

VIIe colloque « Jeunes chercheurs » du Cercle interuniversitaire d'étude sur la République des Lettres (CIERL) : « Sciences et littérature »
Le français moderne reprend les deux sens attribués au terme « science » en latin : connaissance, au sens courant, et savoir théorique. C'est cette deuxième acception qui constituera le thème central de ce colloque, où nous nous interrogerons sur les diverses manifestations et influences de la science dans la littérature française du XVe au XVIIIe siècle.
Dès le XIIe siècle, un grand mouvement de traduction de textes grecs et arabes s'amorce en Italie et en Espagne et contribue à répandre à travers l'Europe les théories astrologiques, philosophiques et médicales des cultures orientales que les grandes sommes encyclopédiques, comme celles de Vincent de Beauvais et de Hugues de Saint-Victor, s'empressent d'organiser. L'essor des nouveaux centres universitaires spécialisés (Paris, théologie, 1150 ; Bologne, droit, 1088 ; Montpellier, médecine, 1220) favorise une plus grande circulation de la littérature scientifique et certaines universités, comme celle de Padoue, où enseigne Galilée au XVIe siècle, deviennent des symboles de la modernité scientifique.
Sous l'influence des travaux de Léonard de Vinci, les penseurs les plus modernes du XVIe siècle adhèrent à l'idée que la science doit être fondée sur le raisonnement, l'observation et l'expérience concrète. C'est aussi à partir de cette époque que le terme « science » regroupe parmi ses diverses significations le sens courant de « discipline théorique » et que les principes de la science sont confrontés à la morale, notamment par Rabelais qui écrit que « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » (Pantagruel, chap. VIII).
Au XVIIe siècle, Francis Bacon et René Descartes élaborent une méthode scientifique qui contribue à faire de la science une discipline autonome et dont les assises reposent sur l'observation. Depuis le début du XVIIIe siècle, « science » prend le sens explicité par d'Alembert d'un « système de connaissances dans un domaine fondé sur des principes et des lois établis selon la rigueur des mathématiques et l'observation des faits » (Discours préliminaire à l'Encyclopédie, p. VI). De La Nouvelle Atlantide (1627) de Bacon, où une île utopique abrite une société scientifique disposant de laboratoires, de machines et d'observatoires, jusqu'à l'Encyclopédie (1751-) de Diderot et l'Histoire Naturelle (1749-) de Buffon, en passant par les Principes mathématiques de la philosophie naturelle (1687) d'Isaac Newton, traduits en français par la Marquise du Châtelet de 1745 à 1749, la littérature d'Ancien Régime foisonne de ces textes où science et littérature se nourrissent l'une de l'autre, s'inspirent de débats et d'affrontements virulents sur la définition et la place de la science dans l'histoire, laissant à la postérité des morceaux littéraires remarquables.
Quatre axes de recherche sont proposés :
1) Ordre du monde (encyclopédisme à toutes les époques) ;
2) Empirisme (expérimentation et méthode) ;
3) Moralité (réflexions philosophiques et morales sur la science) ;
4) Sciences appliquées (manifestation et représentation des diverses sciences dans la littérature).
Le colloque se tiendra les 8 et 9 juin 2007, à l'Université Laval, Québec. Les communications, inédites et rédigées en français, ne devront pas dépasser les vingt minutes allouées à chaque participant. Pour nous signifier votre intention de participer à ce colloque, nous vous prions de bien vouloir nous transmettre les informations suivantes à l'adresse électronique indiquée ci-dessous avant le 9 mars 2007:
- Nom et prénom, niveau d'études (maîtrise, doctorat, post-doctorat), ancrage institutionnel.
- Titre et résumé (environ 150 mots) de la communication.
Comité organisateur temporaire:
David Leblanc
Solange Lemaitre-Provost
Esther Ouellet
Manon Plante
Dany Roberge
jeunes.chercheurs@lit.ulaval.ca
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