Fabula, la recherche en littérature (appels)

Ouvrage collectif "Marge(s) et écriture(s) dans la littérature"

Appel à contribution

Information publiée le vendredi 24 février 2012 par Alexandre Gefen (source : Mustapha TRABELSI)

Date limite : 30 mai 2012

 

Université de Sfax

Faculté des Lettres et Sciences Humaines

Unité de Recherche en Littérature, Discours et Civilisation (URLDC) 

 

Appel à contributions 

 

OUVRAGE COLLECTIF

 

 « Marge(s) et écriture(s) dans la littérature  »

 

 

 Zone périphérique et indécise, la marge a été longtemps délaissée par la critique, condamnée à l’oubli ou au rejet, et considérée comme une séquence parasite qui ne devrait pas figurer dans l’oeuvre ou encore comme un segment qui occupe une simple position intermédiaire entre le hors-texte et le texte. Mais aujourd’hui, un intérêt croissant est porté à ce lieu textuel jugé désormais stratégique, car il apparaît comme un précieux moyen qui dévoile les prises de position refoulées de l’auteur, tout en nous informant sur le processus de création de ses oeuvres et sur les circonstances de leur publication. De plus, des oeuvres se présentent parfois comme des commentaires d’autres productions ou, au contraire, comme des formes déployées à partir d’une marge pour regagner le centre, y creuser une  brèche, s’y insérer ou, éventuellement, s’y substituer.

La marge constitue ainsi un riche domaine de recherche. Elle se présente  essentiellement sous trois formes : un paratexte (préface, dédicace, illustrations, titre, notes en bas de page, épigraphe, etc.), un en-deça du texte (brouillons, correspondances, carnets de travail, etc.) ou des digressions inscrites au coeur du texte.

Ces diverses formes de marge qui échappent à la vigilance de leur propre auteur ont su forcer les cadres génériques et les catégories esthétiques monolithiques. Du coup, quels que soient son statut, sa forme, son objet, sa motivation ou sa portée, la marge se décline au pluriel : il existe des marges, et aussi des marges de la marge. Interroger la marge chez un écrivain, ce n’est pas s’intéresser à une bordure close sur elle- même, mais prendre en compte son rapport avec ce qu’elle borde et aussi le rapport d’une marge à une autre. Jouant des frontières entre l’oeuvre littéraire et ses marges théoriques, critiques, philosophiques et esthétiques, de très nombreux  auteurs confèrent aux marges des statuts divers et variés. Quand elles se présentent comme des lettres, des carnets ou des brouillons, elles nous dévoilent l’immense travail  préparatoire qui préside à la rédaction des textes et apparaissent ainsi comme l’espace  idéal de la création littéraire et le moyen d’accéder à une certaine forme de perfection. Par contre, quand les marges sont inscrites dans le texte, elles s’écartent brièvement ou longuement du thème dominant, perturbent la structure interne de l’oeuvre, brisent la continuité du discours et bouleversent l’horizon d’attente du lecteur. Visualisées par les crochets, les parenthèses, les tirets et les blancs, ces marges digressives constituent, au sein même de l’oeuvre littéraire, une échappée vers un ailleurs textuel conçu tantôt comme une source d’inspiration, tantôt comme un moyen de délivrance de l’Autre et même de soi. Dans les deux cas, les marges assurent l’expression libre des idées, des sentiments et des désirs inavoués de l’écrivain ainsi que ses fantasmes et ses angoisses.

Nous voulons nous interroger, dans le cadre de cet ouvrage collectif, sur cette écriture des marges comme lieu du sens, en privilégiant les champs de la poétique, de la linguistique et de la stylistique, ce qui n'exclurait pas des éclairages philosophiques, dans la mesure où ils donnent toute leur portée aux choix esthétiques.

Sans prétendre à l'exhaustivité, quelques axes de recherches peuvent être suggérés :

 

-          Les textes en marge de l’oeuvre (carnets, correspondances, brouillons, paratexte, intertexte…)

-          Le texte et la marge (dialectique des rapports et impact sur les modes de réception).

-          Les textes en marge des modèles (énonciation philosophique, éthique, esthétique…) et en marge des genres (hybridation, éclatement…).

