

Mobilisations contre la précarité sur les campus lyonnais
http://www.cnt-f.org/fte/spip.php?article3309
La faible présence des étudiantes-s et personnels des universités
pendant le mouvement contre la réforme des retraites pourrait laisser
croire que la LRUÂ [1]
a pacifié les campus. Pourtant les dérives de cette loi, dénoncées deux
ans auparavant par la plus grosse mobilisation universitaire depuis
1968, sont bien réelles et ont des conséquences désastreuses. En effet,
la course à « l'excellence » (campus d'excellence, laboratoires
d'excellence, prime d'excellence…) qui se traduit par la mise en
concurrence des uns contre les autres, le « grand emprunt » qui
financera bientôt la recherche par la spéculation sur les marchés
financiers, l'orientation des recherches par des financements ciblés sur
des thèmes « prioritaires », le flicage-évaluation permanent par
l'AERESÂ [2],
l'adoption des démarches managériales, l'entrée des entreprises dans
les instances décisionnelles, le regroupement des établissements en
super-PRESÂ [3]
qui introduit de nouvelles règles et conseils complètement opaques… ne
sont que quelques exemples de la libéralisation et de la confiscation
des processus de décision au sein de l'enseignement supérieur et de la
recherche.
Ces bouleversements ont des conséquences directes sur l'emploi, puisque l' « autonomie » des universités a accentué la précarité des personnels, notamment par un recours accru aux CDD et l'externalisation des services. La multiplication des types de contrats est évidement un puissant vecteur de division des travailleuses-rs car elle rend difficile l'émergence de revendications communes. Un grand nombre de personnels sont maintenus dans la précarité sans aucune justification. Certain-es, enchaînant CDD sur CDD, attendent leur CDI depuis 7 ans ou 10 ans.
La flexibilité nous est présentée comme une capacité nouvelle de choix, mais qui peut choisir quand il est peu diplômé, âgé, jeune ou récemment arrivé en France ? Les personnes en situation précaire sont soumises au bon vouloir de leur hiérarchie qui peut les licencier en réaction à toute contestation. Cette précarité se retrouve à tous les niveaux de l'université, autant parmi les personnels administratifs ou d'entretien, que parmi les doctorantes-s, les enseignantes-s-vacataires ou les jeunes chercheurs.
Face à ces injustices, de nombreux mouvements ont émergé partout en France. A Lyon 2, 56 emplois « aidés » devraient être supprimés suite à l'externalisation des missions d'entretien. Une AG est organisée par les étudiants de la CNT courant février afin d'informer les étudiantes-s sur les situations inacceptables de celles et ceux qu'elles-ils côtoient tous les jours et afin d'obtenir la titularisation des personnels contractuels. A l'ENS Lyon aussi, des étudiants et des personnels, syndiqués à Sud et à la CNT, organisent le 10 février une AG pour formuler des revendications et créer un rapport de force. A Lyon 1, alors que le président sortant avait fait de la lutte contre la précarité son argument de campagne, le bilan social affiche une augmentation de 6% des CDD ! Les personnels contractuels se mobilisent actuellement et s'inviteront, avec l'intersyndicale CGT, CNT, FO, Sud, au conseil d'administration du 15 février, qui nommera le prochain président, pour dénoncer le recours de plus en plus systématique aux CDD et pour interpeller les candidats à la présidence.
Contre l'exploitation, les pressions, les non-renouvellements de contrats, contre la volonté du gouvernement et des directions d'établissement de précariser nos vies, il est nécessaire de mettre en place une mobilisation forte, d'établir un véritable rapport de force et exiger la titularisation sans conditions de tous les personnels contractuels !
Notes [1] Loi dite d'autonomie des universités
[2] Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur
[3] Pôle de recherche et d'enseignement supérieur, comme l'Université de Lyon qui regroupe l'ensemble des universités et grandes écoles de Lyon et Saint Etienne
Refus de l'Idex: dossier Slu (mai 2012)
02/06/12: Des Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Oui, mais comment?
"Une nouvelle loi sur l’autonomie des universités pour début 2013" (Le Monde.fr - 24.05.2012)
"Le gouvernement doit émettre des signaux forts". Communiqué de l’intersyndicale ESR (22/05/12)
Des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche à l’automne 2012
"A quoi sert l’échec scolaire?", par Bertrand Ogilvie, La Revue des Livres, mai 2012
"Ne pas trahir 2009": Communiqué de la CNESU - 21 mai 2012
Manifestation en soutien au mouvement étudiant québécois, à Paris le 22 mai 2012
Collet (ainsi que Filâtre et Fontanille?) au cabinet de Geneviève Fioraso (mà j 24/05/12)
Dossier: qui est Geneviève Fioraso? (mà j 23/05/12)
"La formidable grève des étudiants québécois", par C. Laval (blog Mediapart, 17/05/12)
"Ne pas trahir 2009": communiqués syndicaux (mai 2012)
Mouvement étudiant au Québec: la ministre démissionne (14/05/12)
L'Agence de l'évaluation s'autoévalue (Slu, 09/05/12)
Coordination Nationale des Etablissements Scientifiques et Universitaires (CNESU) le 21 mai 2012
"Sarko est parti, vive la LRU? Le changement, c’est quand?" Sud étudiant - mai 2012
Paris 22: deux étudiants arrêtés à la fac de Saint-Denis (mà j 14/05/12)
Éducation: urgences et premières revendications (VousNousIls, 09/05/12)
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