Fabula, la recherche en littérature (debats)

Lettres classiques - langues anciennes: motions et communiqués (Ufr, jury de Capes, Cnarela, section 8 du cnu) 

Points de vue et débats

Information publiée le mercredi 3 février 2010 par Alexandre Gefen (source : Sylvie Pédroaréna)


MÀJ JUILLET 2010:

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Communiqué de presse du jury de CAPES Lettres Classiques :

Sabine Luciani (PR de langue et littérature latines) et Eric Foulon (PR de langue et littérature grecques), vice-présidents du jury du Capes de Lettres Classiques font savoir que, dans le prolongement de la motion votée par ce jury en faveur de la défense du Capes de Lettres Classiques, ils ont refusé de communiquer au ministère de l'Education Nationale les sujets "zéro" de l'épreuve écrite de Langues anciennes. Fermement opposés à la réforme du Capes, ils n'ont pas jugé souhaitable de contribuer à la mise en oeuvre des nouveaux programmes.

Voir aussi: Le ministère tente d'intimider la Vice-présidente du jury du CAPES de Lettres Classiques et Tentative d'intimidation : CR de la convocation au MEN de la Vice-présidente du CAPES de Lettres Classiques + motion de soutien du CA de l'Université de Grenoble 3 et Déclaration du département des Sciences de l'Antiquité aux Conseils de l'Université de Provence (05/03/10)

On peut également signer une pétition de soutien au jury du CAPES de Lettres classiques (mars 2010)

Ci-dessous:

1. Mastérisation - Motion du Conseil de l'UFR de Grec de l'Université Paris-Sorbonne (18/02/10)

2. Motion votée le 4 février par la 8ème section du CNU

3. Motion  de la Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes (CNARELA) du 16 janvier 2010.

4. Motion votée en janvier 2010 par le jury du capes de Lettres Classiques et soutenue par la CNARELA et la 8ème section du CNU + deuxième motion (avril 2010)

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------
Mastérisation - Motion du Conseil de l'UFR de Grec de l'Université Paris-Sorbonne (18/02/10)

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 

Motion votée le 4 février par la 8ème section du CNU :

Motion de la 8e section du CNU La 8e section partage entièrement les préoccupations et les demandes exprimées dans la motion des membres du jury du Capes externe de Lettres classiques. Elle apportera son soutien à toutes les initiatives qui seront prises pour attirer l'attention sur les problèmes soulevés dans ce texte, et prendre la défense de la qualité des concours.

En outre, la 8e section juge indispensable le rétablissement au Capes de Lettres modernes des épreuves de langues ­ et notamment des langues anciennes dans la mesure où il est absurde d'enseigner le français sans être formé aux origines de cette langue.

Par ailleurs, la 8e section rappelle que la nouvelle définition des Masters met en péril l'existence de Masters Recherche, seuls vrais viviers de doctorants. La 8e section dit son attachement à ce que la différenciation entre Masters Recherche et Masters Enseignement n'intervienne qu'en M2, compte tenu du fait que les formations littéraires ont leurs spécificités, et qu'il n'est dans l'intérêt d'aucune discipline que toutes soient ramenées à un schéma unique.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Motion  de la Cnarela du 16 janvier 2010:

Motion  de la Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes

Lors de son assemblée générale du 16 janvier 2010, la CNARELA a adopté deux motions, l'une sur le CAPES, l'autre sur les Masters.

Motion sur le CAPES :

 La CNARELA, réunie en assemblée générale à la Sorbonne le 16 janvier 2010, a pris connaissance avec indignation de la réforme des concours de recrutement en Lettres, telle qu'elle est définie par les arrêtés du 28 décembre 2009 publiés au JO du 6 janvier 2010.

Malgré les bonnes paroles prodiguées ces derniers mois par le Ministère pour endormir nos inquiétudes, les objections que nous avons formulées à maintes reprises contre les projets de réforme n'ont aucunement été prises en compte.

Au CAPES de Lettres classiques, deux des trois épreuves de langues anciennes ont été supprimées. Il ne reste plus qu'une seule épreuve regroupant latin et grec, dont les modalités réductrices ne peuvent nous satisfaire.

Au CAPES de Lettres modernes, la disparition de l'épreuve écrite et de l'épreuve orale de langue élimine la présence du latin et du grec dans ce concours.

