

"Difficile de trouver une réforme qui fasse autant l'unanimité contre elle", peut-on lire dans la presse. C'est peu dire. Et au fur et à mesure que ses conditions d'application se précisent, on mesure à quel point les scénarios les plus paranoïaques risquent de se confirmer. [Poolp]
Mastérisation: le feuilleton
Circulaires, décrets, motions, etc. depuis l'installation de la commission inter conférences Marois-Filâtre en mai 2009.
Un document préparé pour les Conseils centraux de l'Université Paris 8 (Saint-Denis):
http://www.univ-paris8.fr/masterisation/
Mastérisation : le point sur la réforme
educpros.fr - Céline Manceau - 20.01.10
La mastérisation est l'un des principaux mots d'ordre de la grève du 21 janvier 2010 pour les syndicats enseignants. Un an après le raz-de-marée contestataire qui avait abouti au report de cette réforme, quel est aujourd'hui son devenir ?
A quelques nuances près,
c'est avec un calendrier identique à 2009, que le mouvement
d'opposition à la mastérisation a redémarré cette année : premières
vagues de contestation au mois d'octobre et… lame de fond en décembre
et janvier (avec notamment la grève de ce jeudi 21 janvier 2010 dans la
fonction publique).
Y aura-t-il, pour autant, raz-de-marée en
mars (c'est à cette période que le gouvernement avait décidé de
reporter la réforme en 2009) ? Luc Chatel, pour l'instant, maintient le
cap, sans faillir. Il a présenté devant le CNESER, le 21 décembre 2009,
la circulaire de cadrage des masters. Puis, il a publié, au JO, le 6 janvier 2010, les textes sur les nouveaux concours. Enfin, il a fait paraître au JO, le 20 janvier 2010, l'arrêté qui entérine la réforme : celui qui précise qu'un master est requis pour se présenter aux concours de l'enseignement.
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La crise de la formation des enseignants 20 Janvier 2010. Blog mediapart de Claude Lelièvre
La question de la formation des enseignants est en train de prendre une ampleur inédite. La FCPE ( la première fédération de parents d'élèves ) et les organisations lycéennes UNL et FIDL ont appelé à participer à la journée de mobilisation du 21 janvier pour la défense de la fonction publique et des services publics.
Elles demandent ensemble la mise en place d'un plan pluriannuel de recrutement de personnels enseignants – ce qui est assez classique – ; mais elles demandent aussi ensemble une augmentation des temps de formation pédagogique et psychologique ( théorique et pratique ) des enseignants, ce qui est tout à fait inédit.
Par ailleurs, le secrétaire général de la FSU ( la principale fédération syndicale d'enseignants ), toujours dans le cadre de cette même journée de mobilisation, a écrit à François Fillon une lettre ouverte dans laquelle il indique que " le 21 décembre dernier, une très large majorité d'organisations a condamné le processus qu'utilise le gouvernement pour engager à marche forcée une réforme désastreuse et inapplicable de la formation des enseignants ". Et il en appelle solennellement – par delà le ministre de l'Education nationale Luc Chatel – au Premier ministre lui-même, pour que cela cesse et que " s'engage une véritable négociation pour une autre réforme".
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Blog C'est classe !
A l'affût de tout ce qui bouge, de l'école à la fac, par Véronique Soulé, journaliste à Libération.
21 janvier 2010 - A peine profs et déjà à plein tempshttp://classes.blogs.liberation.fr/soule/2010/01/%C3%A0-peine-profs-et-d%C3%A9j%C3%A0-dans-des-classes-.html
A peine reçus au Capes et déjà nommés dans des classes, sans préparation spécifique: les pires craintes des opposants à la "masterisation" se confirment. Avec la réforme de la formation des enseignants,
les profs qui viennent de décrocher leurs concours seront aussitôt
nommés sur des postes à plein temps. Ils n'auront droit qu'ensuite à un
peu de pédagogie. La formation professionnelle est ainsi réduite à la
portion congrue.
