuvres de pays et d'époques divers » Une occasion de relire le chapitre de Seuils que G. Genette consacrait aux « intertitres ».
Etudier la littérature, et plus largement les objets esthétiques, ce n’est pas seulement décrire, mais aussi, au moins depuis Aristote, juger, critiquer ou louer, estimer ou blâmer. Un numéro récent de La Revue des Sciences Humaines, La Valeur, propose une réflexion esthétique, philosophique et historique sur la notion de valeur esthétique « objet de soupçon » qui « est pourtant au cœur de la définition de l’objet artistique », tandis que le numéro 25 de la revue Modernités est consacré à L'Art et la question de la valeur

L’usage du français littéraire hors de l’hexagone, autrement appelé francophonie, témoigne souvent d’un passé de domination politique ou de colonisation. Mais écrire en français, c’est peut-être aussi se libérer. Telle est du moins l’horizon ouvert par deux études récentes. Dans Ecrivaines francophone en liberté, Martine Fernandes étudie quatre écrivaines francophones issues de différentes cultures. C’est le lien entre écriture francophone et dynamique d’une libération qu’interrogent les auteurs de La Francophonie : esthétique et dynamique de la libération.

Se dire, s’écrire est-ce s’inventer, se recréer ou se livrer dans la transparence et la sincérité ? Trois ouvrages parus récemment remettent en question l’apparente simplicité de cette alternative. Dans Fiction et autobiographie dans le Ravissement de Lol V. Stein et Le Vice-consul, Brigitte Cassimare traque la part de soi que M. Duras aurait enfouie dans son œuvre de fiction, tandis que, dans Autofiction et dévoilement de soi Madeleine Ouellette-Michalska s’interroge sur la « frénésie confessionnelle » qui pourrait expliquer l’expansion contemporaine de l’autofiction. C’est enfin avec la poésie et le lyrisme que les auteurs du dernier numéro de Modernités ont choisi de mettre en perspective l’écriture de soi, pour « tracer les perspectives théoriques et historiques d'une analyse de la poésie qui dit et voile le je ».
S'il est vrai que le lyrisme peut être défini comme une poésie à la première personne, cette première personne ne se pose elle-même que dans le geste d'une adresse, qui la relie à une altérité. Qu'elle soit amoureuse ou religieuse, qu'elle célèbre ou qu'elle déplore, la parole lyrique est une parole fondamentalement invoquante, fondamentalement tutoyante. A côté du « je » lyrique, c'est ce « tu » qui fera l'objet d'un colloque à l'Université Paris VIII et au Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis du 27 au 29 septembre 2007.
Tout le monde n’étant pas en vacances, Fabula met à la disposition des étudiants et des enseignants concernés une page « autour des programmes des agrégations de Lettres 2008 » , qui réunit les annonces de parutions et d’événements en rapport avec ces concours. Du côté du web littéraire, la RJCL propose en ligne une double édition de L'Olive (1549 et 1550), la revue RDE une sélection d'articles sur les Salons et les Essais sur la peinture et la SFLGC une bibliographie pour la nouvelle question de littérature comparée, « La misanthropie au théâtre ». La section de LGC de l'Université de Picardie compte enfin publier (aux P.U.Rouen-Le Havre) un volume consacré à cette même question : les personnes intéressées doivent répondre à l’appel à contribution avant la fin du mois de juillet.

Après la seconde mort de Louise Labé, une nouvelle polémique policière secoue le monde des lettres : le manuscrit de la Légende de Novgorode, poème légendaire de Blaise Cendrars, édité en 1996 chez Fata Morgana, serait un faux. Telles sont les conclusions d'une récente thèse qui suscite polémique dans les pages de Courrier international avec la confrontation des acteurs de ce mini roman érudit qui aurait assurément amusé Cendrars (la jeune thésarde, l'éditeur, le diplomate bulgare indigné qui dément être un faussaire, l'universitaire célèbre et la fille de l'écrivain pris à témoin, ...), - tout cela sous le regard de l'Alamblog qui affirme avoir sous la main une autre édition du supposé manuscrit.
À compter du 14 juillet, l'équipe Fabula fait comme les plus chanceux d'entre vous: les bénévoles qui animent le site prennent des vacances jusqu'au 20 août environ. Merci de différer jusque-là vos messages, annonces de manifestations ou de parutions, envois de livres, de textes ou comptes rendus, et de faire preuve dans les premiers jours de septembre d'un peu de patience… Bonnes lectures à tous.
Les mois écoulés ont vu paraître plusieurs volumes consacrés à l'œuvre de R. Desnos: une biographie par Anne Egger, l'ouvrage collectif Robert Desnos
Surrealism in the Twenty-First Century, les actes d'une journée d'études coordonnés par Carmen Vásquez et de Marie-Claire Dumas, Robert Desnos le poète libre, et un coffret DVD, Robert Desnos inédits, avec le film La belle saison est proche de J. Barral. À signaler encore: le site de l'association des amis de Robert Desnos.

Du pacte autobiographique à Signes de vie, en passant par Cher Cahier, Le Moi des Demoiselles ou Cher écran, c’est toute sa carrière intellectuelle que Philippe Lejeune a consacré à l’écriture de soi. Il donnera cinq conférences sur cet itinéraire lors des Sessions de linguistique et de littérature organisées par l’association CLELIA, à La Baume, du 27 au 31 Août 2007. Des communications proposées par les participants complèteront ce bilan critique, du côté des littératures anciennes et contemporaines. Des places sont encore disponibles !
À la veille de l'été, plusieurs éditeurs nous offrent de glisser des anthologies dans nos bagages: une copieuse Anthologie des humanistes européens de la Renaissance réunie par J.-C. Margolin (Folio), une Anthologie de l'épigramme de l'Antiquité à la Renaissance (Poésie/Gallimard), un florilège de textes de R. Char sous le titre de Poèmes en archipel (Folio), des Lectures françaises de la fin du Moyen Age, Petite anthologie commentée de succès littéraires par F. Duval (Droz),ou encore dans la collection d'essais de théorie littéraire "GF-Corpus" (Flammarion), Le Théâtre, par B. Louvat-Molozay, et La Poésie par H. Marchal.

