

Journée d'études des doctorants du CAS 2012: "Passages"
Université Toulouse II Le Mirail / Laboratoire Cultures Anglo-Saxonnes
Université Toulouse II Le Mirail / Maison de la Recherche / Salle D31
Cette journée d'études verra des doctorants du laboratoire Cultures Anglo-Saxonnes et d'ailleurs communiquer autour de la notion de « Passages ». Ce thème invite civilisationnistes, linguistes et littéraires à questionner la notion de changement, puisque le passage est celui d’un premier état à un autre ; c’est le même être, la même réalité, mais qui a évolué, s’est transformé jusqu’à devenir, parfois, méconnaissable. Il s’agit d’envisager le passage d’abord sur les plans temporel et spatial : il s’entend comme un moment (par exemple textuel, musical ou historique), par définition temporaire, éphémère, voire insaisissable (un moment « passager »), qui peut être provisoire ou irréversible.
Le passage peut aussi signifier un lieu liminaire (géographique, métaphorique ou bien abstrait), carrefour entre deux espaces, deux réalités ou états a priori distincts qu’il permet de rapprocher et donc de faire dialoguer. Pont symbolique entre deux rives, le passage figure un trait d’union, l’espace d’un échange, d’un commerce et d’une communication fructueux pour ses acteurs. L’idée de flux contenue dans l’acception temporelle ainsi que dans l’image du pont sur la rivière se complète par celle de transmission : le passage est en effet aussi le transfert d’un relais, d’un flambeau qui sert d’intermédiaire dynamique et ouvre sur une mutation, une métamorphose positive ou néfaste selon qu’elle est perçue plutôt comme un apport ou à l’inverse comme une perte, une dégénérescence.
De ces moments passagers de bascule entre deux états, propices à un processus d’hybridation entre deux modalités différentes ou même opposées, peut naître l’instabilité, le malaise et l’angoisse, l’incertitude d’un devenir en construction. C’est ainsi que, de manière plus générale, les passages suscitent de nombreuses interrogations qu’il est intéressant de développer selon plusieurs axes disciplinaires. De natures très diverses, le passage peut être textuel, musical, architectural, un échange intertextuel ou intersémiotique, figuratif ou commercial, un espace de doute, d’hésitation et d’ambiguïté entre deux modalités littéraires ou linguistiques (du réel à l’irréel, d’un mot qui meurt pour laisser place à un autre, du passif à l’actif, par exemple) .
Il peut s'agir également de franchir une limite, et le passage se fait alors transgression. L’étude de cette notion nécessite aussi une réflexion sur les concepts antinomiques comme immobilisme, repli frileux, pérennisation, répétition, fermeture et stase. La mise en regard de ces notions permettra d’éclairer l’idée du passager, insaisissable mais fertile.
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