


Revue Chimères n° 70: DEDANS-DEHORS
Grèves, contestations, désobéissance. En psychiatrie et dans les hôpitaux, dans la recherche et l'enseignement, dans l'éducation...
Sur fond de crise durable, les mouvements de dissidence se multiplient contre les politiques économiques, sociales et institutionnelles actuelles. Est-ce la réponse d'un corps social blessé ? C'est la question que ce numéro de Chimères ne traite pas. Plutôt que de s'inscrire dans une lecture victimaire, ce numéro rassemble des articles et des témoignages qui analysent les processus contradictoires en jeu dans le démontage et la réédification d'institutions diverses. Les mécanismes d'assujettissement se sont-ils transformés ? Comment se réinventent des pratiques de terrain ? Comment sont créés ou détournés les dispositifs ? Comment penser et préparer des lignes de fuite à travers et hors des cadres institutionnels ? La proposition de ce numéro ? Rassembler les créativités des uns et des autres pour qu'elles essaiment.
Lire le descriptif complet de ce numéro.
Plusieurs articles reviennent sur le mouvement universitaire 2009 (extraits reproduits ci-dessous):
La grève universitaire : une ronde plus qu'une révolution Extrait d'un entretien avec Alain Brossat et Jacob Rogozinski autour du mouvement de grève universitaire – Mai 2009. Mathilde Girard et Elias Jabre pour Chimères
Le mouvement actuel des grèves étudiantes, et le déplacement des formes d'action par rapport aux nouvelles formes de pouvoir
Mathilde Girard : L'idée de cet entretien nous est venue avec Alain Brossat suite à une discussion que nous avons eue récemment sur le mouvement des grèves à l'Université ; en ce qui me concerne, bien qu'étant doctorante, je n'ai pas pris part au mouvement, d'abord parce que je travaille par ailleurs et parce qu'il est toujours complexe de prendre part à un tel événement sans y être tout à fait présent. Au cours de la discussion, il m'a semblé qu'il y avait beaucoup de choses à dire sur l'analyse de cette séquence, et sur les échos qu'elle pouvait trouver auprès d'autres situations et questions politiques actuelles. Suite à cela, Alain m'a transmis votre texte et j'ai souhaité vous proposer une situation d'échange, dans le cadre de notre prochain numéro de Chimères sur les rapports entre institution et utopie, et sur les initiatives politiques qui cherchent des formes d'action déplacées par rapport aux formes usuelles. Avant d'engager l'échange plus directement sur le mouvement, peut-être pourriez-vous nous dire un mot sur le moment dans lequel l'événement s'est placé à Paris VIII ?
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Jean-Louis Déotte, Quel sens peut avoir la lutte d'universitaires ?
Quel sens peut avoir la lutte d'universitaires ? Voir aussi : http://inter-seminaire.org/ : "A
l'occasion des mouvements de ces dernières années nous avons
expérimenté des formes de recherche et de relation au savoir en
résistance aux modèles dominants qui tendent à s'imposer.
Indépendamment de la réussite ou de l'échec des différentes séquences
de lutte passées ou à venir, l'autonomisation de ces pratiques tant par
rapport aux pressions économiques que par rapport aux cadres
universitaires classiques - ouvrent sur un champ à explorer. S'y est
fait jour, grâce au temps de la grève, l'intensité proprement politique
du rapport entre la théorie et la pratique.
Cet "inter-séminaire" a pour vocation de faire résonner entre elles ces
expériences (groupes de réflexion et de recherche ouverts, mises en
pratique de l'université expérimentale, séminaires de grève autogérés,
etc.) afin qu'elles s'enrichissent mutuellement et qu'elles puissent
mettre en commun des réflexions et des réalisations."
Extrait de l'article paru dans la revue papier
"(...) Le dérisoire de l'affaire, c'est que nos départements de
sciences humaines n'ont plus grand rapport avec ces lieux mythiques que
furent Vincennes ou le Collège International de Philosophie. Sarkozy a
comme modèle Thatcher, mais il arrive trop tard. L'anachronisme est
patent, la « dame de fer » a conquis sa réputation en s'attaquant aux
syndicats d'une industrie déclinante (les mines), aujourd'hui il est
totalement contre-productif pour l'économie capitaliste, pour laquelle
le savoir a une valeur marchande, de détruire les lieux de production
de cette valeur. A quand un Ministère chargé de l'exportation des
sciences humaines ?
La transformation du savoir universitaire en valeur marchande avait
fort bien été décrite par La Condition postmoderne de Lyotard (1979),
petit ouvrage fort excitant qui n'était autre que le résultat d'une
commande du CNRS canadien. Il était inévitable alors que les
universités deviennent des sortes de supermarchés des connaissances et
des savoir-faire. Cette fragmentation des sciences humaines en
particulier (la diversification indéfinie des studies) ne pourrait être
endiguée que par la refondation d'une véritable Science sur un socle
ontologique. Mais c'est une fiction théorique. Que Benjamin dénonçait
déjà dans son texte de jeunesse sur La vie étudiante.