Dans le cadre de son programme directeur sur les axiologies de la littérature, le groupe Phi (CELAM - Rennes2) propose le 21 juin à l’ENS (Paris) une journée d’étude «Exercice, délégation et contestation de l'autorité littéraire». Organisée en collaboration avec le TELEM (Bordeaux3), l’ENS, le CRAL (CNRS-EHESS) et Fabula, la journée se terminera par une conférence de Susan Rubin Suleiman (Harvard) : «Reflexions sur un parcours: l'autorité comme cible ou comme valeur».
Le philosophe américain s'est éteint le 8 juin dernier. Il était l'une des principales figures de la pensée pragmatique, soucieux de (ré)concilier la philosophie analytique et la tradition "continentale". Surtout connu en France pour Objectivisme, relativisme et vérité (PUF, 1994) et ses essais sur les Conséquences du pragmatisme. Essais 1972-1980 (Seuil, 1993), au centre de plusieurs débats. Il avait pu faire paraître récemment en France des entretiens avec P. Engel (À quoi bon la vérité?, Grasset, 2005) et L'Avenir de la religion (Bayard, 2006).
Dispersée de préfaces en lettres privées, l'œuvre de Jean Chapelain constitue l'une des toutes premières théories de la fiction moderne: mêlé à la Querelle du Cid comme à la fondation de l'Académie française, il est l'un des artisans de ce que nous regardons aujourd'hui comme la "doctrine classique". L'édition A.C. Hunter des Opuscules critiques, depuis longtemps introuvable vient de faire l'objet d'une révision par Anne Duprat, dans un volume qui réunit les grands textes de référence sur le statut de la fiction, sans doute les plus discutés dès le XVIIe s., mais aussi l'indispensable De la lecture des vieux romans.

De Babel à Herder, poésie et savoir ont recherché l’origine du langage et ont souvent émis l’hypothèse d’une langue mère. Sous la direction d’Olivier Pot, un numéro de la revue Le genre humain, « Origines du langage », explore fables et théories de l’origine et se termine par un entretien avec Maurice Olender. Deux extraits de l'article de Philippe Borgeaud paru dans ce volume, accompagnés de quelques considérations sur Babel dans la Bible par Thomas Römer, sont disponibles au format pdf. Pour Merritt Ruhlen, dans un ouvrage très discuté et récemment traduit en français, l’humanité n’a inventé le langage qu’une seule fois : une seule langue est bien à L'origine des langues. Chez Fayard enfin : Aux origines des langues et du langage , sous la direction de Jean-Marie Hombert.
Avec la parution de son numéro 120 riche de plusieurs centaines de pages, la revue Po&sie fête son trentième anniversaire. Le comité de rédaction les lecteurs et amis de la revue à une soirée de lectures, de concerts et de chorégraphies dans le cadre des "revues parlées" du Centre Georges Pompidou, le 20 juin prochain. "La poésie n’est pas seule. Qu’entendre par cette irénique assertion ? Que si on la prend seule, la mettant à part plus ou moins formellement en insistant sur son isolat, il y a risque qu’elle s’efface, réduite à de l’insignifiance sociale, sans influence sur les savoirs et les entreprises, les inventions et les dispositions, plus très éloignée du ridicule où on la voit parfois" (M. Deguy).
1764 pages d'une critique qui nous propose de parler des "procès littéraires", de la "querelle des sources", du "romanesque", du "problème de la liberté poétique", qui nous invite à fonder une "géographie littéraire", à penser les rapports entre "cinéma et littérature" en observant "Homère au cinéma" ou les films de Chaplin, à regarder du côté de la grammaire, de la philosophie, à lire Mistral et Montaigne, Bossuet et Loti, au nom de "l'attention à l'unique" et du pluralisme de la littérature. Alors que dans un formidable essai d'histoire intellectuelle François Azouvi revient sur La Gloire de Bergson, les 144 articles rédigés par Albert Thibaudet entre 1912 et 1936 pour la NRF viennent de reparaître en Quarto, exemplairement annotés et préfacés par Antoine Compagnon et Christophe Pradeau.

Une journée d'étude, le 1er juin à Nanterre, se propose d'étudier Proust dans ses rapports avec la littérature étrangère, dans une perspective comparatiste (voir la présentation, le programme et la nouvelle page de l'atelier), tandis qu'un colloque est annoncé à Londres, à l'occasion du 80e anniversaire de la parution du Temps Retrouvé, en 1927.
De l’autopsie comme fondement de leur autorité aux effets recherchés par les historiens, l’histoire fut et reste en partie affaire de vision. Voir puis écrire ce qui s’est passé, « le réfléchir comme un miroir », tel est l’un des problèmes qui constitue l’ordinaire de l’historien selon François Hartog dans Evidence de l’histoire , récemment réédité dans la collection « folio ». Adriana Zangara, dans Voir l’histoire (Vrin, mai 2007), interroge pour sa part les notions d’enargeia et de sunopsis dans les théories anciennes du récit historique et pose une question qui reste d’actualité: que fait l’historien qui nous fait voir l’histoire ?

Le romantisme s’explore en référence à ses lieux cultes, Rome, le 2 juin pour une journée consacrée aux Promenades dans Rome , la Grèce avec un colloque « Les romantiques et la Grèce »,les 1er et 2 juin, Paris, les 7, 8 et 9 juin, pour le colloque de la Société des Etudes Romantiques et Dix-neuviémistes, "La vie parisienne" .
Une protéine est-elle une œuvre littéraire ? Peut-on cultiver des mots dans une boite de Pétri ? Entre concrétisation d'anciens fantasmes démiurgiques et exploration des mutations du texte, la "biopoésie" d'Eduardo Kac propose d' "employer les biotechnologies et les organismes vivants en poésie comme un champ nouveau pour la création verbale". Enseignant à Chicago, ce poète et plasticien est l'invité de la Biennale internationale des Poètes en Val-de-Marne, à l'occasion de la parution d'une anthologie bilingue et d'une exposition à Villejuif. Il sera aussi reçu à Beaubourg le 3 juin, et à Paris III le 8 juin.
La dernière séance du séminaire Figure / Fiction, ouvert par Gérard Genette en novembre dernier, a lieu ce mercredi 23 mai, à 16h à l'ENS (salle Beckett). Françoise Lavocat (Université Paris VII) se demandera ce que la figure fait aux fictions, à travers un bilan de son propre travail sur les enjeux de l'allégorie, dont les rapports avec l'évolution de l'idée même de fiction fournissent un cadre neuf à la grande histoire du roman.
EDITO MIS A JOUR LE 10/06: Les nouveaux programmes d'agrégation sont dans le B.O spécial du 17 mai. Le Roman de Renart, Du Bellay, trois pièces de Rotrou, les Salons de Diderot, Verlaine (deux autres parutions récentes ici et là), Gracq sont au programme de littérature française. La nouvelle question de littérature comparée s'intitule "La Misanthropie au théâtre" (Ménandre, Shakespeare, Molière, Hofmannsthal). Les Classiques auront enfin affaire à Euripide, Denys d’Halicarnasse, Hésiode, Isocrate, Properce, Ambroise, Térence et Cicéron.
Philosophe, professeur à Berkeley, connue pour ses travaux dans le domaine des gender studies et des études féministes (Troubles dans le genre), sur le "pouvoir des mots" (Politique du performatif), ou plus récemment sur "les pouvoirs du deuil après le 11 sept." (Vie précaire), Judith Butler vient de faire paraître un essai sur Le Récit de soi. Elle est mardi prochain, 22 mai, l'invitée du Groupe de Recherches Théoriques auquel Fabula est associé, pour une conférence (en français) intitulée: "Violence et non-violence des normes".
Une nouvelle édition des Essais de Montaigne, conforme à la version posthume du texte, paraît dans la collection "La Pléiade". Les éditions Gallimard publient simultanément l'Album Montaigne, dont la conception a été confiée à Jean Lacouture, et un commentaire par Alexandre Tarrete dans la collection "foliothèque".


