

Mastérisation - Front du refus
Monsieur Le Président de l'Université de Nantes,
L'assemblée de
l'inter-composantes, réunie le 5 février 2010, dénonce la volte-face de
la Présidence sur la réforme des concours et sur la question de la
masterisation. En effet, dans une première lettre datée du 19 novembre
2009, la CPU a exigé que « les ministères reviennent sur les schémas
proposés » en jugeant ceux-ci « incohérents et composites ». Cette
position de la CPU a été très clairement relayée par votre courrier, au
début du premier semestre universitaire. Depuis, la CPU a réaffirmé le
21 janvier 2010 que « la conception de la formation des enseignants et
les stages n'étaient pas compatibles avec les objectifs visés », puis
le 29 janvier qu' "aujourd'hui [les universités] se retrouvent devant
une réforme incohérente et peu conforme aux ambitions affichées et ne
sauraient se résigner à cette situation".
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   Or, dans la lettre circulaire du 26 janvier 2010, tout en
reconnaissant à nouveau que les propositions faites par le ministère «
ne sont pas à la hauteur des enjeux et ne permettront pas d'atteindre
les objectifs visés », l'équipe présidentielle nous impose de faire
des maquettes conformes aux textes ministériels inchangés à ce jour,
sans qu'il y ait eu la moindre concertation.
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   En outre, nous apprenons, par un courrier du 3 février, la
décision de supprimer le financement de l'agrégation en l'absence de
master enseignement ; décision locale intervenant immédiatement après
l'annonce, par le département de philosophie, de ne pas mettre en place
de master enseignement tout en maintenant une préparation Ã
l'agrégation.
    Nous demandons que la Présidence cesse ses
pressions sur les départements, qu'elle adopte une attitude cohérente
et qu'elle soutienne ses enseignants dans leur défense d'une formation
des maîtres digne de ce nom.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de nos sentiments cordiaux, dévoués au service public et à l'intérêt de nos
étudiants.
Le collectif inter-composantes.
Motion du conseil de gestion de l'UFR sciences et techniques de l'Université de Nantes (12 février 2010)
Le
CG de l'UFR Sciences prend acte des motions sur la mastérisation
des concours de l'enseignement primaire et secondaire votées par le
CNESER, de nombreuses sections du CNU et par la CPU. Avec la plupart
des institutions
représentatives du service public d'enseignement supérieur et de
la recherche, il estime que le dispositif prévu contredit les
objectifs affichés sur tous les plans, qu'il s'agisse de la qualité de
la formation disciplinaire, dont le niveau d'exigence est abaissé, de
l'initiation à la recherche, qui ne peut être assurée convenablement en
concurrence avec la préparation des épreuves écrites et orales du
concours, et de la préparation aux métiers de l'enseignement.
Il
s'élève contre les annonces de couplage entre le stage des lauréats
et celui des admissibles en M2. Il proteste enfin contre le calendrier
qui apparaît en l'état irréaliste et inapplicable : alors que, dans
la plupart des disciplines concernées, les programmes des concours ne
sont pas à cette heure encore connus, comment peut-on raisonnablement
penser imposer aux candidats et à leurs préparateurs des épreuves
écrites durant le mois de novembre 2010 ?
Le
CG considère également comme troublante la demande du Président
de l'Université de Nantes de créer des spécialités Enseignement (en
Master disciplinaires) cohabilitées avec les autres Universités des
Pays de Loire, ainsi que le non-financement de préparations au concours
hors Master. Non seulement cette décision nous impose une
alternative insoutenable, mais elle nous place aussi dans une position
de concurrence inutile et néfaste face aux préparations à Angers et au
Mans, avec la menace de voir disparaître de Nantes des préparations qui
ont fait leurs preuves.
Le CG de l'UFR appelle les Ministres
de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur et de la
Recherche prendre en compte les étudiants préparant les concours de
l'enseignement, les équipes pédagogiques qui les encadrent, et les
élèves du Secondaire, en ouvrant une véritable négociation avec
l'ensemble des instances représentatives et en suspendant dans
l'immédiat l'application de la réforme.
