

Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire
Virer l'Afrique de l'histoire de France, il paraît que C dans l'air du temps par Laurence De Cock, Suzanne Citron et Jean-Pierre Chrétien
http://cvuh.free.fr/spip.php?article252
Mis en ligne le 19 septembre 2010
Les nouveaux programmes d'histoire de 5ème introduisent l'histoire des royaumes médiévaux africains. Certains s'indignent que l'on puisse substituer aux grandes figures héroïques françaises la vulgaire étude de mondes lointains…
L'affaire commence par une déclaration d'intention qui fleure bon les plumiers et les pages jaunies de l'école de la troisième république : « Pour promouvoir et défendre l'Histoire de France et son enseignement dans l'Instruction Publique », laquelle instruction publique n'existe plus depuis 1932. Ringard ? point du tout, c'est sur Facebook, c'est du vrai débat de réseau social, c'est du sérieux (1). Car il y est question de défendre la vraie France, celle de nos ancêtres, celle de nos héros, la France qu'on aimerait que nos enfants (ré)apprennent à aimer. La France des livres d'histoire de papi et mamie, belle, éternelle, fécondée par Clovis qui lui a donné son nom, magnifiée sous Louis XIV, et sublimée par Napoléon. Et cette histoire là est aujourd'hui malmenée, violentée par les programmes scolaires de collège qui préfèrent les empires médiévaux africains (Songhaï et Monomotapa) à nos grandes figures totémiques, lesquelles ont été, du coup, capturées par le front national. Si vous êtes convaincus par la pertinence de l'argumentation, il y a une pétition à signer.
Bien-sûr, on connaît la rengaine de ces missionnaires de l'identité nationale, on l'a suffisamment désossée ces derniers temps. Et le discours est tellement grotesque qu'en cette rentrée scolaire déjà suffisamment compliquée, on n'avait guère plus de quelques secondes à perdre à pester contre ces pitreries. Mais c'était sans compter sur l'acuité de la presse qui perd rarement une occasion de s'engouffrer dans la brèche d'une possible et énième polémique sur « l'enseignement en France qui fout le camp, c'est comme tout ma bonne dame ». A commencer par Le Figaro qui part donc interroger le docteur de l'âme blessée de la France, Max Gallo (2), lequel trouve que « l'enfer est pavé de bonnes intentions » et craint le « zapping ». Mazette. Ce n'est donc pas Bénin (pardon pour le jeu de mot, c'est cette mode africaine, que voulez-vous).
Il est vrai que le véritable instigateur de la campagne pour
l'hexagonalisation des programmes de collège est pugnace. Dimitri Casali
est présenté successivement comme historien, spécialiste de la
révolution, puis de Napoléon, puis de l'immigration, puis un peu
enseignant tout de même, « en ZEP » bien entendu. Autant dire qu'il s'y
connaît en drapeau bleu blanc rouge bafoué. Dans sa pétition pour le
rétablissement de Louis XIV et Napoléon 1er (lesquels n'ont jamais
disparu des programmes) , il fait montre de tous ses talents de
polémiste historien polyvalent. A commencer par la référence obligée Ã
Marc Bloch et à sa célèbre citation désormais tronquée à tout va qui, en
version « casaliste » donne ceci : « Ceux qui ne frissonnent pas Ã
l'évocation du baptême de Clovis et de la fête de la Fédération de 1790
ne comprendront jamais l'histoire de la France » tandis que la citation
originale est la suivante : "Il est deux catégories de Français qui ne
comprendront jamais l'histoire de France , ceux qui refusent de vibrer
au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de
la fête de la Fédération." Nom de Dieu, mais où est donc passé Clovis ?
Certes, sortie de son contexte, à la manière de Nicolas Sarkozy lors de
sa campagne électorale, l'affirmation peut venir valider les prétentions
nationalistes les plus primaires. Mais comme le rappelle Gérard
Noiriel (3), loin de la perspective du consensus national, Marc Bloch, dans L'étrange défaite,
se fait le défenseur d'un libre et nécessaire combat des « philosophies
sociales contraires ». Il déplore ainsi que les élites n'aient pas su
forger des fêtes populaires susceptibles de mobiliser le peuple autour
d'idéaux démocratiques. On est loin de l'apostolat national.
Dans le même ouvrage, Marc Bloch écrivait d'ailleurs : "Je ne crois
nullement plus difficile d'intéresser un enfant aux vicissitudes d'une
technique, voire aux apparentes étrangetés d'une civilisation ancienne
ou lointaine, qu'à un changement de ministère".
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