Hasard du calendrier éditorial ou convergence significative, ces derniers mois ont vu paraître une série d'ouvrages sur les rapports que les écrivains et la littérature elle-même entretiennent avec la langue. Acta fabula, notre revue des parutions, en offre des analyses: F. Provenzano propose ainsi une lecture croisée de La Langue orpheline de B. Cerquiglini et de Clio au Parnasse. L'invention de "l'histoire littéraire" aux XVIe & XVIIIe s. d'E. Morgat-Longuet. Ces relations de la littérature et la langue intéressent aussi la critique génétique: G. Bellon rend compte d'un ouvrage collectif consacré aux Écrivains-linguistes: témoignages et traces manuscrites, A. Genon nous fait entrer dans Les coulisses de l'autofiction à l'occasion de la parution des actes d'un récent colloque co-organisé par l'ITEM & l'équipe Fabula à l'ENS. M.-L. Clément interroge la question du bilinguisme et des échanges interculturels France-Maghreb telle que formulée par M. Rosello dans Encontres méditerranéennes. Un autre volume collectif dont rend compte D. Ginfray s'interroge sur "l'étrangeté de la langue" dans l'œuvre de J. Conrad.

A force de lectures psychologisantes ((Verlaine dépressif et rêveur), on a oublié le travail du poète, son rapport d’adaptation rusée et de contestation face à la poésie et à la société de son époque. Il est temps de relire Verlaine sous d’autres éclairages. Un récent numéro d’Europe dirigé par Steve Murphy s’engage sur cette voie tandis qu’un commentaire de Fêtes galantes, Romances sans paroles et Poèmes saturniens par Arnaud Bernadet paraît dans la collection Foliothèque des éd. Gallimard. Parution en juin: Forces de Verlaine, textes réunis par Yann Frémy pour la Revue des Sciences Humaines (n°285). Toujours en attente de recension pour Acta fabula: Seth Whidden, Leaving Parnassus. The Lyric Subject in Verlaine and Rimbaud.
Metteur en scène et dramaturge, Jean-Luc Lagarce aurait eu 50 ans en février 2007. De nombreuses manifestations lui rendent hommage coordonnées en une "année Lagarce". Le Centre de Recherches sur l'Histoire du Théâtre (CRHT) consacre un colloque à des "Regards lointains" sur la pièce Pays lointain, à l'initiative de D. Guenoun. Plusieurs pièces sont actuellement à l'affiche tant à Paris qu'en province ou à l'étranger, et une série de publications viennent révéler des textes encore inédits. Un site Internet lui est désormais dédié.


La collection "L'imaginaire" (Gallimard) fête ses trente ans et réédite à cette occasion de nombreux titres d’un catalogue riche de 200 auteurs et 540 volumes, dont désormais une dizaine d’éditions spéciales avec DVD de l'adaptation cinématographique (Effi Briest de Fontane/Fassbinder, Le Festin nu de Burroughs/Cronenberg…) ou archives sonores sur CD (Artaud, Yourcenar, Morand, Duras, Cortazar…).


Le 25 avril (rue d'Ulm), prochaine séance du séminaire "Genèses cinématographiques" qui s’associera le 28 avril avec l’équipe "Genèse et Autobiographie" pour une journée d'étude "Genèse et cinéma autobiographique", suivie d’une table ronde sur les "Journaux filmés", animée par Philippe Lejeune. Côté parution en études génétiques, noter le numéro 27 de la revue Genesis, dont la prochaine livraison sera consacrée au cinéma.

Michel Arrivé explore les "anfractuosités" d'une pensée qui se voulait exploration des "cavernes" du langage. A la recherche de Ferdinand de Saussure propose notamment des réflexions sur Saussure et le temps, Saussure et la littérature ou encore Saussure, Barthes et Greimas. Pour consolider quelques bases, le "Que sais-je?" consacré à la linguistique est réédité, avec un texte signé Jean Perrot.

Prix Goncourt et Grand prix du roman de l’Académie française 2006, l’autre livre dont tout le monde parle, Les Bienveillantes, est attaqué dans une récente publication qui accuse le monde intellectuel de complaisance à son égard. Le dernier numéro de la revue Le Débat consacre plusieurs entretiens et articles au roman de Jonathan Littell, qui sera invité le 24 avril à l’ENS-Paris pour une conférence précédée d’une table ronde pluridisciplinaire.

Fabula vous offre de prendre connaissance de l'ensemble des sujets de dissertation proposés à l'Agrégation de Lettres 2007, en littérature française & littérature comparée, lettres modernes, classiques & grammaire, concours externe & interne.
de "Animal" à "Zographie" en passant bien-sûr par "Différance" et "Pharmakon", L' ABéCéDaire de Jacques Derrida explore les concepts centraux de la pensée du philosophe. Comme les précédents volumes, sur Foucault et Bourdieu, ce troisième titre d'une collection des éditions Sils Maria diffusée par Vrin fait aussi bien office d'"introduction à" que d'aide mémoire. Un prochain numéro sera consacré à Levi -Strauss.
Le livre dont tout le monde parle, et qui, une fois lu, semble devoir mettre la main de ses lecteurs à la plume, s'intitule Comment parler des livres que l'on n'a pas lus?… Avec un temps de retard sur la presse littéraire (le temps qu'il fallait pour relire l'ouvrage), la revue des parutions Acta Fabula s'intéresse à son tour au dernier essai de P. Bayard, avec trois comptes rendus (dont deux parvenus spontanément à la rédaction: la chose est assez rare pour être signalée).
D. Vaugeois s'interroge sur la désacralisation de la lecture ; S. Lojkine examine l'option psychanalytique défendue par P. Bayard, F. Schuerewegen traque dans la bibliothèque de l'auteur le souvenir involontaire de Proust. On lira également sur le site Vox Poetica l'article de F. Wagner qui, pour sa part, traite de l'ouvrage en poéticien ; le site des éditions de Minuit offre de son côté une copieuse revue de presse, et annonce encore un article de M. Escola dans la dernière livraison de la revue Critique (n° 720, mai 2007).
Signalons aussi que l'ensemble des textes et débats suscités par les précédents livres de P. Bayard se trouvent regroupés au sein de l'Atelier de théorie littéraire de Fabula.
Michel Deguy sera le prochain invité du Groupe de Recherches Théoriques (ED Paris-Sorbonne & IRI Centre G. Pompidou) dont Fabula est partenaire, le 24 avril prochain, pour une conférence intitulée: "Une poétique est-elle une théorie?" (En Sorbonne, Amphi Milne Edwards, 19h). Rappelons que les précédentes conférences publiques du GRT sont disponibles sur Fabula en fichiers audio.
Encore peu connues du public français, les éditions bruxelloises Academia Bruyalant accueillent une nouvelle collection pour aller "au coeur des textes": ouvrages collectifs, essais et nouvelles perspectives de recherche. Parmi les premiers titres parus: L'écriture et le souci de la langue, Éthique et significations, Métamorphoses du journal personnel, Sartre critique littéraire, et tout récemment Genèse et autofiction, un volume issu d'un colloque co-organisé par l'équipe Fabula à l'ENS.
En 1904, le Figaro rendait compte d’une traduction de La Bible d’Amiens, «due à un jeune écrivain de talent». Proust, qui aurait appris l’anglais en s’appropriant la phrase ruskinienne, «voulait révéler un auteur et sentait que la traduction était une merveilleuse école de style» (J.-Y.Tadié). Les éditions Bartillat remettent en circulation le laboratoire de la Recherche que constituent cette traduction, son annotation et surtout sa préface, montage d’articles où l'esthétique de Proust s'affirme aussi contre celle de Ruskin.

