

Portrait de l’artiste en intellectuel: enjeux, dangers, questionnements
Dire qu’il s’agit, dans le champ littéraire, d’une polémique serait peut-être exagérer l’ampleur de ce sujet dans les médias. Néanmoins, la question de la pensée intellectuelle dans la création littéraire est présente tant dans les salles de classes, dans les ateliers d’écriture que dans les pratiques individuelles des auteurs, mais trop rarement dans la sphère publique. Tantôt conscient des enjeux intellectuels de sa création, tantôt indifférent voire réticent devant toute portée intellectuelle de son écriture, l’écrivain n’est en effet que rarement appelé à prendre position sur la place d’une telle pensée dans la création littéraire. L’inviter à articuler son discours sur la question à l’extérieur des balises de son oeuvre pourra, nous croyons, mettre en lumière les inquiétudes et les espoirs qu’entretient le créateur vis-à-vis de la pensée intellectuelle.
À trop réfléchir la littérature, sa forme et sa manière de refléter les discours, l’écrivain court-il le risque de l’enfermer dans le littéraire ? Mettre la création littéraire au service de grands enjeux philosophiques ou sociaux peut-il entraîner l’étiolement de la beauté comme valeur première de l’écriture ? En contrepartie, la création ignorante des évolutions des esthétiques littéraires ne laisse-t-elle place qu’à des oeuvres naïves ?
D’un point de vue général, le fait littéraire trouve son intérêt dans la popularité du livre, dans son accessibilité, dans le pouvoir qu’a l’imaginaire de rejoindre une multiplicité de lecteurs par la représentation et l’identification à laquelle il prétend. D’un point de vue restreint, l’expérience littéraire est recherchée avant le « plaisir naïf » ; la profondeur formelle d’une oeuvre, sa résonnance narrative, son effet d’étrangeté constituent la richesse d’une littérature capable d’aller au-delà des sens.
Le débat a cours, or en le transposant dans un contexte universitaire, nous espérons en mieux comprendre les enjeux, laisser place à des réflexions argumentées plutôt qu’à des positions campées. Sur cette dualité du fait littéraire, de nouvelles réponses pourront, à l’occasion de ce colloque en création littéraire, être proposées par autant de créateurs, de professeurs, de chercheurs que d’étudiants. De nouvelles questions propres aux pratiques créatrices – le créateur qui discerne plutôt qu’il n’analyse, qui qualifie plutôt qu’il n’interprète – pourront être posées. Ce sont différents outils et manières de concevoir la littérature que nous souhaitons réunir, afin de construire le premier espace de discussions, d’échanges et de réflexions sur le sujet. Quelle est la place de la pensée intellectuelle dans la création littéraire contemporaine ?
Il va sans dire que les méthodes seront aussi multiples que les créateurs ; sans s’égarer dans le témoignage néanmoins, les communications devront proposer des vues sur cette question épineuse et ses corollaires possibles. Plusieurs facettes pourront être explorées : la place de la naïveté et/ou du soupçon dans le processus créateur, l’influence du réseau universitaire dans l’assignation des valeurs intellectuelles, la valorisation du récit par le milieu médiatique, l’opposition entre le texte d’aventure et l’aventure du texte, la conquête du lectorat ou l’exigence formelle, la littérature populaire comme littérature asservie, et tout autre champ de réflexion connexe.
Le colloque aura lieu à Québec, les vendredi 26 et samedi 27 octobre 2012. Vous êtes invités à nous faire parvenir une proposition de communication de 250 mots, ainsi qu'une courte notice biobibliographique avec vos coordonnées et votre institution d’attache, avant le 1er mars 2012, à l’adresse suivante : cassie.berard@lit.ulaval.ca.
* Prenez note que, pour le moment, le colloque ne peut s’engager à rembourser les dépenses des participants.
Comité organisateur : Comité d’évaluation :
Neil Bissoondath, Benoit Doyon-Gosselin, Neil Bissoondath, Benoit Doyon-Gosselin,
Cassie Bérard, David Bélanger François Dumont, Cassie Bérard
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