

Traduire le même, l'Autre ou le soi.
Aix-en-Provence, 3, 4, 5 décembre 2008
Problématique
Depuis Cicéron (Ier siècle av. J.-C.) les théories de la traduction considèrent qu'il existe deux façons de traduire le texte littéraire. Ou bien le traducteur est un « interpres » et traduit mot pour mot (les sourciers), ou bien le traducteur est un « auctor » (les ciblistes) et traduit selon les habitudes de la langue d'accueil.
Pris dans la dualité présente dans toute la traductologie, reprise par Jérôme au Moyen-Age, puis par la philosophie (Von Humboldt, Schleiermacher), suivie par la linguistique (Mounin) et les théories contemporaines (Toury, Even-Zohar, Lambert) jusqu'à Umberto Eco, le traducteur s'est toujours vu devant un choix « bifide ». S'il se rapproche de l'autre, donc de la source, comme le préconise Antoine Berman, il s'éloigne des canons de la littérature d'accueil ; s'il se soumet à celle-ci, la cible, il escamote les particularités de l'original.
Qu'en est-il exactement ? La question peut être considérée stricto sensu ou dans une acception plus élargie. Nous en proposons quelques axes.
1. Les enjeux de la traduction littéraire.
Si Laure Bataillon, la traductrice de Julio Cortázar, prétend retrouver le même dans l'autre. Antoine Berman propose, après Hölderlin, d'accueillir l'autre dans sa propre langue. Or, Baudelaire, en traduisant Poe, traduit-il le même, l'Autre ou encore quelque chose qui serait le « soi » ?
2. La traduction et les rapports de domination.
La traduction est ici à entendre dans son sens le plus large, ne se limitant donc pas à l'écrit car la question du même, de l'autre et du soi va plus loin, elle concerne l'anthropologie (dont l'objet est, selon Marc Augé, l'altérité), le post-colonialisme, la francophonie.
3. La traduction intersémiotique.
Même si pour la peinture, la musique ou la photographie, la question se pose autrement, l'adaptation cinématographique ou opératique se voit-elle devant les mêmes choix ? Qu'est-ce qu'on traduit lorsqu'on traduit ?
4. Traduction et sciences humaines.
La problématique du même de l'autre, de soi, il va de soi, ne pourrait se développer sans le concours de la philosophie, de l'anthropologie, de la sociologie ou de la psychanalyse dont les analyses sur l'altérité ont beaucoup apporté à la littérature.
Le colloque accueillera tous ceux qui l'articuleront à la question de la « traduction » (après examen du comité d'organisation).
Les résumés des communications d'une vingtaine de lignes, comporteront un titre.
Les propositions de communication seront envoyées (absa@up.univ-aix.fr) au plus tard le 30 juin 2008.
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