Fabula, la recherche en littérature (appels)

Théories et pratiques de la traduction, XVII° & XVIII° siècles

Appel à contribution

Information publiée le dimanche 13 mai 2007 par Alexandre Gefen (source : Charles Mazouer)

Date limite : 10 juillet 2007

Le Centre de recherches sur l'Europe classique (XVII° et XVIII° siècles) que je dirige (EA 3653 : LAPRIL, de l’université Michel de Montaigne-Bordeaux 3), organisera, le vendredi 16 novembre 2007, au Musée d’Aquitaine de Bordeaux, une journée pluridisciplinaire d’étude consacrée à la traduction. La responsabilité scientifique en est confiée à Michel Wiedemann, qui propose l’appel à communications ci-après.

Charles MAZOUER

APPEL A COMMUNICATIONS

Théories et pratiques de la traduction, XVII° & XVIII° siècles

La traduction est une opération intellectuelle qui consiste à faire passer une pensée d'une langue à une autre. Elle se pratique depuis l'Antiquité dans le domaine des textes sacrés et se poursuit par des traductions de la Bible en diverses langues modernes, du seizième au dix-huitième siècle. Des querelles religieuses considérables tournent autour de ces traductions : problèmes du texte inspiré et de la légitimité de sa traduction, pratiques liturgiques des églises catholique et protestantes, lecture publique et lecture privée du texte sacré.

La traduction concerne aussi le fonds des études littéraires profanes : les auteurs grecs et latins sont étudiés en classe où chaque élève pratique la traduction. Les pratiques scolaires de la version et de la traduction, de l'imitation aboutissent à une culture nourrie de sources antiques, jusqu'à la querelle des Anciens et des Modernes, qui part de traductions des Anciens. Dans cette question se mêlent plusieurs problèmes, celui des femmes et celui des moeurs: les femmes massivement exclues de l'enseignement secondaire et supérieur reposant sur la culture antique ont besoin de traductions, mais d'autre part, quelle image du texte original et de son censeur tracent des traductions ad usum delphini  ?

La traduction est aussi le moyen par lequel les poésies, les romans, les épopées, les tragédies circulent à travers l'Europe, et trouvent un nouveau public au-delà de leur culture d'origine. Des modes en résultent, qui se traduisent par des imitations en langue d'arrivée. La mode espagnole et l'italianisme ont marqué le dix-septième siècle français, l'imitation de la France a été pratiquée en Allemagne, aux Pays Bas et en Angleterre et au delà. Qui sont les traducteurs et les auteurs traduits?

La traduction touche enfin les productions contemporaines des sciences et des lettres. En quelle langue traiter de zoologie, de botanique, de médecine, de mathématiques, d'optique, de physique ? En latin, en langue vulgaire ? Un savant écrit-il en latin d'abord ? Dans quel sens traduit-on ? La traduction joue un rôle dans l'enrichissement d'une langue, et d'abord par les relations de voyage, qui sont en première ligne : pour introduire dans une culture la connaissance d'une autre, il faut traduire et sinon emprunter. L'emprunt lexical est le résidu intraduisible de l'étranger.

La diversité de ces pratiques de la traduction a-t-elle trouvé ses théorisations? Que disent de la traduction les préfaces des traducteurs, les observations académiques, les remarqueurs, les usagers ordinaires, les philosophes et les logiciens en quête d'universaux du langage ? Quels théorèmes pour la traduction au XVII° et au XVIII° siècle? Faute d'une science exacte, quelle esthétique prône-t-on et laquelle se dégage des traductions réellement publiées ? Quarante ans après Les Belles Infidèles et la formation du goût classique de Roger Zuber (1968), où en est-on ?

Tels sont les domaines et les problèmes que cette journée d'étude du vendredi 16 novembre 2007 pourrait évoquer. On y donnera la parole pour 25 minutes, suivies de 15 minutes de discussion, à 10 orateurs. Les personnes désireuses de présenter une communication sont priées d'en donner le titre et le résumé en une page au plus, avant la date du 10 juillet 2007.


Michel Wiedemann

UFR des Lettres, Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3

33607 Pessac Cedex

Téléphone : (33) 05.56.84.96.49.

Courriel : Michel.Wiedemann@u-bordeaux3.fr

ou : wiedemannmm@aol.com


Responsable : Michel Wiedemann

Url de référence :
http://lapril.u-bordeaux3.fr/spip.php?article244



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