Ce qu'aura apporté le mouvement, qui n'innove pas par ses revendications, parce qu'il est acculé à la résistance et qu'il est donc réactif au sens de Deleuze dans son Nietzsche (le contraire de la réactivité en politique communicationnelle), cela aura été l'élaboration d'un espace politique en réseau grâce à internet. Les Coordinations Nationales des Universités auront été préparées, semaine après semaine, par de très longs débats où tous les points épineux auront été soulevés et travaillés par une masse considérable de savants mettant à la disposition de leurs collègues leurs spécialités. Cette « préparation » nationale est devenue le réseau des réseaux (puisque chaque université, voire chaque département en grève était un réseau), elle a été un lieu d'élaboration des idées pendant toutes ces semaines rendant impossible la mainmise sur elle par un groupe organisé. L'espace politique est devenu intrinsèquement technologique (ce qu'il avait toujours été, mais alors, c'est devenu évident, faisant époque) et de fait anti-blanquiste. Cette structuration s'est faite au détriment du schéma classique de la représentation sociale, la visibilité du mouvement a de fait été moindre (mais les média n'étaient-elles pas acquises d'entrée de jeu à la contre-réforme ?). Le gain d'énoncés argumentatifs a été considérable puisqu'une puissance incroyable a été mise en réserve et n'attend plus qu'un incident pour s'épancher à nouveau. Le dilemme classique entre « être » d'un côté et « relation » de l'autre est dépassé au profit d'individualités s'individuant du fait de la richesse de leurs relations (Simondon).
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Comité 227, ApPEL A gATEaU ET à lA PiOchE :
ApPEL A gATEaU ET à lA PiOchE TELECHARGER LE MANIFESTE
À PARTIR DE NOVEMBRE 2008, se tinrent des rencontres régulières entre
des étudiants, des enseignants et des personnels administratifs du
département de philosophie du Mirail. L'objet de ces rencontres était
de prendre collectivement la mesure des différentes réformes de
l'enseignement supérieur imposées au pas de charge par le gouvernement
Fillon, et ses ministres Pécresse et Darcos, réformes localement
relayées avec grand zèle.
Très vite ces rencontres, qui se sont ouvertes à des personnes venant
d'autres horizons, ont pris une teneur politique qui s'est radicalisée
et aiguisée tout au long de la grève universitaire qui débuta dès fin
janvier 2009. Le « comité 227 », qui n'est ni une organisation, qui
récuse toute « identité » aux contours censés être bien définis, est le
visage que ces rencontres ont progressivement prises : un « comité » de
quelques dizaines de personnes, dont le lieu de réunion était la salle
n° 227 de l'UFR Lettres-Philosophie-Musique du Mirail. Le
texte-tractmanifeste… (c'est selon), reproduit ici, a été élaboré au
début de mai 2009, et diffusé à un millier d'exemplaires,
essentiellement sur le campus du Mirail. L'espoir et l'objectif sont
évidemment de faire durer ce comité 227, et de maintenir suractive son
intransigeance démocratique et sa libre parole.
"La fausse autonomie universitaire", par P. Jourde (blog BibliObs)
L'enseignements des lettres classiques à la rentrée 2012 (motion CNARELA du 14/01/12)
Pétition contre la criminalisation d'un canular et du mouvement social à l'Ens (février 2012)
"IUFM : Après le démantèlement, l’éradication", par J.-L. Auduc (cafepedagogique.net)
"Ne bradons pas les diplômes de licence!" (tribune, Le Monde, 19/1/12)
"Les Célébrations nationales 2012 inaugurées par une polémique", par P. Assouline (blog)
Fondation Copernic, L'éducation nationale en danger
"Libraires épuisés", par V. Chabault (lavidesidees.fr)
Lettre du président de la région Languedoc-Roussillon aux responsables de "ses" universités
"La face cachée de l'autonomie des facs": l'exemple de l'UPPA (L'Humanité, 6/1/12)
"Étudiants étrangers: pourquoi le gouvernement a reculé", par M. Bellan (Lesechos.fr, 26/12/11)
"Quand Gallica vend du porno…" (BibliObs)
"L'université est universelle": pétition contre la circulaire Guéant (21/12/11)
Dialogue rompu au sein du CA de l'Université de Haute-Alsace (DNA, 19/12/11)
"L’Université de La Réunion ne survivra pas à l’autonomie" (Temoignages.re)
Augmentation de la TVA sur le livre : pétition de la maison des écrivains et de la littérature