Fabula, la recherche en littérature (debats)

Mastérisation - Circulaire de cadrage : communiqués du SNES-UP, de la FCPE, de SLU, d'Autonome sup (màj 24/12/09)

Points de vue et débats

Information publiée le mercredi 9 décembre 2009 par Bérenger Boulay



_blank

Voir aussi: Masterisation: communiqués et motions.

Le cadrage de la masterisation : quand Ubu rencontre Kafka - par Alexis Grélois pour SLU (10 décembre 2009) http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3239

Le Snesup a publié le 8 décembre 2009 un projet de circulaire ministérielle « pour la mise en place des diplômes nationaux de master ouverts aux étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement » (sic) remis le même jour par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche aux organisations syndicales.

Les précédents textes ministériels relatifs à la « réforme » de la formation et du recrutement des enseignants étaient déjà inacceptables et inapplicables. Force est de reconnaître que le dernier dépasse les bornes de tout ce que nous avions déjà lu.

Ceci n'est pas un master Des diplômes fourre-tout

La lecture du document frappe par l'accumulation des tâches que devront remplir les étudiants. À l'exception de la présidence de l'EPAD, presque toutes les tâches possibles les attendent.

Un master doit comporter une « initiation à la recherche », mais ne nous leurrons pas : elle pourra « se traduire par la réalisation d'un travail de recherche individuel ou collectif » (p. 2). Elle sera cependant surtout destinée aux candidats à l'agrégation, futurs Prag (donc aux élèves et auditeurs des ENS avec le découplage prévu entre Capes et agrégation qui ne permettra plus à la quasi-totalité des établissements universitaires d'offrir une préparation spécifique à l'agrégation) pour qui elle « constituera une composante essentielle de la formation » (p. 2).

Lire la suite.

AutonomeSup (F.N.S.A.E.S.R.) – C.S.E.N. – F.G.A.F.  Communiqué de presse du 11 décembre 2009

http://autonomesup.com

Mastérisation : une circulaire et une réunion pour rien !

 AutonomeSup a déjà exprimé à plusieurs reprises sa grande inquiétude concernant les projets de réforme des concours de recrutement des professeurs du premier et du second degré et leurs incidences sur les masters universitaires. La dernière circulaire du Ministère de l'Enseignement supérieur et la rencontre avec les syndicats mercredi dernier 9 décembre n'ont fait qu'accroître notre inquiétude. La communauté universitaire attendait une circulaire de cadrage fixant un certain nombre de règles pour assurer au diplôme national de master un  minimum de cohérence nationale. Or cette circulaire ne cadre rien. Pour faire bref, on peut dire qu'elle laisse aux universités toute liberté… pour résoudre la quadrature du cercle ! Cette circulaire demande en effet aux universités de concevoir des masters « généralistes » uniques qui, dans le même temps
- donnent aux étudiants une initiation à la recherche suffisante pour pouvoir s'engager
dans un doctorat (ce qui suppose un ou deux mémoires de recherche de haut niveau) ;
- assurent la préparation aux épreuves disciplinaires des concours de recrutement ;
- assurent la préparation aux épreuves professionnelles (nouvelles) des dits concours ;
- intègrent deux ou trois stages dans l'enseignement scolaire, dont un en responsabilité avec un rapport pouvant être pris en compte;
- permettent une réorientation professionnelle avec une autre formation professionnelle au quatrième semestre pour ceux qui ne seraient pas admissibles aux concours, avec pour ces étudiants un stage en entreprise (à organiser en catastrophe au dernier moment).

Sur ce dernier point, les propositions du Ministère laissent songeur : on nous a parlé de préparer au BAFA au dernier semestre du master (avec cinq ans d'enseignement supérieur), à moins que le master dans son ensemble ne doive aussi préparer à d'autres métiers de la formation dont le BAFA ! Sur ce point comme pour beaucoup d'autres, les positions du Ministère sont confuses. Aucune université ne pourrait répondre en un seul master à un tel cahier des charges. Comme nous le répétons depuis longtemps, seule une organisation en Y, explicitement écartée par certains responsables de nos ministères, pourrait, en distinguant clairement deux (voire plusieurs) masters à partir du troisième semestre, répondre aux diverses demandes présentées par nos ministères. Mais l'entêtement de ces ministères aboutirait à une nouvelle crise, d'une gravité exceptionnelle. Rappelons enfin que la communauté universitaire ne pourrait accepter une réforme des concours qui en réduirait le contenu disciplinaire, voire le nombre de disciplines, alors qu'on prétend, en allongeant la durée des études, améliorer la formation des futurs professeurs. Actuellement, on ne voit plus aucune cohérence dans les projets ministériels. Alors que les réformes du Ministère tendent à retirer toute autonomie administrative et pédagogique aux composantes des universités (UFR, IUT…), le Ministère leur demande de résoudre tous les problèmes que
posent ces exigences contradictoires et démesurées.

