


Thomas-Simon Gueullette, Sur l'échafaud. Histoires de larrons et d'assassins (1721-1766)
Édition présentée et annotée par Pascal Bastien
Mercure de France, Le temps retrouvé
23 septembre 2010
Présentation de l'éditeur:
Thomas-Simon Gueullette
est un étrange personnage. Avocat au Châtelet de Paris, puis substitut
du procureur du roi, ce juriste de bonne réputation a passé sa vie
(1683-1766) à collectionner textes, journaux, livrets, documents,
opuscules et autres gazetins de son temps, qu'il commentait de
nombreuses notes et réflexions personnelles. L'histoire littéraire lui
doit quelques recueils de contes amusants (Les Soirées bretonnes, Les
Nouveaux contes de fées, les Mille et un quarts d'heure), une
soixantaine de pièces de théâtre dont plusieurs farces à grand succès,
La Confiance des cocus ou Arlequin Pluton.
Ce grand rabelaisien s'est également passionné pour les
affaires criminelles de son temps aux premières loges, placé au coeur de
la machine judiciaire d'Ancien Régime. Sa curiosité l'a conduit à
conserver dans une collection personnelle des centaines de placards,
mémoires, brochures, sur toutes les histoires criminelles dont il était
souvent le témoin direct. Ensuite, menant un véritable travail
d'enquête, et relatant ses impressions sur le vif, Gueullette a
reconstitué la plupart des destins de voyous, de scélérats, de
blasphémateurs, d'assassins du milieu du XVIIIe siècle, depuis les faits
criminels jusqu'à la peine infligée publiquement sur l'échafaud
(écartèlement, roue, pendaison, flagellation), en passant par les
circonstances et les procès.
Ces Notes sur les assassins et les supplices nous font
donc pénétrer pour la première fois, de l'intérieur, dans l'univers
fascinant du crime et de la violence du Paris agité du règne de Louis XV.
De façon concrète, vivante, suivant la plume alerte et informée d'un
écrivain sachant faire récit des travers de son temps, qui est en même
temps un professionnel de la justice et une sorte de détective, nous
voici entraîné jusqu'au supplice infligé en place de Grève, dans une
ville qui se passionne pour les grandes et les petites affaires de
crime. On y croise quelques figures célèbres, tel Damiens, écartelé en
1757 pour avoir poignardé le roi, mais surtout le peuple ordinaire des
violences et des peines, beaucoup de femmes, quelques nobles, ou même
des suicidés que les juges condamnent quand même, déjà morts, à être
pendus par les pieds puis jetés à la voirie « comme indigne de la
sépulture chrétienne ».
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