


Compte rendu sur Acta Fabula : « La fascination du mal » par Sarah Lacoste
Georges Bataille. La fascination du mal
Pascal Louvrier
Monaco : Editions du rocher, 2008.
Prière d'insérer :
Georges Bataille est partout.
Maudit et fui de son vivant, il est
sans cesse cité. Dès qu'on entre dans le champ des interdits, on se
retranche derrière son oeuvre colossale. Il serait, pour un peu, le
responsable de ce dérapage nihiliste généralisé orchestré par les
nouveaux dévots de la société du spectacle. Non, répond Pascal
Louvrier, auteur de cette décapante biographie. Il n'est pas moderne,
Bataille. Il est "contemporain de Lascaux ", pour reprendre la formule
de Philippe Sollers, interrogé longuement, ici, par l'auteur.
La
fascination du Mal, chez Bataille, n'a rien à voir avec les fantasmes
sodomites de l'homosexuel passif Max Aue, personnage repoussoir des
Bienveillantes. Littell n'est pas Bataille. L'enjeu de la pensée
bataillienne, absolument unique, c'est le maintien précaire, éprouvant,
exigeant, de la contradiction entre rigueur et dépense, ivresse et
connaissance, rire tragique et lassitude silencieuse. L'auteur revisite
les grands textes de Bataille, en poussant l'analyse à l'excès,
respectant ainsi la démarche de son sujet.
Il devient Bataille
lui-même, corps et esprit mêlés, expérience sans limites. Certains
récits, comme Ma Mère et Madame Edwarda, prennent une dimension
autobiographique troublante. On découvre, grâce aux récentes lettres
publiées, un Bataille, amant sublime et abject, fou, entre autres, de
Colette et de Diane, saintes de l'abîme. On le suit dans la forêt de
Marly, penseur iconoclaste prêt au sacrifice humain.
On le
surprend, ivre, en compagnie de son ami André Masson, rédigeant en
Espagne Le Bleu du ciel, chef-d'oeuvre de lucidité, au coeur d'une époque
qui acceptait, par lâcheté et bêtise, de valser avec le nazisme. Car
Bataille fut le premier à étudier les mécanismes psychologiques du
fascisme afin de le combattre efficacement. Pascal Louvrier le
réaffirme, documents inédits à l'appui. Biographie, donc, rejetant la
falsification et l'arrimage dont sont trop souvent victimes la vie et
l'oeuvre de Bataille.
Le mot de désordre ? Refuser haut et fort,
dans un style lumineux et elliptique, le nihilisme universel,
c'est-à-dire le Bien actuel.
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Sévigné, Lettres de l'année 1671
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A. Alciato, Il libro degli Emblemi, secondo le edizioni del 1531 e del 1534
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