Fabula, la recherche en littérature (actu)

Tangence, no 84 (été 2007) - Postures et impostures de l’individualisme humaniste

Parution revue

Information publiée le samedi 13 septembre 2008 par Gabriel Marcoux-Chabot (source : Érudit)



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Publiée par le Département de lettres de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) et le Département de français de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), la revue Tangence peut se prévaloir d'une riche tradition intellectuelle qui remonte à plus de vingt ans. D'abord connue sous le nom d'Urgences de 1981 à 1991, puis sous le nom actuel depuis 1992 (n° 35), la revue a fait paraître à partir de 1987 plus de quarante dossiers issus de travaux de recherche provenant des horizons les plus divers.

Comme son nom l'indique, Tangence prend pour objet les relations qu'entretient la littérature avec les autres arts, la philosophie et les sciences, de manière à fédérer les savoirs au sein d'une réflexion commune. Libre de toute forme d'affiliation à une école, la revue a pour ambition de servir de lieu de convergence entre des domaines d'investigation trop souvent dissociés en favorisant la polyvalence des thèmes et des problématiques qu'elle interroge.

No 84 (été 2007) - Postures et impostures de l'individualisme humaniste
Sous la direction de Luc Vaillancourt

Luc Vaillancourt
Liminaire

Claude La Charité
Marguerite de Navarre et la lettre de confession
Marguerite de Navarre, à l'époque où elle n'est encore que duchesse d'Alençon, a entretenu une correspondance nourrie et suivie, de 1521 à 1524, avec son confesseur de l'époque, Guillaume Briçonnet. Cet article étudie la persona de l'épistolière dans cet échange de lettres où, contre toute attente, puisqu'à la même époque Érasme théorise pour la première fois le genre de la lettre familière dans son De conscribendis epistolis (1522), on ne trouve rien de proprement subjectif au sens moderne du terme. En réalité, ces lettres de confession se situent aux antipodes de ce qu'un certain anticléricalisme aimerait imaginer comme étant les secrets inavouables du confessionnal. En fait, conformément à la philosophie augustinienne dont elle est fortement imprégnée, la future reine de Navarre cherche plutôt à abolir sa propre subjectivité dans la volonté divine. La correspondance avec Guillaume Briçonnet se place tout entière dans le sillage de l'autobiographie augustinienne, dont la visée ne serait pas tant la déclinaison du « moi » qu'un effort tendu vers sa pure et simple négation, voire sa dissolution dans un « je » universel, celui des psaumes bibliques.

Jean-Philippe Beaulieu
Lettre de femme, voix d'homme ? Jeux identitaires et effets de travestissement dans la treizième épître familière d'Hélisenne de Crenne
La dernière des treize lettres familières qui forment le premier volet des Epistres familieres et invectives (1539) reste à ce jour la missive la plus difficile à interpréter du recueil d'Hélisenne de Crenne. Son caractère cryptique, la voix masculine qu'y fait entendre l'épistolière et la présence d'allusions amoureuses assurent un caractère singulier à ce texte dont le fonctionnement peut se comprendre — c'est l'hypothèse que propose cet article — comme le résultat d'un travestissement identitaire (une femme s'y exprime à la manière d'un homme), doublé d'un travestissement générique (la lettre familière cache une lettre d'amour). L'expression directe du désir amoureux ne semble possible, dans le recueil, que par ce jeu de travestissements où la rhétorique masque et dévoile tout à la fois, en établissant entre épistolière et destinataire une familiarité affective dont l'existence ne peut être révélée au lecteur que sur le mode du simulacre.

