

Collectif sous la direction de Pierre Ouellet
La vue et la voix. Dans les arts, la littérature et la vie commune, Montréal : VLB Éditeur, coll. "Le soi et l'autre", 2009.
364 p. Prix : 27, 95 dollars canadiens.
EAN 9782896490790
Texte :
La coordination de la vue et de la voix constitue l'un des facteurs de l'hominisation et de la socialisation : elle marque l'entrée de l'hominien dans le monde du langage, verbal et visuel, grâce auquel la horde devient communauté. La vie commune dépend en effet de l'aptitude à partager le don du regard et de la parole, due au fait que les visions et les proférations de l'homme se détachent de sa personne, sous forme d'images et de discours, et se présentent au dehors, à l'autre, dans l'extériorité pure où elles contribuent dès lors au façonnement de l'espace public.
Les arts du langage depuis le mythe et l'épopée, comme les arts visuels fondés sur les mythologies et les cosmogonies, ont d'abord contribué à donner une consistance à ces communautés, marquées par la dette ou la grâce commune d'une vision et d'une profération largement partagées. On constate cependant qu'aujourd'hui la vie collective ne repose plus tant sur des consistances que sur des résistances et des désistements, dont les nouvelles pratiques de la parole et de l'image contribuent à renforcer et à exorciser les formes les plus prégnantes. Elles donnent ainsi lieu à un autre partage du sensible où la vue unique et la voix unie se dissolvent ou se multiplient en un réseau inextricable de connexions qui visent paradoxalement à nous délier de la dette commune ou du devoir collectif inscrits au coeur de la cité.
Les auteurs réunis ici formulent donc l'hypothèse qu'une réinvention du champ politique est en jeu dans les nouvelles configurations sensibles portées par l'art et la littérature, où l'apparente « sortie de l'histoire » que nous vivons semble éprouvée selon des mécanismes perceptifs, imaginaires et mémoriels analogues à ceux de l'« entrée dans l'histoire » vécue par les sociétés traditionnelles, où nous pouvons puiser à l'infini l'inspiration et les motivations pour une profonde métamorphose, éthique et esthétique, de la vie commune et de l'espace public.
Avec des contributions de Guillaume Asselin, Philippe Beck, François Bizet, Antoine Boisclair, Denise Brassard, Fabienne Claire Caland, Paul Chamberland, Éric Clémens, Martine Delvaux, Jean-Marc Desgent, Frédérik Detue, François Gonin, Émilie Granjon, Norbert Hillaire, Michaël La Chance, Catherine Mavrikakis, Pierre Ouellet, Christine Palmiéri, Bertrand Rouby, Franck Villain et Antoine Volodine.
A. Cousin de Ravel, Quignard, Maître de lecture. Lire, vivre, écrire
P. Engel, Les Lois de l'esprit. Julien Benda ou la raison
M. Crouzet, M. Myself ou La Vie de Stendhal (nouvelle version)
Laurence Brogniez (dir.), Écrits voyageurs. Les artistes et l'ailleurs
O. Biaggini, B. Milland-Bove (dir.), Miracles d'un autre genre
Sévigné, Lettres de l'année 1671
A. Pope & J. Swift, Pensées sur différents sujets
H. Melville, Le Marchand de paratonnerres, suivi de La Véranda
S. Kierkegaard, La Crise et une crise dans la vie d'une actrice
E. Maigret et M. Stefanelli (dir.), La Bande dessinée : une médiaculture
I. Raynauld, Lire et écrire un scénario - Le Scénario de film comme texte
J.-F. Bédia, Les Ecritures africaines face à la logique actuelle du comparatisme
Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique. Commentaire - Tome I : Études d'introduction
P. Engel, Les lois de l'esprit, Julien Benda ou la raison
P. E. Fobah, Introduction à une poétique et une stylistique de la littérature africaine
O. Rosenthal, Ils ne sont pour rien dans mes larmes
A. Alciato, Il libro degli Emblemi, secondo le edizioni del 1531 e del 1534
Marc Azéma, La Préhistoire du cinéma