Sous le titre "Formation des maîtres: une décision hallucinante !", le Snes de Montpellier explique sur son site
le dispositif mis en place à la prochaine rentrée par le Rectorat pour
les profs débutants - des "fonctionnaires stagiaires" la première année
d'exercice. Le dispositif a été baptisé "stages massés" - la plupart des Rectorats adopteraient le même genre. C'est une sorte d'usine à gaz.
Concrètement,
dans l'Académie de Montpellier, le prof stagiaire sera affecté sur un
poste de 18 heures (la norme pour les certifiés). Jusqu'à la Toussaint,
il sera "en responsabilité" devant la classe en présence d'un
enseignant tuteur. Ce tuteur devra, lui, être remplacé par un TZR
(titulaire sur zone de remplacement). Mais vue la tension qui existe
sur les remplacements, il est fort possible que l'on doive recourir à
un contractuel.
Puis, exit le tuteur. De la
rentrée de la Toussaint à février, le prof stagiaire se jette à l'eau,
seul face à ses élèves. Comme les débutants sont nommés en priorité
dans des établissements difficiles, on imagine que ce ne sera pas
simple.
Ce n'est qu'en février que le stagiaire aura droit à une
formation pédagogique de 5 à 6 semaines, au sein d'un IUFM (Institut
Universitaire de Formation des Maîtres) ou d'un autre "opérateur". Mais
alors, c'est lui qui devra être remplacé. On fera alors appel à des étudiants de master 2
qui auront réussi la première partie de leur concours (organisée en
début de M2, la seconde partie étant prévue à la fin) et qui seront
volontaires pour un stage.
Puis le stagiaire retrouvera ses
élèves, seul jusqu'à la fin de l'année. A Montpellier, le Rectorat
demandera en plus aux chefs d'établissement de laisser aux débutants
une journée sans cours dans la semaine, afin qu'ils puissent bénéficier
de formations.
"A raison de 4 ou 5 classes de 30 élèves chacune, a calculé le Snes
Montpellier, au moins 30 000 élèves changeront plusieurs fois de
professeurs avec pour l'essentiel un stagiaire et ... un étudiant. Les
tuteurs prendront leur classe à la Toussaint. Les mutations seront
amputées de 250 postes !".
Auparavant
dans le secondaire, les stagiaires avaient un service de 8 heures
devant des classes. Malgré l'hostilité des syndicats, dans la réforme,
le ministère a fait passer ce chiffre à 12 heures, le tiers temps
restant devant être consacré à la formation professionnelle. Mais de là
à imaginer ces "stages massés"...
Lire la fin du billet sur le blog C'est classe !
Voir aussi: Que vont être les "stages" des futurs enseignants à la rentrée 2010? (Dossier màj 17/01/10)
Lettre d’A. Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry Montpellier 3 à F. Hollande (7/2/2012)
Motion de la 21e section du CNU sur l'évaluation des enseignants-chercheurs (2/2/12)
"La fausse autonomie universitaire", par P. Jourde (blog BibliObs)
L'enseignements des lettres classiques à la rentrée 2012 (motion CNARELA du 14/01/12)
Pétition contre la criminalisation d'un canular et du mouvement social à l'Ens (février 2012)
"IUFM : Après le démantèlement, l’éradication", par J.-L. Auduc (cafepedagogique.net)
"Ne bradons pas les diplômes de licence!" (tribune, Le Monde, 19/1/12)
"Les Célébrations nationales 2012 inaugurées par une polémique", par P. Assouline (blog)
Fondation Copernic, L'éducation nationale en danger
"Libraires épuisés", par V. Chabault (lavidesidees.fr)
Lettre du président de la région Languedoc-Roussillon aux responsables de "ses" universités
"La face cachée de l'autonomie des facs": l'exemple de l'UPPA (L'Humanité, 6/1/12)
"Étudiants étrangers: pourquoi le gouvernement a reculé", par M. Bellan (Lesechos.fr, 26/12/11)
"Quand Gallica vend du porno…" (BibliObs)
"L'université est universelle": pétition contre la circulaire Guéant (21/12/11)