Deux ans bientôt après la disparition de l’homme, la pensée de Ricoeur semble plus que jamais vivante. Tandis que des textes inédits sont en ligne sur le site du Fonds Ricoeur ou recueillis dans Vivant jusqu’à la mort, un ouvrage collectif propose une réflexion sur Paul Ricoeur et les sciences humaines . Et pour se familiariser avec les grands thèmes de cette philosophie, un Vocabulaire de Paul Ricœur complétera peut-être une récente anthologie faisant la part belle à la question des « puissances de l’imaginaire ». Ce dernier titre est d’ailleurs disponible pour une recension dans la revue Acta fabula, ainsi qu’un numéro hors série de la revue Rue Descartes: L'Homme capable. Autour de Paul Ricoeur. Rappelons enfin qu’une page de l’atelier de Fabula offre une lecture croisée de deux maîtres ouvrages du philosophe.

"Déplacements": tel est le nom de la collection d'expérimentation littéraire destinée à arpenter des territoires neufs avec les premières publications de jeunes auteurs, que Bernard Comment et François Bon viennent de créer aux Éditions du Seuil pour renouer avec ce que l'on n'ose plus nommer la création "d'avant-garde" (six ouvrages par an et un site Internet qui présentera en parallèle d'autres travaux des auteurs). Le site de F. Bon offre un texte de présentation détaillée sur les ambitions de la collection.
Les éditions Christian Bourgois rééditent au format "poche" dans la collection "Titres" et pour un prix courageusement modique une série d'essais initialement parus dans la collection "Détroits" et devenus pour beaucoup introuvables: Idée de la prose de G. Agamben, Le Journal du docteur Faustus de Th. Mann, ou Chercher une phrase de P. Alféri, mais aussi des titres de G. Didi-Huberman, E. Villa-Matas, P. Handke, T. Morisson…
"Quelles sont, dans le contexte politique et social qui est aujourd'hui le nôtre, les conditions de possibilité d'une relation morale à soi et aux autres?", s'interroge Judith Butler dans Le Récit de soi dont la traduction française était très attendue. J. Butler sera le 22 mai prochain l'invitée du Groupe de Recherches Théoriques (ED 3 de Paris-Sorbonne & IRI du Centre G. Pompidou) dont Fabula est partenaire. Rappelons que les précédentes conférences du GRT sont progressivement disponibles en fichiers audios.
" Ma confiance en l'avenir de la littérature, déclarait Calvino, repose sur la certitude qu'il y a des choses que seule la littérature peut nous donner." Dans La Littérature, pour quoi faire? , sa leçon inaugurale au collège de France, Antoine Compagnon interroge ce credo et pose une question critique et politique : " Que peut la littérature ? Quelle valeur la société et la culture contemporaines lui attribuent-elles ?
Longtemps réputée pour ses romans historiques et ses biographies « conjuguant vedettariat et conservatisme politique » (F. Dosse, Le Pari biographique), l'éditeur Tallandier accueille depuis quelques années des titres répondant mieux aux attentes universitaires. "Texto", une nouvelle collection fondée par J.-C. Zylberstein, doit "réunir biographies d’hommes et de femmes célèbres, tableaux vivants d’époques ou d’événements qui ont marqué le cours des siècles (...). Livres d’histoire, ce seront aussi autant de récits : vastes fresques ou études et recherches ponctuelles, souvent initiatiques, parfois identitaires, livres d’aventures toujours, individuelles ou collectives"
Chaque langue fait l'écho d'une autre, en témoignage de ce babil enfantin dont l'effacement a permis la parole : c'est la thèse de Daniel Heller-Roazen (Princeton) dans Echolalies. Essai sur l'oubli des langues, qui vient de paraître en traduction au Seuil dans la collection "Librairie du XXIème siècle". Fabula vous offre la lecture du premier chapitre. B. Cerquiglini s'interroge de son côté, dans Une langue orpheline, sur l'édification de la langue française et le souci de compenser en elle et par elle le défaut d'un latin enfui.
Comment parcourir le grenier de la science-fiction, mi rangé, encombré de vaisseaux spatiaux, de machines à remonter le temps, de créatures aux anatomies improbables? Auteur d'un ouvrage récent, La science-fiction. Lecture et poétique d'un genre littéraire, dont on peut lire dans Acta Fabula le compte-rendu, Irène Langlet présentera le mercredi 28 mars à l'ENS une réflexion intitulée: "La science-fiction, fictions et figures". Cette communication a lieu dans le cadre du séminaire collectif "De la figure à la fiction", dont l'Atelier de Fabula héberge les travaux.
Semestre après semestre, La Petite Bibliothèque Rivages vient offrir aux lecteurs français les brèves méditations de G. Agamben sur la morale, la mémoire ou le monde de la technique, avec ce mois-ci Qu'est-ce qu'un dispositif? dans une traduction de M. Rueff: "Les dispositifs où se jouent désormais nos existences — du téléphone portable à la télévision, de l'ordinateur à l'automobile — ne se trouvent pas face à l'homme comme de simples objets de consommation. Ils transforment nos personnalités. La question devient alors : quelle stratégie devons-nous adopter dans le corps à corps quotidien qui nous lie aux dispositifs ?" Rappelons à cette occasion la récente parution d'un ouvrage collectif autour de G. Agamben, La Littérature en puissance et l'analyse de la notion de dispositif procurée par Bernard Vouilloux dans un récent numéro de Critique.