Votée à l'unanimité
Motion de l'AG du département de Lettres Modernes de l'Université de Nantes (11 février 2010)
Réuni
le 11 février 2010, le département de Lettres Modernes de l'Université
de Nantes réaffirme son opposition à la réforme de la formation des
enseignants imposée par le Ministère. Le département enverra des
représentants à la réunion du 4 mars destinée à  l'élaboration des
maquettes en cohabilitation, dans la perspective de faire entendre Ã
nouveau son opposition.
Nous nous élevons par ailleurs contre la
décision purement locale émanant de la Présidence de ne pas financer
l'Agrégation en l'absence de Master Enseignement. Nous considérons
également que le calendrier fixé pour les épreuves de CAPES et que les
modalités de mise en place des stages de M2 ne permettent pas d'assurer
une formation disciplinaire et professionnalisante digne de ce nom. En
outre, ce calendrier et ces stages induiraient une discrimination
inacceptable entre les étudiants.
votée à l'unanimité moins un blanc
« Enseigner est un métier qui s'apprend ». Motion du conseil de l'UFR Lettres et Langages de l'Université de Nantes (jeudi 18 février 2010)
L'enseignement et donc la formation des enseignants représentent un enjeu de société fondamental pour tous. Les orientations présentées par le gouvernement les 13 et 18 novembre menacent :
• d'augmenter la durée des études non rémunérées sans prévoir d'aides financières adéquates pour compenser cet allongement.
• d'envoyer en stage de M2 en responsabilité des étudiants sans formation, alors que le nombre
d'enseignants titulaires diminue, ce qui reviendrait à attribuer aux étudiants stagiaires le rôle de
remplaçants.
• de nuire aussi bien aux formations disciplinaires que pédagogiques des étudiants. Sous couvert d'une augmentation du niveau d'étude requis pour le recrutement des professeurs, la réforme proposée entraîne la disparition quasi totale de la formation pédagogique, didactique et professionnelle actuellement assurée par l'Éducation Nationale. Cette formation sera assurée de façon minimaliste au cours du Master au détriment de la formation disciplinaire. Ceci aboutira donc immanquablement à une diminution significative de la qualité du recrutement des professeurs.
• de créer une précarité au sein du corps enseignant et une éducation à deux vitesses alors que le système actuel assurait un niveau homogène de recrutement sur l'ensemble du territoire. Pour être titularisable, le lauréat d'un concours d'enseignement devra valider son année de M2. Il semble probable qu'un nombre significatif d'étudiants ne puisse atteindre ce double objectif, ayant validé le M2 mais échoué au concours. Malgré leur formation professionnelle très superficielle, ceux-ci fourniront au Ministère de l'Éducation Nationale une main d'oeuvre précaire, bon marché aisément corvéable, particulièrement dans les zones difficiles.
• de déstabiliser l'ensemble des formations en place, aussi bien dans les IUFM que les universités.
Le cadrage des masters présentés, adossés à la recherche, ne peut être mis en adéquation avec les
modalités des concours tels que définis par l'arrêté du 28/12/2009 (B.O.du 6/01/2010). Ce texte a
d'ailleurs été rejeté par le CNESER du 21 décembre à la quasi unanimité.
Le conseil de l'UFR « Lettres et Langages » de l'Université de Nantes, réuni le jeudi 18 février 2010, rejette ces choix et demande une réforme conduisant à une réelle élévation de la qualification de tous les enseignants et une réelle amélioration de la formation des enseignants pour l'avenir des élèves, tout en garantissant la mixité sociale du recrutement et après une réelle consultation de tous les acteurs du monde de l'éducation. Il demande à l'Université de Nantes de revenir sur sa décision de ne pas financer l'Agrégation en l'absence de Master enseignement. Il se prononce contre le calendrier des réalisation des maquettes imposé par le Ministère et demande le maintien pour la session 2011 du CAPES selon ses modalités actuelles. Il demande enfin le maintien de la formation alternée des fonctionnaires-stagiaires sans diminution de la décharge horaire accordée l'année de leur recrutement.
