Essai
Nouvelle parution
M. Wisniewski, Le Cabaret de l'Écluse (1951-1974). Expérience et poétique des variétés

M. Wisniewski, Le Cabaret de l'Écluse (1951-1974). Expérience et poétique des variétés

Publié le par Marc Escola (Source : Presses universitaires de Lyon)

Marine Wisniewski, Le Cabaret de l'Écluse (1951-1974). Expérience et poétique des variétés, P.U. Lyon, coll. « Théâtre et société ».
Parution le 26 mai 2016
362 pages / 15,5 x 24 cm / 2016 / 22 €
ISBN : 978-2-7297-0901-3

 

Marine Wisniewski, Le Cabaret de l'Écluse (1951-1974). Expérience et poétique des variétés

Petite salle de spectacles parisienne de l’après-guerre, le cabaret de l’Écluse programme chaque soir des numéros variés – chant, sketch comique, poésie récitée, marionnettes, mime et projection de dessins. Il accueille des artistes aussi divers que Barbara, Raymond Devos, Marcel Marceau ou Philippe Noiret. Comme d’autres cabarets « rive-gauche », qui fleurissent près de la Seine après la Seconde Guerre mondiale, L’Écluse refuse le divertissement commercial qu’offrent les « boîtes » plus luxueuses de la rive droite. Il est en outre l’héritier d’une histoire plus longue : se construit en effet depuis le XIXe siècle l’image du cabaret comme un refuge où la poésie trouverait à s’épanouir contre une culture industrielle et commerciale.

Le cabaret de l’Écluse présente toutefois une réalité plus métissée. S’il rend hommage à des modèles littéraires prestigieux comme Le Chat Noir ou Le Lapin Agile, il intègre les apports du café-concert, du music-hall et du cinéma – autant de manifestations associées à une culture du divertissement souvent bannie du champ littéraire.
À la variété des modes d’expression convoqués répond le caractère composite de leurs héritages. Quelle place accorder à ce lieu rebelle qui rend illisible le paysage artistique et culturel ? Lieu traversé par des propositions spectaculaires variées, L’Écluse fonde à partir de leur mise en présence un espace poétique. Cet espace se construit comme un réseau d’échos, tissés d’une prestation à l’autre. Il déplace la production du sens du plain-chant vers ses résonances plus subtiles. 

Marine Wisniewski est ancienne élève de l’École normale supérieure de Lyon, agrégée de lettres modernes et docteur en littérature française de l’Université Lumière Lyon 2. Elle a consacré divers articles au café-concert et à son inscription dans le paysage littéraire et culturel. Ses recherches portent sur les spectacles populaires, dans leur lien avec la littérature et le monde social.