Initialement paru aux Belles Lettres en 2005, le dernier ouvrage de Pierre Vidal-Naquet est maintenant disponible dans la collection « Points Essais » des éditions du Seuil. « Ce petit livre, voici à peu près un demi-siècle qu’il se prépare en moi » écrivait-il dans l’introduction de la première édition. Après une (re)lecture magistrale du Timée et du Critias de Platon, Vidal-Naquet retrace l’histoire du mythe de l’Atlandide, de l'Antiquité à W de Perec, en passant par la Renaissance, lorsque certains indentifient le Nouveau Monde au continent imaginé par Platon, et par les différentes appropriations nationalistes du mythe. Une parfaite entrée en matière pour découvrir l’œuvre de cet historicus dont les travaux et les engagements furent partagés entre Antiquité et période contemporaine. Plusieurs liens concernant Vidal-Naquet sont par ailleurs à la Une de notre page web littéraire.
Le dernier livre de G. Didi-Huberman interroge les relations anthropologiques cruciales que les images entretiennent avec le corps et la chair : L'Image ouverte offre une impressionnante traversée d'images qui ne sont pas faites pour décorer, simuler ou consoler, mais pour agir, nous bouleverser et nous donner accès à quelque chose comme une profondeur. Un entretien de l'auteur avec A. Veinstein est disponible en fichier audio pendant quelques jours sur le site de France Culture.
Comme tous les grands historiens français nés sous la Révolution ou l’Empire — à l’exception de Guizot et Thierry, Michelet a écrit son Histoire de la Révolution Française, qui parut de 1847 à 1853 : « Toute histoire de la Révolution jusqu'ici était essentiellement monarchique. Celle-ci est la première républicaine, celle qui a brisé les idoles et les dieux. De la première page à la dernière, elle n'a eu qu'un héros : le peuple. » Gallimard publie enfin en poche (coll. « Folio Histoire ») l'intégralité des deux tomes de l’édition établie et annotée par Gérard Walter pour la Bibliothèque de la Pléiade. Par un heureux hasard, Gallimard réédite dans la coll. "Quarto" l'ensemble des écrits de F. Furet sur la Révolution, dont le toujours très discuté Penser la Révolution. À noter encore, en « Folio Classique », une traduction entièrement nouvelle de l’Histoire d’Alexandre de Quinte-Curce.
Dans Le Monde des livres du 15 mars dernier, J. Rouaud & M. Le Bris prenant acte de la récente distribution des prix littéraires qui sont allés à des "écrivains venus d'ailleurs", font paraître un manifeste qui affirme l'émergence d'une "littérature-monde en français" et voudrait dresser l'acte de décès de la francophonie. Le manifeste est signé par une cinquantaine d'écrivains…
Après le republication de l'ouvrage déjà ancien d'E. Saïd, Orientalisme, l'édition française ouvre grand les yeux sur le monde de la culture "post-colonial studies". Théoricien du sujet post-colonial, créateur des concepts d'hybridité culturelle, de "double conscience" et de "mimicry", penseur des identités, de la globalisation et des appartenances nationales, héritier de Derrida qui s'appuie aussi bien sur la littérature et la philosophie que sur la psychanalyse et l'histoire, figure majeure du paysage intellectuel américain, voici Homi K. Bhabha enfin traduit, avec la parution des Lieux de la culture. Une théorie postcoloniale. On trouvera aussi dans l'Atelier de Fabula une présentation des questionnements postcoloniaux. De quoi réduire l'estrangement de la vie intellectuelle américaine.
Consacrée à la recension d’ouvrages de théorie, de critique et d’histoire littéraires, Acta fabula vous propose régulièrement des comptes-rendus développés, ou plus rarement de simples notes de lecture, validés par un comité de rédaction. Pour faire face au flux toujours croissant des parutions qui nous parviennent, la revue a besoin des efforts de tous: consultez depuis le sommaire en cours la liste des "ouvrages en attente de rédacteur"; régulièrement actualisée, cette page précise les modalités d'obtention des ouvrages. Rappelons encore que les comptes rendus sont indexés par le moteur de recherche, en sélectionnant "Acta" dans le menu déroulant. Nous invitons en outre, et une fois encore, les auteurs et éditeurs à faire bénéficier Acta fabula de leur service de presse, à adresser à l'ENS, 45 rue d'Ulm, 75 230 Paris Cedex 05.
Le dernier titre paru dans la coll. "Poétique" des éditions du Seuil offre un petit traité du suspense sous le titre La Tension narrative: "la narrativité réside précisément dans ce nœud coulant, toujours plus serré à mesure que nous progressons dans l'histoire, qui nous attache à l'intrigue et creuse la temporalité par l'attente impatiente d'un dénouement. Si le récit a quelque chose à voir avec la manière dont nous éprouvons le temps, cette expérience n'apparaît jamais avec autant d'éclat que dans le suspense, la curiosité ou la surprise qui font la force des intrigues fictionnelles."
Les éditions Bayard font paraître ces jours-ci la traduction française d'un article fameux de Carlo Ginzburg, "Unus testis", suivie d'un entretien (consultable aussi en ligne) réalisé par Philippe Mangeot: "penser l’histoire comme un rapport de force, c’est assumer le fait que le passé est contradictoire, et s’attacher à la réalité comme au grain de sable qui fait dysfonctionner le système". Un récent colloque franco-canadien, dont les actes restent à paraître, proposait de son côté des "Regards croisés sur le témoignage, la fiction et l'historiographie". Deux autres volumes collectifs sur la question ont récemment fait l'objet de comptes rendus dans Acta fabula: L’Histoire trouée, négation et témoignage (textes réunis par Catherine Coquio) et Se raconter, témoigner (sous la direction de Carole Dornier). Et dans l'Atelier de théorie littéraire de Fabula, on peut lire un article synthétique de L. Vigier: "Figures et portée du témoin dans la littérature du XXème siècle".

Du nouveau dans la collection « Medievalia » des éditions Paradigmes. Après avoir découvert dans les Enfances arthuriennes que le monde du roi adulte guidé par un Merlin sans âge est un univers qui s’efforce d’accéder à la maturité, les médiévistes, et les autres, pourront se plonger dans les Avatars de la matière épique de la Chanson des Saisnes (Saxons) de Jean Bodel. Les amateurs de récits pittoresques trouveront dans l’édition du Livre des Miracles de saint Gilles trente et un récits de prodiges attribués au saint ermite, véritables «romans feuilletons» mettant en scène prisonniers libérés ou « pendus dépendus ». Vient récemment de paraître une étude de Catherine Rollier-Paulian sur Le Roman du Comte d’Anjou où Jean Maillart (XIVe siècle) s’élève contre l’illusion courtoise bâtie par la littérature qui le précède. A noter aussi, aux éditions Droz, une nouvelle édition critique des Mémoires de Philippe de Commynes et aux Presses de la Sorbonne, Moult obscures paroles. Études sur la prophétie médiévale, dirigé par Richard Trachsler et La dérision au Moyen Age (Etudes réunies par Elisabeth Crouzet-Pavan et Jacques Verger). Parution des Actes du Colloque des 27 et 28 avril 2007 (ENS Paris) : Jeunesse et genèse du royaume arthurien. Les Suites romanesques du Merlin en prose.

