Fabula, la recherche en littérature (actu)

Tangence, no 85 (automne 2007) - Images de l’Amérindien au Canada francophone : littérature et image

Parution revue

Information publiée le samedi 13 septembre 2008 par Gabriel Marcoux-Chabot (source : Érudit)



_blank

Publiée par le Département de lettres de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) et le Département de français de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), la revue Tangence peut se prévaloir d'une riche tradition intellectuelle qui remonte à plus de vingt ans. D'abord connue sous le nom d'Urgences de 1981 à 1991, puis sous le nom actuel depuis 1992 (n° 35), la revue a fait paraître à partir de 1987 plus de quarante dossiers issus de travaux de recherche provenant des horizons les plus divers.

Comme son nom l'indique, Tangence prend pour objet les relations qu'entretient la littérature avec les autres arts, la philosophie et les sciences, de manière à fédérer les savoirs au sein d'une réflexion commune. Libre de toute forme d'affiliation à une école, la revue a pour ambition de servir de lieu de convergence entre des domaines d'investigation trop souvent dissociés en favorisant la polyvalence des thèmes et des problématiques qu'elle interroge.

No 5 (automne 2007) - Images de l'Amérindien au Canada francophone : littérature et image
Sous la direction de Hélène Destrempes et Hans-Jürgen Lüsebrink

Hélène Destrempes et Hans-Jürgen Lüsebrink
Liminaire. Images de l'Amérindien au Canada francophone : littérature et image

Réal Ouellet
Canadois et Caraïbes sous le regard des chroniqueurs du xviie siècle
Les débuts de la colonisation des Antilles et du Canada par la France sont exactement contemporains, et souvent les mêmes personnages se retrouvent sur les deux territoires habités par des Amérindiens, partageant plusieurs traits communs. Pourtant, les représentations qu'en donnent les chroniqueurs sont très différentes. Cela tient moins à des discordances ethniques ou géographiques qu'au type de rapport établi avec les populations autochtones. Les chroniqueurs des Antilles, à part quelques exceptions (Breton, notamment), ne partageant pas la vie des indigènes, comme le missionnaire Lejeune ou le militaire Lahontan, se rabattent plus facilement sur les mythes de l'Âge d'or ou du Paradis terrestre.

Hélène Destrempes
Mise en discours et parcours de l'effacement : une étude de la figure de l'Indien dans la littérature canadienne-française au xixe siècle
La figure de l'Amérindien habite l'imaginaire québécois et canadien-français depuis les débuts de la colonie. Plusieurs critiques réputés, comme Maurice Lemire, Fernand Dumont et Gérard Bouchard, en ont confirmé la présence, pour ne pas dire l'omniprésence, dans les discours politiques et culturels au Québec. Et pourtant, il n'y a eu jusqu'à présent qu'un nombre assez restreint d'études portant sur la nature et le rôle que joue cette figure dans l'économie de la problématique identitaire au Québec. Dans le cadre de recherches portant sur l'analyse des contraintes architextuelles et narratives s'exerçant sur les figures de l'Indien dans la littérature canadienne-française au xixe siècle, nous avons développé un nouveau modèle interprétatif fondé sur le concept de réduction, modèle inspiré par les travaux de Jean-Jacques Simard sur les politiques et les stratégies gouvernementales canadiennes dans le dossier des affaires autochtones. Dans un premier temps, nous esquissons ici le potentiel heuristique de cette notion de réduction, avant de proposer ensuite une analyse de deux contraintes paratextuelles qui ont conditionné, à leur façon, la mise en discours de la figure de l'Indien dans la littérature canadienne-française au xixe siècle : les titres et les intertitres des oeuvres mettant en scène des personnages amérindiens.

Hans-Jürgen Lüsebrink
L'Amérindien de la tradition populaire dans les almanachs canadiens-français
À la suite d'une brève présentation de l'importance socioculturelle des almanachs canadiens-français, cette contribution analyse les formes de présence de la figure de l'Amérindien dans ce corpus de 1850 à 1950. Très marginale jusqu'au début du xxe siècle, évoquée seulement de manière succincte et stéréotypée, la figure de l'Amérindien devient, dans des récits ethnographiques et des contes populaires publiés dans les almanachs par Marie-Victorin, Corinne Rocheleau et Rodolphe Girard, une composante majeure de l'identité canadienne-française et de sa mémoire historique, dont ce corpus a formé un support de diffusion de tout premier plan.

Louise Vigneault
Résurgence du sujet autochtone dans les arts visuels au Québec : effet miroir et présence du refoulé
Cet article entend montrer comment la résurgence de la représentation du sujet autochtone et de l'indianité s'exprime chez les artistes de la communauté francophone du Québec, entre 1830 et 1940. Il s'agit d'examiner la manière dont ce thème a été investi ponctuellement d'une symbolique politique au cours de périodes charnières de son histoire, soit les années qui ont succédé à la défaite du mouvement patriote et les politiques de censure de l'Union nationale introduites à l'instigation de Maurice Duplessis. Cette thématique aurait alors répondu au besoin d'exprimer les enjeux identitaires de la communauté, sa crainte face à sa propre assimilation et à son acculturation, ainsi que sa révolte à l'égard des différentes formes d'aliénation dont elle a été victime.

