Fabula, la recherche en littérature (debats)

Sur le classement AERES des revues scientifiques en littérature française et comparée

Points de vue et débats

Information publiée le mercredi 24 septembre 2008 par Marielle Macé (source : William Marx)


Pierre Glaudes et William Marx,

délégués scientifiques auprès de l'AERES

 

"Sur le classement AERES des revues scientifiques en littérature française et comparée"

___________________________________________

 

 

Depuis juin 2008, l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES) a engagé une réflexion sur l'opportunité de constituer des listes de revues scientifiques dans les sciences humaines et sociales. Dans les sciences exactes, de telles listes, reconnues internationalement, existent depuis longtemps déjà : elles signalent en particulier les revues de référence (dites A) d'une discipline donnée. Pour diverses raisons, dont la multitude des disciplines, le cloisonnement national et la diversité des langues d'expression, ces listes sont plus rares en sciences humaines et sociales. Pour autant, elles ne sont pas complètement absentes du paysage. La Fondation européenne pour la science (ESF : European Science Foundation) a commencé, voici plusieurs mois, à publier des listes et un classement de revues dans toutes les disciplines des sciences humaines et sociales, y compris la littérature : l'Index européen de référence pour les humanités (ERIH : European Reference Index for the Humanities).

En littérature, des listes validées par l'AERES et périodiquement révisées selon une procédure transparente présenteraient plusieurs avantages :

– elles rendraient compte de façon plus pertinente de l'importance et de la qualité de publications, en langues romanes notamment, mal classées ou, comme c'est souvent le cas, oubliées par l'ERIH ;

– elles aideraient les meilleures revues, signalées comme telles, à se promouvoir de manière efficace auprès des instances universitaires et des autres institutions auxquelles elles ont affaire ;

– elles fourniraient à nos disciplines et, plus généralement, aux sciences humaines et sociales les moyens de se défendre à armes égales avec les sciences exactes ;

– elles donneraient aux experts de l'AERES un outil de référence objectif pour le comptage des « publiants » à l'intérieur des unités de recherche – comptage demandé et pratiqué depuis de nombreuses années par le ministère, et où interviennent aussi, selon différentes modalités, les ouvrages scientifiques, les éditions critiques et les chapitres d'ouvrages.

Toutefois, un certain nombre d'arguments ont pu être avancés contre l'établissement et l'utilisation de telles listes :

– elles figeraient le paysage des revues, en ne donnant pas assez leur chance aux publications nouvelles ou modestes ;

– elles ne rendraient pas compte des variations qualitatives entre articles au sein d'une même revue ;

– elles stigmatiseraient inutilement les revues mal classées ;

– elles risqueraient de faire entrer dans l'engrenage d'une évaluation purement bibliométrique et quantitative de la recherche en sciences humaines et sociales, malgré les intentions de l'AERES, laquelle est parfaitement consciente des effets pervers qu'entraînerait une telle évaluation, notamment dans les sciences humaines et sociales (d'autres critères, de type qualitatif, sont pris en compte dans l'évaluation des unités de recherche, et le seront de plus en plus).

Persuadée de l'importance de ces enjeux et de la complexité du débat, qui n'a rien de manichéen, l'AERES a donc engagé une consultation des différentes communautés scientifiques dans les disciplines concernées, afin de parvenir à un classement. En littérature française et en littérature comparée, une commission, composée de représentants élus du Conseil national des universités (9e et 10e sections) et du Comité national de la recherche scientifique (35e section), de présidents de sociétés savantes et des présidents des comités d'évaluation AERES de l'année écoulée, a été réunie deux fois par les délégués scientifiques de la discipline, en juin et en septembre.

Au terme de ces deux réunions, où ont été pesés les avantages et les inconvénients d'une liste et d'un classement des revues scientifiques en littérature, il a été décidé, en l'état actuel de la réflexion et en l'absence d'un consensus, que l'AERES ne produirait pas, cette année, de liste de référence en littérature française et en littérature comparée. La discussion sera poursuivie, d'ici un an, pour faire le point sur la situation.

23 septembre 2008

Pierre Glaudes et William Marx,

délégués scientifiques auprès de l'AERES




Points de vue et débats :

"En renonçant aux humanités classiques, la France renonce à son influence" (tribune dans Le Monde, 9/2/12)

Lettre d’A. Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry Montpellier 3 à F. Hollande (7/2/2012)

Motion de la 21e section du CNU sur l'évaluation des enseignants-chercheurs (2/2/12)

"N’oublions pas la formation des enseignants, enjeu national pour 2012". Appel pour une refonte de la formation des enseignants (3/2/12)

"La fausse autonomie universitaire", par P. Jourde (blog BibliObs)

L'enseignements des lettres classiques à la rentrée 2012 (motion CNARELA du 14/01/12)

Pétition contre la criminalisation d'un canular et du mouvement social à l'Ens (février 2012)

"Proposition de loi Grosperrin : la persévérance dans l’erreur" (communiqué de la Société des Agrégés, 24/01/2012)

"IUFM : Après le démantèlement, l’éradication", par J.-L. Auduc (cafepedagogique.net)

"Ne bradons pas les diplômes de licence!" (tribune, Le Monde, 19/1/12)

"Les Célébrations nationales 2012 inaugurées par une polémique", par P. Assouline (blog)

"Privatiser la formation des enseignants : l’UMP ouvre la brèche", par L. Delaporte (Mediapart, 19/1/2012)

"Universitaires et chercheurs s’inquiètent des ambiguïtés de F. Hollande", par L. Delaporte (Médiapart, 18/1/ 12)

Présidentielle 2012: débat sur l’enseignement de l’histoire de l’art dans l’enseignement secondaire et la formation de ses enseignants dans le Supérieur (21/1/12)

Fondation Copernic, L'éducation nationale en danger

"Les représentants de la communauté universitaire boycottent une réunion avec le ministère" (20minutes.fr, 1611/2012)

"Budget des universités : le réalité rattrape le gouvernement", par B. Monthubert (site Parti socialiste)

"Libraires épuisés", par V. Chabault (lavidesidees.fr)

"Violence scolaire : L'enquête de Seine-Saint-Denis inverse les perspectives", par F. Jarraud (cafepedagogique.net)

Lettre du président de la région Languedoc-Roussillon aux responsables de "ses" universités

"La face cachée de l'autonomie des facs": l'exemple de l'UPPA (L'Humanité, 6/1/12)

"Étudiants étrangers: pourquoi le gouvernement a reculé", par M. Bellan (Lesechos.fr, 26/12/11)

"Quand Gallica vend du porno…" (BibliObs)

"L'université est universelle": pétition contre la circulaire Guéant (21/12/11)

"Initiatives d'excellence : stress et baisse des publications au menu des enseignants-chercheurs" (VousNousIls: l'e-mag de l'éducation)

Fil d'informations RSS Fil d'information RSS   Fabula sur Facebook Fabula sur Facebook   Fabula sur Twitter Fabula sur Twitter