


Pietro Citati, Le Mal absolu. Au coeur du roman du dix-neuvième siècle, traduit de l'italien par Brigitte Pérol, Paris : Gallimard, coll. "L'arpenteur", 2009.
Présentation de l'éditeur :
Existe-t-il un point commun, dans cette
surprenante galerie de portraits, entre le hardi Robinson et la lunaire
Jane Austen, entre le vertigineux Thomas De Quincey et l'enfant
terrible Pinocchio, entre les yeux d'Emma Bovary, les chevaux de Leskov
et les petites filles de Lewis Carroll? Ou bien entre le rire de
Dickens et ses incursions dans les ténèbres, la pitié infinie de
Dostoïevski, la vitesse et la grâce parfaite de Stevenson, les
labyrinthes aériens des phrases de Henry James et les descentes de
Freud dans l'Hadès tout au long des nuits au cours desquelles il
écrivit L'Interprétation des rêves?
Ce qui relie ces
écrivains et ces personnages, parmi bien d'autres rencontrés dans ce
livre, ce n'est pas seulement leur apparition au coeur d'une époque
marquée par l'apogée du roman et par des bouleversements considérables.
C'est aussi le regard subtil de Pietro Citati, son intérêt passionné
pour les défis de l'esprit et les aspects multiples de l'existence, son
aptitude à accueillir en lui la multitude des visages et des voix qui
hantent les écrivains et leurs livres. C'est enfin le fil rouge qui
court à travers ces pages : Balzac, Poe, Dumas, Hawthorne, Dostoïevski,
Stevenson et presque tous les grands romanciers du XIXe siècle sont
attirés par une image, celle du Mal absolu. Non pas le mal étriqué et
monotone de la réalité quotidienne, mais le mal fascinant que semblent
diffuser les grandes ailes sombres, encore imprégnées de lumière, de
Satan et des anges déchus. Car ce siècle est aussi celui de retour de
Satan qui séduit, corrompt et tue, aussi magnétique et irrésistible que
Stavroguine dans Les Démons. Il tend à s'identifier au Tout,
jusqu'à ce qu'il révèle n'être rien d'autre que le vide vertigineux et
sans bornes qui hante la conscience moderne.
Né en 1930, Pietro Citati est notamment l'auteur de livres consacrés à
Goethe, Tolstoï, Kafka, Katherine Mansfield, Proust (La Colombe
poignardée), Homère (La Pensée chatoyante), Zelda et Francis Scott
Fitzgerald (La Mort du papillon). Son roman Histoire qui fut heureuse,
puis douloureuse et funeste (Du Monde entier, 1991, Folio n° 2519) a
obtenu le Prix Médicis étranger en 1991.
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