Alors que paraît un commentaire de l'Odyssée dans la collection foliothèque et à l’occasion de l'exposition « Homère, sur les traces d'Ulysse », un colloque « autour d’Homère », le 27 mars à la BnF, rappellera les débats qui entourent l'oeuvre homérique, des métamorphoses que les deux figures d’Homère et Ulysse ont connues à travers les siècles aux enjeux liés à la transmission d'une œuvre , de l'inscription historique et géographique de l'Odyssée dans le monde méditerranéen aux restitutions contemporaines, via l'édition, la scène et le cinéma. Anthologie littéraire autant que livre d’art, le beau catalogue de l'exposition "La Grèce des modernes: l'impression d'un voyage, les artistes, les écrivains et la Grèce (1933-1968)" (Lille jusqu’au 22 avril) est un complément essentiel aux Actes du colloque consacré à la revue Le Voyage en Grèce (1934-1939) pour interroger les modalités de survivance de l’Antiquité grecque dans les représentations modernes.
À destination de nos visiteurs étrangers: l'Université de Poitiers organise une session d'été de littérature française, de niveau mastère ou doctorat. Deux séries de cours, ateliers et séminaires, ponctuées de visites et manifestations culturelles, sur "La collection, enjeux et représentation" et "Formes poétiques: de la Renaissance aux pratiques contemporaines", associées à un colloque sur le sonnet: "Retours au sonnet".
La revue des parutions Acta fabula fait désormais une place aux essais d'esthétique sur la musique et les compositeurs dans leur relation avec l'histoire de la culture: on trouvera dans le sommaire en cours, trois articles sur de récents livres de Timothée Picard relatifs à Gluck, mais aussi et surtout au compositeur de la Tétralogie: Wagner comme "question européenne" et comme emblème d'une utopie historique, celle de "l'art total". Deux recensions d'Anne Fillaudeau sur le "cas Wagner" à découvrir solidairement.
Après trois numéros sur "Théorie et histoire littéraire", "Les philosophes lecteurs" et "Ce que le cinéma fait à la littérature", la revue en ligne de Fabula lance un nouvel appel à contributions sur le thème "L'écrivain préféré", soit, pour un autre écrivain ou un simple lecteur, l'auteur qui "vaut" à lui seul toute la littérature. L'appel précédent, qui porte sur "Microlectures,close readings: les complications de texte" et les questions de méthode des "lectures rapprochées" est prolongé jusqu'à la fin du mois avril. Rappelons que les textes adressés à la revue sont ensuite anonymement évalués par le comité de lecture.
Sous ce titre, la dernière livraison de la revue Littérature (144, février 2007) réunit des textes inédits en version française de cinq représentants des tendances actuelles de la recherche nord-américaine : J. Dejean, E. Apter, M. Rothberg, J. Culler, S. During. Le recueil offre bien plus qu'un dépaysement: on y aborde Molière sous l'angle de la sexualité et de la censure, la naissance de la littérature comparée avec les séjours de Spitzer et Auerbach à Istambul, le staut disciplinaire des cultural studies…
L'intérêt pour les questions génériques est aujourd'hui avant tout pragmatique: que fait-on lorsqu'on lit ou que l'on classe une œuvre selon tel ou tel genre? Telle était la question posée lors d'un récent colloque tenu à Lausanne et Paris, dont une livraison de La Licorne réunit les actes sous le titre Le Savoir des genres. Compétences génériques, effets de reconnaissance et de méconnaissance, savoir et mémoire génériques: le genre apparaît comme une médiation essentielle de nos pratiques de lectures.
La collection GF des éditions Flammarion, traditionnellement dévolue aux rééditions des textes canoniques les plus sages du Moyen Âge au XIXe siècle ouvre ses rayons à la littérature libertine et clandestine, avec deux classiques du genre: La Philosophie dans le boudoir (1795) de Sade, dans une édition établie par J.-C. Abramovici, et une plus inattendue Thérèse philosophe (1748), dans une édition procurée par F. Lotterie avec les gravures licencieuses de l'édition de 1785 (très correctement reproduites en pleines pages…). De quoi nourrir notre réflexion sur le bon usage des classiques…
En 1891 paraissaient dans l'Écho de Paris la célèbre "Enquête sur l'évolution littéraire" de J. Huret, rééditée en 1999 par les éd. J. Corti, mais aussi une moins connue "Enquête sur le roman romanesque", récemment rééditée par J.-M. Seillan aux éd. Encrage (voir dans Acta fabula le compte rendu donné par N. Piégay). Il y a trois ans A. Bordes, S. Carbonnaux & S. Takvorian ont entrepris de dresser un nouvel état des lieux du paysage romanesque de ce début du XXIe siècle: 150 écrivains, directeurs de revues, journalistes répondent à cette enquête élargie à toutes les formes actuelles du roman, enquête qui s'ajoute à celle, toute aussi récente, de la revue Inculte.
Organisateur d'un important colloque sur L'Histoire littéraire à l'aube du XXIe siècle : controverses et consensus (PUF, 2006) et éditeur des Fondements de l’histoire littéraire, de Saint-René Taillandier à Lanson (Champion, 2002) élaborés à partir de rares archives pédagogiques du premier XIXe s., Luc Fraisse a récemment fait paraître sous le titre L'Histoire littéraire, un art de lire (Gallimard, 2006) un véritable manuel destiné à l'enseignement de la littérature française au lycée. L. Angard & G. Dubosclard ont rencontré l'auteur pour un entretien.
Nous sommes heureux d'annoncer la mise en ligne des journées d'études « À la recherche d’Albertine disparue », organisées par Francis Marmande et Sylvie Patron à l’Université Paris 7-Denis Diderot le 27 janvier dernier (équipe de recherche « Littérature au présent » - EA 1819), onzième colloque publié en ligne sur Fabula.
Rappelons à cette occasion que l'Atelier de théorie littéraire de Fabula offre un dossier de M. Lavault sur les problèmes d'édition du texte et la critique génétique de Proust.
Thibaudet opposait le "noir du temps", la nuit obscure où sombrent les œuvres oubliées, à la "patine du temps" qui vient protéger les réalisations mémorables de la culture. Une esthétique des œuvres mineures est-elle possible? P.-A. Claudel propose dans l'Atelier de théorie littéraire une série de réflexions sur la possibilité d'une histoire littéraire faite d'inconnus, occasion de revisiter quelques livres récents sur la mémoire des œuvres (J. Schlanger, W. Marx, A. Compagnon). On confrontera avec profit ces propositions à de précédents articles parus dans Acta fabula: "Pourquoi faut-il être absolument moderne?" & "L'histoire littéraire revisitée" par J.-L. Jeannelle, et , dans l'Atelier, aux archives de travaux collectifs en cours: "L'histoire littéraire des écrivains" & "Sortir du temps".
Ces interrogations sont également partagées par les spécialistes du XVIIe siècle, où la norme "classique" a rejeté dans les marges une série de "dissidents" ou d'excentriques : un récent volume collectif offert à M. Alcover en offre la galerie (compte rendu par S. Feller).
En raison du grand nombre de bulletins d'adhésion reçus, la période d'inscription se prolongera jusqu'au 31 mars 2007. Le bulletin peut être téléchargé sur la page Adhésion du site de la SelfXX.
La prochaine conférence du Groupe de Recherches Théoriques (coorganisé par l'ED 3 de Paris-Sorbonne & IRI-Centre Georges Pompidou) sera donnée par Thomas Dommange, directeur de programme à l'Université de Montréal et au Collège International de Philosophie, sous le titre: "Pourquoi une théorie de l'espace musical?". En Sorbonne, Amphi Milne Edward, mardi 13 février prochain, à 19 h. Cette conférence sera prochainement disponible au format audio sur Fabula, où l'on peut entendre ou réentendre les précédentes (D. Guénoun, B. Stiegler, S. Kay…).
Du Japon à la Normandie les parutions autour de l'oeuvre de George Sand fleurissent cet hiver avec ces réflexions sur les héritages de G. Sand aux XXe et XXIe siècles proposées par la Société Japonaise des Etudes Sandiennes, ou sur les Pratiques et imaginaires de l'écriture aux Presses Universitaires de Caen. Après une promenade à travers les jardins sandiens (Fleurs et jardins dans l'oeuvre de G. Sand ) et une méditation sur les thèmes extralittéraires qui bourgeonnent autour des oeuvres de Sand (G. Sand et les arts), les spécialistes pourront proposer des fleurs nouvelles en répondant à l'appel à contribution de la G.S. Association (Ecriture, Performance et Théâtralité dans l'oeuvre de George Sand).