Jean Morency
Images de l'Amérindien dans le roman québécois depuis 1945
Sans être omniprésente dans le roman québécois au xxe siècle, l'image de l'Amérindien a néanmoins joué un rôle significatif dans l'évolution de certaines thématiques romanesques, comme celles des grands espaces et de la nature rédemptrice. Les romanciers québécois ont souvent attribué à la figure de l'Amérindien une fonction symbolique dans le mouvement de prise de conscience de leur appartenance au continent américain. Cette image se révèle ainsi indissociable de l'expression et de la revendication d'une identité nord-américaine, cette dernière étant perçue comme résolument distincte de l'identité française. Cet article vise à dégager quelques-uns des avatars de l'image de l'Amérindien dans le roman québécois de 1945 à nos jours, avatars qui ont été regroupés en deux grands ensembles : d'un côté, les Indiens proprement dits et, de l'autre, les Métis et les faux Indiens.

Emmanuelle Tremblay
En pays d'huronie. Les enfantômes de Réjean Ducharme
Dans cet article, nous examinons les significations symboliques de la figure de l'Indien dans Les enfantômes (1976) de Réjean Ducharme. La fonction narrative de cette figure revêt ici une dimension critique qui se donne à lire dans les représentations romanesques de la marginalité, lesquelles sont constitutives d'une tradition littéraire que la modernité reprend à son compte à travers une écriture caractérisée par une invention rhétorique désignée par Ducharme sous le nom d'« huronie ». L'analyse vise à mettre en évidence la manière dont cette dernière permet de penser une appropriation de l'indianité en raison de la liberté langagière qu'elle autorise, de la déconstruction du lieu commun dont elle procède ainsi que de l'hybridité et de l'altérité qu'elle génère. Il s'agit de montrer en quoi l'huronisation relève d'un principe de médiation entre les différents référents culturels convoqués (sérieux/populaires ; français/québécois/anglo-saxons) en raison du passage de l'un à l'autre qu'elle autorise par le procédé de la traduction, laquelle oscille entre fidélité et trahison, pour ainsi fonder le caractère ambigu de l'appartenance identitaire dans le texte ducharmien, de même que la logique paradoxale qui le sous-tend et qui s'appuie sur le refus de l'espace consensuel. À la lumière d'une complexification de la problématique identitaire mise en jeu par la création romanesque, cette étude tend à renouveler le discours postcolonial par un dépassement de l'opposition « centre/périphérie » qui règle l'interprétation de l'affirmation identitaire dans le contexte des cultures minoritaires.





Url de référence :
http://www.erudit.org/revue/tce/2007/v/n85/index.html



Derniers ouvrages parus :

Lexique nomade

A. Cousin de Ravel, Quignard, Maître de lecture. Lire, vivre, écrire

P. Engel, Les Lois de l'esprit. Julien Benda ou la raison

M. Crouzet, M. Myself ou La Vie de Stendhal (nouvelle version)

Laurence Brogniez (dir.), Écrits voyageurs. Les artistes et l'ailleurs

O. Biaggini, B. Milland-Bove (dir.), Miracles d'un autre genre  

Sévigné, Lettres de l'année 1671

A. Pope & J. Swift, Pensées sur différents sujets

H. Melville, Le Marchand de paratonnerres, suivi de La Véranda

Le Dit des Heiké

S. Kierkegaard, La Crise et une crise dans la vie d'une actrice

E. Maigret et M. Stefanelli (dir.), La Bande dessinée : une médiaculture

I. Raynauld, Lire et écrire un scénario - Le Scénario de film comme texte

J.-F. Bédia, Les Ecritures africaines face à la logique actuelle du comparatisme

Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique. Commentaire - Tome I : Études d'introduction

P. Engel, Les lois de l'esprit, Julien Benda ou la raison  

P. E. Fobah, Introduction à une poétique et une stylistique de la littérature africaine

M.-C. Alexandrine-Sinapah, Itinéraire d'un esclave-poète à Cuba - Juan Francisco Manzano (1797-1854) entre littérature et histoire

Cl. Launchbury, Music, Poetry, Propaganda. Constructing French Cultural Soundscapes at the BBC during the Second World War 

O. Rosenthal, Ils ne sont pour rien dans mes larmes

A. Alciato, Il libro degli Emblemi, secondo le edizioni del 1531 e del 1534

Marc Azéma, La Préhistoire du cinéma

J. Milly, Au seuil de l'image

I. Mons, Lou Andreas-Salomé. En toute liberté

N. Redouane, Lecture(s) de Rachid Mimouni

Fil d'informations RSS Fil d'information RSS   Fabula sur Facebook Fabula sur Facebook   Fabula sur Twitter Fabula sur Twitter