MOTION ADOPTÉE À L'UNANIMITÉ
- 2 Motions du conseil de gestion de l'UFR HHAA (Histoire, Histoire de l'art et Archéologie), adoptée à l'unanimité:
"Réuni
le 8 février 2010, le conseil de gestion de l'UFR Histoire, Histoire de
l'art et Archéologie de l'Université de Nantes exprime sa très vive
inquiétude sur deux problèmes posés dans la partie 2 "Principaux
changements intervenus et pistes de préparation" du texte
"De la
rénovation du CAPES externe d'histoire et géographie" rédigé par M.
l'Inspecteur général Laurent Carroué, président du jury du CAPES
externe d'histoire et de géographie.
- Le programme : le fait
d'informer les candidats "l'année même du concours" interdit toute
préparation sérieuse et induit une dévalorisation du concours. Aligner
strictement les épreuves d'admissibilité et d'admission sur de grandes
questions d'histoire et de géographie se référant aux programmes
scolaires est en outre une pratique dangereuse qui revient à affaiblir
durablement la recherche à l'université et la qualité de l'enseignement.
- Le calendrier : tel qu'il est présenté, le calendrier est irréaliste et inapplicable. Il interdit, dans les faits, l'inscription de la préparation des concours dans un master."
Motion du conseil de gestion de l'UFR HHAA du 7 janvier:
"Le
conseil de gestion de l'UFR HHAA proteste contre la méthode qui
consiste à ne tenir aucun compte du vote si fortement négatif du CNESER
du 21 décembre 2009. Il souligne les multiples faiblesses de la
circulaire de cadrage et regrette les incohérences auxquelles la
mastérisation conduit. Il demande au CA de l'Université de Nantes de se
prononcer sur le fond sur la réforme."
Position du dépt d'anglais (texte voté à l'unanimité):
"Le département d'anglais, réuni le 9 février 2010, n'est pas favorable à l'élaboration d'une maquette de master d'enseignement* dans le cadrage actuel défini par les textes ministériels.
Nous
estimons effectivement que le calendrier fixé pour les épreuves du
Capes d'anglais d'une part ; que les modalités de mise en place des
stages de M2 d'autre part ne permettent pas d'assurer une formation
disciplinaire et professionnalisante de qualité."
Motion du département d'Etudes Hispaniques de l'Université de Nantes (17 février 2010)
Le département d'Etudes Hispaniques, ayant pris connaissance des circulaires régissant la mise en place des masters ouverts aux étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement et organisant les concours de recrutement des professeurs,
et en conséquence, se prononce contre la remontée des maquettes aux dates fixées par la Présidence, demande le maintien pour la session 2011 du CAPES selon ses modalités actuelles, s'engagent à réfléchir à la conception d'un projet pertinent et concerté de formation des enseignants du secondaire dans l'intérêt des étudiants. Motion votée le 17 février , 14 voix pour, 2 contre.
Motion de la 21e section du CNU sur l'évaluation des enseignants-chercheurs (2/2/12)
"La fausse autonomie universitaire", par P. Jourde (blog BibliObs)
L'enseignements des lettres classiques à la rentrée 2012 (motion CNARELA du 14/01/12)
Pétition contre la criminalisation d'un canular et du mouvement social à l'Ens (février 2012)
"IUFM : Après le démantèlement, l’éradication", par J.-L. Auduc (cafepedagogique.net)
"Ne bradons pas les diplômes de licence!" (tribune, Le Monde, 19/1/12)
"Les Célébrations nationales 2012 inaugurées par une polémique", par P. Assouline (blog)
Fondation Copernic, L'éducation nationale en danger
"Libraires épuisés", par V. Chabault (lavidesidees.fr)
Lettre du président de la région Languedoc-Roussillon aux responsables de "ses" universités
"La face cachée de l'autonomie des facs": l'exemple de l'UPPA (L'Humanité, 6/1/12)
"Étudiants étrangers: pourquoi le gouvernement a reculé", par M. Bellan (Lesechos.fr, 26/12/11)
"Quand Gallica vend du porno…" (BibliObs)
"L'université est universelle": pétition contre la circulaire Guéant (21/12/11)
Dialogue rompu au sein du CA de l'Université de Haute-Alsace (DNA, 19/12/11)
"L’Université de La Réunion ne survivra pas à l’autonomie" (Temoignages.re)