Fabula, la recherche en littérature (appels)

Revue Flaubert 7

Appel à contribution

Information publiée le jeudi 1 février 2007 par Bérenger Boulay (source : Yvan Leclerc)

Date limite : 30 avril 2007

Centre Flaubert, université de Rouen

Appel à contributions pour la Revue Flaubert, n° 7, 2007


Flaubert et la philosophie.
Le septième numéro de Revue Flaubert, en ligne sur le site Flaubert (http://www.univ-rouen.fr/flaubert) sera consacré à « Flaubert et la philosophie » (numéro dirigé par Jacques Goetschel).

Si l'on s'en tient à l'ambivalence, puisqu'on ne sait pas vraiment qui parle, de l'idée reçue : « Philosophie. – Toujours en ricaner » (Dictionnaire de idées reçues), est-il possible que Flaubert ait eu l'ambition non avouée de viser un au-delà du philosophique, en poussant la littérature à ses limites ? N'est-il pas significatif et non moins paradoxal que, dans le Dictionnaire, ne figure pas l' « Idée » – qui ne serait donc pas une idée reçue?
En revanche, alors que s'y trouve l'« idéal. – Tout à fait inutile », il recommande à sa nièce Caroline, dans une lettre de mars 1868, d'aller boire à la source de l'idéalisme : Platon. Après avoir souligné que « le Matérialisme et le Spiritualisme [sont] deux impertinences égales », Flaubert poursuit : « Demande à Monseigneur de te prêter le Banquet et le Phédon de Platon (dans la traduction de Cousin). Puisque tu aimes l'idéal, mon loulou, tu le boiras, dans ces livres, à la source même. Comme art, c'est merveilleux. ». Est-ce un hasard s'il lui propose d'accéder à l'idée du Beau par la voie érotique et à l'idée d'âme par la voie ascétique où l'on s'applique à délier l'âme du corps ?
Par ailleurs, on sait la dette de Flaubert à l'égard de Victor Cousin, la figure du « Philosophe » devenu fonctionnaire, mais surtout en raison de la fonction de médiateur, traducteur et transmetteur de la pensée du fondateur de l'idéalisme. On mesurera son influence sur l'écrivain à l'aune de son éclectisme, parodié dans Bouvard et Pécuchet. Cette médiation est encore liée à Hegel dont l'impact sur le romancier déterminera son esprit d'encyclopédie. Histoire de l'Idée, dont Flaubert, à sa façon, refera le parcours jusqu'à s'épuiser sur un « livre sur rien ».

S'interroger sur les rapports de Flaubert à la philosophie et aux philosophes ne saurait se limiter aux deux piliers de l'idéalisme que sont Platon et Hegel. Aussi bien pourra-t-on faire porter les investigations sur ses oeuvres imprégnées de philosophie (La Tentation de saint Antoine par exemple) ou sur la Correspondance qui fourmille de références (voir l'admiration de Spinoza, par exemple) pour tenter de mettre en lumière une « philosophie de Flaubert ». C'est peut-être là une impossibilité, mais aussi sans doute une gageure.
Quelques suggestions :
Faire ressortir son élan pour la philosophie, ses lectures d'oeuvres philosophiques constamment passées au filtre de l'ironie ?
Pour Flaubert, une philosophie serait-elle plutôt un savoir universel ou un savoir de l'essentiel ?
Ses réflexions sur la Forme et donc orientées vers une philosophie de l'Art, ce qui suppose un rapport à l'esthétique hégélienne.
Matière et Forme chez Flaubert peuvent être envisagées selon des perspectives philosophiques différentes ; tout comme, d'ailleurs, Matérialisme et Idéalisme.
Ses remarques sur le Rien pourront rencontrer le nihilisme, Schopenhauer et Nietzsche (avec ce dernier, on pourra comparer le rapport au savoir et à la connaissance).
Bien que déjà largement étudiée, on pourra reprendre la perspective sartrienne.
Comment se lit Flaubert aujourd'hui chez les philosophes ?
Liste ni contraignante ni exhaustive…

Nous vous invitons à nous faire parvenir un projet d'article avant le 30 avril 2007.
Les articles devront nous être remis au plus tard le 30 septembre 2007.
Ils seront lus par un comité avant leur publication, prévue en décembre 2007.


Les propositions sont à adresser à Jacques Goetschel : goetscheljacques@aol.com

Demande d'informations administratives à : Yvan.Leclerc@univ-rouen.fr





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