                                                                                                              Paris, le 11 décembre 2009

          Michel GAY, secrétaire général d'AutonomeSup  

Jean-Louis CHARLET,  président d'AutonomeSup
 Fédération Nationale des Syndicats Autonomes  de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche

Circulaire de cadrage : un vademecum vague et inopérant ! Communiqué du SNES-UP (8 décembre 2009)

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3231

Mardi 8 décembre, le MESR a communiqué un projet de circulaire de cadrage aux organisations syndicales. En vue d'une mise en oeuvre de la réforme de la « mastérisation » dès la prochaine rentrée universitaire 2010, ce texte cherche à anticiper sur le calendrier gouvernemental préalablement fixé. Le SNESUP dénonce l'absence de concertation et un passage en force en rupture avec les engagements pris par la ministre, fixant à avril la date de dépôt des projets.

Aucun cadrage réel ! Qu'il s'agisse des contenus, de l'équilibre à respecter entre formation scientifique et formation professionnelle, des moyens ou des structures de formation, rien n'est imposé aux universités. Tout au mieux ce ne sont que des incitations à des cohabilitations au niveau académique qui sont proposées. Tout est renvoyé au choix dans les établissements. A aucun moment, sous aucune forme, ni les IUFM, ni leurs personnels ne sont cités dans ce document. Pas plus qu'il n'est fait allusion à la recherche en éducation, à l'épistémologie... Devant s'appuyer sur l'offre de master existante, la formation des futurs enseignants est essentiellement reléguée à de simples parcours au sein de formations disciplinaires ou bi-disciplinaires déjà existantes.

Ce projet de texte laisse transparaître la méconnaissance totale de ce que peut être un master à l'université. Laisser entendre que ces formations de master devraient à la fois contenir une simple « initiation à la recherche » et permettre une poursuite en thèse est totalement irréaliste. Si certaines prescriptions concernant la formation professionnelle font leur apparition, c'est sous la forme de stages « de découverte » ou « en responsabilité » non obligatoires, d'enseignements en pédagogie au contenu plus que succinct et d'un mémoire professionnel aux objectifs mal précisés. Rien ne permet d'assurer la mise en oeuvre d'une formation professionnelle intégrée. Le SNESUP dénonce un texte qui profile un master dont les contenus scientifiques sont quasiment absents et qui programme le démantèlement et la vente à la découpe des IUFM.

Le SNESUP voit ses craintes et ses analyses confirmées : mise en extinction des IUFM, déstabilisation de toutes les formations existantes et de la recherche publique. Il réitère son exigence de retrait de la réforme et de ses décrets d'application. Par conséquent, Il ne participera pas à la réunion convoquée le 9 décembre par la DGESIP.

Formation des enseignants : pas de trêve des confiseurs ! Communiqué de la FCPE, 24 décembre 2009

La FCPE constate avec colère de ce que la circulaire de cadrage des masters d'enseignement ait été publiée sans que la ministre de l'enseignement supérieur ait tenu aucun compte des remarques qui lui avaient été faites par l'ensemble de la communauté éducative et universitaires, ce qui avait conduit au rejet du texte par le CNESER réuni lundi 21 décembre.

La FCPE le répète : cette circulaire ne cadre en rien la formation des enseignants en ce qui concerne son aspect professionnel (pédagogie, psychologie de l'enfant et de l'adolescent, conduite de classe, connaissance du système éducatif). Aucun horaire, aucun contenu ne sont imposés aux universités.

La ministre de l'enseignement supérieur continue par ailleurs à faire l'impasse sur la question des bourses accordées aux étudiants pour supporter l'année supplémentaire d'études non rémunérée qui s'imposera désormais à ceux qui choisiront la carrière d'enseignant.

La FCPE dénonce une circulaire vide sur le fond et dont le seul objet est de supprimer 14 500 postes d'enseignants à la rentrée 2010.

La FCPE s'adressera au ministre de l'Education nationale pour obtenir des garanties sur la qualité de la formation des enseignants.

Enseigner est un métier qui s'apprend ! La FCPE ne se satisfera pas d'enseignants qui n'ont qu'une vague idée de ce qu'est un élève.

De quels enseignants voulons-nous ? Communiqué de la FCPE (9 décembre 2009)

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3236

La FCPE vient de prendre connaissance de ce qui doit servir de circulaire de cadrage à la mise en place des masters de recrutement des enseignants.

La FCPE constate que cette circulaire ne cadre rien, ni en termes d'horaires ni en termes de contenu.

Cette circulaire évacue totalement l'importance de la formation pédagogique pourtant si fondamentale aux enseignants dans l'exercice de leur métier.

Alors qu'on allonge la durée d'études, aucune exigence réelle n'est posée en ce qui concerne la pédagogie et la psychologie de l'enfant. Une année d'études supplémentaire pour moins d'enseignement professionnel : telle est la proposition du ministère. Pour la FCPE, enseigner est un métier qui s'apprend. Les parents ne peuvent se satisfaire d'enseignants n'ayant qu'une vague idée de ce qu'est un enfant, un élève !

Chacun sait que la formation est largement pilotée par les concours de recrutement.