Luc Vaillancourt
Le Premier livre de Gaspar de Saillans : correspondance familière, livre de famille ou bréviaire ?
Le statut générique du Premier livre de Gaspar de Saillans est problématique. Il s'agit à première vue d'une correspondance familière, assortie d'une narration détaillée des circonstances entourant le mariage de l'auteur et intégrant les missives échangées avec la famille pour l'occasion. La publication de ces lettres trouverait sa justification dans la volonté de laisser aux membres de la famille un ouvrage commémoratif, mais l'ajout d'un long Discours de l'Auteur donnant les moyens de maintenir paix et concorde en mariage invite à classer l'oeuvre dans la catégorie des livres de dévotion ou du bréviaire à prétention morale. La présente étude se propose de résoudre les contradictions apparentes dans la finalité annoncée de l'oeuvre en examinant les différentes étapes de son élaboration en regard des codes et usages de la rhétorique épistolaire de l'époque.

Mawy Bouchard
Pour une philosophie « illustre ». L'honnesteté cardinale des Essais de Montaigne
Dans le présent article, l'auteure s'interroge sur la stratégie rhétorique à l'oeuvre dans les Essais, une stratégie que l'histoire littéraire passe souvent sous silence, tant cette idée selon laquelle Montaigne chercherait à valider son identité de gentilhomme est bien implantée dans la critique. On propose ici que, dans les Essais, la persona aristocratique relève plutôt d'une démarche rhétorique très cohérente visant à susciter l'identification du lecteur noble avec l'auteur s'exprimant au « je » et grâce à laquelle l'étude philosophique n'apparaît plus comme l'apanage du bourgeois « à longue robe ».

HORS DOSSIER 

Katri Suhonen
De l'humour noir au rire jaune : les mécanismes textuels de l'ironie chez Marie-Claire Blais et Rosa Liksom
L'article propose une étude des mécanismes textuels de l'ironie dans Une saison dans la vie d'Emmanuel, roman de l'auteure québécoise Marie-Claire Blais (1965) et dans le recueil de nouvelles Noirs paradis de sa consoeur finlandaise Rosa Liksom (1989). L'écriture ironique a recours à deux procédés linguistiques : sémantique (antiphrase, antonymie, isotopie, polysémie) qui tire son essence du cotexte, et pragmatique (pacte de lecture, polyphonie, significations implicites) qui est dépendant du contexte. C'est surtout la dimension pragmatique de l'ironie qui fait que l'humour noir se mute en rire jaune, prenant pour cible les préjugés que partage le lecteur. L'omniprésence de l'absurde transforme les récits du sérieux au comique et le rire peu « politiquement correct » fait que le comique, parallèlement, devient critique.



Url de référence :
http://www.erudit.org/revue/tce/2007/v/n84/index.html



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Lexique nomade

A. Cousin de Ravel, Quignard, Maître de lecture. Lire, vivre, écrire

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M. Crouzet, M. Myself ou La Vie de Stendhal (nouvelle version)

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O. Biaggini, B. Milland-Bove (dir.), Miracles d'un autre genre  

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A. Pope & J. Swift, Pensées sur différents sujets

H. Melville, Le Marchand de paratonnerres, suivi de La Véranda

Le Dit des Heiké

S. Kierkegaard, La Crise et une crise dans la vie d'une actrice

E. Maigret et M. Stefanelli (dir.), La Bande dessinée : une médiaculture

I. Raynauld, Lire et écrire un scénario - Le Scénario de film comme texte

J.-F. Bédia, Les Ecritures africaines face à la logique actuelle du comparatisme

Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique. Commentaire - Tome I : Études d'introduction

P. Engel, Les lois de l'esprit, Julien Benda ou la raison  

P. E. Fobah, Introduction à une poétique et une stylistique de la littérature africaine

M.-C. Alexandrine-Sinapah, Itinéraire d'un esclave-poète à Cuba - Juan Francisco Manzano (1797-1854) entre littérature et histoire

Cl. Launchbury, Music, Poetry, Propaganda. Constructing French Cultural Soundscapes at the BBC during the Second World War 

O. Rosenthal, Ils ne sont pour rien dans mes larmes

A. Alciato, Il libro degli Emblemi, secondo le edizioni del 1531 e del 1534

Marc Azéma, La Préhistoire du cinéma

J. Milly, Au seuil de l'image

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