Stendhal a beaucoup écrit avant Stendhal, dans l'ombre clandestine du journal ou de la correspondance, dans les essais dramatiques de sa jeunesse. C'est ce premier Stendhal que propose d'explorer le volume Henri Beyle, un écrivain méconnu (actes d'un colloque de novembre 2004). Une nouvelle édition de La Chartreuse, établie par Michel Crouzet à partir du texte de 1839, enrichie des notes, ajouts et retraits collectés sur tous les exemplaires annotés par Stendhal est par ailleurs disponible aux éditions Paradigme. A noter encore, la publication de ce roman dans la collection parascolaire "folioplus". Jacques Dubois nous offre par ailleurs une Sociologie romanesque de l'œuvre de Stendhal qui révèle un romancier politique: "Tout le problème de Stendhal est en réalité de conjuguer deux mondes apparemment incompatibles, celui de la politique et celui de l’amour".
(Mise à jour le 05/02) Littérature XXe: Journée d'agrégation Saint-John Perse à Aix en Provence le 16 février. Parution de Saint-John Perse, l'imagination créatrice par Colette Camelin. Voir aussi la page Ressources sur le site de la SelfXX. LGC: parutions de La représentation de l'autre dans le Don Quichotte de Cervantès et du "clef concours" Naissance du roman moderne aux éditions Atlande. Grammaire et stylistique: L'Information grammaticale n°111 et 112.
L'histoire littéraire est apparue, en tant que récit chronologique continu porté par une idée de la nation et s'adressant au-delà de la communauté savante, au XIXe siècle, ainsi que le rappelle G. Espagne dans la présentation du colloque d'Amiens (26-27 janvier 2007) : "Histoires littéraires autour de 1800 : le cas de la France et de l'Allemagne"). Les histoires qui naissent de ce cadre institutionnel excèdent néanmoins largement le modèle des synthèses pédagogiques, destinées à former des générations d'élèves : en effet, "tout peut faire événement en littérature" ("La construction de l'histoire littéraire", cours à l'ENS, lundi 11h-13h) et c'est parfois par le détour de la fiction que s'écrit l'histoire telle que la pensent les écrivains (journées d'études sur les "Fictions d'histoire littéraire", jeudi 1 et vendredi 2 février, Serpente).
Le projet de recherche interdisciplinaire Signe, déchiffrement, interprétation est consacré depuis deux ans à l’étude d’un aspect particulier de la culture française du dix-neuvième siècle : le développement de pratiques herméneutiques diverses, aussi bien dans les arts que les sciences. Nous sommes heureux d'annoncer la publication en ligne sur Fabula du colloque organisé dans ce cadre en 2004, "Le poème fait signe. L'année 2007 de ce projet se portera sur la notion d'"enquête", une première journée d'étude sur ce sujet étant organisée le 27 janvier.
De mieux en mieux vouée aux essais sur la littérature, la collection "Paradoxe" des Éditions de Minuit nous propose ce mois-ci deux titres également réjouissants: Comment parler des livres que l'on n'a pas lus? du toujours paradoxal Pierre Bayard; et La Joie spacieuse, du philosophe Jean-Louis Chrétien. À signaler encore le non moins surprenant: Sur écoute. Esthétique de l'espionnage, de Peter Szendy. L'éditeur & Fabula vous invitent à lire les premières pages de ces trois ouvrages. .
Pour rendre hommage au prix Nobel de Littérature, disparu en juillet 2005, l'Association des Lecteurs de Claude Simon (A.L.C.S.) a proposé à des intellectuels, écrivains et artistes attachés à sa personne ou à son oeuvre d'écrire librement un texte. Ont accepté, entre autres, Pierre Bergounioux, François Bon, Yves Bonnefoy, Michel Butor, Olivier Rolin, Antoni Tapies, Kostas Axelos, Michel Deguy... Ce numéro 2 des Cahiers Claude Simon contient aussi la réédition d'un texte paru dans La Revue de Paris en 1959: "Cendre", ainsi que des informations sur l'actualité de l'œuvre. Le neuvième séminaire de l’A.L.C.S. se déroulera par ailleurs le 03 février; deux interventions sont annoncées sur le thème «Claude Simon et Georges Bataille».
La commémoration du centenaire de la mort de J.-K. Huysmans sera marquée par deux colloques importants, l'un à Nimègue, aux Pays-Bas, « Huysmans chez lui », qui aura lieu les 20 et 21 avril ; l'autre, « Huysmans et les genres littéraires », se déroulera les 18, 19 et 20 octobre à Nice-Sophia Antipolis mais aussi par plusieurs publications : les Ecrits sur l'art, un recueil de textes sur Paris, et une édition des Romans, chez Laffont, sous la direction de Pierre Brunel. Enfin, le web se met à l'heure huysmansienne ; signalons le site de Marc Smeets et celui, récent, de la société J.-K. Huysmans.
"La politique de la littérature n'est pas celle des écrivains. [...] Elle suppose qu'il y a un lien essentiel entre la politique comme forme spécifique de pratique collective et la littérature comme pratique définie de l'art d'écrire", car, poursuit Jacques Rancière dans un bel essai de philosophie esthétique et d'histoire des idées qui vient de paraître chez Gallilée, la politique de la littérature consiste à intervenir "en tant que littérature dans le découpage des espaces et des temps, du visible et de l'invisible, de la parole et du bruit". Un colloque de Cerisy a été récemment consacré à l'œuvre de J. Rancière: les actes en paraissent également ces jours-ci sous le titre La Philosophie déplacée.
La sémiotique d’origine structurale a longtemps sous-estimé la dimension fondamentale du sens que constitue la temporalité, constatent Denis Bertrand et Jacques Fontanille dans Régimes sémiotiques de la temporalité. Cet ouvrage collectif appréhende le temps à distance (mais s’en nourrissant) de la philosophie et la linguistique, que la tradition culturelle a rendues dépositaires de la question temporelle. Briser l’image convenue d’une « flèche du temps » pour enrichir nos représentations, c’est aussi l'un des objectifs du séminaire Sortir du temps, la littérature au risque du hors-temps dont la prochaine séance, animée par Hugues Marchal, sera consacrée au topos de l'œuvre poétique comme vecteur de survie. Les notes de la conférence de Christine Baron sur la notion de temporalité chez kierkegaard,, sont disponibles dans les pages de l’atelier de Fabula.
A quelles expériences - morales, cognitives, épistémologiques - la lecture des oeuvres littéraires conduit-elle? Ce questionnement est au coeur d'un séminaire consacré aux rapports entre Littérature et morale à l'âge classique à l'ENS (Paris), ainsi que d'un colloque qui se tiendra à Amiens les 25,26 et 27 janvier: "Devant la fiction, dans le monde. Perception et savoir du romanesque".
L'équipe Fabula à l'ENS & le Cerlav (Paris 3) vous invitent à la troisième séance du séminaire "Fictions classiques", le 12 janvier prochain (ENS, salle Cavaillès, 14 h.): Giorgetto GIORGI (Pavia) traitera des « Poétiques italiennes et françaises du roman aux XVIe et XVIIe siècles », & Arnaud WELFRINGER (Paris 10) des rapports entre fable ésopique et fable épique dans le livre XII de La Fontaine. La constitution de la fiction sera également au centre d'une conférence de Jean-Marie SCHAEFFER, ce mercredi 10 janvier, au sein d'un séminaire consacré aux rapports et aux échanges entre figure et fiction.
Dans le cadre de ses conférences-débats, le GRT reçoit Sarah Kay, professeur de littérature française à l'Université de Princeton, après avoir été pendant deux décennies professeur à Cambridge, pour une intervention intitulée:
Poésie, vérité, et le sujet supposé savoir
le mardi 9 janvier 2007, 19h, en Sorbonne, Amphithéâtre Milne Edwards.
La singularité du travail de S. Kay - qui s'exprimera dans le thème de sa conférence - vient de ce qu'elle a mené à la fois deux sortes de recherches et de réflexions apparemment très différentes. Elle est en effet une des spécialistes internationales importantes de la littérature française et occitane de l'époque médiévale. Mais elle est aussi très engagée dans la réflexion théorique, et en particulier dans le dialogue philosophique avec des auteurs contemporains. Elle s'est intéressée particulièrement à Lacan, et a publié en anglais le premier ouvrage de synthèse critique consacrée à Slavoj Zizek.
Rappelons que les premières conférences du GRT sont désormais en ligne sur Fabula au format audio, et que le Groupe s'est également doté d'un blog.

