


Pierre Garrigues, Odyssées. Essai sur les figures d'Ulysse et de l'exil, Limoges : Lambert-Lucas, 2009, 160 p.
Présentation de l'éditeur :
Car les Sirènes l'ensorcellent d'un chant clair,
assises dans un pré, et l'on voit s'entasser près d'elles
les os des corps décomposés dont les chairs se réduisent…
J'ai beaucoup marché sur les plages de Méditerranée.
Ces blancs ossements polis par la lumière, ces crânes bourdonnant de mouches et du chant inouï des Sirènes, m'ensorcelaient : demeuré sur la rive où la rive n'est qu'un nom, incapable de me dépouiller de moi, comme la lumière de la « lumière »…
Regardant ce matin des enfants ramasser des tessons, je me rappelle ce tesson d'assiette, bleu, que j'avais trouvé dans la terre et triomphalement rapporté à mes parents, comme un vestige de la guerre de Troie ou de ces batailles - Aegos Potamos, les Arginuses… - dont j'apprenais par coeur le déroulement dans un vieux livre d'histoire grecque.
Je rêvais d'être archéologue et au « Rialto » où m'emmenait mon grand-père, je voyais tous les péplums. Je me souviens particulièrement d'une séance - peut-être Hélène de Troie ? - où le chico Hector mourait courageusement, où Ménélas le cornard vengeait son honneur en poignardant (avec l'aide de celui que certains des spectateurs nommaient Munis [sic] le méchant, ce qui, en un sens, répond correctement au qualificatif de ponèros, le rusé) l'efféminé Paris, ravisseur d'Hélène la chica. En ces moments-là, l'histoire semblait offrir le gage d'un univers juste et rationnel, même si les bons et les méchants n'étaient pas tous dans deux camps opposés.
J'aimais Philippidès, Hercule, Spartacus, revêtant cérémonieusement la panoplie de centurion romain qu'on m'avait offerte à Noël.
Et ce bleu tesson, vomi des entrailles de la terre, était comme les mots que le poète grec ignorant de sa propre langue achetait aux paysans pour les disséquer dans ses entrailles. Enfouis, salivés dans la gorge et recrachés dans l'arène de la lumière comme des fragments d'oracle. Un périple entre l'infiniment grand et l'infiniment petit.
Né à Oran, agrégé de lettres classiques et docteur ès Lettres, l'auteur
enseigne à l'Université de Tunis. Il a publié des essais et des
recueils de poèmes, dont, aux éditions Lambert-Lucas, Le jeune homme, la mort et le jeu, Essai sur le fragment 52 d'Héraclite.
A. Cousin de Ravel, Quignard, Maître de lecture. Lire, vivre, écrire
P. Engel, Les Lois de l'esprit. Julien Benda ou la raison
M. Crouzet, M. Myself ou La Vie de Stendhal (nouvelle version)
Laurence Brogniez (dir.), Écrits voyageurs. Les artistes et l'ailleurs
O. Biaggini, B. Milland-Bove (dir.), Miracles d'un autre genre
Sévigné, Lettres de l'année 1671
A. Pope & J. Swift, Pensées sur différents sujets
H. Melville, Le Marchand de paratonnerres, suivi de La Véranda
S. Kierkegaard, La Crise et une crise dans la vie d'une actrice
E. Maigret et M. Stefanelli (dir.), La Bande dessinée : une médiaculture
I. Raynauld, Lire et écrire un scénario - Le Scénario de film comme texte
J.-F. Bédia, Les Ecritures africaines face à la logique actuelle du comparatisme
Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique. Commentaire - Tome I : Études d'introduction
P. Engel, Les lois de l'esprit, Julien Benda ou la raison
P. E. Fobah, Introduction à une poétique et une stylistique de la littérature africaine
O. Rosenthal, Ils ne sont pour rien dans mes larmes
A. Alciato, Il libro degli Emblemi, secondo le edizioni del 1531 e del 1534
Marc Azéma, La Préhistoire du cinéma