À l'agrégation de Lettres modernes enfin, la toute récente possibilité de choisir le grec plutôt que le latin à l'une des épreuves écrites a été supprimée.

Ces diverses mesures appauvrissent considérablement la formation disciplinaire et culturelle des futurs enseignants de Lettres.

C'est pourquoi la CNARELA demande le retrait immédiat de cette réforme et exige que le Ministère mène enfin une véritable concertation sur le contenu des concours de recrutement, gage de la qualité de notre enseignement.

Motion sur les Masters :

La CNARELA, réunie en assemblée générale à la Sorbonne, le 16 janvier 2010, condamne avec fermeté les dispositions contenues dans la circulaire du 23 décembre 2009 sur la « mise en place des diplômes nationaux de master ouverts aux étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement ».

Ces dispositions créeront des cursus incohérents où les étudiants devront essayer de mener de front la validation de leurs enseignements de Master, la réalisation d'un véritable travail de recherche, la préparation au concours et la participation à des stages en établissement. Un tel programme est irréalisable en deux ans, et exclut en même temps toute possibilité de mobilité internationale. De plus, les stages en responsabilité proposés aux étudiants admissibles conduiront à mettre devant les élèves des enseignants qui n'auront pas encore réussi les concours et qui seront utilisés pour remédier aux problèmes de remplacements sans avoir les compétences nécessaires.

La CNARELA demande donc le retrait de cette réforme, déjà repoussée par l'ensemble de la communauté universitaire, et invite le gouvernement à entamer une véritable concertation sur la Mastérisation et la formation des maîtres.

http://cnarela.fr

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Motion votée en janvier 2010 par le jury du capes de Lettres Classiques et soutenue par la CNARELA et la 8ème section du CNU :

Motion du jury du Capes externe pour la défense du CAPES de Lettres Classiques Motion pour la défense du CAPES de Lettres Classiques

Le jury du Capes externe de Lettres Classiques a pris connaissance :

  • des propositions des 13 et 18 novembre 2009 des Ministères de l'Éducation Nationale et de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche sur la réforme des concours de recrutement des enseignants
  • du projet de circulaire ministérielle « pour la mise en place des diplômes nationaux de master ouverts aux étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement », publié le 8 décembre 2009 et remis aux organisations syndicales.
  • de l'Arrêté du 28 décembre 2009 fixant les sections et les modalités d'organisation des concours du certificat d'aptitude au professorat du second degré, publié au Journal Officiel du 6 janvier 2010.

Fort de son expérience en matière de recrutement des Professeurs de Lycées et Collèges, il tient à exprimer ici son opposition ferme et motivée à cette réforme en insistant sur les aspects qui relèvent directement de sa compétence, à savoir :

1. Le passage de 3 à 2 épreuves d'admissibilité et d'admission signifie pour notre Capes pluridisciplinaire, qui associe langue et littérature françaises, langue et littérature latines ainsi que langue et littérature grecques, un préjudice considérable dans l'évaluation équitable de la triple compétence, en français et en langues anciennes, des futurs professeurs de collèges et lycées. Si la spécificité, la richesse et l'intérêt des études classiques résident précisément dans cette complémentarité historique entre le français, le latin et le grec, cette amputation du concours représente un appauvrissement culturel en opposition avec la volonté affichée « d'améliorer la qualification des personnels » éducatifs. C'est pourquoi le jury ne peut accepter de voir les deux épreuves actuelles de versions (latine et grecque) fondues en une seule épreuve « fourre-tout », dont personne ne peut raisonnablement prétendre qu'elle permettra de vérifier conjointement les aptitudes du candidat en version latine, en version grecque et en explication de texte latin ou grec. La solution adoptée pour maintenir le grec et le latin à l'écrit du concours étant à la fois peu sérieuse et d'une invraisemblable complication, le jury demande instamment, au nom de la sauvegarde des humanités, la restauration de trois épreuves écrites et de trois épreuves orales pour le Capes Externe de Lettres Classiques.

2. En ce qui concerne l'oral, la disparition de l'épreuve d'explication de texte latin ou grec, qui n'est nullement compensée par le commentaire, nécessairement réduit, intégré à l'une des épreuves écrites, est extrêmement dommageable à la formation des enseignants de lettres. Cet exercice, prioritairement oral, légué par la tradition humaniste remontant à l'Antiquité elle-même, reste pour un professeur le meilleur moyen d'éveiller l'intelligence et la sensibilité de ses élèves face aux textes. Il ne saurait y avoir d'enseignement littéraire digne de ce nom sans commentaire de texte. Dans la mesure où un concours de recrutement de professeurs ne peut se dispenser de vérifier leur aptitude scientifique dans toutes les matières qu'ils auront à enseigner, le jury demande la restauration de l'épreuve orale d'explication de texte en langue ancienne au Capes Externe de Lettres Classiques.