-          Les représentations et imaginaires de la marge dans la littérature (techniques adoptées, sens et fonctions des marges ; modalités spatiales, temporelles et symboliques de la marge).

Ces suggestions ne sont pas limitatives ; elles se bornent à exposer quelques directions de recherche. La priorité devra être donnée aux sujets originaux et aux nouveaux questionnements autour de la marge.

 

Bibliographie sélective :

 

-         Alexandre-Garner (Corinne) (dir), Frontières, marges et confins, Presses Universitaires de France, « Chemins croisés », 2008.

-         Bergé (Pierre), L’Art de la préface, Paris, Gallimard, 2008.

-         Bouloumié (Arlette), Errance et marginalité dans la littérature, Recherches sur l’imaginaire, Presses d’Université d’Angers, 2007.

-         Bokobza-Kahan (Michèle), Dulaurens et son oeuvre, Un auteur marginal au XVIIIe siècle : Déviances discursives et bigarrures philosophiques, Honoré Champion, « Les dix-huitièmes siècles », n° 139, 2010.

-         Bayard (Pierre), Le Hors sujet. Proust et la digression, Minuit, 1996.

-         Ducos (Joëlle) (dir.), Frontières et Seuils, Bordeaux, LAPRIL, coll. « Eidôlon », 2004.

-         Dürrenmatt (Jacques) et Pfersmann (André) (dir.), L’Espace de la note, La Licorne, n°67, Presses Universitaires de Rennes, 2004.

-         Forest (Philippe), Szkilnik (Michelle), Théorie des marges littéraires,
Nantes, Ed. Cecile Defaut, 2005.

-         Garrait-Bourrier (Anne) (dir.), De La norme à la marge. Écritures mineures et voix rebelles, Presses Universitaires Blaise Pascal, coll. « Littératures », 2010.

-         Genette (Gérard),  Seuils, Seuil, 1987.

-         La Marginalité dans l’oeuvre de George Sand, textes réunis, publiés et présentés par Pascale Auraix-Jonchière, Simone Bernard-Griffiths et Marie-Cécile Levet, Clermont-Fd, Clermont-Fd, Presses Universitaires Blaise Pascal, coll. « Révolutions et Romantismes » ; 

-         Lane ((Philippe), La Périphérie du texte, Nathan, 1992.

-         Marginalités et théâtres. Pouvoir du spectateur et dramaturgie, Actes du colloque international organisé par le Centre d'Etudes Théâtrales (EA 3483) et  l'IUFM de Créteil,  les 19 et 20 septembre 2002 à l'Université de Paris XII -Val de Marne,  Nizet, 2004.

-         Martinière (Nathalie), Sophie Le Menahèze (dir.), Écrire la frontière, Limoges, Pulim, 2003.

-         Notes. Études sur l’annotation en littérature, sous la dir. de Jean-Claude Arnould et Claudine Poulouin, Publications des universités de Rouen et du Havre, 2008.

-         Perrin-Chenour (Marie-Claude), Willa (Cather), L'Ecriture de la frontière, la frontière de l'écriture, Paris, Belin, 1998.

-         Regam (Abdelhak), Les Marges du texte, Afrique Orient, Casablanca, 1998.

-         Sabry (Randa), Stratégies discursives, digression, transition, suspens, Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1992.

 

 

 

Comité scientifique : Arselène Ben Farhat, Mekki Rebai, Kamel Fekih, Yvan Leclerc, Pierre Schoentjes, Pierre Garrigues, Mustapha Trabelsi.

 

Délai d’envoi des propositions  (un résumé et une notice biographique) à envoyer avant le  30 mai à :

 

bnarselene@yahoo.fr

makki_rebai@yahoo.fr

 

Date limite de réponse et confirmation : 30 juin 2012        

Remise des articles : 30 octobre 2012                                                      

Publication : 2013                                                                           

 

 

 

 

 

 

 

 


Responsable : Unité de Recherche en Littérature, discours et civilisation (URLDC)

Adresse : Mustapha TRABELSIFaculté des Lettres et Sciences Humaines, BP 1168, 3000 Sfax, Tunisie



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