La FCPE demande que, si les concours ont lieu en fin de parcours de formation, ils prennent en compte ces éléments et comportent une épreuve de pédagogie, une épreuve de psychologie de l'enfant et une sur la connaissance du système éducatif.

Pense-t-on que les choses pourront évoluer positivement, tant qu'on ne changera rien sur le fond ?

Pense-t-on que les enseignants qui déclarent, déjà, avoir du mal à intégrer les nouvelles technologies dans leur classe, qui peinent à gérer l'hétérogénéité des élèves de leur classe y parviendront mieux si la sélection au concours ne se fait quasi exclusivement que sur les disciplines ?

La FCPE constate en outre que les IUFM sont les grands absents de cette circulaire !

Sur quels potentiels se ferait cette formation professionnelle alors ? Enfin, la FCPE condamne fermement l'impasse faite par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche sur les bourses aux étudiants. Le recrutement d'aujourd'hui assure une année de fonctionnaire stagiaire. En plaçant le concours après la 5eme année de formation, la réforme exige deux années d'études non rémunérées supplémentaires.

De quel droit veut-on écarter les classes moyennes ou populaires de cette formation ? De quel droit veut-on réserver le métier d'enseignant à une classe sociale favorisée ?

Comment peut-on oser croire ou faire croire que le rétrécissement social du recrutement des enseignants n'est pas programmé puisqu'aucun engagement réel de prise en charge nécessaire n'est pris au-delà des 3000 euros une fois pour toute pour un stage éventuel ? Ce sont de nos enfants dont il s'agit, élèves et peut-être futurs enseignants !

C'est de l'école de demain dont il s'agit et de la formation d'enseignants qui exerceront pendant des dizaines d'années ! La FCPE demande solennellement le retrait de ce texte qui ne conduit qu'à l'effondrement de la formation pédagogique des enseignants.> Elle exige la réécriture profonde d'un vrai cadrage qui impose des heures de formation pédagogique des enseignants en plus grand nombre sans pour autant rejeter leur formation disciplinaire, chose possible avec une année d'études en plus.

C'est dans cet esprit que la FCPE appelle avec les autres organisations ou associations d'élèves, d'étudiants, d'enseignants, d'universités, et mouvements pédagogiques à se mobiliser le 15 décembre pour le retrait des décrets.

La FCPE






Points de vue et débats :

Lettre d’A. Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry Montpellier 3 à F. Hollande (7/2/2012)

Motion de la 21e section du CNU sur l'évaluation des enseignants-chercheurs (2/2/12)

"N’oublions pas la formation des enseignants, enjeu national pour 2012". Appel pour une refonte de la formation des enseignants (3/2/12)

"La fausse autonomie universitaire", par P. Jourde (blog BibliObs)

L'enseignements des lettres classiques à la rentrée 2012 (motion CNARELA du 14/01/12)

Pétition contre la criminalisation d'un canular et du mouvement social à l'Ens (février 2012)

"Proposition de loi Grosperrin : la persévérance dans l’erreur" (communiqué de la Société des Agrégés, 24/01/2012)

"IUFM : Après le démantèlement, l’éradication", par J.-L. Auduc (cafepedagogique.net)

"Ne bradons pas les diplômes de licence!" (tribune, Le Monde, 19/1/12)

"Les Célébrations nationales 2012 inaugurées par une polémique", par P. Assouline (blog)

"Privatiser la formation des enseignants : l’UMP ouvre la brèche", par L. Delaporte (Mediapart, 19/1/2012)

"Universitaires et chercheurs s’inquiètent des ambiguïtés de F. Hollande", par L. Delaporte (Médiapart, 18/1/ 12)

Présidentielle 2012: débat sur l’enseignement de l’histoire de l’art dans l’enseignement secondaire et la formation de ses enseignants dans le Supérieur (21/1/12)

Fondation Copernic, L'éducation nationale en danger

"Les représentants de la communauté universitaire boycottent une réunion avec le ministère" (20minutes.fr, 1611/2012)

"Budget des universités : le réalité rattrape le gouvernement", par B. Monthubert (site Parti socialiste)

"Libraires épuisés", par V. Chabault (lavidesidees.fr)

"Violence scolaire : L'enquête de Seine-Saint-Denis inverse les perspectives", par F. Jarraud (cafepedagogique.net)

Lettre du président de la région Languedoc-Roussillon aux responsables de "ses" universités

"La face cachée de l'autonomie des facs": l'exemple de l'UPPA (L'Humanité, 6/1/12)

"Étudiants étrangers: pourquoi le gouvernement a reculé", par M. Bellan (Lesechos.fr, 26/12/11)

"Quand Gallica vend du porno…" (BibliObs)

"L'université est universelle": pétition contre la circulaire Guéant (21/12/11)

"Initiatives d'excellence : stress et baisse des publications au menu des enseignants-chercheurs" (VousNousIls: l'e-mag de l'éducation)

Dialogue rompu au sein du CA de l'Université de Haute-Alsace (DNA, 19/12/11)

Fil d'informations RSS Fil d'information RSS   Fabula sur Facebook Fabula sur Facebook   Fabula sur Twitter Fabula sur Twitter