3. Le calendrier du concours annoncé le 13 novembre 2009 pose de multiples problèmes :

  • En fixant au 1er décembre de l'année de M2 les épreuves d'admissibilité, il ne laisse guère plus de deux mois pour la préparation des candidats au programme du Capes. De plus, il n'est guère raisonnable de croire qu'un tel calendrier permettra aux étudiants de tenter leur chance au CRPE en septembre, aux Capes, CAPLP et CRCPE en novembre-décembre et à l'agrégation en avril. Les programmes des concours du premier et du second degré étant totalement différents, ils ne concernent pas les mêmes étudiants et, lorsque les candidats choisissent de préparer deux concours à la fois, il s'agit très naturellement du Capes et de l'Agrégation.
  • Il est de plus impensable que les étudiants admissibles au Capes puissent, au cours du 2e semestre de M2, à la fois préparer des oraux, effectuer des stages et soutenir un véritable mémoire de recherche.

Le jury demande donc une révision du calendrier des épreuves qui permette de donner aux étudiants le temps nécessaire à la fois à une préparation sérieuse aux épreuves écrites et orales du Capes et à la rédaction d'un véritable mémoire de recherche.

4. De manière plus générale, le jury est frappé par le caractère démesuré des exigences auxquelles les nouveaux masters sont tenus de répondre, puisqu'ils doivent, conjointement préparer aux concours de recrutement (épreuves disciplinaires et nouvelles épreuves professionnelles), intégrer deux à trois stages d'enseignement, proposer une initiation à la recherche qui permette la poursuite d'études en doctorat, et enfin, préparer une réorientation professionnelle en cas d'échec au concours d'enseignement. En multipliant les objectifs de manière déraisonnable, un tel cahier des charges risque de porter atteinte non seulement aux compétences disciplinaires, mais à la professionnalisation des futurs enseignants.

Sans une évolution significative des quatre points évoqués, le concours deviendra incohérent et se trouvera en contradiction avec les objectifs qui lui ont été assignés. Il ne répondra plus aux exigences d'un concours d'État. Le jury du Capes externe de Lettres Classiques veut croire que ces préoccupations, qui rejoignent pleinement les objectifs d'amélioration de la formation fixés par les documents de cadrage, seront enfin prises en compte par les autorités compétentes. Les membres soussignés demandent avec insistance l'abrogation du décret qui définit les programmes du CAPES et l'ouverture d'une véritable discussion visant à permettre la tenue, dans les meilleures conditions possibles, de la session 2011.

Motion adoptée par le jury du Capes de Lettres classiques : Oui : 29 NPPV : 6 Abstention : 1

Deuxième motion du jury de CAPES de lettres classiques (avril 2010)


Les membres du jury du Capes de Lettres Classiques ont pris connaissance des conditions dans lesquelles le Ministère, par l'intermédiaire de monsieur Santana, a convoqué individuellement Mme S. Luciani, vice-présidente du jury, suite à leur première motion, fruit d'une concertation collective et argumentée, votée à une large majorité, soutenue par la 8ème section du CNU comme par toutes les associations de promotion des humanités classiques, et visant à dénoncer le caractère pernicieux de la réforme mise en oeuvre par l'Arrêté du 28 décembre 2009 fixant les sections et les modalités d'organisation des concours du certificat d'aptitude au professorat du second degré, publié au Journal Officiel du 6 janvier 2010.