(Mise à jour le 11/01/07) Du 18 au 20 janvier se tiendront plusieurs journées d’études autour des oeuvres au programme de l’agrégation. Les journées « Formes du poétique » auront lieu les 18 et 19 à l’université de Caen. Aux mêmes dates, deux jours de conférences sont prévus à l’université François Rabelais de Tours . L’université Sophia Antipolis de Nice accueillera à son tour une journée d’étude le 19 . Rappelons aussi la journée « Prévost voyageur » à l’université Paul Valéry de Montpellier le lendemain. Toujours sur Cleveland, Jean Sgard donnera une conférence le 29 janvier à Paris . Côté édition, signalons la récente parution d’une étude de Tristram Shandy par Anne Bandry-Scubbi et Madeleine Descargues-Grant. A noter enfin la captation vidéo de la journée d'étude sur Sterne et Cervantès, organisée en décembre 2006 par E. Dayre, disponible sur le site de l'ENS LSH, sans oublier les actes de la journée d'étude sur l'Itinéraire hebergés par Fabula ni le compte rendu dans Acta Fabula des actes du colloque Le voyage en orient de Chateaubriand.

(Mise à jour le 08/01/07)Les discours sur les bandes dessinées se réduisent souvent à la déploration (« il y en a trop de mauvaises ») ou à l’apologie (« mais certaines sont excellentes et la bande dessinée n’est pas en soi un art mineur »). Ces rengaines signalent les limites d’un processus de légitimation que les études sémiotiques ont eu le mérite d’entamer mais que, selon Jean-Paul Gabilliet, elles n’auraient pas su achever. Au-delà de la dénonciation de l’industrie BD ou du plaidoyer pour la reconnaissance du neuvième art comme objet culturel légitime, Thierry Groensteen, l’auteur du Système de la bande dessinée, analyse ce processus et ses limites dans un nouvel essai sur la place de la bande dessinée dans notre paysage culturel. Dans le flot des discours pour la définir, la défendre, la conspuer, l’analyser, la démystifier ou la célébrer, la revue Labyrinthe entend quant à elle prêter l’oreille à celui de la bande dessinée elle-même. Sa dernière livraison propose ainsi plusieurs commentaires d’œuvres considérées dans leurs singularités, dont un article (consultable en ligne) consacré à L’Ascension du Haut-Mal. Cette œuvre de David B. fera d’ailleurs l’objet d’une intervention le 12 mars à l’université Bordeaux 3. Signalons enfin la parution prochaine du troisième (et ultime ?) numéro de L’Éprouvette, revue de théorie et de critique, parfois très polémique, qui donne en priorité la parole ou le crayon aux auteurs et les rencontres sur la bande dessinée organisée au centre Georges Pompidou les 15 et 29 janvier.