Après avoir été informé de la convocation et de la teneur de l'entretien, le jury du Capes de Lettres Classiques tient à affirmer les points suivants :


  • 1. Exprimer de façon publique et argumentée son opinion sur les réformes en cours est pour tout enseignant un droit, garanti à tous les citoyens par la liberté d'expression ; ce droit relève de la déontologie lorsque l'enseignant fait partie d'un jury habilité à apprécier les connaissances et compétences d'un candidat au métier d'enseignant.
  • 2. Les membres d'un jury de concours national d'enseignement, quel que soit leur statut, ne sauraient être tenus pour des exécutants muets du Ministère, mais demeurent, collectivement et individuellement, soucieux de la qualité de la formation et du recrutement des enseignants ; seule cette qualité peut garantir la valeur des enseignements qui seront dispensés par les futurs admis au concours, et l'égalité des conditions d'accès aux connaissances et compétences que tout futur citoyen est en droit d'acquérir dans le cadre de l'école publique. Or c'est cette qualité que la réforme en cours met gravement en péril.
  • 3. Les membres du jury de Capes de Lettres Classiques demandent à nouveau instamment l'ouverture de la concertation qui avait été promise par le Ministère comme préalable à la publication des arrêtés, et qui n'a pas eu lieu. Cette concertation doit porter notamment sur le calendrier et les modalités des épreuves écrites et orales du concours, dont ils continuent d'estimer qu'ils ne permettront pas, en l'état des textes, d'évaluer équitablement les candidats. À ce titre, les membres du jury renouvellent les remarques et propositions qui faisaient l'objet de la première motion.
  • 4. Tant que les discussions n'auront pas abouti, les membres du jury de Capes de Lettres Classiques ayant approuvé et signé la première motion, forts de leur expérience en matière de recrutement des professeurs de lycées et collèges comme en matière d'enseignement, entendent persister dans leur intention et leur propos, et continueront de faire connaître, au Ministère comme à l'opinion publique, les raisons argumentées de leur opposition ferme à la réforme imposée sans concertation.

36 votants
30 oui
5 NPPV
1 absent




Points de vue et débats :

Lettre d’A. Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry Montpellier 3 à F. Hollande (7/2/2012)

Motion de la 21e section du CNU sur l'évaluation des enseignants-chercheurs (2/2/12)

"N’oublions pas la formation des enseignants, enjeu national pour 2012". Appel pour une refonte de la formation des enseignants (3/2/12)

"La fausse autonomie universitaire", par P. Jourde (blog BibliObs)

L'enseignements des lettres classiques à la rentrée 2012 (motion CNARELA du 14/01/12)

Pétition contre la criminalisation d'un canular et du mouvement social à l'Ens (février 2012)

"Proposition de loi Grosperrin : la persévérance dans l’erreur" (communiqué de la Société des Agrégés, 24/01/2012)

"IUFM : Après le démantèlement, l’éradication", par J.-L. Auduc (cafepedagogique.net)

"Ne bradons pas les diplômes de licence!" (tribune, Le Monde, 19/1/12)

"Les Célébrations nationales 2012 inaugurées par une polémique", par P. Assouline (blog)

"Privatiser la formation des enseignants : l’UMP ouvre la brèche", par L. Delaporte (Mediapart, 19/1/2012)

"Universitaires et chercheurs s’inquiètent des ambiguïtés de F. Hollande", par L. Delaporte (Médiapart, 18/1/ 12)

Présidentielle 2012: débat sur l’enseignement de l’histoire de l’art dans l’enseignement secondaire et la formation de ses enseignants dans le Supérieur (21/1/12)

Fondation Copernic, L'éducation nationale en danger

"Les représentants de la communauté universitaire boycottent une réunion avec le ministère" (20minutes.fr, 1611/2012)

"Budget des universités : le réalité rattrape le gouvernement", par B. Monthubert (site Parti socialiste)

"Libraires épuisés", par V. Chabault (lavidesidees.fr)

"Violence scolaire : L'enquête de Seine-Saint-Denis inverse les perspectives", par F. Jarraud (cafepedagogique.net)

Lettre du président de la région Languedoc-Roussillon aux responsables de "ses" universités

"La face cachée de l'autonomie des facs": l'exemple de l'UPPA (L'Humanité, 6/1/12)

"Étudiants étrangers: pourquoi le gouvernement a reculé", par M. Bellan (Lesechos.fr, 26/12/11)

"Quand Gallica vend du porno…" (BibliObs)

"L'université est universelle": pétition contre la circulaire Guéant (21/12/11)

"Initiatives d'excellence : stress et baisse des publications au menu des enseignants-chercheurs" (VousNousIls: l'e-mag de l'éducation)

Dialogue rompu au sein du CA de l'Université de Haute-Alsace (DNA, 19/12/11)

Fil d'informations RSS Fil d'information RSS   Fabula sur Facebook Fabula sur Facebook   Fabula sur Twitter Fabula sur Twitter